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	<title>Archives des 2022-10-26 - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/edition_categorie/2022-10-26/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 23 Jan 2024 23:22:51 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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	<item>
		<title>Des élu·e·s refusent de prêter allégeance au roi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/des-elu%c2%b7e%c2%b7s-refusent-de-preter-allegeance-au-roi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Carl Cenerelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[anti-monarchisme]]></category>
		<category><![CDATA[monarchisme]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Québec Solidaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un antimonarchisme signé Parti québécois et Québec solidaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/des-elu%c2%b7e%c2%b7s-refusent-de-preter-allegeance-au-roi/" data-wpel-link="internal">Des élu·e·s refusent de prêter allégeance au roi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors de leur assermentation la semaine dernière, les 11 député·e·s de Québec solidaire et les trois député·e·s du Parti québécois se sont abstenu·e·s de prêter le serment d’allégeance au roi Charles III prévu par la Loi constitutionnelle de 1867.</p>



<p><span class="highlight"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></span></p>



<p>Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, avait problématisé ce serment tout au long de sa campagne électorale, affirmant son intention de ne pas le prêter. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1926601/serment-assemblee-nationale-deputes-parti-quebecois-pq-roi-charles-pspp-" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Pour le chef péquiste</a>, «on ne peut servir deux maîtres »; référant au peuple du Québec et au roi. Le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, a aussi souligné récemment un «grand inconfort à prêter serment au roi» dans <a href="https://twitter.com/GNadeauDubois/status/1582718203255721984" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une lettre</a> adressée aux autres chef·fe·s de partis.</p>



<p>Pour leur part, tous·tes les élu·e·s de la Coalition avenir Québec (CAQ), dont le premier ministre François Legault, ainsi que du Parti libéral du Québec, ont prêté serment à la fois au peuple et au roi. La cheffe libérale, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1925583/anglade-assermentation-quebec-st-pierre-plamondon-pq" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Dominique Anglade</a>, estimait que son parti pourrait ainsi «respecter les lois et siéger le plus tôt possible».</p>



<p>Les député·e·s péquistes et solidaires sont maintenant confronté·e·s à un problème constitutionnel. Siegfried Peters, secrétaire général de l’Assemblée nationale, <a href="https://www.ledevoir.com/depeches/764847/il-faut-le-serment-au-roi-rappelle-le-secretaire-general-a-pspp" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a rappelé à Paul St-Pierre Plamondon</a> jeudi dernier que «la prestation des deux serments est une condition préalable à l’exercice des fonctions parlementaires». Ces député·e·s ne pourraient donc pas siéger sans prêter serment au roi sous les provisions constitutionnelles actuelles.</p>



<p><strong>Un serment prévu par la Loi constitutionnelle de 1867</strong></p>



<p>Contacté par&nbsp;<em>Le Délit</em>, Dr Dave Guénette, chercheur postdoctoral de la Faculté de droit de McGill, membre de la Chaire Peter MacKell sur le fédéralisme, nous a partagé ses commentaires sur ce serment. Selon lui, le refus péquiste et solidaire de prêter le serment au roi, tout en prêtant celui au peuple du Québec, est une première. La Loi constitutionnelle de 1867 prévoit que «les membres du conseil législatif ou de l’assemblée législative d’une province devront, avant d’entrer dans l’exercice de leurs fonctions, prêter et souscrire […] le serment d’allégeance». Le serment prend alors la forme suivante: «Je, A.B., jure que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté [nom du roi ou de la reine du Royaume-Uni alors régnant]».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On  ne peut servir deux maîtres»</p><cite>Paul St-Pierre Plamondon</cite></blockquote>



<p>Au Québec, un second serment existe depuis 1999, affirmant la loyauté de l’élu·e envers le peuple et la constitution du Québec. L’Assemblée nationale spécifie toutefois <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/lexique/serment.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dans son encyclopédie</a> que «le serment d’allégeance prescrit par la Loi constitutionnelle de 1867 est aussi exigé».</p>



<p>D’emblée, le Dr Dave Guénette souligne que les député·e·s prêtent serment «au Chef d’État du Canada», soit actuellement le roi Charles III, et non pas à un roi étranger. La Loi sur les titres royaux affirme en effet qu’il est roi «du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la Foi».</p>



