Jurisimprudence
3 novembre 2009
Toujours la même histoire

Tous les ans, l’arrivée de la grippe annonce la période hivernale. Parfois, elle ne cause pas trop de soucis, d’autres fois, elle est la source de graves symtômes et même de décès. Mais tous les ans, c’est toujours la même histoire: jamais assez de vaccins.

Il faut comprendre que la production de vaccins est très complexe. Le virus pose d’énormes défis aux scientifiques. Parfois, il se métamorphose pendant une même saison. En conséquence, il est nécessaire de produire un vaccin différent. Les scientifiques ont donc beaucoup de difficulté à formuler un vaccin qui s’avère sain et efficace. Dans ces conditions, la production insuffisante de vaccins est compréhensible.

Ce qui est incompréhensible, c’est la réponse du gouvernement canadien au manque de vaccins cette année: «impossible de prévoir qu’autant de gens auraient voulu se faire vacciner». Comment en arriver à cette conclusion alors que depuis des semaines, voire des mois, les médias annoncent que le virus de la grippe A H1N1 sera d’une grande envergure. Les médias retracent même l’historique du virus. Il est très facile de repérer l’évolution de cette grippe dès son développement et sa progression à travers le monde.

Toutes les plateformes médiatiques sont inondées de cette nouvelle et le public ne peut échapper aux messages qui lui suggèrent de se faire vacciner. Informée et diligente, la population canadienne se range en ligne pour finalement se voir refoulée, le gouvernement argumentant qu’il «ne pouvait prévoir la forte demande». Que faudra-t-il pour que le gouvernement comprenne? Des morts? En fait, quelques enfants ont déjà succombé à la grippe récemment.

Certains diront qu’il ne faut pas fabriquer plus de vaccins qu’il en faut. Mais dans une situation où des gens peuvent mourir, ne serait-il pas mieux d’emprunter une stratégie «mieux vaut trop que pas assez»? D’ailleurs, la compagnie qui a le mandat de produire les vaccins a annoncé au gouvernement récemment qu’elle concentrerait sa production sur la formule de vaccin destinée aux femmes enceintes, réduisant ainsi la production des vaccins pour la population en général.

À ce propos, il faut se demander pourquoi une seule compagnie a la responsabilité de produire les vaccins. À ma connaissance, il existe plusieurs compagnies pharmaceutiques qui pourraient potentiellement produire des vaccins si la seule qui est responsable de le faire est incapable de satisfaire les besoins. Les capacités sont présentes, alors pourquoi la volonté ne l’est-elle pas ? Pourquoi la vie de plusieurs Canadiennes et Canadiens repose-t-elle dans les mains d’une seule compagnie?

Voilà un certain nombre de questions qui restent sans réponse. Mais l’enjeu central est de déterminer à qui il faut imputer la responsabilité de ce manque de vaccin. Dans une certaine mesure, il est important de savoir si le gouvernement, dans les faits, était réellement incapable de prévoir la hausse en demande cette année. S’il était déterminé que la forte demande était prévisible et que le gouvernement n’a rien fait pour agir, c’est vers lui qu’il faudrait alors se tourner et c’est à lui que l’on devrait imputer la responsabilité du manque de diligence, pas aux citoyens ni aux compagnies pharmaceutiques.

 
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