Billet de scalper
26 janvier 2010
Jean Perron, l’apartheid israélien et la rigueur

On m’a repêché au Délit pour écrire des articles politico-sportifs. Le contrat est assez flou pour faire un peu n’importe quoi. L’important c’est d’avoir des idées… et de ne pas radoter.

Or, la semaine dernière, je crus avoir une idée de génie lorsque je découvris que Jean Perron, mythique entraîneur du Canadien (au singulier) de Montréal, gagnant de la Coupe Stanley en 1985-86, avait une carrière parallèle.

Rappelons d’abord que dans cette finale mémorable (j’avais très exactement 9 mois et un jour, donc je m’en rappelle très bien), le Canadien put compter sur un gardien recru, Patrick E. Roy, qui, avec ses 120 livres mouillé, mena l’équipe au championnat alors qu’il n’était âgé que de 20 ans. Incroyable. C’est à cette époque que Roy fut surnommé «Casseau», mot typiquement québécois faisant référence à son appétit pour les frites et à sa propre silhouette pas particulièrement enveloppée. Je vous invite fortement à chercher des vidéos de cette époque que des maniaques ont copiées de leur vidéo Béta à YouTube. Le #33 donne l’impression d’être un mélange de psychopathe et d’anorexique. Terrifiant. De fait, il fut l’objet d’une enquête pour méfait criminel et violence conjugale.

Anyway, on s’en fout du Canadien; moi, à 9 mois et un jour, j’étais fan des Nordiques, comme je le suis toujours.

Mais Jean Perron, au-delà de ses errements avec le Canadien, est une légende de la langue française. Il a en effet prêté son nom aux «perronismes», ces entorses à la langue française, tel «Ça s’est vendu comme des petits ponchos.»

En tant que pseudo-journaliste (je couvre les sports, donc c’est par définition peu sérieux), je voulais vous annoncer un scoop. Jean Perron est entraîneur de l’équipe israélienne de hockey sur glace. Monumental. Je m’attendais à entrer dans l’histoire et que les 122 lecteurs du Délit me vénèrent pour l’éternité. Je voulais même profiter de cette «exclusivité» pour inviter les lectrices fan de hockey à correspondre avec moi. Par la poste évidemment.

Or, c’est faux. J’avais tout écrit mon article et désirais faire un lien avec la campagne BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) contre l’apartheid israélien mais mon enthousiasme a été interrompu. Car bien que le Daily se fût délecté de cette histoire (taper sur le clou d’Israël et folkloriser les Québécois, une combinaison parfaite), au Délit on veille au grain.

Jean Perron n’est plus entraîneur en Israël. Il a effectivement jugé plus prioritaire de participer à l’émission 110% à Vidanges-Télé que de coacher de jeunes Russes à Tel-Aviv. Et vlan dans les dents du pseudo-journaliste. J’ai été niqué par la rédactrice-en-cheffe. Manque de rigueur. J’ai failli pleurer.

* * *

Rien d’autre à ajouter si ce n’est que certaines personnes de ce journal font de l’excellent travail, notamment les correcteurs qui se tapent mes participes passés. Moi-même, bien humblement, j’ai prévu le renvoi de Georges Laraque et incité le Canadien à réprimer les scalpers. Ce qui a été fait, en vain.

En terminant, un seul conseil pour vous les enfants: ne vous fiez pas à Wikipédia et ne sous-estimez jamais la rédactrice-en-cheffe.

Dans deux semaines, un récit des aventures du hockey junior à Chicoutimi, lâ lâ.

 
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