Initiation
9 septembre 2008

Vous avez entre les mains la première édition du Délit de cette année. Bien qu’il soit souhaitable que vous l’ayez cueillie de votre plein gré sur un présentoir avant d’entrer en cours, il est aussi fort probable qu’elle vous ait été refourguée de force par l’un des nôtres à la sortie de ce cours. C’était peut-être même moi,  auquel cas merci de n’avoir pas fui. Mais au fond, peu importe la façon dont ces seize pages se sont frayées un chemin jusqu’à vos mains nonchalantes d’étudiant surmené, on leur souhaite d’y rester et d’y faire un tour assez souvent. Elles le méritent. Vous aussi. 

En admettant que mes dernières affirmations relèvent d’un slogan simpliste pour produit cosmétique, poursuivons tout de même. Le Délit est une publication indépendante de l’administration de McGill et de l’association étudiante. Depuis  1977, ses pages ont été destinées aux francophones et francophiles de ce campus à majorité anglophone. Bien que nous soyons la publication sœur du Daily, le jeu de mot de nos deux noms ne doit pas vous laisser croire qu’il s’agit ici d’un vague équivalent de notre ami en langue anglaise.  C’est faux. Certains esprits ahuris de ce campus en sont encore convaincus, et j’en ai moi-même fait partie, quelque trente secondes, il y a bien longtemps. Preuve que l’on peut en revenir. 

Et cette année, le Délit revient de loin. Pour ceux qui ne fréquentent que depuis peu les pelouses froshement baptisées de cette institution, rappelons que l’administration hautement sympathique de McGill a soumis notre existence et celle du Daily à référendum au printemps dernier. Inutile de dire que les deux publications ont été plébiscitées. Malgré le travail qu’il a demandé, le référendum nous a forcés à affirmer plus encore notre présence sur le campus.  La campagne énergique que nous avons menée a abouti à une augmentation notable du nombre d’entre vous qui nous lisent et souhaitent contribuer par leurs articles. 

Ce sont vos plumes qui alimentent ces pages et notre mandat est d’être une tribune pour ceux qui souhaitent faire l’actualité par le débat et l’information. Aucune expérience journalistique n’est requise pour écrire au Délit. Seule la curiosité (et le bon sens de ne pas se présenter si vous parlez français aussi bien que moi l’allemand). Le Délit comporte deux sections, Nouvelles et Arts&Culture, entre lesquelles nous dédions les pages centrales à une rubrique Société. Cette dernière est consacrée à des articles de fond, qui vont au-delà de l’actualité pour vous offrir une recherche et une réflexion plus approfondie sur les enjeux d’aujourd’hui. À cela s’ajoutent les chroniqueurs, collaborateurs talentueux qui vous livrent régulièrement des récits et points de vue plus personnels et libres dans leur forme. 

Quant à cet espace éditorial, il sera un lieu tantôt d’émerveillement, tantôt d’énervement, le tout enrobé d’un peu de sarcasme et de calembours moyennement drôles, puisque ce sont les seuls registres que votre bien dévouée sait manier. J’essaierai de faire au mieux, malgré la tentation d’aller au plus simple. Il aurait peut-être suffi pour ce premier numéro d’un commentaire joliment écrit, gentiment ficelé, balançant au lecteur, sans qu’il s’en aperçoive, la sempiternelle rengaine de la rentrée. Seulement, dire aux gens ce qu’ils savent déjà et s’attendre à ce qu’ils le lisent demande une prouesse littéraire hors norme doublée du talent de prendre les gens pour quelque chose qu’ils sont peut-être, mais qu’il n’st pas poli de rendre évident. Cela dit, oui, les cours reprennent, les livres coûtent cher, il pleut et ça fait mal. 

Bref, je vous offre donc de parcourir ce numéro, où les coupes dans la culture se mêlent à nos coups de cœur montréalais, où chroniqueurs rôdés et débutants côtoient l’actualité à et la vie culturelle du moment. Bonne lecture, donc. Et si par un jour pluvieux comme aujourd’hui vos pas vous mènent dans notre local souterrain et blafard, on vous donnera du boulot. Et des biscuits.

 
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