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	<title>Archives des 2024-11-27 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2024-11-27/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Mon, 06 Jan 2025 16:24:23 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Solidarité sans logement</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/solidarite-sans-logement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ysandre Beaulieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[itinérance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un point sur l’itinérance à Montréal avant l’arrivée de l’hiver.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/solidarite-sans-logement/" data-wpel-link="internal">Solidarité sans logement</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2120820/campement-itinerants-demantelement-notre-dame-montreal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">e 18 novembre</a>, un avis d’éviction a été envoyé à quelques individus logeant dans un campement de sans-abris de la rue Notre-Dame, dans le quartier d’Hochelaga. Le jeudi suivant, le ministère des Transports devait procéder au démantèlement d’une partie du campement, une décision déplorée par certains, compte tenu du manque de place dans les refuges de la ville, particulièrement en hiver.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la suite de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-10-18/itinerance/valerie-plante-appelle-quebec-a-l-aide-pour-l-hiver.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’appel</a> de la mairesse, Valérie Plante, la ville de Montréal a mis à jour <a href="https://montreal.ca/articles/plan-hivernal-pour-les-personnes-itinerantes-des-mesures-concretes-dans-mhm-9592" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">son plan hivernal pour les personnes itinérantes</a>. Ce plan inclut la création de comités d’aide et l’établissement de centres d’hébergement temporaires, ainsi que la distribution de 500 000$ aux organismes de la ville offrant du soutien et des services aux personnes en situation d’itinérance. Malgré ces mesures, les défis auxquels se heurtent les itinérants de la ville restent importants. Un recensement datant de 2022 révèle que Montréal compte plus de <a href="https://www.msss.gouv.qc.ca/inc/documents/ministere/salle-de-presse/Fiche_technique_Resultats_denombrement_2022_23-09-01_VF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">4 500 sans-abris</a>, mais malgré les infrastructures d’hébergement de la ville, près de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-11-18/itinerance/demantelement-imminent-d-une-partie-du-campement-de-la-rue-notre-dame.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1 000 personnes</a> dorment dans l’espace public chaque nuit. Avec des risques particulièrement élevés durant les mois d’hiver et des ressources insuffisantes, comprendre et réparer les failles du système de bien-être social est essentiel. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Ce sont des gens très seuls qui ont besoin d’accompagnement. Cette solidarité ne remplace pas le sentiment d’un vrai chez- soi.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Communauté et logement</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit</em> a discuté avec Matthieu*, qui est en situation d’itinérance à Montréal depuis près de quatre ans. Après s’être fait licencié et avoir quitté Chicoutimi pour trouver un emploi à Montréal, il s’est retrouvé à la rue. « J’ai pas trouvé [d’emploi, <em>ndlr</em>] à temps. Au début, je dormais chez des gens que je connaissais, mais ça n’a pas duré. Je ne parle plus à ma famille, donc je ne peux pas rentrer, mais je suis mieux dans une grande ville comme Montréal qu’ailleurs. » Plusieurs se rendent vers les centres urbains de la province en espérant trouver un emploi, ou encore pour avoir accès à des services sociaux plus développés. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, un processus d’aliénation et d’isolement s’installe progressivement, affirme Emma Cyr, étudiante à la maîtrise en travail social et intervenante dans une clinique pour les personnes ayant des problèmes de dépendance – une population dont la majorité se trouve en situation d’itinérance. Selon elle, « certains se retrouvent dans la rue par concours de circonstances, ils commencent à consommer [de la drogue, <em>ndlr</em>], et sans téléphone, ils perdent la connexion avec leurs proches. Ils finissent par vouloir avoir assez d’argent pour continuer à consommer, ce qui fait souvent en sorte qu’ils se retournent contre leur propre famille, et deviennent très isolés ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Emma constate la présence d’une communauté solidaire entre les personnes en situation d’itinérance, mais clarifie que « ce sont des gens très seuls qui ont besoin d’accompagnement. Cette solidarité ne remplace pas le sentiment d’un vrai chez-soi. Ils veulent une communauté qui n’est pas juste entre personnes itinérantes, cette communauté là n’est pas suffisante. Elle ne comble pas les besoins fondamentaux ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement, ces besoins restent inaccessibles pour beaucoup. Les temps d’attente pour l’obtention de logements à loyer modique à Montréal varient, mais en fonction des circonstances individuelles, <a href="https://www.omhm.qc.ca/fr/soumettre-une-demande/analyse-de-la-demande-et-delais-dattente" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ils peuvent aller jusqu’à plusieurs années</a>. La crise du logement dans les grandes villes a exacerbé cette pénurie de logements accessibles, et Emma explique avoir dû annoncer à plusieurs personnes qu’ils auraient à attendre près de 10 ans pour y accéder : « Quand j’ajoute des gens à la liste pour accéder à ces logements [subventionnés, <em>ndlr</em>] je suis dans l’obligation de leur déclarer le temps d’attente. Ces gens survivent au jour le jour, ils sont découragés d’entendre qu’ils devront attendre aussi longtemps. » </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’hiver à l’approche</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’arrivée de l’hiver est redoutée par beaucoup, et la pression sur les services de logement et d’aides aux personnes sans-abri augmente. Matthieu explique certains des problèmes présentés par les refuges : « Il y a pas mal d’endroits qui ne te permettent pas de rentrer avec tes affaires, mais pour moi, au début, mes affaires c’est tout ce que j’avais. C’était mes vêtements, mes chaussures, les choses que j’avais amenées avec moi. J’avais rien d’autre, je pouvais pas m’en débarrasser, alors je dormais dans la rue. Mais quand l’hiver s’en est arrivé, je n’avais plus vraiment le choix, il faisait trop froid pour rester dehors. » En effet, certains refuges interdisent à ceux qui les fréquentent d’y rentrer avec des biens personnels, généralement pour des questions sanitaires. Cependant, ces critères d’admissibilité empêchent plusieurs personnes d’avoir accès aux logements d’urgence de la ville, d’autant plus que posséder des biens matériaux est un défi en soi. Matthieu raconte s’être fait voler certains de ses biens, et conclut que « le moins de choses t’as, le moins t’es ciblé ». </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le manque de ressources et de financement peut être tenu responsable de l’insuffisance des services, surtout l’hiver. Matthieu raconte lui-même avoir des difficultés d’accès à ces services : « des fois, il y a des refuges qui ont de la place et des fois ils n’en ont pas. Quand j’ai assez de sous, je fais la file pendant longtemps pour m’assurer d’avoir une place, mais j’arrive pas tout le temps. Il n’y a pas la place pour tout le monde, donc il y a des périodes où je dors dehors. » </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Il n’y a pas d’argent pour la création de logements à loyer modique, et quand les personnes en situation d’itinérance finissent par avoir un logement, il faut qu’elles continuent d’être accompagnées.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">« Quand il commence à faire froid, ça se sent dans les organismes », explique Emma. « Autour du mois de novembre, des centres de répit ouvrent dans des églises, des centres communautaires, et des arénas, mais ce n’est pas tout le temps des endroits pour dormir, » poursuit-elle. Beaucoup de ces refuges sont des logements à court-terme, et n’offrent finalement pas de solution permanente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un secteur sous-financé</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus tôt cet automne, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2104747/lionel-carmant-financement-itinerance-montreal#:~:text=Québec%20allonge%204%2C2%20millions%20de%20dollars%20pour%20permettre%20à,d&#039;une%20partie%20du%20financement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Québec a alloué 4,2 millions de dollars</a> pour lutter contre l’itinérance à Montréal, une somme visant spécifiquement à gérer des profils plus complexes. Malgré cela, plusieurs acteurs dans le secteur communautaire déplorent les subventions insuffisantes de la part du gouvernement. Selon Emma, le financement manque à tous les niveaux : « Il n’y a pas d’argent pour la création de logements à loyer modique, et quand les personnes en situation d’itinérance finissent par avoir un logement, il faut qu’elles continuent d’être accompagnées. Ce n’est pas juste avoir un logement, c’est être capable de le garder. C’est facile d’oublier de payer son loyer, ou de laisser d’autres gens rentrer. » </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet accompagnement social, explique-t-elle, est sous-financé. Les salaires bas et les conditions de travail difficiles des intervenants et des travailleurs sociaux y sont pour beaucoup. « Il y a tellement de retournement d’employés, c’est difficile de garder des gens dans ce milieu-là. C’est un secteur qui ne reçoit pas beaucoup d’attention dans le domaine politique, » conclut-elle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">*Nom fictif</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Rendez-vous en planète inconnue</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/rendez-vous-en-planete-inconnue/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Capucine Valton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[espace]]></category>
		<category><![CDATA[station spatiale internationale]]></category>
		<category><![CDATA[the exploration company]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56701</guid>

