Vue d’en-haut
7 février 2012
Le Centre Canadien d’Architecture (CCA) expose la vision de deux artistes sur le site du Machu Picchu, au Pérou.

Les ruines incas de Machu Picchu, classées au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, sont devenues une attraction touristique par excellence. Une exposition qui s’y consacre pourrait paraître comme une publicité cherchant à attirer encore plus de visiteurs. Pourtant, l’exposition Alturas de Machu Picchu présente un coup d’œil intime sur ce site montagneux.

Gracieuseté de CCA collection
L’exposition, qui doit son titre au chant du même nom de Pablo Neruda, réunit des photographies et des croquis  par deux artistes qui se retrouvent à plus de cinquante ans d’intervalle au sommet des mêmes ruines incas: le photographe péruvien Martín Chambi et l’architecte portugais Álvaro Siza.

Les photographies de Chambi qui datent de 1927 montrent une architecture qui se fond dans le paysage. Les ruines semblent faire partie de la montagne. Cependant, au moins un cliché rappelle toujours les humains qui les ont bâties. Que ce soit grâce à un escalier menant à une terrasse secrète ou une porte ouvrant sur une salle inconnue, Chambi invite le spectateur à l’intérieur même de ses photographies.

Les croquis de Siza, réalisés en 1995, sont le carnet de voyage de l’architecte. Ils paraissent souvent incomplets et offrent au spectateur la possibilité de les compléter par lui-même. Siza montre lui aussi la relation entre le paysage et l’architecture. Dans ses dessins, on retrouve la même impression d’unité entre la montagne et la création des Incas. L’architecte dessine aussi des voyageurs et des animaux, donnant un côté plus intime aux ruines. Ses croquis sont parfois si vite esquissés qu’ils rappellent un coup de pinceau impressionniste et prennent la forme d’ou un journal intime. Ils présentent la perception très intime de l’artiste.

Gracieuseté de CCA collection

Chambi et Siza, chacun à l’aide d’outils différents, dévoilent leur propre expérience du site touristique. Il n’empêche que le spectateur, en passant d’un dessin à une photographie, peut forger sa propre vision. Les croquis et les photos ont été choisis de façon judicieuse pour rendre cette opposition frappante. Seul point négatif: en sortant, on se rend compte que l’exposition est trop courte, comme si on avait oublié une salle. À voir pour les amoureux d’architecture, de photographie et des voyages.

Alturas de Machu Picchu
Où:
CCA
1920 rue Baile
Quand:
jusqu’au 22 avril 2012