Conversation avec Morton J. Mendelson
6 octobre 2009
Jeudi dernier, Morton J. Mendelson, vice-président exécutif adjoint à la vie étudiante et à l’apprentissage de l’Université McGill, a convoqué la presse étudiante pour discuter d’un sondage que l’administration s’apprête à diffuser parmi les étudiants cette semaine.

«Que peut faire la direction universitaire pour que ses services de soutien aux étudiants soient davantage sensibilisés aux différences culturelles et personnelles, tout en respectant les objectifs académiques fondamentaux de l’Université?»

C’est de cette question dont voulait discuter Morton Mendelson, vice-principal exécutif adjoint à la vie étudiante et à l’apprentissage de l’Université McGill, lorsqu’il a rencontré la presse mcgilloise jeudi dernier. «Notre population étudiante est très diversifiée, affirme M. Mendelson, mais à quel point?»
Il peut être lu dans le communiqué remis aux journalistes par M. Mendelson que l’Université n’est «pas en mesure de décrire [sa] diversité, étant donné qu’elle ne pose pas de questions par rapport à celle-ci au moment de l’inscription des étudiants». «Sans une meilleure connaissance des étudiants qui fréquentent l’Université, il nous est difficile de servir nos étudiants de façon aussi satisfaisante que nous le souhaiterions. Le présent sondage entend combler cette lacune», poursuit le communiqué.

M. Mendelson indique qu’il s’agit là d’une «étude démographique». L’approche des associations étudiantes a été mentionnée comme une solution possible, mais elle n’est pas toujours facilement opérable par l’administration. «Ce sondage nous aidera à mieux comprendre [les étudiants], car ils ne sont pas toujours ouverts à [l’idée de] faire des déclarations sur leur vie personnelle à l’administration», a-t-il indiqué.

Il ajoute que l’Université a «un certain nombre d’étudiants pour qui [elle n’a] pas de services». Le sondage portera donc sur une variété d’aspects de la vie privée de chaque étudiant, allant de renseignements généraux sur la langue parlée par ce dernier, en passant par leur opinion sur le financement des études et la religion. Aussi, les participants resteront dans l’anonymat.

En ce qui concerne la question de la religion, M. Mendelson a precisé qu’«elle n’est pas tout à fait appropriée de nos jours», mais qu’il serait bon pour l’Université de savoir jusqu’à «quel point certains étudiants éprouvent le besoin d’observer leurs rites religieux». Les questions du sondage portant sur ce sujet serviraient donc à aider l’établissement à mieux accommoder la population mcgilloise en ce sens.

La rencontre a également été l’occasion d’aborder une foule d’autres sujets sur lesquels M. Mendelson a été franc et a mené un dialogue ouvert. En ce qui concerne les retards des coursepacks, il a signalé que la situation devrait s’améliorer. Il pense que le matériel de classe s’informatisera de plus en plus rapidement dans les années à suivre, «ce qui est en même temps bénéfique pour l’environnement», a-t-il dit.

Sur la question de la hausse des frais de scolarité, qui représente une frein à l’accès à l’éducation supérieure pour certains, M. Mendelson tranche sur la question en affirmant que «notre but est que les étudiants de McGill ou les futurs étudiants n’aient pas à se soucier du financement de leurs études». «Nous sommes bien loin de ce but», confie-t-il, mais il assure qu’«il y a eu du progrès» ces dernières années.

Un dernier mot a été dit sur la place du français à McGill. M. Mendelson se souvient lorsqu’il y était étudiant dans les années 1960. «On entendait pas ou très peu le français sur le campus», dit-il. Il juge que depuis, la place du français s’est «nettement améliorée». Il a toutefois indiqué que le pourcentage de francophones a diminué ces dernières années, alors que le pourcentage des allophones est en hausse.

Enfin, M. Mendelson considère que «la chose la plus importante pour McGill est la qualité de ses étudiants», et rappelle que l’université «veut aider ses étudiants tant sur le plan intellectuel que personnel». Même s’il sera impossible de régler immédiatement chaque problème soulevé, M. Mendelson assure qu’au final, «le but [du sondage] est d’avoir des données qui nous permettront de mieux servir nos étudiants». Alors, que fait-on? Mord-on à l’hameçon, Morton?

 
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