					<description><![CDATA[<p>Peut-on envisager un futur « chez nous » dans l’espace?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Ce lundi 18 novembre, <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/11/18/levee-de-fonds-record-pour-la-future-capsule-spatiale-europeenne_6399477_3234.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">The Exploration Company (TEC), société spatiale franco-allemande, a annoncé le montant du financement</a> accordé au développement du service de transport cargo européen à destination de la Station Spatiale Internationale (SSI). La levée de fond de 150 millions d’euros est avant tout stratégique pour l’Europe, qui n’a pas de module lui permettant d’accéder à l’ISS en toute autonomie, contrairement à ses homologues américains, russes et chinois, <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/11/18/levee-de-fonds-record-pour-la-future-capsule-spatiale-europeenne_6399477_3234.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">qui disposent respectivement des capsules Dragon, Soyouz et Shenzhou</a>. Le vaisseau spatial financé, nommé Nyx Earth, est supposé être opérationnel en <a href="https://www.lejournaldesentreprises.com/article/la-start-up-du-new-space-exploration-company-leve-150-millions-deuros-2107594" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2028</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une compétition spatiale modérément impactée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce projet, les Européens ont pour but de s’affranchir de leur dépendance vis-à-vis des Américains, ce qui implique une certaine hausse de la compétition spatiale, notamment sur le marché des vaisseaux spatiaux. Cependant, cette menace pour les acteurs spatiaux est limitée, puisque comme l’affirme Upasana Dasgupta, professeure spécialisée dans le droit de l’espace et membre de l’Institut de droit aérien et spatial de McGill, l’Europe est moins efficace en ce qui concerne lesprisesdedécision:« Il y a un certain <em>push and pull </em>(pousser-tirer) qui se déroule entre les pays Européens, et certains disent que le marché Européen est très fragmenté. À moins que cette fragmentation disparaisse, ils ne peuvent pas concurrencer au même niveau que les Américains, (<em>tdlr</em>). »</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, les objectifs poursuivis par les puissances spatiales sont différents : « Le marché spatial Européen se concentre sur des activités très niches, notamment la durabilité spatiale », souligne Prof. Dasgupta. Les acteurs du projet Nyx Earth ont en effet pour but de concevoir un <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/espace/exploration/un-nouveau-vaisseau-cargo-spatial-europeen-le-projet-susie-est-sur-les-rangs_175713" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vaisseau spatial entièrement réutilisable</a>, une mission en accord avec leurs activités tournées vers la protection environnementale spatiale. L’engin disposerait d’un bras articulé dont le but serait de nettoyer l’espace des débris qui l’encombrent actuellement.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ces raisons, la « menace » européenne sur le marché spatial est faible : « les Européens ne peuvent pas grandir de manière exponentielle comme les États-Unis », affirme Prof. Dasgupta. « Ils en ont les capacités et le talent, mais ils n’ont pas l’argent ni l’efficacité. »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une exploration critiquée et risquée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Encourager la compétition spatiale reste sujet aux débats, notamment en ce qui concerne la question des <a href="https://www.courrierinternational.com/long-format/environnement-la-nouvelle-course-a-l-espace-entraine-de-nouveaux-problemes-de-pollution" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">débris spatiaux</a> : « Depuis que Spoutnik est allé dans l’espace, les pays ont négligemment laissé les parties des fusées dans la “litière” spatiale », explique Prof. Dasgupta. « Si on laisse de tels débris, ils vont entrer en collision et créer davantage de débris qui ont plus de chances de toucher des objets spatiaux opérationnels et les rendre inutilisables. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence de précisions dans les traités internationaux, qui sont les principaux régulateurs des activités spatiales, s’ajoute au problème. <a href="https://www.spacelaw.fr/a-qui-appartient-lespace-le-premier-traite-de-lespace" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Le Traité de l’Espace</a>, qui réunit plus de 112 signataires, définit la plupart des lois concernant la gouvernance spatiale sur les corps célestes, comme la Lune, mais reste vague en ce qui concerne le reste de l’espace. Prof. Dasgupta souligne notamment l’ambiguïté de l’Article 4 : « Il explique que l’on ne peut pas placer des armes conventionnelles sur la Lune et tous les autres corps célestes. Mais l’article ne dit rien à propos du reste de l’espace, et certains pays ont donc testé leurs armes pour détruire les satellites défaillants, ce qui crée des débris. »</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Il y a des guerres en 2024, on se bat encore pour des territoires, donc comment peut-on être prêt pour réunir l’humanité dans cette aventure unificatrice?</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">En ce qui concerne l’exploration sur Mars, Dr Richard Léveillé, professeur associé au Département des sciences de la Terre et des planètes de McGill, explique que l’exploration d’une potentielle zone habitable par un engin terrestre entraînerait des risques de contamination : « Certaines régions sont considérées spéciales parce que ce sont des endroits qui pourraient contenir de la glace ou de l’eau souterraine, donc qui pourraient peut-être aujourd’hui supporter la vie. On sait que c’est presque impossible de stériliser une fusée, donc la réglementation dit que pour le moment, on ne va pas dans ces régions-là, tant qu’on ne peut pas être plus certain qu’on ne va pas contaminer les potentielles traces de vie. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, Prof. Dasgupta affirme qu’il y a un certain devoir de l’humanité à apprendre de ses erreurs passées, notamment la colonisation des territoires, qu’il y ait présence de vie ou non : « la colonisation en ce sens est différente de celle perpétrée par les Européens sur Terre, puisqu’il y a des chances que nous ne trouvions aucun être-vivant dans l’espace. Mais cela veut-il dire que nous avons le droit de changer cet environnement et d’estimer que tout est à notre disposition pour le coloniser? »</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Coopérer dans un contexte incertain et instable</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan scientifique, les explorations récentes sur Mars donnent des résultats peu conclusifs quant à la probabilité que la vie ait déjà été présente : « Il faut faire la différence entre possibilité de vie existante ou de vie ancienne, ce sont deux questions assez différentes », explique Dr Léveillé. « On sait que Mars aujourd’hui est très peu propice à la vie ; au niveau des conditions qui existent en ce moment, il n’y a pas vraiment d’eau liquide à la surface, il fait très froid et sec, mais on sait que dans le passé il y avait des lacs. C’était une planète différente qui aurait pu abriter la vie, mais le fait de trouver des traces d’eau ne démontre pas forcément qu’il y ait pu avoir de la vie ». Quant aux missions destinées à explorer des corps célestes probablement capables d’accueillir la vie existante, elles restent confrontées à des limites technologiques : « Pour ce qui est de la vie actuelle, peut-être qu’il y a d’autres endroits comme Europe ou Encelade, des lunes avec des océans sous la glace, qui pourraient être peut-être plus propices à la vie », affirme Dr Léveillé. « Sauf qu’on en connaît encore moins sur ces endroits parce qu’ils sont plus loin. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, la situation géopolitique actuelle crée des doutes concernant la possibilité future de parvenir à une collaboration internationale : « Nous vivons dans une période très conflictuelle avec beaucoup de polarisation », déplore Dr Léveillé. « Il y a des guerres en 2024, on se bat encore pour des territoires, donc comment peut-on être prêt pour réunir l’humanité dans cette aventure unificatrice? Je garde espoir, mais nous ne sommes peut-être pas prêts. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’existence de la station spatiale internationale rappelle, selon Prof. Dasgupta, que la <a href="https://www.cite-espace.com/actualites-spatiales/liss-un-symbole-damitie-et-de-cooperation/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">coopération scientifique et les tensions diplomatiques ne sont pas incompatibles</a> : « Il existe évidemment des différences idéologiques entre les pays, mais même avec cela, la SSI existe. Elle existe au moment où nous parlons, alors qu’il y a la guerre en Ukraine, et pourtant, la Russie et les États-Unis collaborent ensemble dans la station. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que L’ISS représente un espoir de coopération spatiale, son arrêt définitif est prévu par la <a href="https://fr.euronews.com/next/2024/07/19/liss-approche-de-la-fin-quel-scenario-la-nasa-envisage-t-elle-pour-la-ramener-sur-terre" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">NASA d’ici 2031</a>, notamment en raison de son obsolescence et des coûts élevés liés à sa maintenance. Il reste donc à déterminer si un régime de gouvernance internationale peut réellement être défini et accepté par tous, puisque la collaboration semble inévitable, si l’Humanité veut accomplir une nouvelle fois un projet d’une telle envergure.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/rendez-vous-en-planete-inconnue/" data-wpel-link="internal">Rendez-vous en planète inconnue</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Entre appartenance et culpabilité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/entre-appartenance-et-culpabilite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jeanne Marengère]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[chez nous]]></category>
		<category><![CDATA[indigénéité]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Tiohtiá:ke]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56703</guid>

					<description><![CDATA[<p>Exister sur des terres volées.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’ « indigénéité » – traduction littérale du mot <em><a href="https://www.queensu.ca/indigenous/decolonizing-and-indigenizing/defintions" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">indigeneity</a></em> (l’état d’être indigène, ou d’être relié à ce qui est indigène, <em>tdlr</em>) – occupe une place grandissante dans la sphère publique québécoise, où l’on discute de plus en plus d’enjeux liés au passé colonial de la province. Ce concept représente bien plus qu’une simple appartenance à un territoire, ou une simple occupation des terres. C’est un lien profond, ancestral, tissé entre un peuple et une terre, marqué dans ce cas- ci par une histoire de résistance face à la colonisation. Pourtant, au Québec, et plus précisément à Montréal (Tiohtiá:ke), ce n’est que très peu d’entre nous qui peuvent se considérer indigènes au territoire. Je ne le suis pas. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Franco-descendante, née ici, j’ai grandi avec l’amour du Québec et l’appréciation du multiculturalisme montréalais. J’attribue une grande part de l’adulte que je suis devenue à la chance que j’ai eue, enfant, de grandir ici. Cette terre a fondé mon identité, a bercé mes années et m’a offert une maison. Pourtant, elle ne m’appartient pas. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Comment être fière d’une identité qui, contre mon gré, est ancrée dans une histoire de domination et de marginalisation?