Atmosphère rock
15 septembre 2009
Alex Hackett, de la formation musicale Kill The Lights, a rencontré Le Délit pour parler du processus créatif derrière leur deuxième album, Fog Area.

Arcade Fire, Bell Orchestre, Islands, pour ne nommer que les plus connus: les groupes d’inspiration indie-rock ne sont pas une denrée rare à Montréal. Conscient de ce fait, le chanteur de Kill The Lights, Alex Hackett, espère réussir à se démarquer du lot par la variété des styles explorés sur l’album. À l’heure où MySpace, iTunes et YouTube poussent souvent les curieux à n’écouter que quelques minutes, voire quelques secondes d’une chanson pour connaître le son d’un groupe, Alex souhaite que l’auditeur «prenne le temps d’écouter le tout, de digérer l’album». Effectivement, Fog Area joue sur plusieurs tableaux. L’album conjugue à une guitare très présente et à une batterie plutôt lourde une multiplicité de bruits qui traînent la musique du côté de l’électro, du rock garage ou encore du shoegazing. La voix planante du chanteur confère une touche de mélancolie à un ensemble qui n’est jamais monotone.

Issus des Cantons de l’Est, les quatre membres du groupe ont commencé leur carrière à Toronto, où ils ont rapidement signé avec la compagnie de disques Maple Music. Leur premier album, paru en 2005 de façon autonome, a été réédité par Maple en 2007. Comme bien des groupes émergents, Kill The Lights a dû affronter les pressions de l’étiquette, qui «prétendait vouloir aider, mais au fond voulait des tounes de quatre minutes avec couplet-refrain-couplet». La tangente plus commerciale que Maple tentait de faire prendre aux musiciens leur a déplu, et après bien des démêlés, c’est de façon indépendante qu’ils ont choisi de produire leur deuxième album. Déménagés à Montréal après avoir rencontré des problèmes d’emploi à Toronto, c’est ici qu’ils ont concocté Fog Area.

Si leur liberté créatrice s’est trouvée augmentée par leur départ de Maple, cela n’a cependant pas facilité l’enregistrement de l’album: près d’un an et demi ont été nécessaires pour le compléter. Au fil des sessions, le son lui-même a changé, et c’est finalement le versant plus calme, plus atmosphérique du groupe qui a dominé. Pendant ce temps, deux des membres de Kill The Lights ont joué au sein d’autres formations musicales, notamment le batteur Yann Geoffroy, qui œuvre auprès de la référence montréalaise qu’est The Dears. Des similitudes sont d’ailleurs repérables dans les styles des deux groupes et témoignagent peut-être de l’existence d’un certain son montréalais sur une scène indie-rock très vivante.

«Shy Communist»,«Prince Pang», «Nation of Introverts»: les titres des chansons de Fog Area, à la fois ludiques et poétiques, ont été pensés par Alex Hackett comme de courtes nouvelles, chacun d’eux évoquant des univers particuliers. Ayant étudié en littérature, le chanteur du groupe, qui en est aussi le parolier, vise davantage à solliciter l’imagination qu’à transmettre un message politique par ses textes. Le nom du groupe, tiré d’une chanson de leur premier album, se voulait proche du pop-art. Son côté impérieux et autoritaire a toutefois fait croire à plus d’un amateur de musique que la formation penchait plutôt du côté du heavy metal

Si, pour le moment, aucune tournée n’est prévue, la situation pourrait changer selon la réception qu’obtient l’album.  Plus rock en spectacle que sur disque –et employant parfois deux batteries!–, Kill The Lights est une formation qu’il vaut le coup d’attraper sur scène. En attendant un prochain spectacle, l’excellent Fog Area se déguste avec plaisir

 
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