L’«homosexualisme», nouvelle tyrannie du XXIe siècle
29 mars 2011
La famille d’accueil Johns exclue pour ses opinions discriminatoires envers les homosexuels.

L’Histoire regorge d’idéologies et d’activismes qui, par un processus de radicalisation, finissent par reproduire stérilement les mêmes agissements que les anciens despotismes qu’ils étaient censés combattre. La Terreur de Robespierre qui suivit la Révolution française, le nationalisme antirusse de l’Estonie post-soviétique; la liste est longue et risque de voir ses rangs dangereusement s’élargir à l’aile extrême du mouvement de lutte pour les droits des homosexuels. Les conséquences pour la fin de la discrimination homosexuelle pourraient s’avérer désastreuses.

Matthieu Santerre | Le Délit

Le tout récent cas d’Owen et Eunice Johns au Royaume-Uni en est un indicateur pour le moins éloquent. Le 28 février, le couple de convaincus pentecôtistes, bien que fort d’une grande expérience en tant que parents d’accueil, a en effet été débouté devant la Haute Cour de Nottingham dans leur action contre la mairie de Derby, au centre de l’Angleterre. Cette dernière leur avait refusé le renouvellement de leur agrément de famille d’accueil, pointant du doigt une visite antérieure des services sociaux durant laquelle les Johns ont exprimé leur refus, en raison de leur foi, de transmettre à des enfants d’accueil la conviction que l’homosexualité est acceptable.

Les méthodes des gouvernements estoniens des années 1990 vis-à-vis des Russes installés du temps de la despotique URSS sont ainsi puérilement recyclées: «Vous nous avez privé de droits égaux de par le passé –socio-économiques et culturels pour les estoniens, à l’adoption pour les homosexuels– maintenant, eh bien à notre tour de vous privez de ces “mêmes” droits-là –à la citoyenneté pour les Russes d’Estonie, à la garde d’enfants pour les hétérosexuels pieux!» Sans doute le plus révoltant dans cette histoire est que, non seulement les Johns n’ont aucunement commis d’actes de violence ni émis d’incitations à la haine explicites envers les homosexuels, mais aussi et surtout qu’un tribunal, dans un pays démocratique, avec des lois à l’appui (Equality Act (Sexual Orientation) Regulations) entérine une telle mesure. Autrement dit, l’État, censé être garant des droits égaux de l’ensemble des citoyens, quelles que soient leurs convictions, tant que celles-ci restent dans la limite de l’acceptable dans une «société libre et démocratique», se soumet au diktat d’un radicalisme homovirulent. Comme dans une sorte de zero-sum game, l’égalité n’avance pas, puisque l’on retire des droits à une catégorie d’individus pour les transmettre à une autre catégorie historiquement malmenée.

Mesures de «discrimination positive» nécessaires au redressement d’une situation d’injustice, vous diront certains… On peut en douter au regard des fruits «pourris» qu’ont porté les politiques de refus de la citoyenneté estonienne aux Russes de l’état balte en question –émeutes à répétition, menaces accrues d’interventionnisme du Kremlin, etc. Aux côtés de cette foire aux éphèbes que peut être la Marche des Fiertés, ce type de «mesures» dont a été victime le couple Johns et qui sont encouragées par un mouvement LGBT radicalisé et lui-même intolérant –Ben Summerskill, de l’association Stonewall, a estimé face au cas des Johns que les intérêts de l’enfant devraient passer avant les «préjugés d’un parent»– ne servent en réalité qu’à alimenter l’homophobie. Bien souvent, discours de l’extrême-droite française, le Front National à l’appui, on constate en effet que les actions soutenues par le radicalisme LGBT sont largement utilisées pour justifier un discours au ton intolérant vis-à-vis des homosexuels.

Assisterions-nous donc bel et bien aujourd’hui à une transition d’un mouvement de lutte légitime pour les droits des homosexuels vers un «homosexualisme» destructeur?

Les opinions exprimées dans ce billet n’engagent que leur auteur; elles ne reflètent que les idées de l’auteur et en aucun cas celles du conseil de rédaction.

 
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