</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe en moi un conflit constant, presque viscéral : d’un côté, un attachement à cette terre, ma terre de naissance, empreinte de cet esprit de « chez-soi » ; de l’autre, une culpabilité indéniable et grandissante, à l’idée que cette maison repose sur des terres qui n’appartiennent ni à moi, ni à mes ancêtres. Comme plusieurs Montréalais·e·s, je me heurte à ces sentiments, qui peuvent aux premiers abords sembler inconciliables : aimer l’endroit où l’on a grandi, avec tout ce qu’il représente de souvenirs et d’identité, tout en étant pleinement conscient·e de l’injustice historique qui a permis cet enracinement – une injustice qui continue d’avoir des répercussions sur les peuples autochtones aujourd’hui. Malgré tout, je vous l’assure, ces contradictions me tiraillent l’esprit au quotidien, et ce, encore plus depuis que j’étudie à McGill. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Faire la part des choses</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Québec est pour moi bien plus qu’un simple lieu géographique, bien plus que là où j’ai grandi. Ce sont ses paysages, ses lacs et ses montagnes qui inspirent la sérénité et qui ont ponctué mes étés, une culture où la musique, la langue et les récits façonnent nos identités. J’ai grandi dans une ville où les bruits du métro, le froid qui pince les joues l’hiver et la renaissance que nous connaissons tous les printemps ont fait de cette province mon chez-moi… Mais à quel prix? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet amour pour le Québec est marqué par des paradoxes. La culture québécoise, à laquelle je tiens tant, est un produit de la colonisation, un résultat d’un long processus historique qui a graduellement effacé les voix des Premières Nations, faisant d’elles un simple murmure dont les politicien·ne·s d’aujourd’hui ne se soucient pratiquement pas. Notre langue, symbole de résistance à l’assimilation anglaise, a elle-même été imposée aux peuples autochtones à un coût dévastateur – celui de la perte quasi-totale de leurs propres langues. Comment être fière d’une identité qui, contre mon gré, est ancrée dans une histoire de domination et de marginalisation? </p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus j’en apprends sur l’histoire des Premières Nations – à noter que le curriculum enseigné dans les écoles primaires et secondaires québécoises serait à revoir, puisqu’il continue de peindre les peuples autochtones dans une représentation figée dans un passé lointain – plus je ressens le poids de mon rôle inconscient dans la marginalisation des communautés autochtones. Nos ancêtres ont arraché ces terres, décimé des communautés, abusé de l’autorité qu’ils·elles s’étaient eux·elles-mêmes attribué·e·s, et aujourd’hui encore, les séquelles du colonialisme persistent, omniprésentes : pauvreté, marginalisation, et oppression demeurent des réalités marquant le quotidien de nos Premières Nations. Nous, les Québécois·e·s aimons parler de notre propre oppression sous l’Empire britannique, mais nous oublions souvent que nous avons été, et sommes toujours, des colonisateur·rice·s sur ces terres. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Ce qui semble « impossible » est souvent une construction sociale destinée à préserver le statu quo, et perpétuer la subjugation des communautés marginalisées au profit des communautés dominantes. </p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Reconnaître sa responsabilité pour réconcilier</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce poids historique ne doit pas nous paralyser, mais doit plutôt agir comme un agent de transformation. Reconnaître que notre présence ici repose sur des injustices passées est un premier pas, mais ce constat doit être accompagné par des actions concrètes. La décolonisation, bien qu’idéaliste pour certain·e·s, est pourtant une obligation morale. Redistribuer les terres justement, offrir des rétributions financières aux peuples touchés, et soutenir les initiatives menées par les communautés autochtones ne sont pas des gestes hors de l’ordinaire, mais des réparations nécessaires. Bien qu’il est ici question du Québec, c’est à travers le Canada tout entier que l’on doit continuer d’exercer une pression pour que les communautés autochtones cessent d’être <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/02/08/les-premieres-nations-assoiffees-de-changement/" data-wpel-link="internal">traitées comme inférieures</a>. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans d’autres contextes, comme celui de la Palestine, des figures comme <a href="https://www.ohchr.org/en/statements/2023/06/right-return-palestinian-refugees-must-be-prioritised-over-political" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Francesca Albanese</a>, qui ont su capter l’attention sur les réseaux sociaux dans les dernières semaines, soutiennent que la restitution n’est pas une utopie, mais bien un impératif de justice. Pourquoi serait-ce différent ici? Les obstacles logistiques et politiques ne devraient pas excuser notre inaction. Ce qui semble impossible est souvent une construction sociale destinée à préserver le statu quo, et perpétuer la subjugation des communautés marginalisées au profit des communautés dominantes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au quotidien, des gestes simples peuvent aussi soutenir la réconciliation : s’éduquer sur l’histoire autochtone, remettre en question les récits dominants, privilégier les entreprises autochtones, et surtout, écouter. Dialoguer avec humilité et reconnaître que la décolonisation commence par nos choix, autant individuels que collectifs, est essentiel si on espère un jour bâtir une société québécoise réellement inclusive où tous·tes peuvent s’épanouir. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Partager son chez-soi?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil du temps, j’ai appris que l’amour de son chez-soi ne devrait pas être aveugle. On peut chérir sa maison tout en reconnaissant les torts historiques qui la caractérisent. C’est une dualité difficile, mais nécessaire. Le vrai amour, après tout, implique d’affronter les vérités inconfortables, desquelles on aimerait détourner le regard, afin de chercher à réparer ce qui a été brisé. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, réconcilier appartenance et culpabilité, c’est reconnaître que mon lien à cette terre n’effacera jamais celui des Premières Nations, et que ce dernier primera toujours sur les sentiments que je peux avoir à l’égard de ma terre de naissance, quels qu’ils soient. Cela implique non seulement de questionner mes privilèges, mais aussi de transformer ma gratitude pour ce territoire en un engagement actif pour un avenir plus juste. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un « chez-soi » authentique ne peut exister que lorsque tout le monde y trouve sa place. Ce n’est qu’en bâtissant une société où chacun·e – et ce incluant les peuples autochtones – peut vivre avec dignité que nous pourrons aimer notre chez-nous sans honte. Un pas dans la bonne direction serait de commencer par arrêter de détourner les yeux de notre histoire, et au contraire, de la confronter. En tant que Québécoise, j’espère un jour voir un Québec réconcilié avec son passé, où la solidarité n’est pas une aspiration lointaine, mais une réalité. C’est un rêve, oui, mais un rêve qui peut devenir réalité si nous le portons ensemble, main dans la main.</p>
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		<title>Notre chez-nous terrien</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/notre-chez-nous-terrien/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Anouchka Debionne]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[Julie Payette]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56713</guid>

					<description><![CDATA[<p>Voyage sur la Terre avec Julie Payette, astronaute canadienne.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le « chez-nous », peut prendre plusieurs échelles : sa maison, sa ville, sa province, son pays, sa culture ou même sa langue. Toutes ces échelles se confondent lorsqu’on considère un sentiment d’appartenance commun à tous : celui d’être humain, sur une même planète. Nous faut-il voyager dans l’espace pour nous sentir homo sapiens? Dans son livre publié en 1987, le philosophe Frank White met des mots sur l’expérience de voir notre planète de l’extérieur : « l’effet de surplomb. » Celui-ci, défini par le blog de l’<a href="https://www.asc-csa.gc.ca/fra/jeunes-educateurs/trousses/sante-mentale-et-isolement/effet-de-vue-d-ensemble.asp" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Agence spatiale canadienne</a> comme « une expérience intense qui mène à avoir une meilleure appréciation de la Terre et de son apparente fragilité » a été repris dans de nombreuses recherches. Le sentiment d’humilité et d’émerveillement qui en découle pourrait être un moyen de promouvoir des comportements pro-environnementaux. <em>Le Délit </em>s’est donc entretenu avec l’astronaute canadienne Julie Payette, qui a réalisé deux voyages en orbite autour de la Terre à bord de la Station spatiale internationale en 1999 et 2009.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Délit (LD) : </strong><em>Quelles sont les premières sensations que vous avez ressenties lors de vos premiers instants dans l’espace?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Julie Payette (JP) : </strong>Pendant le lancement, on est très occupé parce qu’on doit se rendre dans l’espace à bord d’une fusée, alors on ne regarde pas forcément la Terre défiler sous nos pieds. Mais lorsqu’on arrive là-haut, on porte son premier coup d’œil sur la surface de la Terre, à seulement 400 km de nous. C’est comme une bille de marbre sur fond d’infini. Une myriade de bleus, de blancs, de bruns, de verts. Depuis la Station spatiale internationale, on perçoit la Terre comme une courbe couverte d’une mince couche, comme une pelure d’oignon bleu qui représente son atmosphère. Depuis la Terre, le ciel nous paraît bleu lorsqu’il fait beau parce qu’on est à l’intérieur de cette petite bande bleue. Dès qu’on en sort avec un véhicule spatial, la vraie couleur du ciel dans tout l’Univers est le noir. Les étoiles ne scintillent pas, elles sont très claires, car leur lumière n’est pas brouillée par la couche de l’atmosphère. Puisqu’un tour de la Terre dure 90 minutes, on passe une partie en orbite de jour et une partie en orbite de nuit. C’est extraordinaire. On a déjà un attachement à la planète avant de partir mais il devient plus clair lorsqu’on revient sur Terre parce que c’est la seule planète que l’on connaît pour l’instant et le seul endroit où on peut vraiment vivre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Est-ce qu’il y a un sentiment d’irréalité quand on regarde la Terre depuis l’espace?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>La lumière qui émane de la Terre est fantastique. Dans les périodes d’orbite de nuit, on voit où est la vie, autant avec les volcans et les éclairs qu’avec les lumières des villes. J’ai eu la chance de voir les villes d’Europe s’illuminer lors de mon deuxième vol, alors que le crépuscule devenait nuit. La péninsule italienne est particulièrement repérable, grâce à sa forme de botte. On voyait les villes s’illuminer, d’abord Gênes, puis Rome, Naples, le sud de l’Italie, les côtes de la Méditerranée. Les villes se trouvent principalement sur les côtes, alors leurs lumières en dessinent les contours. On voit aussi les contrastes depuis l’espace. Par exemple, on peut voir le rouge de l’Etna, volcan reconnaissable grâce à la forme de botte de l’Italie. Cet immense spectacle à nos pieds qui change constamment et qui n’est jamais le même à chaque orbite témoigne que notre planète est vivante, et c’est très rassurant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD:</strong><em> À la suite de vos deux expéditions, qu’est-ce qui a changé dans votre rapport à la Terre?