<p>Le chercheur en changements constitutionnels affirme qu’il «est fort possible que la prestation [du serment] fasse partie de [la] constitution provinciale» du Québec. Ceci permettrait à l’Assemblée nationale d’unilatéralement modifier cette loi sur le serment au monarque, car elle se retrouve à la fois dans la constitution du Québec et dans la Loi constitutionnelle de 1867. Le gouvernement de la CAQ pourrait donc éventuellement modifier la constitution provinciale afin de permettre aux député·e·s péquistes et solidaires de siéger sans prêter serment au roi.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La prestation des deux serments est une condition préalable à l’exercice des fonctions parlementaires»</p><cite>Siegfried Peters</cite></blockquote>



<p>L’incertitude par rapport au chevauchement des deux constitutions provient du fait que celle du Québec est composée d’un ensemble de textes qui ne sont pas réunis dans une liste officielle.</p>



<p>Dr Dave Guénette précise que le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, s’est montré favorable à un tel changement et que le gouvernement caquiste <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1925583/anglade-assermentation-quebec-st-pierre-plamondon-pq" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">se dit ouvert</a> à un projet de loi mettant fin au serment à la monarchie britannique.</p>



<p><strong>Une tactique politique multinationale</strong></p>



<p>Atagün Kejanlioglu, candidat au doctorat en droit civil à McGill contacté par&nbsp;<em>Le Délit</em>, compare la situation au Québec avec le refus d’une élue kurde en Turquie de prêter le serment sous la forme prévue, remplaçant les mots «peuple turc» par «peuples de la Turquie».</p>



<p>Premièrement, Atagün Kejanlioglu, dont la recherche se concentre entre autres sur les défis populistes au constitutionnalisme, explique que le serment au peuple des représentant·e·s parlementaires «devient un champ de bataille politique» lorsque la conception du peuple de ces représentant·e·s et de la constitution est différente.</p>



<p>Deuxièmement, pour des causes indépendantistes telles que celle défendue par le PQ et QS, ce type de confrontation représente un excellent champ de bataille. Ils démontreraient bien «l’impossibilité de faire reconnaître son identité au sein du système constitutionnel existant», conclut Atagün Kejanlioglu.</p>



<p><strong>Intéressant pour les chercheur·euse·s, peu pertinent selon les étudiant·e·s</strong></p>



<p>Le refus des élu·e·s du PQ et de QS de prêter serment à la monarchie reflète le sentiment anti-monarchiste d’une majorité des Québécois·es. Un <a href="https://www.journaldemontreal.com/2022/09/10/les-quebecois-ne-veulent-rien-savoir-de-charles-iii" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sondage Léger</a> en septembre 2022 trouvait que 66% des Québécois·es estiment qu’il faut se débarrasser de la monarchie. 51% de tous·tes les Canadien·ne·s étaient prêt·e·s à s’en séparer, selon <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2022/04/23/les-quebecois-en-tres-grande-majorite-contre-la-monarchie-britannique" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un sondage Angus Reid</a> d’avril 2022.</p>



<p>Xavier, étudiant en droit à McGill, affirme que «ce n’est pas une institution dans laquelle [il] se reconnaît». Il souligne que le serment au roi, chef de l’église anglicane, visait initialement à exclure les personnes catholiques de la fonction publique. Le rôle, même si largement symbolique, de la monarchie dans l’édification du génocide des peuples autochtones justifie pour lui davantage une cessation de la monarchie. «Je pense qu’on est assez intelligents pour être des citoyens à part entière, même si ce n’est que symbolique», conclut-il.</p>



<p>Ce «champ de bataille» ne trouve pas appui auprès de tous les étudiant·e·s mcgillois·es. Kiana, étudiante canadienne en littérature anglaise à McGill, croit que «<em>le Canada devrait encore avoir une monarchie (tdlr)</em>», car selon elle, «<em>l’application de la monarchie constitutionnelle a été fonctionnelle</em>». Elle ajoute que, de toute façon, «<em>les personnes sont plus intéressées par la perception du monarque individuel que par l’efficacité du système en tant que tel</em>».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«66% des Québécois·es estiment qu’il faut se débarrasser de la monarchie»</p></blockquote>



<p>Éric*, étudiant canadien en science politique, dit que cette situation «<em>n’est vraisemblablement qu’une ruse politique de QS et du PQ pour mettre la CAQ dans l’embarras (tdlr)</em>». Peu optimiste par rapport à la possibilité d’un changement constitutionnel, il déclare: «<em>Nous devrions nous concentrer sur des problèmes pertinents, tels que les soins sanitaires et le logement, plutôt que de réparer quelque chose qui n’est pas encore brisé</em>».</p>



