La magie des Boumeries
19 septembre 2011
Les Boumeries, le premier fanzine de Samantha Leriche-Gionet, alias Boum, nous fait découvrir une jeune réalisatrice, animatrice et illustratrice québécoise pleine de talent…

Trois fois par semaine, Boum publie sur internet un strip constitué de trois ou quatre cases, une anecdote du quotidien drôle et sympathique. Court, simple et terriblement charmant, même si le format n’est pas particulièrement original, Boum le manie à merveille. C’est donc une agréable surprise de pouvoir se procurer ses dessins, avec quelques inédits, dans un fanzine qui vous fera sans aucun doute abondamment sourire.

Gracieuseté de Samantha Leriche-Gionet

Qui se cache derrière Boum?

Boum, qui dessine depuis qu’elle est toute petite, est une grande adepte de l’animation: «Ma mère, qui travaillait dans le graphisme, m’a toujours encouragée à dessiner». Au secondaire, elle était dans un programme d’arts plastiques. Au cégep elle a fait des dessins animés et son premier court-métrage; puis, à Concordia, elle a continué en animation de films. Au début elle préférait faire de l’animation parce que cette technique demande de garder tout le temps les mêmes proportions et le même décor pour chaque scène. En bande dessinée, au contraire, il y a des choses à prendre en considération qui lui posaient problème: la composition de la page, la place pour les bulles, etc. Petit à petit, elle a fait des bandes dessinées dans des collectifs locaux de petite envergure avec des amis. Elle se trouvait «correcte», sans plus. En février dernier, elle participait au Hourly comic day, où il fallait faire une bande dessinée par heure pour raconter l’heure d’avant. «J’ai embarqué dans le projet et je me suis vite rendue compte que raconter ce que tu as fait dans l’heure d’avant, quand tu passes ta journée à faire de la bande dessinée, ça devient rapidement monotone.» À partir de ce moment, elle a fait très attention aux détails pour rendre cette expérience intéressante. Après cet épisode, elle s’est tenue au courant des événements et a participé au Daily comic week, sur le même principe mais avec une bande dessinée par jour. «Depuis ce temps-là, je rédige trois boumeries par semaine. Et je n’en ai encore jamais sauté une!»

Et c’est quoi une boumerie au fait?

«Boumeries» vient directement du surnom de l’auteure, dont elle a été affublé quand elle avait deux ans et qui ne l’a presque jamais quitté: «Un oncle m’appelait Samboum quand j’étais petite. Le surnom est resté un temps, et finalement, j’ai raccourci à Boum. Aujourd’hui je me retourne quand on m’appelle comme ça dans la rue».

Concrètement, les boumeries sont des strips dans lesquels Boum se met en scène avec son amoureux Pierre-Luc et sa copine d’adolescence. Elle raconte ses jeux vidéos, ses voyages et ses rêves qui, curieusement, parlent souvent de cuvettes de toilettes. En bref, ce sont des petites histoires de la vie quotidienne: «Je trouve ça plus facile de creuser dans ma propre expérience pour dessiner. Les anecdotes sont plus personnelles, plus réelles». Elle avoue aimer le format court du strip qui est direct. N’ayant pas eu beaucoup de succès dans l’écriture d’histoires plus longues, elle souhaite remédier à sa faiblesse en assistant aux ateliers de Jimmy Beaulieu, au Cégep du Vieux-Montréal.

Dessiner au jour le jour

Dessiner trois strips originaux par semaine prend évidemment beaucoup de temps à la jeune auteure –chaque strip lui prend à peu près une demi-heure– elle qui travaille principalement sur le papier: «Je n’aime pas dessiner à l’ordinateur. J’aime toucher le papier, retourner mes dessins pour déceler les problèmes qu’ils contiennent, conserver un original.» Les seules choses qu’elle fait à l’ordinateur sont les ombres, les couleurs et le texte. Heureusement, elle n’est jamais en manque d’idées. «J’essaye de garder un certain rythme, par exemple de ne pas dessiner plus d’un rêve ou une histoire avec Pierre-Luc par semaine.» Alors que les strips sont en anglais sur son site, Boum a choisi de publier son fanzine en version anglaise et française: «J’écris en anglais parce que j’ai commencé avec le «Hourly comic day». Je me suis rendue compte que j’avais beaucoup de lecteurs de Grande Bretagne, des États-Unis, d’Irlande et bien sûr du Canada. Traduire en français était vraiment long mais logique: après tout les histoires se déroulent souvent en français puisque je suis francophone.»

Une belle rencontre, un fanzine à ne pas rater!

Boum est sans conteste à l’image de ses strips: charmante et sympathique. Offrez-vous cette semaine un petit plaisir et passez la voir lors du lancement de Boumeries le mercredi 21 septembre, au bar Le Bénélux, de 17h à 20h. Vous pouvez aussi suivre les Boumeries chaque semaine sur boumerie.com.