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Les gens pensent que l’on en revient bouleversé, chamboulé, complètement changé. Moi, je vous dirais que ce n’est ni mon expérience, ni celle que j’ai pu entendre de mes collègues. On revient très fiers d’avoir participé à ces missions, d’avoir eu la chance d’explorer, d’aller dans l’espace, de travailler là-haut. On était déjà convaincu que la Terre était importante, car sa faune et sa flore en font le seul endroit où l’on peut vivre pour l’instant. On doit donc bien s’en occuper en prenant des décisions collectives parce que ni la Terre ni le climat et la biodiversité ne connaissent de frontières. On doit travailler ensemble pour maintenir les joyaux qu’elle nous procure et la chance qu’elle nous donne de vivre ici. Mais c’est une conviction qui était déjà là avant notre voyage dans l’espace.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">C’est comme une bille de marbre sur fond d’infini. Une myriade de bleus, de blancs, de bruns, de verts.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Est-ce que vous retrouvez ces sentiments d’émerveillement sur Terre?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Tout à fait. C’est personnel, mais je m’extasie régulièrement devant la beauté de la nature. On vient de passer un automne formidable au Canada. C’est une féerie chaque année, surtout lorsqu’on monte dans le Nord, et qu’on voit cette forêt multicolore se dérouler sous nos yeux. Ce sont des sentiments que je retrouve quand je plonge le long de murs marins ou quand je me rends au sommet d’un pic de montagne. Il est facile, je crois, de s’émerveiller et d’avoir conscience que nous habitons un joyau.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Vous avez photographié l’Est canadien depuis l’espace. Y avez-vous reconnu votre chez vous?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Je me rappellerai toujours lorsque j’ai vu Montréal pour la première fois, il y a 25 ans, lors de mon premier vol. Ça m’a fait chaud au cœur parce que j’avais une deuxième montre sur mon bras qui était à l’heure de l’Est sur laquelle j’ai pu lire « 5h du matin ». Je savais que chacun était dans son lit en train de dormir. J’ai senti l’appartenance à ma communauté. En tant qu’astronautes, nous étions émerveillés de voir les sites de lancements de fusée depuis l’espace. Je me rappelle survoler celui des fusées russes, qui est au Kazakhstan. On a la même excitation lorsqu’on voit celui de Kennedy Space Center à Cap Canaveral, parce que c’est de là qu’on a été lancé et c’est là où l’on va revenir. C’est fou à dire, mais c’est comme une connexion personnelle. J’espère que de plus en plus de gens iront dans l’espace et qu’il y aura des poètes, des chanteurs, des artistes, des écrivains et des gens qui savent mettre des mots sur cette magnifique planète qu’on habite. de plus en plus de gens iront dans l’espace et qu’il y aura des poètes, des chanteurs, des artistes, des écrivains et des gens qui savent mettre des mots sur cette magnifique planète qu’on habite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Quelle est la chose la plus intéressante ou la plus surprenante que vous ayez apprise sur l’espace depuis que vous êtes devenue astronaute?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Lors des deux dernières décennies, on a complètement réécrit les livres d’astronomie parce qu’on a découvert des choses incroyables. Lorsque Pluton a été découverte, on pensait que ce morceau là-bas, loin de l’orbite de Neptune, était la neuvième planète de notre système solaire. Plus nos instruments nous ont donné la capacité de voir plus loin et mieux, plus on s’est aperçu que Pluton n’était qu’un objet parmi des milliers d’autres similaires dans une ceinture d’astéroïdes, appelée Kuiper. On a dû enlever son étiquette de planète, car des milliers d’objets là-haut sont solides, terrestres, et il aurait alors fallu déclarer 1 500 planètes dans notre système solaire. Les découvertes en astronomie sont récentes, et révolutionnaires. On a découvert il y a seulement 30 ans qu’il y avait d’autres systèmes solaires, composés d’exoplanètes. On découvre de nouveaux systèmes solaires tous les jours. D’un autre côté, on peut photographier des galaxies autres que la nôtre mais on ne peut pas photographier la nôtre parce qu’on est dedans. Il y a beaucoup à apprendre sur qui nous sommes dans ce domaine.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Cet immense spectacle à nos pieds qui change constamment et qui n’est jamais le même à chaque orbite témoigne que notre planète est vivante, et c’est très rassurant.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Est-ce que vous vous sentez minuscule parfois?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Mais c’est ce que nous sommes. Nous sommes un grain de poussière dans cet immense Univers observable depuis nos télescopes, nos sondes et nos véhicules qu’on envoie. Mais on n’a rien vu, on n’est jamais allé sur une autre étoile, c’est beaucoup trop loin. L’espace est immense, on sait que l’Univers a environ 13,7 milliards d’années, donc on a du chemin à faire. Finalement, on est totalement minuscule, certains diraient « insignifiant ». J’utilise ce mot strictement lorsqu’on parle de comparer notre galaxie à tous les autres objets qui existent dans l’Univers. Si on compare notre système solaire à la quantité infinie d’autres systèmes solaires, on est en effet insignifiant. Mais lorsqu’on regarde toute la vie que permet un seul de ces soleils, le nôtre, sur Terre, en lui donnant de la lumière et donc de l’eau liquide, notre soleil n’est pas insignifiant du tout. Ce système a permis notre existence. La petitesse de notre présence dans l’Univers est une perspective de regard, plutôt que quelque chose d’inquiétant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Auriez-vous un moment particulier de votre mission qui vous a paru inoubliable à partager?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Je vous dirais que l’arrivée à la Station spatiale internationale est impressionnante. Lors de mon premier vol, j’y suis allée à ses tout débuts, lorsque la station était aussi petite qu’un satellite. Deux modules seulement, personne à bord. Mais la deuxième fois, 10 ans plus tard, la station spatiale était presque en fin de construction et elle était de la grosseur d’un terrain de football avec tous ses panneaux solaires, six personnes à bord et différents modules. Un des moments forts de mon expédition a été notre arrimage, parce qu’on est une petite navette spatiale, avec sept personnes à bord, qui s’accroche à cette énorme infrastructure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Est-ce que vous avez participé à la construction du centre?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Mes deux missions étaient des missions de construction. Lorsque je vais dans des écoles parler aux jeunes, je leur dis toujours que je suis un travailleur de la construction spatiale. J’étais opératrice de grues et de vaisseaux spatiaux. Je suis très fière de cette Station spatiale internationale. Là- haut dans l’espace, depuis bientôt 25 ans, des gens de différentes cultures travaillent ensemble tous les jours, sept jours par semaine, 24 heures par jour. On a des centres de contrôle aux États-Unis, à Moscou, en Europe, au Japon, et un petit centre de contrôle ici à Montréal pour le bras canadien. On entend rarement dire que ça va mal : les gens collaborent et travaillent ensemble pour faire avancer la connaissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Si vous pouviez concevoir votre propre mission ou destination spatiale, où iriez-vous et que feriez-vous?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Je serais très heureuse d’embarquer dans la prochaine mission Artemis II, qui l’année prochaine devrait décoller de la Terre pour faire le tour de la Lune en orbite. Ça va faire plus de 50 ans que nous ne sommes pas retournés si proches de la Lune avec des gens à bord. On a envoyé des sondes, mais personne n’y est retourné depuis 1972. Il y aura un Canadien à bord, Jeremy Hansen. La mission Artemis II a pour but de tester la capsule et les manœuvres pour se rendre aussi loin, et elle est un préalable à la mission Artemis III qui prévoit envoyer des astronautes marcher sur la Lune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Est-ce qu’on a des choses à chercher sur la Lune?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>La Lune est l’endroit où les humains ont été le plus loin. Lorsque vous voyez une photo où on voit la surface de la Lune et la Terre comme un petit point au loin, je dis que c’est la photo de tourisme la plus éloignée qu’on n’ait jamais prise. On a définitivement un intérêt à retourner sur le sol lunaire, entre autres près du pôle Sud de la Lune parce qu’on sait grâce à nos sondes qu’il y a possiblement de la glace dans les cratères au pôle Sud qui ne sont jamais exposés à la lumière du Soleil. Si cette glace est faite d’eau, elle pourrait nous fournir en H2O et en oxygène. On aimerait bien un jour, plusieurs pays ensemble, installer une base sur la Lune pour apprendre à vivre sur un astre inhospitalier, sans atmosphère, pour nous préparer un jour à faire la prochaine étape dans l’exploration humaine qui serait d’aller sur une autre planète. Mars est la prochaine destination. C’est compliqué parce que Mars n’est pas sur la même orbite que la Terre, ce qui fait que les deux planètes ne sont pas toujours alignées. Ce sera donc un long voyage de plusieurs années, qui serait rendu possible en se préparant d’abord avec une base lunaire. Artemis II va faire le tour de la Lune et revenir sur Terre, ce qui est une étape importante pour se rendre à l’objectif de créer cette base.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>Quelle serait la première chose que vous feriez si vous posiez le pied sur la Lune?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Regarder si je peux apercevoir la Terre. J’imagine. Mais on ne la voit pas tout le temps. C’est comme nous, ici sur Terre, on ne voit pas toujours la Lune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>LD : </strong><em>C’est quoi, votre chez-vous? </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>JP : </strong>Je pense que j’ai beaucoup d’appartenances. J’ai des appartenances à ma ville, à mon pays, à mon continent, au fait que je fais partie des homo sapiens. Je dis souvent en rigolant que je suis une extraterrestre parce que j’ai eu la chance d’être à l’extérieur de la Terre pendant quelques jours, pendant mes deux missions. Mais je reste une habitante de la planète Terre. Je la partage avec des milliards de personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’astronaute n’omet pas qu’en 50 ans d’observation depuis l’espace, les effets de la pollution sont <br>rendus de plus en plus visibles. La grande majorité de ceux qui reviennent de leur un voyage à bord de la Station spatiale internationale deviennent porte-parole des effets dont ils ont témoigné : les déversements pétroliers, la fonte des glaciers, et l’érosion des berges. Bien que l’on puisse prendre des photos de l’espace depuis des satellites, « quand c’est un humain qui regarde et raconte, l’impact est souvent plus grand », conclut l’astronaute canadienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Kwizinn : culture haïtienne et saveurs du monde</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/kwizinn-culture-haitienne-et-saveurs-du-monde/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Harantxa Jean]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[gastronomie]]></category>
