Sur les planches de Québec
17 novembre 2009
Avec ses quelque 500 000 habitants, la capitale québécoise peut se targuer d’avoir une scène théâtrale bien active. Jessica Thériault, comédienne à Québec, nous parle des réalités de son métier.

On le sait: Québec n’est pas une région. Mais nous, petits Montréalais que nous sommes, oublions souvent que le théâtre, ça ne se passe pas que dans la métropole.

Mais la réalité étant ce qu’elle est, les comédiens et les dramaturges de la Capitale doivent mettre de l’ardeur au travail s’ils veulent faire du théâtre leur gagne- pain.

L’initiative est la clef de la survie à Québec. Comme nous le dit Jessica Thériault, «Il n’y a pas à Québec de télévision ou de cinéma, il y a un peu de voix et de publicité, mais on vit surtout de théâtre. Donc si tu n’es pas engagé dans un grand théâtre, il faut y aller de ta propre initiative». C’est sans doute ce qui explique que la ville possède un nombre impressionnant de compagnies théâtrales. «Il y a énormément de compagnies de théâtre, soit entre trente et quarante compagnies enregistrées. Il y a aussi le Théâtre Premier Acte qui encourage beaucoup la relève; tous ceux qui ont de l’initiative peuvent monter leur projet et le proposer à Premier Acte, qui réalise quelque huit pièces par année», poursuit-elle.

Un autre aspect fondamental du théâtre à Québec, c’est la polyvalence: «L’idéal, c’est d’être polyvalent. Qu’il s’agisse de faire des spectacles pour enfants, de faire de la mise en scène au Cégep, de donner des cours de théâtre, de faire de l’animation ou de faire des voix, plus tu es capable de réaliser des choses différentes, plus tu es capable de te débrouiller. Comme ça, même en ayant moins de contrats dans les théâtres, tu réussis tout de même à travailler.»

Rentabilité oblige, certaines compagnies de théâtre –cela dit, autant dans la Capitale que dans la métropole– organisent des tournées si l’une de leur pièce obtient du succès. Le théâtre pour enfants, notamment, en est un qui fait beaucoup de tournées. Il est donc fréquent de voir des pièces de théâtre de compagnies montréalaises jouées à Québec, et vice-versa.

Métropole versus Capitale

Comme l’explique Jessica Thériault, le choix de faire carrière à Québec n’a rien de facile pour les artistes de théâtre. Pour les comédiens qui souhaitent se réaliser ailleurs que sur les planches, que ce soit à la télévision ou au cinéma, le choix de déménager à Montréal s’impose bien souvent: «À Montréal, c’est sûr qu’il y a plus de comédiens, mais il y a plus de contrats aussi. C’est très difficile comme choix.» Bien que la scène montréalaise puisse sembler alléchante de par sa plus grande échelle, le choix de rester à Québec une fois leur carrière lancée s’avère beaucoup plus judicieux pour les artistes du théâtre de la Capitale: «Tous ceux qui font le passage à Montréal le disent: quand tu pars à Montréal, tu repars à zéro. Même si tu as dix ans d’expérience dans le domaine, tu dois refaire tous tes contacts. C’est assez difficile.»

Vous allez à Québec dans les semaines à venir? Voici quelques pièces à surveiller:

Premier Acte est le théâtre de l’émergence théâtrale à Québec. Jusqu’au 28 novembre prochain sera présentée La réforme Pinocchio, une production de la compagnie Les Fleurs mise en scène par Jean-Michel Déry. Pour plus amples informations, voir le site www.premieracte.ca.

Jusqu’au 28 novembre prochain, le Trident présente le Macbett d’Eugène Ionesco, le tout mis en scène par le dramaturge bolivien Diego Aramburo. Pour plus d’informations, consultez le site www.letrident.com.

Pour ceux qui auraient raté Coma Unplugged à Montréal, la pièce sera de passage à Québec sur les planches du Périscope du 17 au 28 novembre prochains: www.theatreperiscope.qc.ca

Si vous êtes assez rapides pour vous rendre à Québec d’ici le 21 novembre, le Théâtre de la Bordée y présente jusqu’à cette date la pièce Apocalypse à Kamloops: visitez le www.bordee.qc.ca.

 
Sur le même sujet: