Questions d’assemblées
8 octobre 2014

Samedi 4 octobre dernier, l’ensemble de la rédaction du Délit s’est rendu de l’autre côté de la montagne pour une journée de conférences sur le journalisme organisée par la Préf, la Presse étudiante francophone. Ques aquo? Une nouvelle organisation à but non lucratif qui rassemble les 47 journaux étudiants francophones du Québec aux niveaux collégial et universitaire, organisation dont Le Délit est membre fondateur. La Préf vient remplacer la Presse Universitaire Canadienne — vieil organisme aux coûts d’adhésion exorbitants et aux compétences sordides en ce qui avait trait aux revendications francophones de ses membres. Lors de cette fructueuse journée d’échange hébergée par Quartier Libre le journal étudiant de l’UdeM, nous avons eu, entre autres, la chance d’interroger l’ensemble de nos confrères journaux étudiants sur leur rapport avec leurs associations étudiantes et administrations, à savoir s’ils payent un loyer pour leur bureaux de rédaction. La conclusion est la même que dans notre éditorial du 30 septembre dernier. Pas un ne paie. Alors pourquoi le devrions-nous? Maintenant que le référendum sur l’implémentation d’un nouveau frais pour le Centre Universitaire est passé — à 69%, ce dont nous nous réjouissons — cette question s’adresse à toi, cher exécutif de l’AÉUM.

Pas d’excès, ni dans un sens, ni dans l’autre

Le 17 septembre dernier, l’Association Étudiante de la Faculté des Arts de McGill (AÉFA) a voté une motion visant à changer les noms des salles de conférence «Champagne» et «Jack Daniels» situées dans le célèbre Arts Lounge (le salon des étudiants de l’AÉFA). En accord avec la politique d’équité de l’association, les étudiants sont invités à proposer de nouveaux noms. Parmi les cinq les plus proposés pour chaque salle, deux seront sélectionnés par l’Association, selon les principes du «SafeSpace» ou d’«Espace Sécuritaire». L’ensemble des étudiants de la Faculté des Arts et de celle des Arts & Sciences pourra ensuite voter entre ces dernières options. Le résultat sera déterminé avant la période d’examens de la session d’automne.

Lors de son assemblée, l’exécutif rappelait que les noms de ces salles sont, d’une part, inconnus de la plupart des étudiants et, d’autre part, inappropriés, «non-professionnels», et qu’ils promeuvent la «culture de la boisson». Comme tous les étudiants ne se reconnaissent pas dans cette «culture», il serait donc du devoir de l’association de prendre en charge la mesure salvatrice. 

Une telle initiative — impliquer l’électorat estudiantin dans le second baptême de bureaux administratifs — se doit d’être saluée. Cependant, si c’est de démocratie directe dont on veut parler, pourquoi ne pas laisser les étudiants décider pleinement des noms de chaque salle en faisant en sorte que les résultats du premier tour soient les derniers, ou bien que si un second tour aie lieu, celui-ci se fasse sans l’intervention de l’exécutif de l’AÉFA dans la sélection des candidats.

Mais cela n’est rien comparé à l’autre obsession qui anime certains personnages sur ce campus: le concept de «SafeSpace». Un roman pourrait être écrit dessus. Loin d’en critiquer le nécessaire apport, nous en regrettons l’excès. Quelle est cette manie qui vous pousse à tout nous faire ravaler, jusqu’à nos propres gaz intestinaux? Va-t-on bientôt condamner l’idée d’ivresse par décret administratif ?  Cette préciosité, cette dévotion, cette bigoterie est pour le moins fatigante. Sait-on seulement, dans la nébuleuse Leacock 232 — lieu où se tiennent les assemblées de l’AÉFA —, que «Champagne» est un des noms de famille les plus usités du Québec?