		<category><![CDATA[Haiti]]></category>
		<category><![CDATA[kwizinn]]></category>
		<category><![CDATA[restaurant]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56721</guid>

					<description><![CDATA[<p>En images: recréer l’essence du foyer dans ce restaurant vibrant.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Casseroles qui claquent, arômes qui dansent, vapeur qui s’élève et épices qui envoûtent — la minuterie sonne : les plats sont prêts. C’est ce que le thème du « chez-soi » évoque à mon esprit. De par mes origines haïtiennes, l’art culinaire de ma mère est au cœur de ce qui transforme notre maison en foyer et où la cuisine prend vie. C’est avec cette même authenticité que le restaurant Kwizinn nous a fait comprendre que le chez-soi est amovible ; un état d’esprit que l’on emporte avec autrui, porté par les odeurs et les souvenirs. Chez Kwizinn, chaque plat raconte une histoire capable de recréer l’essence du foyer, et ce, même au Vieux-Port de Montréal.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1067" height="1600" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Chef-Mike-Two-Food-Photograhers-182.jpg" alt class="wp-image-56725" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Chef-Mike-Two-Food-Photograhers-182.jpg 1067w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Chef-Mike-Two-Food-Photograhers-182-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Chef-Mike-Two-Food-Photograhers-182-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Chef-Mike-Two-Food-Photograhers-182-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Chef-Mike-Two-Food-Photograhers-182-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/11/Chef-Mike-Two-Food-Photograhers-182-600x900.jpg 600w" sizes="(max-width: 1067px) 100vw, 1067px"><figcaption><span class="media-credit">Chef Mike Lafaille par Two Food Photographers</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Découvrir Kwizinn</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le mot « kwizin », signifiant « cuisine » en créole haïtien, reflète cette volonté de célébrer les saveurs antillaises tout en les réinterprétant avec des influences d’ici et d’ailleurs. Fondé par le copropriétaire et chef Michael Lafaille, d’origine haïtienne, et sa partenaire Claudia Fiorilli, d’origine italienne, Kwizinn incarne l’âme d’une gastronomie sans frontières, qui ne se limite pas à un emplacement. En effet, c’est après avoir conquis le quartier de Verdun que les restaurateurs ont entamé une nouvelle ère cette année, en déménageant dans le cœur du Vieux-Montréal, face au Marché Bonsecours.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Le restaurant Kwizinn nous a fait comprendre que le chez-soi est amovible ; un état d’esprit que l’on emporte avec autrui, porté par les odeurs et les souvenirs.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les passants n’ont qu’à se faire attirer par l’arôme enivrant du griot (porc grillé) pour se sentir chez soi dans ce restaurant doté de 80 places à l’intérieur et d’une terrasse pouvant accueillir une quarantaine de clients pendant le printemps et l’été. Le menu, à la fois ancré dans la tradition et ouvert sur le monde, est conçu pour séduire à la fois les touristes et les habitués de la métropole. Des accras traditionnels haïtiens (beignets salés farcis) parsemés de pikliz (condiment haitien épicé), au goût des créations uniques comme la poutine au homard, les empanadas colombiennes au griot, ou encore le carpaccio de pieuvre italien, chaque plat est une invitation à voyager et à célébrer la diversité culinaire. Mais ce n’est pas tout : Kwizinn est aussi un lieu où la culture prend vie à travers la musique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des soirées musicales</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque jeudi soir, dès 18h, les « Soirées Jazz » résonnent sous les notes du groupe BlackBird, tandis que le dimanche, à la même heure, ce sont les mélodies du groupe Havana Mambo qui transforment le restaurant en une « Soirée Cubaine ». Kwizinn est donc une destination de choix pour les amateurs d’ambiance festive, offrant un rendez-vous incontournable pour ceux qui aiment allier gastronomie et culture caribéenne. Ma mère et moi avons d’ailleurs eu le plaisir de découvrir les créations uniques de Kwizinn, et chaque plat nous a conquises.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dégustons!</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi la panoplie de plats que nous avons pu gouter, les « Crevettes giardiniera », grillées à la perfection, accompagnées d’une salade du chef et d’aubergines marinées, ont ouvert le bal avec fraîcheur et saveur. Ensuite, le « Plantain burger gourmand » nous a surprises et séduites : une galette de bœuf juteuse nichée entre deux bananes pesées (bananes plantain frites), relevée par une mayonnaise épicée, du pikliz et des croustilles maison. Enfin, impossible de ne pas goûter au « Griot du Chef Lafaille », ce classique haïtien à base de porc frit, accompagné de bananes pesées et de pikliz. Côté desserts, le « Tiramisu avec Kremas » (boisson haïtienne alcoolisée crémeuse à base de lait), fusion parfaite entre l’Italie et Haïti, et le « Chocolate mamba marble », un gâteau haïtien au beurre d’arachides et au chocolat épicé, ont su clôturer ce repas en beauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Pour vivre l’expérience </em><a href="https://www.instagram.com/kwizinnmtl/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Kwizinn</a>, <em>rendez-vous au 311, rue Saint-Paul Est à Montréal.</em></p>
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		<title>Bergers : un hymne à la liberté</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/bergers-un-hymne-a-la-liberte/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Poirier-Pouliot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[bergers]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Choisir de partir, choisir de rester.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Sous le soleil éclatant de Provence et la rigueur des montagnes, <em>Bergers </em>de Sophie Deraspe nous invite à une traversée sensorielle, à mi-chemin entre le conte philosophique et la quête d’identité. Le film raconte l’histoire de Mathyas, un Montréalais qui abandonne une vie urbaine confortable pour devenir berger.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">Le chez-soi n’est pas tant un lieu qu’un choix.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi tout quitter? Cette question hante le film sans jamais offrir de réponse explicite. Derapse évite les explications faciles ou les justifications grandiloquentes. Ce choix crée une certaine distance, voire une impression de superficialité dans la représentation des personnages, qui peuvent parfois sembler unidimensionnels. Ce faisant, les motivations initiales de Mathyas s’éclipsent pour laisser place à son instinct. Celui qui le pousse à changer de cap, à inventer un risque, à chercher sa place dans un monde qui semble à la fois trop vaste et trop étroit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelque chose de déconcertant, presque naïf, dans cette volonté d’adopter une existence bohémienne, comme si le regard de Mathyas, teinté de fascination, idéalisait cette vie loin du confort métropolitain. Pourtant, au fil du récit, sa quête se dote d’une profondeur inattendue ; elle devient une exploration intime d’une vérité universelle : le chez-soi n’est pas tant un lieu qu’un choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le rôle de Mathyas, Félix-Antoine Duval parvient à incarner cette transformation avec finesse. Si son personnage semble d’abordun peu détaché, presque étranger à cet univers qu’il cherche à s’approprier, il gagne en authenticité au fur et à mesure qu’il se confronte à la dureté et à la beauté de sa nouvelle réalité. Peu à peu, l’impression d’une simple expérience « exotique » laisse place à la découverte d’un homme sincèrement habité par son désir d’appartenance à un mode de vie brut. Le rythme contemplatif de la réalisation reflète cette quête intérieure. Deraspe laisse respirer son récit, accordant à chaque image le temps de s’imposer. Les montagnes se déploient, majestueuses, dans des plans à couper le souffle. La trame sonore, envoûtante, amplifie cette immersion : elle accompagne le spectateur dans un voyage entre douceur et rudesse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont ces images qui portent le récit, bien plus que les mots. Les réflexions de Mathyas, tentent parfois d’insister sur des vérités déjà évidentes. Portées par une narration hors champ, ces envolées philosophiques tombent parfois dans un lyrisme appuyé, frisant le mélodrame. Ces excès n’enlèvent cependant rien à la sincérité du propos, et traduisent l’effort du personnage pour donner un sens à son expérience, comme s’il avait besoin de justifier ce besoin viscéral de recommencer ailleurs. Mathyas se bâtit un foyer bien à lui, à travers les liens qu’il tisse, les épreuves qu’il traverse, et l’amour qu’il donne à cet environnement sauvage.</p>
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		<title>La mémoire d’un territoire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/la-memoire-dun-territoire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Poirier-Pouliot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Appartenance]]></category>
		<category><![CDATA[mémoire]]></category>
		<category><![CDATA[territoire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kukum au Théâtre du Nouveau Monde.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’adaptation théâtrale de <em>Kukum</em>, le roman acclamé de Michel Jean, fait une entrée remarquée sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde (TNM), portée par la vision audacieuse d’Émilie Monnet. Ancrée dans la culture innue, la pièce se veut un hommage vibrant à la mémoire et à la résilience d’un peuple. Si l’intention est noble et l’exécution visuellement saisissante, le spectacle peine parfois à tenir la promesse de son ambition, avec une narration qui vacille et un rythme parfois déroutant. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un hommage sonore et visuel</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le lever de rideau, l’univers innu se déploie avec éclat grâce à la scénographie immersive de Simon Guilbault. La mise en scène d’Émilie Monnet s’entoure d’une équipe où les voix autochtones brillent non seulement sur scène, mais aussi en coulisses. Les costumes riches en symbolisme conçus par Kim Picard, et les projections d’archives mêlées à l’art visuel de Caroline Monnet plongent le spectateur dans le monde innu, magnifiant les paysages et les traditions évoqués par le texte. Les chants et dialogues en innu-aimun, une première sur la scène du TNM, résonnent comme un puissant acte de réappropriation culturelle. Cependant, ces moments de grâce sont parfois interrompus par des failles techniques – micros défectueux, sous-titres mal synchronisés – qui viennent rompre la fluidité de l’expérience. