18 minutes pour changer le monde
10 novembre 2009
Le 5 novembre dernier, Le Délit a assisté pour vous à l’une des conférences innovantes proposées par TEDx McGill, une initiative axée sur le partage d’idées et l’inspiration.

Ideas Worth Spreading. C’est le credo de la communauté TED, qui organise depuis 1984 des conférences d’un genre nouveau et qui donne la parole aux génies de demain. Parmi ses anciens participants, on compte par exemple Bill Clinton, Bono et Bill Gates. D’abord centrés sur la technologie, le divertissement et le design (Technology, Entertainment et Design, d’où l’acronyme TED), les thèmes abordés sont aujourd’hui d’une grande variété. Une de ces conférences se tenait le jeudi 5 novembre dernier à McGill, grâce à l’initiative du groupe TEDx McGill.

Préparé depuis plusieurs mois, l’événement était attendu par la communauté de McGill et au-delà. Deux heures après leur mise en vente, les billets étaient épuisés, si bien qu’il a fallu doubler la capacité d’accueil. Il faut dire que TED est en passe de devenir un véritable phénomène de société, en proposant de mondialiser les idées de génies inconnus. Dès le début des conférences le ton est donné: on est là pour parler des idées «pour demain», on veut du neuf. Mais qu’ont-elles de si spécial, ces conférences? La formule est simple, efficace. Les participants ont dix-huit minutes pour exposer une idée révolutionnaire avec humour et clarté. June Cohen, directrice médias de TED, explique que «le plus important pour [les] intervenants, c’est de savoir raconter une histoire; il faut monter sur scène, électriser les gens, les emmener en voyage». Il ne s’agit donc pas seulement d’avoir une idée géniale, il faut savoir la partager.

L’événement fait fureur: chaque année, ce sont près de 1200 places à 6000$ que s’arrachent dirigeants de grandes entreprises et autres philanthropes des quatre coins du monde, qui convergent en Californie pour les trois jours de bouillonnement intellectuel qu’offre la conférence annuelle.

Un autre événement élitiste? Il est clair que les 6000$ ne sont pas un facteur de mixité sociale. Le formulaire d’inscription pourrait aussi contribuer à favoriser «l’entre-soi», mais la fondation TED s’en défend. «Les participants sont sélectionnés sur la base de nombreux critères visant à assurer un échange riche et stimulant parmi des individus variés. Sont favorisés les esprits curieux, passionnés et ouverts sur le monde», explique le service des admissions en ligne. Une cinquantaine de bourses sont également accordées à des étudiants et à des professionnels d’organisations à but non lucratif.

Mais ce qui a vraiment changé la donne, c’est quand, en juin 2006, le site ted.com a commencé à mettre en ligne les conférences. Deux ans plus tard, plus de 50 millions de vidéos avaient été visionnées. A cela s’ajoute le projet TEDx, et c’est ce qui a amené TED jusqu’à McGill. Organisés par des équipes indépendantes mais opérés sous licence TED, les événements TEDx sont de plus en plus nombreux, et ce sur les cinq continents.

Parmi les 300 personnes présentes jeudi dernier, la plupart étaient des étudiants. Mais on pouvait aussi croiser des «adeptes» TED, curieux de voir ce que la mouture McGill pouvait donner. Le Directeur général de Deloitte Montréal, qui a subventionné l’événement, explique sa présence: «nous sommes d’abord intéressés par les idées, mais il est vrai que nous sommes toujours dans une perspective de recrutement». Jeudi dernier, les vedettes anonymes étaient, elles aussi, principalement des étudiants. C’est avec enthousiasme qu’ils ont partagé leur passion pour les trous noirs, l’urbanisme, le tri sélectif ou encore les start-ups. Enfin, quelques professeurs et autres PDG ont ponctué l’événement de réflexions sur les enjeux propres à la génération montante.

Des vidéos de chaque participant seront bientôt disponibles au www.tedxmcgill.com. Le Délit vous recommande tout particulièrement «To be like, or not to be like».