Trip-hop surprise
12 décembre 2016 - Image par M pour Montreal
Heartstreets, le son que le public du Centre Phi n’attendait pas.

Les premières parties de concert, c’est bien. Quand elles sont réussies, c’est mieux. En revanche, lorsqu’elles prennent le dessus sur l’intérêt que l’on témoigne à l’artiste phare de la soirée, on ne sait plus vraiment quoi penser. C’est ce qui est arrivé, alors que l’artiste torontois Daniel Caesar se présentait sous les projecteurs de la salle du Centre Phi, le samedi 26 novembre.

On croyait s’être déplacé seulement pour se trémousser sur son tube «Get You», mais l’artiste Canadien considéré par certains comme le «nouveau Drake» s’est fait attendre. Peut-être un petit peu trop: le deuxième groupe présent avant son arrivée en a mis plein la vue à un public peu préparé. Ce qui est commode avec les artistes invités pour réchauffer une foule avant la fête, c’est que l’on est rarement déçu car on ne s’attend pas à grand-chose.

En avril dernier, le rappeur irakien The Narcycist avait volé la vedette aux calibres du duo Mobb Deep à l’Olympia de Montréal. En ce soir de novembre, le duo de rap-trip-hop Heartstreets suit son exemple et fait preuve d’une énergie très contagieuse. Originaires de Montréal, Emma Beko et Gabrielle Godon viennent tout juste de sortir leur premier ep You and I. Pourtant, elles occupent la scène comme des championnes sur un ring de boxe, conservent leur gravité scénique jusqu’aux dernières notes de morceaux dont le mélange chant et rap surfe sur des rythmes planants.

Comme il est bon d’entendre une voix de rap féminine ! Dans ce monde où les meilleurs M.C parviennent à nous faire croire qu’il te faut quelque chose entre les jambes pour être capable de poser un flow digne de ce nom. Savoureusement parlant, les lignes d’Emma sont  le morceau de pain dont la voix de Gabrielle est le fromage. Sur le plan musical, une harmonie nouvelle se dévoile, de «Cruising with you» à «How I got over», la justesse des mots ne nous donne plus aucune raison de douter. Derrière Heartstreets se cache une véritable envie de raconter, et devant nous : un trou de mémoire quant à qui on était venu écouter en premier lieu.

 
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