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une narration éclatée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire s’ouvre sur la rencontre entre Almanda et Thomas Siméon, un chasseur innu qui devient son époux. Ce point de départ, d’apparence classique, laisse entrevoir une intrigue centrée sur l’évolution de leur relation. Pourtant, la pièce prend une direction plus fragmentée, où les souvenirs d’Almanda s’entrelacent aux récits ancestraux, tissant une trame davantage poétique que narrative. Loin d’une progression linéaire, le récit évolue au rythme des saisons et des légendes, reflétant une conception du temps propre à la culture innue, où mémoire collective et récits oraux l’emportent sur une structure dramatique conventionnelle. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La poésie comme souffle identitaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La poésie de Joséphine Bacon, omniprésente dans cette adaptation, transcende la scène. En collaborant avec Laure Morali, Bacon insuffle une force lyrique au texte, conférant à l’innu-aimun une gravité et une beauté rarement entendues sur une scène québécoise. Ce faisant, la langue devient un outil de résistance et de réaffirmation de l’identité innue, un geste qui défie l’hégémonie culturelle et revendique la légitimité de cette culture sur la scène nationale. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">C’est dans cette relation, portée par une chimie palpable, que le concept du « chez-nous » prend vie : un espace d’appartenance, et non de propriété.</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le territoire comme chez nous</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cœur de la pièce, une opposition fondamentale se dessine entre la vision innue du territoire – espace partagé et respecté – et celle imposée par le colonialisme, réduisant la terre à un objet de possession et d’exploitation. Avec délicatesse, la pièce illustre la vie nomade des Innus, un « chez- nous » immatériel façonné par une relation harmonieuse avec la nature et une langue vivante, en contraste brutal avec la violence de la sédentarisation. </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire d’amour entre Almanda et Thomas Siméon – interprétée avec justesse par Étienne Thibeault et Léane Labrèche-Dor – sert de point d’ancrage pour explorer ces thèmes. Si Labrèche-Dor livre une performance sincère, elle peine parfois à transcender les contraintes du texte pour en extraire une intensité dramatique plus viscérale. Leur union, bien que teintée d’idéalisme, incarne une alliance symbolique entre deux mondes tout en interrogeant ce que signifie réellement habiter un territoire. C’est dans cette relation, portée par une chimie palpable, que le concept du « chez-nous » prend vie : un espace d’appartenance, et non de propriété. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec <em>Kukum</em>, le Théâtre du Nouveau Monde marque un jalon important pour le théâtre québécois, une ode à la mémoire, à la langue et à l’amour, un rappel puissant que le passé colonial continue d’imprégner notre présent. Une invitation à réimaginer notre propre rapport au territoire, et à reconnaître la sagesse des voix autochtones qui, aujourd’hui plus que jamais, éclairent notre avenir collectif.</p>
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		<title>Comment représenter la crise climatique?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/comment-representer-la-crise-climatique/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adèle Doat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Environnement]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexions]]></category>
		<category><![CDATA[bande dessinée]]></category>
		<category><![CDATA[crise environnementale]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56673</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec le bédéiste Martin Patenaude-Monette.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Si les requins ont si mauvaise réputation dans la culture populaire, c’est en partie à cause de la représentation qu’en ont fait à l’écran des films comme <em>Les Dents de la mer</em> de Spielberg. L’image de monstres terrifiants qui leur a été attribuée a suscité un manque d’empathie et de protection pour cette espèce pourtant menacée. Que ce soit à travers le cinéma, la photographie, le dessin de presse ou de bande dessinée, les images façonnent notre manière de percevoir le monde qui nous entoure et orientent nos opinions. Ainsi, ceux qui véhiculent de l’information et des messages à travers les images, qu’elles soient sous forme artistique, médiatique ou de propagande politique, ont un pouvoir d’influence incommensurable. Aujourd’hui, sur les réseaux sociaux, nous consommons des images en lien avec le changement climatique toujours plus effroyables : l’embrasement des forêts canadiennes, les ravages causés par les ouragans aux États-Unis, et plus récemment les inondations meurtrières en Espagne. Mais comment représenter la crise climatique sans provoquer le désarroi?</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-left is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">J’aime vraiment le fait de raconter des histoires en images. </p>
<cite>Martin Patenaude-Monette</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit</em> s’est entretenu avec l’illustrateur québécois <a href="https://www.martinpm.info" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Martin Patenaude-Monette</a> qui a publié cette année une nouvelle bande dessinée intitulée <em>Un sacrifice tout naturel</em>. Au cours de cette rencontre, l’illustrateur et biologiste nous a parlé des avantages de la bande dessinée et de ses choix dans la manière de représenter les questions environnementales par ce médium.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Pourquoi la bande dessinée?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La particularité de la bande dessinée, contrairement à d’autres médiums visuels ou textuels, est qu’elle s’immisce dans une sphère intime. Elle se lit en vacances sur la plage ou lors d’une pause, pour occuper son temps libre. Dans <em>Un sacrifice tout naturel</em>, Martin PM (son nom de plume) a cherché à être au plus proche de ses lecteurs, en suivant et documentant le combat administratif de citoyens à l’encontre des projets de chantiers dans le Sud du Québec. Parmi ceux-ci, on retrouve entre autres un projet d’écoquartier menaçant la forêt du Lac Jérôme et la construction d’un lotissement à Notre-Dame-de‑l’Île-Perrot, dans le secteur du boisé Saint-Alexis. Le bédéiste permet de rendre les questions environnementales plus concrètes à ses lecteurs, en s’intéressant à ces grands dossiers qui affectent directement leur quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« J’aime vraiment le fait de raconter des histoires en images », nous confie l’illustrateur. Dans son enfance, Martin PM aimait réaliser des montages vidéos et il retrouve le même plaisir de l’assemblage de scènes dans le dessin de vignettes de bande dessinée. Dans les deux cas, il explique qu’il s’agit de « prendre des segments qu’on met bout à bout, qui créent des enchaînements, tant dans la narration que dans le mouvement ». Cela permet de « plonger le lecteur et de le transporter facilement dans le lieu ». Toutefois, la bande dessinée a ses avantages propres. Contrairement au cinéma, l’équipement est très léger, il suffit d’un carnet et d’un crayon. « On peut reproduire visuellement beaucoup de scènes du passé ou des endroits où on n’a même pas été à partir d’informations », témoigne Martin PM, « mais avec des moyens hyper accessibles et de manière beaucoup plus facile ». D’ailleurs, un dessinateur est nettement moins intimidant qu’un réalisateur doté d’une armée de caméramans, ce qui lui permet d’approcher plus facilement les habitants des lieux dont il souhaite raconter l’histoire. Enfin, la principale différence avec un film ou un documentaire, dans lesquels les images deviennent parfois accessoires et servent de support à la narration, c’est « la complémentarité entre le texte et l’image » qui est fondamentale dans la bande dessinée. Elle permet « une danse entre le texte et l’image », car certaines choses sont plus faciles à représenter par l’image que par le texte.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-left is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Il est nécessaire de trouver le juste équilibre entre la représentation d’une réalité préoccupante et les messages d’espoir. </p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vulgariser pour mieux éduquer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est difficile de ranger l’œuvre de Martin PM dans une catégorie fixe. Est-ce une enquête citoyenne? Du journalisme militant? L’illustrateur lui-même est incapable de le dire : « je considère que mon travail est relativement rigoureux et repose sur des documents, des faits, et des entrevues que j’ai menées », déclaret-il. Son ouvrage est une bande dessinée documentaire qui a pour but principal « d’informer en critiquant et en alertant ». Son rôle est ainsi pédagogique. Dans chaque grand dossier qu’il a suivi, Martin a constaté le manque de connaissance du public quant au mode de délivrance des autorisations environnementales pour les projets de développement. C’est le ministère de l’environnement qui a le pouvoir d’approuver ou non les demandes de nouveaux chantiers, qu’il refuse rarement. Comprendre la procédure juridique est crucial pour pouvoir bloquer un projet qui met en danger un milieu naturel. De la même manière, il s’est rendu compte des lacunes gouvernementales en matière de compréhension des mécanismes de protection de la biodiversité et des écosystèmes. <em>Un sacrifice tout naturel</em> cherche à combler ce manque d’éducation et à faire le lien entre les différentes sphères citoyenne, scientifique et politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien souvent, il s’agit simplement d’un problème de communication, qui nous empêche de nous comprendre. Afin de devenir ce pont pour la connaissance, l’enjeu de la représentation devient crucial. Comment rendre l’information accessible et intéressante pour tous?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traiter des questions environnementales dans une bande dessinée demande un travail important de vulgarisation. Parce que la crise climatique est un problème complexe mêlant enjeux politiques, économiques, sociaux, et scientifiques, il n’existe pas de solution unique, ce qui peut souvent sembler décourageant. Le rôle du vulgarisateur est de simplifier l’information pour que le plus grand nombre y soit réceptif. « Quand tu fais de la vulgarisation, tu ne veux pas perdre les gens dans tous les détails. Mais en même temps, je ne voulais pas rester trop en superficie », nous expliquet-il. Pour atteindre le public le plus large possible, il agrémente le récit de multiples anecdotes qui exposent des cas concrets et permettent « d’humaniser le sujet, et de rejoindre les gens ». L’usage de la satire apporte une « petite touche d’humour qui peut aider à canaliser un peu la frustration de l’auteur et peut-être des lecteurs et des lectrices [vis à vis du manque d’action gouvernementale dans la protection de l’environnement, <em>ndlr</em>] », précise Martin PM.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Trouver le juste équilibre</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la représentation artistique comme pour la communication médiatique, il n’est pas toujours facile de parler de l’environnement sans adopter un ton alarmiste et évoquer les nouvelles négatives liées aux ravages causés par le changement climatique. Toutefois, il est nécessaire de trouver le juste équilibre entre la représentation d’une réalité préoccupante et les messages d’espoir. Si les deux approches sont primordiales pour susciter une prise de conscience et le partage de l’information, l’une ne doit pas déborder sur l’autre. L’espoir motive à agir contrairement à l’absence de perspective future et le sentiment de fatalité inspiré par trop de pessimisme. De même, l’excès de positivité et la certitude d’une issue heureuse peuvent aussi conduire à la passivité et faire oublier la notion d’urgence. Trouver la juste nuance a été la mission que s’est donnée la section Environnement au cours de cette dernière année en intégrant pistes de solutions à mettre en place au quotidien, bonnes nouvelles environnementales et réflexions sur des sujets complexes nécessitant plus de détails et de profondeur.</p>
