Premier pas
11 mars 2014
Opinion

*Cahier Spécial « Hors Norme »

Alors que la cause environnementale commence, peu à peu, à intégrer les mœurs et à s’habiller de modernité, on pense de moins en moins aux écolos comme des communautés hippies autosuffisantes et isolées. Mais c’est oublier un nombre conséquent d’«écovillages», maisons écologiques et autres fermes expérimentales, répandus partout à travers le monde et notamment au Québec.  Ils respectent tous, à divers degrés (nécessité oblige) un certain nombre de principes: réduire au maximum leur empreinte écologique grâce aux technologies non-polluantes, à l’agriculture biologique et au recyclage; participer à une nouvelle forme de développement économique et durable et transmettre aux futures générations, par une vie communautaire active et un mode d’éducation approprié, leurs valeurs sociales et écologiques.

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Concrètement, cela les mène à construire leurs habitations avec des matériaux non-polluants, à privilégier les modes de transports verts et les énergies renouvelables tels que les panneaux solaires photovoltaïques, ou encore à ajouter des cours liés à la protection de l’environnement aux programmes scolaires. Une proportion considérable de ces microcosmes écologiques, comme la Cité Écologique de Ham-Nord ou encore le projet d’éco-hameau de Rawdon, au Québec, sont gérés par des institutions et une administration qui leur sont propres. Elles encadrent une prise de décision démocratique, des pratiques de gouvernance et même, dans certains cas, la création d’une monnaie locale.

Plus on cherche, plus on s’aperçoit que ces projets sont nombreux, mais aussi que beaucoup de personnes et familles indépendantes de quelconque projet vivent dans les mêmes conditions et avec les mêmes objectifs: zéro émission carbone, zéro déchet, respect de la nature et autosuffisance alimentaire et énergétique. «Oui mais, vivre comme cela, ça coûte cher et puis ça isole et puis…»: faux! Les réseaux d’«écovillages» émergent sur tous les continents et essayent de plus en plus de se connecter les uns les autres. Le Réseau d’Écovillages Mondial [Global Ecovillage Network, en anglais] par exemple a pour but de favoriser le partage de connaissances entre de tels projets dans le monde entier, et notamment entre les pays en développement. Sur le site Internet de leur section Afrique, on peut lire: «les écovillages sont une solution aux problèmes majeurs de notre temps; la planète atteint les limites de la croissance, et nos vies manquent souvent de sens.» La destruction des environnements physiques et spirituels sont mises côte à côte.

Si les communautés écologiques sont aujourd’hui hors norme, nous aurions tous intérêt à ce qu’elles ne le soient plus. Leur généralisation pourrait impliquer, à terme, une possibilité de parler vraiment de développement durable. Chaque citoyen serait inséré dans un contexte l’obligeant légalement et moralement à respecter son environnement, tout en lui faisant comprendre les bienfaits de cette structure par l’éducation.

Le devenir de cet écosystème est la responsabilité de chacun; nous sommes tous des ambassadeurs de la race humaine.