Fortune Cookie
22 septembre 2009
Les dernières péripéties en Corée du Nord

Que se passe-t-il en nord? Si la spéculation est souvent de mise lorsqu’il est question de ce pays mystérieux, les événements des derniers mois laissent place à de nombreuses allégations.

L’actuel dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-il est le successeur de Kim Il-sung, fondateur et «Grand Leader» de la Corée du Nord de 1948 à 1994. Homme de tous les excès, Kim Jong-il adore le cinéma américain, la gastronomie et l’alcool de luxe –des goûts qui contrastent avec la réalité du pays communiste, qui a entre autres été touché par la famine durant la fin des années 1990. Maintenant âgé de soixante-huit ans, Kim Jong-il est dans un état de santé précaire; en fait, certains spécialistes croient même qu’il est déjà décédé, en septembre 2008, et qu’il est actuellement remplacé par un sosie. Pire encore, Toshimitsu Shigemura, professeur à l’université de Waseda, croit que le «Cher Leader» est mort de diabète en 2003.

Quoi qu’il en soit, en Corée du Nord, on prépare la succession officielle de Kim Jong-il. Qui donc prendra la tête du pays? Il semblerait que ce soit son troisième fils, Kim Jong-un, qui le fera. Son troisième fils? En effet, Kim Jong-nam, le premier fils du « Cher Leader », est tombé en disgrâce après avoir été arrêté à Tokyo en 2001 alors qu’il tentait de se rendre au Disneyland japonais en cachette avec un faux passeport dominicain. Son deuxième fils, Kim Jong-chul, a été écarté lui aussi: selon Kenji Fujimoto, le chef sushi personnel de Kim Jong-il, Jong-chul serait «trop féminin» pour gouverner le pays. Trop féminin dans ses manières… ou homosexuel? D’une façon ou d’une autre, ce ne sont que des spéculations, bien entendu. Dernièrement, d’autres sources ont suggéré que Jong-chul serait malade de façon chronique, ce qui justifierait qu’on l’écarte de la succession. À moins que ce ne soit qu’une excuse pour calmer les rumeurs concernant sa «féminité»…

Le successeur de Kim Jong-il devrait donc être son troisième fils, Kim Jong-un. Tout laisse croire que c’est ce dernier qui sera à la tête du pays: des campagnes de propagande ont déjà commencé à cet effet cet été, entre autres par la diffusion de chansons patriotiques vantant la loyauté et la valeur de Jong-un. Mais à vingt-six ans, est-ce que Jong-un est prêt à prendre le contrôle de la Corée du Nord? Est-ce que la campagne de propagande annonce un changement de pouvoir ou seulement l’arrivée de Jong-un dans le portrait politique? Combien de temps Kim Jong-il, ou son double, restera-t-il au pouvoir?

Ces derniers mois, la Corée du Nord à beaucoup fait parler d’elle, particulièrement lorsqu’elle a fait l’essai d’un missile à longue portée, essai officiellement identifié comme un  lancement d’un «satellite». Et que dire des tests nucléaires, qui laissent supposer que la Corée du Nord a le potentiel de fabriquer une bombe atomique? Beaucoup d’enjeux et de responsabilités pour le jeune Kim Jong-un. L’arrivée au pouvoir du jeune successeur présage-t-elle le renouveau du pays ou son déclin? Dans un cas comme dans l’autre, les puissances étrangères devront réagir en conséquence.

Cette semaine, un fortune cookie pour le « Futur Leader » : « Celui qui sait commander trouve toujours ceux qui doivent obéir.» Friedrich Nietzsche.

 
Sur le même sujet:
10 novembre 2009
6 octobre 2009
16 février 2010