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		<item>
		<title>Ententes pour la francophonie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/ententes-pour-la-francophonie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eloïse Schlachet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56667</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les frais réduits au Québec trahissent-ils un désir de ne sélectionner que les « bons » francophones?</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Peuplé de huit millions de francophones, le Québec se présente aujourd’hui comme le bastion de la francophonie en Amérique du Nord, notamment à travers ses politiques de promotion du patrimoine linguistique. Cultivant son image de province accueillante, le Québec offre une tarification préférentielle pour les études supérieures aux francophones, mais seulement aux étudiants originaires de <a href="https://www.mrif.gouv.qc.ca/Document/Engagements/2015-02.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">France</a> et de <a href="https://www.mrif.gouv.qc.ca/Document/Engagements/2018-06.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la communauté francophone de Belgique</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours des cinq dernières années, <a href="https://www.ledevoir.com/societe/education/821998/quebec-depense-865-millions-cinq-ans-etudiants-francais?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">865 millions de dollars</a> (soit en moyenne 173 millions de dollars par an) ont été alloués aux étudiants français inscrits dans les universités et cégeps du Québec sous forme de subventions. Ces fonds permettent aux étudiants de premier cycle de payer des frais de scolarité environ deux fois moins élevés que ceux imposés aux autres étudiants internationaux, et même inférieurs à ceux des Canadiens non-résidents du Québec, en raison des <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2034897/frais-scolarite-etudiants-canadiens-non-residents-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">récentes augmentations tarifaires</a> les visant. Pour les cycles supérieurs, l’écart est encore plus marqué : lorsqu’ils sont inscrits en maîtrise ou au doctorat, les étudiants français et belges paient les mêmes frais que les résidents québécois, un privilège qui n’est pas même accordé aux Canadiens nonrésidents du Québec.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet effort financier a indéniablement fait croître la présence d’étudiants français et belges — et par extension, celle de la francophonie — dans les institutions universitaires québécoises, les intégrant comme des partenaires clés du projet linguistique de la province. Cependant, il soulève des questions sur l’inclusion, l’équité ou encore le sentiment d’appartenance qu’il induit. Qui peut vraiment se sentir chez soi au Québec? Et que révèle cette générosité sélective sur la vision québécoise de la francophonie?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vers une francophonie à tout prix</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Québec, les frais de scolarité dépassent la question financière : ils dessinent une frontière nette entre ceux auxquels on permet de s’intégrer et ceux qui sont forcés à rester en marge. Les résidents du Québec, qui bénéficient des tarifs les plus bas, incarnent le cœur battant de la province. Les Canadiens non résidents deviennent quant à eux déjà des « presque-étrangers » en étant sommés de payer des frais deux fois plus élevés que les résidents de la province. L’addition reste considérablement inférieure à celle imposée aux étudiants internationaux, qui se voient ainsi relégués au statut d’appartenance le plus limité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">Cette instrumentalisation de la francophonie comme outil de sélection compromet néanmoins la possibilité pour le Québec de porter le projet d’une francophonie universelle, éclipsant la solidarité linguistique qui la caractérise au profit d’un pragmatisme économique.</p>
</blockquote>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La préférence tarifaire accordée aux étudiants français et belges, au-delà de constituer une anomalie chez les étudiants internationaux, agit comme un rapprochement symbolique avec les résidents québécois. Elle les invite à se sentir chez eux, à la différence des autres étudiants francophones et des Canadiens originaires d’autres provinces. En favorisant des étrangers plutôt que leurs concitoyens anglophones ou francophones d’ailleurs au Canada, le projet de la francophonie du Québec réaffirme une distinction identitaire qui transcende alors le cadre national et valorise davantage le partage de la langue que celui de la nationalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet de retrouvailles et d’accueil par l’idiome répond toutefois à une logique sélective qui privilégie certaines nations, plutôt que de faire du Québec un espace universel de connexion pour les francophones des quatre coins du monde. Ainsi, les étudiants français et belges, issus de pays plus riches et dotés d’institutions académiques prestigieuses, bénéficient d’un accueil chaleureux dans les établissements universitaires, qui deviennent le lieu tangible de leurs privilèges et de leur appartenance. Les étudiants francophones d’Afrique et du Moyen-Orient, malgré leur contribution à la vitalité de la langue française, se heurtent quant à eux à des barrières économiques et symboliques qui les marginalisent dans ce projet de francophonie à deux vitesses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une francophonie conditionnelle : entre privilège et exclusion</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces politiques soulèvent des interrogations légitimes quant à la hiérarchie culturelle implicite qu’elles révèlent. Les nations perçues comme « compatibles » — riches, blanches et européennes — sont favorisées au détriment des pays du Sud. Bien qu’il existe des accords avec des États comme la Tunisie, Djibouti et la République démocratique du Congo, où le français est parlé respectivement par <a href="https://www.odsef.fss.ulaval.ca/sites/odsef.fss.ulaval.ca/files/uploads/odsef-lfdm-2022.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">52,47%, 50% et 51,37%</a> de la population, ces partenariats restent largement symboliques. Ils profitent seulement à une poignée d’étudiants — souvent <a href="https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/education/publications-adm/ES/Etudier-quebec/Pays-signataires.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moins d’une douzaine par pays chaque année</a>. En comparaison, des <a href="https://www.mcgill.ca/internationalstudents/contact-us/issoffice/international-student-body" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">milliers d’étudiants français et belges</a> bénéficient de ces ententes à la seule échelle de McGill. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce déséquilibre entre les nations du Nord et du Sud n’est pas anodin. Il reflète une logique utilitariste dont les accords sont conclus exclusivement avec des nations présentant des intérêts économiques stratégiques pour le Québec. En faisant de la maîtrise du français un critère d’immigration, ces politiques sélectionnent une population étudiante alignée avec ces mêmes intérêts. Cette instrumentalisation de la francophonie comme outil de sélection compromet néanmoins la possibilité pour le Québec de porter le projet d’une francophonie universelle, éclipsant la solidarité linguistique qui la caractérise au profit d’un pragmatisme économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’exemple de l’entente avec la Belgique, qui ne repose pas sur un lien historique particulier avec le Québec, illustre bien ce privilège accordé aux pays du Nord et la dissonance du projet québécois. Paradoxalement, des pays culturellement proches comme la Suisse et le Luxembourg, où le français est parlé par <a href="https://www.odsef.fss.ulaval.ca/sites/odsef.fss.ulaval.ca/files/uploads/odsef-lfdm-2022.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">67,13% et 91,99%</a> de la population, sont exclus de ces tarifs préférentiels. Si cette situation diffère des logiques néocoloniales qui excluent les nations africaines, elle met néanmoins en lumière une politique de « minimum convenable », où certains pays francophones sont négligés faute d’intérêts économiques immédiats.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces tendances révèlent une absence de vision idéologique forte autour de la langue française dans les politiques québécoises. Au lieu de devenir une force unificatrice, la francophonie au Québec semble s’enfermer dans un projet utilitariste dicté par des alliances à court terme, et éloigné des idéaux d’universalité et de fraternité historiquement liés à la langue française.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Étendre le sentiment de chez-soi</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le Québec aspire véritablement à protéger et promouvoir son patrimoine francophone, il devra repenser son approche qui, dans sa forme actuelle, perpétue des exclusions. L’élargissement de la tarification préférentielle à l’ensemble des nations francophones renforcerait un sentiment d’appartenance universel, tout en répondant aux idéaux de solidarité linguistique. Cela offrirait également de nouvelles perspectives académiques et culturelles pour la francophonie, au moyen de mesures alignées sur les objectifs économiques et diplomatiques de la province.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une politique véritablement inclusive permettrait au Québec de s’affirmer comme un acteur clé de la justice culturelle et linguistique. En s’inspirant de l’<em><a href="https://journals.openedition.org/anatoli/461" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">homoglosson</a></em> d’Hérodote, qui définit <a href="https://www.jstor.org/stable/20788284" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’appartenance par la langue partagée plutôt que par l’origine</a>, le Québec pourrait repenser la francophonie comme un espace véritablement ouvert et inclusif. Elle cesserait d’être un cercle exclusif pour devenir un lieu d’échanges, où chaque francophone pourrait se sentir pleinement « chez lui ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour concrétiser cette vision, le Québec doit élargir ses politiques préférentielles afin d’inclure tous les francophones, transformant ainsi la langue française en une véritable force unificatrice. Il renforcerait alors son rôle de foyer pour une francophonie mondiale, où chaque individu, quelle que soit son origine, serait reconnu et valorisé comme membre d’une communauté vraiment inclusive.</p>
