Des radicaux à McGill
29 janvier 2008
La bibliothèque de McGill offre un regard sur les périodiques radicaux des années 1970.

Mercredi soir dernier à la bibliothèque McLennan avait lieu le vernissage de l’exposition Québec Alternative, présentée conjointement par Media@McGill et la Division des livres rares et des collections spécialisées de la bibliothèque de l’Université McGill. Le matériel exposé provient directement de la collection personnelle de Marc Raboy, professeur d’éthique, média et communication à McGill. «Ce n’est pas de la nostalgie. Ce n’est pas un regard sur un moment qui est disparu et oublié. […] C’est de l’histoire, mais ça porte avant tout sur le pouvoir de la communication», a-t-il expliqué lors du discours d’ouverture, auquel ont assisté plusieurs membres de la presse radicale montréalaise. Le docteur Raboy avait fait don de sa collection privée à la bibliothèque pour en permettre l’accès aux chercheurs contemporains et futurs. «Il y a [des revues] qui reflètent des moments historiques et d’autres qui traitent des enjeux qui sont encore d’actualité», a-t-il précisé lors de son discours.

Un point de vue essentiel; un message optimiste

«Les médias et les médias alternatifs sont essentiels», a jugé Jonathan Sterne, professeur associé du  Département de l’histoire de l’art et des études en communication, au commencement de la soirée. Un propos qui trouve écho chez Marc Raboy: «Il y a là-dedans quelque chose d’universel. […] L’intérêt est que cela se passe maintenant à l’échelle globale. Le message à retenir est que ‘vous pouvez communiquer’, a-t-il dit au Délit. Et les résultats sont durables». Il a cité en exemple la pièce d’exposition Birth Control Handbook publiée par le groupe Médecine Pour Tous il y a une quarantaine d’années, à l’époque où cette information n’était pas disponible et où les consultations médicales n’étaient pas gratuites: «Aujourd’hui, on ne remet pas en question [la raison d’être de ces publications]. Ce qui a commencé en marge de la société est progressivement devenu normal».

Dans les deux présentoirs de verre qui abritent l’exposition étaient aussi mis en évidence des revues périodiques, des calendriers activistes et d’autres publications portant des noms tels que Le temps fou, La vie en rose et Québécoises deboutte!.

Rompre avec la tradition?

Le Délit a demandé à Allison Flynn, membre du bureau des relations médiatiques de McGill, s’il n’était pas inhabituel dans cette université de réputation conservatrice de manifester une telle reconnaissance envers des éléments contestataires de la société. «Tout à fait, a-t-elle répondu en riant. Mais c’est une très bonne initiative visant à présenter les médias d’une autre génération. Même si on n’était pas impliqués dans l’organisation de l’événement, on tenait à le publiciser et à le faire connaître aux gens». La plupart des visiteurs interrogés mercredi soir se sont dits satisfaits de l’exposition. Au moins un curieux, cependant, en est sorti déçu: «Les présentations orales étaient intéressantes, mais l’exposition ‘est morte’. Les présentateurs ont rappelé que les gens doivent s’investir pour faire bouger les choses. Alors c’est plutôt paradoxal de s’extasier sur ces revues radicales enfermées dans de vieux pupitres. C’est bien que [les organisateurs] hiérarchisent ces publications, mais l’exposition est trop pauvre», s’est lamenté au Délit ce visiteur qui a préféré demeurer anonyme.

L’exposition Québec Alternative est présentée jusqu’au 30 mars au 4e étage de la Bibliothèque McLennan.

 
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