CityParking: l’AirBnB du stationnement
21 février 2017 - Image par Ronny Al-Nosir
Amin Dada dévoile une facette insoupçonnée de l’économie de partage.

C’est en 2006 qu’Amin Dada quitte le Pakistan, et arrive à Montréal pour étudier à l’Université Concordia. Rapidement, il occupe plusieurs postes importants, il fut notamment planificateur pour le Moyen Orient et l’Amérique Latine chez Aldo, et ensuite gestionnaire chez Payza, une plateforme de commerce en ligne avec plus de dix millions d’utilisateurs. Puis, en 2014, une idée lui vient. Il quitte son emploi pour se lancer dans le monde des start-ups. Il fonde alors CityParking.

D’immigrant à entrepreneur

Habitant derrière le Centre Bell, il dispose de son propre emplacement pour stationner sa voiture. Cependant, les gens lui demandent toujours s’ils peuvent l’utiliser pendant son absence. Au début, Dada ne fait que louer l’emplacement à ses amis. Petit à petit l’idée de fonder une plateforme de partage de places de stationnement prend forme. N’ayant pas les moyens de développer son application à Montréal, il fait construire le modèle à l’étranger, avant de l’importer. Puis, en plus du soutien d’un investisseur américain, qui décide de lui accorder une chance, Amin Dada voit son projet être épaulé par un conseiller de chez Google. Le tout commence à prendre forme. C’est ainsi que nait CityParking.

Un succès à saveur mcgilloise

L’idée est simple. En utilisant une application, on peut soit rendre disponible un emplacement duquel on est propriétaire, ou alors trouver un stationnement. Pour les propriétaires, il suffit de télécharger l’application (disponible sur iOS, bientôt pour Android), prendre quelques photos, indiquer les heures de disponibilité et le tout est joué! Pour les utilisateurs, même principe: on réserve un emplacement par l’application, au coût de 1 ou 2 dollars de l’heure. 80% de la somme revient au propriétaire, et 20% à CityParking. De plus, la start-up conclut des ententes avec des partenaires privés et publics pour obtenir des emplacements. Dada voit notamment du potentiel au Collège Presbytérien et à l’école de ballet près de McGill. À ses débuts, le jeune entrepreneur a publié dans un des groupes Facebook de McGill afin d’annoncer qu’il offrait du stationnement peu dispendieux autour de l’université, sans mentionner son entreprise. Par des ententes, il a su acquérir trois emplacements, respectivement sur University, Lorne et Durocher. La publication eut un succès démesuré, tel que Dada reçoit à ce jour des transferts d’argent et des chèques d’étudiants mcgillois voulant louer ses espaces.

Vers la ville intelligente

Cette aventure représente évidemment un risque pour Dada. D’ailleurs, l’entrepreneur a longtemps hésité avant de se lancer. Après avoir quitté son emploi malgré un salaire à six chiffres, il recevait des offres de tous les côtés, incluant un poste de PDG (Président Directeur Général, ndlr), Cependant, Dada voulait régler un réel problème. Les emplacements sur Lorne et Durocher sont à 1 dollars de l’heure alors que le prix standard est de 2 dollars, puisqu’ils sont dans des quartiers étudiants. De plus, Dada entend instaurer un nouveau modèle avec un prix plafond de 10 dollars par utilisation. Lorsque questionné sur la profitabilité de ces prix, Dada dit croire que plus son application aura d’utilisateurs, plus elle sera profitable. Il se dit différent des autres entreprises de l’économie du partage car, selon lui, son service n’est pas prémium. Le but premier est de proposer une solution, plutôt que de maximiser les profits.

Dada explique que ce genre d’application peut aider Montréal à atteindre le maximum de son potentiel de ville intelligente. Il trouve important d’utiliser tout l’espace à notre disposition. Bien qu’il sache que le succès de sa startup n’est pas garanti, reconnaissant les sacrifices énormes que demande une telle aventure, Dada se permet de rester inspiré. Pour reprendre ses propres mots, «It’s only when you’re on your knees that you jump higher. No matter what you do, you’ll fail upwards» (C’est seulement lorsque l’on est à genoux qu’on saute plus haut. Peu importe ce que tu fais, tu échoueras plus haut, ndlr).

 
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