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		<title>Le Forum LAB7 des 7 Doigts</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/le-forum-lab7-des-7-doigts/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cirque]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[technologie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La technologie a-t-elle sa place chez les arts vivants?</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le 7 novembre dernier, le collectif de créateur·ice·s de cirque contemporain Les 7 Doigts, originaire de Montréal, a présenté sa deuxième édition du Forum LAB7. Cette journée était consacrée aux échanges professionnels sur le sujet de l’interdisciplinarité entre art vivant et technologie. A‑t-on de la difficulté à percevoir la technologie comme de l’art? Quels sont les défis d’une telle interdisciplinarité? C’est entre autres à ces questions que les discussions se sont attardées, à travers une série de cinq présentations et panels entrecoupés de périodes de réseautage et de démonstrations artistiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Obsolescence programmée</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’intérêt de l’utilisation des technologies dans les arts vivants se limite-t-il à la nouveauté? Et une fois qu’elles sont remplacées, est-ce que l’œuvre perd son sens? En réponse à cette question, Laurence Dauphinais, créatrice multidisciplinaire, a décrit les difficultés que rencontrent ces types de projets à trouver leur place. D’une part, le milieu du théâtre ne cherche pas à tout prix l’innovation, et d’autre part, puisque les productions ne reposent pas sur des technologies de pointe, elles ne s’adressent pas non plus au public des arts numériques. Sandra Rodriguez, artiste, chercheuse, directrice de création, productrice et chargée de cours XR+AI au Massachusetts Institute of Technology, ajoute que ces enjeux sont une réalité des arts vivants, mais aussi de plusieurs autres milieux culturels. Pía Balthazar, directrice du développement arts-sciences de la Société des arts technologiques, poursuit en clarifiant que « ce qui compte, ce n’est pas tellement qu’elle [la technologie, <em>ndlr</em>] soit nouvelle, mais que son utilisation corresponde à ce qu’on a besoin d’exprimer ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans la relation que le créateur bâtit entre l’utilisation de la technologie et le public que réside la valeur de celle-ci. Isabelle Van Grimde, chorégraphe, fondatrice et directrice artistique de Van Grimde Corps Secrets, conclut en répondant que « c’est important qu’en tant qu’artistes, nous ne devenions pas des vecteurs de démonstration des nouvelles technologies. Elles doivent être au service de notre art, et non l’inverse ». Les arts vivants tirent leur valeur de la performance humaine, en repoussant les limites du corps et de l’espace, devant un public qui s’y reconnaît autant qu’il s’y découvre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Démonstrations artistiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour conclure la journée, sept numéros ont dévoilé une partie du travail réalisé au LAB7, un laboratoire d’exploration, combinant innovation technologique et performance humaine. Samuel Tétreault, cofondateur et directeur artistique des 7 Doigts et du laboratoire, orchestrait le tout. Les numéros ont été réalisés à l’aide d’un stagiaire programmeur et de quatre artistes finissants de l’École nationale de cirque, qui participaient à la recherche.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les numéros, courts et improvisés, sont une étape préliminaire d’un projet prévu pour 2025. Alors que les artistes bougent dans l’espace, une caméra de suivi du corps (<em>body tracking</em>) capte leur silhouette, à une vitesse de quatre à dix images par seconde. Une requête faite à une intelligence artificielle générative détermine le contenu des vidéos projetées et la manière dont la silhouette de l’artiste y est intégrée. Je n’avais pas anticipé d’être touchée comme je l’ai été par l’interaction presque symbiotique entre humain et technologie. La vision sensible des 7 Doigts a transformé une simple ébauche en un véritable récit, où la technologie trouvait sa juste place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Grâce aux artistes qui interrogent tout et transforment ensuite ces réflexions en créations, des innovations émergent. Un logiciel développé dans le cadre d’un petit projet créatif ayant des contraintes spécifiques peut par la suite être réutilisé dans un grand projet d’entreprise technologique. Il y a beaucoup à gagner de cette interdisciplinarité, qui mérite d’être davantage encouragée.</p>
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		<title>Pourquoi : Chez nous</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/pourquoi-chez-nous/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[L&#39;équipe du Délit]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[chez nous]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le semestre touche à sa fin et pour nombreux d’entre nous à McGill, il est enfin temps de retrouver nos amis proches, notre famille et notre foyer. En tant qu’étudiants qui se sentent parfois coincés entre deux villes, deux provinces ou même deux continents, nous nous demandons souvent : qu’est-ce qu’être à la maison? Où&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/pourquoi-chez-nous/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Pourquoi : Chez nous</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le semestre touche à sa fin et pour nombreux d’entre nous à McGill, il est enfin temps de retrouver nos amis proches, notre famille et notre foyer. En tant qu’étudiants qui se sentent parfois coincés entre deux villes, deux provinces ou même deux continents, nous nous demandons souvent : qu’est-ce qu’être à la maison? Où nous sentons-nous chez nous? S’agit-il de souvenirs de famille ou d’enfance? Est-ce un lieu ou une communauté? Pour notre dernière édition de l’année, <em>The Daily </em>et <em>Le Délit </em>vous proposent donc une édition commune sur le thème <em>Chez nous</em>, ou <em>Home </em>en anglais.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Traduire le mot « Home » en français sans perdre son caractère réconfortant et chaleureux n’a pas été une mince affaire. « Home » est un terme complexe qui a de multiples significations et qualités aux yeux de chaque individu ; cela en fait un thème riche à explorer dans le cadre de ce numéro spécial.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En français, nous avons pris la décision de traduire « Home » en « Chez nous » plutôt que « Chez soi ». Afin de rejeter une connotation d’individualité, nous avons volontairement remplacé le pronom « soi » par « nous », car nous pensons qu’un « chez-nous », aussi personnel soit-il, est quelque chose de partagé, qui se construit en communauté. Le « chez nous », souvent considéré comme un lieu physique, peut également être une communauté à laquelle on s’identifie, un groupe de personnes dont les valeurs nous correspondent, ou même un passe-temps qui nous rend profondément heureux. Peu importe ce que l’on considère comme un « chez-nous » ; tangible ou non, il s’agit d’un espace de confort, où chacun peut se retrouver. Ce « <em>safe place </em>» (<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/23/les-espaces-resonnants/" data-wpel-link="internal">espace sûr</a>, <em>tdlr</em>), dans lequel vous pouvez être pleinement qui vous êtes, peut également être considéré à une échelle plus large. La société à laquelle nous appartenons, aussi imparfaite soit-elle, est, d’une certaine manière, notre « maison », notre « chez nous ». À travers ces 24 pages, nous nous interrogeons donc sur la signification du mot « home » et tentons de répondre à la question « qu’est ce que le chez-nous? »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que tout le monde mérite un chez-soi sûr, nous reconnaissons que c’est aujourd’hui loin d’être le cas. Dans le monde, <a href="https://www.unhcr.org/media/no-escape-frontlines-climate-change-conflict-and-forced-displacement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">120 millions</a> de personnes sont forcées de quitter leur foyer en raison de conflits, de violences, de génocides et de catastrophes climatiques. Parallèlement, le sentiment anti-immigration grandit partout en Europe et en Amérique du Nord. Avec l’élection récente de Donald Trump, <a href="https://www.migrationpolicy.org/data/unauthorized-immigrant-population/state/US" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de nombreuses personnes</a> qui se considèrent chez eux aux États-Unis depuis des années sont désormais confrontées à une menace accrue d’être expulsées vers un endroit totalement inconnu. Au Canada, le premier ministre Justin Trudeau a récemment annoncé une <a href="https://www.bbc.com/news/articles/cd7n3rqyjqzo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réduction</a> du nombre d’immigrants entrant au pays. Le Québec a également <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/quebec-puts-permanent-immigration-on-hold-1.7369019" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">suspendu</a> deux voies majeures vers la résidence permanente. Ces mesures empêcheront d’innombrables personnes de trouver un logement et de poursuivre une vie meilleure au Canada.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est essentiel de reconnaître que le Canada, où beaucoup d’entre nous ont trouvé un foyer, est construit sur le génocide et le déplacement des peuples autochtones par les colonisateurs européens et l’État canadien. L’Université McGill est également complice. Pas plus tard que la semaine dernière, un groupe de femmes Kanien’kehà:ka se sont rassemblées pour planter un pin blanc, symbole de paix pour le peuple Haudenosaunee, sur le <em>lower field </em>de McGill, situé sur des terres Kanien’kehà:ka non cédées. Les organisateurs voulaient partager les enseignements Kanien’kehà:ka sur la paix avec les peuples autochtones et non-autochtones vivant sur cette terre. La plaque de bois à côté du jeune arbre indiquait que « c<em>et arbre de la paix est un symbole de la solidarité du peuple Kanien’kehá:ka entre les étudiants de McGill et de Concordia qui ont établi un campement pacifique ici en 2024 au nom de la justice pour la Palestine et tous les peuples de notre planète (tldr) </em>». Le lendemain matin, McGill a confirmé au <em>Daily </em>que l’Université avait retiré l’arbre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du Petit Portugal au Quartier chinois en passant par le Village, Montréal est une plaque tournante pour diverses communautés, diasporas et cultures. À notre époque, se retrouver en communauté est plus important que jamais. En tant qu’étudiants, nous impliquer ainsi nous permet de jouer un rôle majeur dans l’évolution de notre chez-nous vers le monde dans lequel nous voulons vivre. En même temps, nous devons faire preuve de solidarité avec les personnes du monde entier qui se voient refuser leurs droits et lutter pour l’avenir de nos semblables et de notre planète. C’est notre « home », notre « chez-nous », et nous n’en aurons pas d’autre.</p>
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