<p>Hippolyte, étudiant français en génie civil, va même jusqu’à affirmer: «Un roi ou une reine pourrait permettre à une nation d’être plus soudée, plus unie. […] La monarchie peut être le ciment d’une nation».</p>



<p><strong>Qu’en retenir ?</strong></p>



<p>Le refus des député·e·s du PQ et de QS a réanimé la discussion autour du rôle de la monarchie au Canada et au Québec. Selon Dr Dave Guénette, l’Assemblée nationale pourrait unilatéralement modifier la constitution du Québec. Le gouvernement caquiste s’est montré favorable à une telle démarche.</p>



<p>En revanche, les étudiant·e·s mcgillois·es questionné·e·s à ce sujet s’avouent généralement peu intéressé·e·s ou enthousiasmé·e·s par cet enjeu, le qualifiant de «ruse politique» des député·e·s solidaires et péquistes. Plusieurs étudiant·e·s soulignent la non-influence, voire même les bénéfices, de la monarchie constitutionnelle au Canada et en général.</p>



<p>*Nom fictif</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/des-elu%c2%b7e%c2%b7s-refusent-de-preter-allegeance-au-roi/" data-wpel-link="internal">Des élu·e·s refusent de prêter allégeance au roi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Modifications à la Politique contre la violence sexuelle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/modifications-a-la-politique-contre-la-violence-sexuelle/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexia Leclerc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[AÉUM]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Politique étudiante]]></category>
		<category><![CDATA[violences sexuelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Conseil des gouverneurs a approuvé les changements le 6 octobre dernier.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/modifications-a-la-politique-contre-la-violence-sexuelle/" data-wpel-link="internal">Modifications à la Politique contre la violence sexuelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 6 octobre dernier, le Conseil des gouverneurs a accepté des modifications apportées à la <a href="https://e1.envoke.com/ct/4080/2722317/779509275/56ac503f4ee969e68bfb58d52872e127" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Politique contre la violence sexuelle</a> de l’Université McGill (ci-après «la Politique»). Dans un courriel envoyé le 14 octobre dernier à la communauté mcgilloise, Christopher Manfredi, le principal intérimaire, et Maryse Bertrand, présidente du Conseil des gouverneurs de l’Université McGill, indiquaient que ces modifications répondent à trois changements majeurs, survenus depuis la dernière révision en 2019 : la création du <a href="https://www.mcgill.ca/omr/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Bureau de la médiation et du signalement</a> au sein de l’institution ainsi que des modifications au processus d’enquête et dans la législation québécoise. </p>



<p>Contactée par Le Délit, Frédérique Mazerolle, l’agente des relations avec les médias de l’Université McGill, nous a informé que la Politique contre la violence sexuelle de McGill, initialement approuvée en 2016, est révisée tous les trois ans par un groupe de travail dont la composition est définie par la Politique et qui a le mandat de revoir la Politique et d’y proposer des modifications. Les recommandations de cette année ont été approuvées par le Sénat de McGill le 21 septembre dernier, puis par le Conseil des gouverneurs le 6 octobre dernier. «Les révisions importantes de la Politique comprennent des modifications qui reflètent les nouvelles ressources internes (par exemple, le Bureau de la médiation et du signalement) ainsi que les observations des membres du groupe de travail qui renforceront les efforts d’éducation et rendront les processus d’enquête plus efficaces», détaille Frédérique Mazerolle.</p>



<p><strong>Bureau de la médiation et du signalement</strong></p>



<p>Le Bureau de la médiation et du signalement fait partie de l’équipe chargée des questions d’équité, située dans le bureau du doyen et vice-principal académique. Il est chargé de recevoir et de répondre aux rapports officiels de violence sexuelle, de discrimination et de harcèlement. Le Bureau de la médiation et du signalement est défini comme le «service de l’Université qui reçoit les signalements de violence sexuelle» dans la nouvelle Politique contre la violence sexuelle. Tous·tes les membres de la «communauté universitaire» mcgilloise, incluant les employé·e·s, étudiant·e·s et enseignant·e·s, sont couvert·e·s par la Politique et peuvent donc porter plainte à cet organe institutionnel. Toujours en vertu de la Politique, les signalements de violence sexuelle doivent être déposés auprès du Bureau de la médiation et du signalement, qui procédera à un examen initial conformément à la <a href="https://www.mcgill.ca/secretariat/files/secretariat/procedures_denquete_sur_les_signalements_de_violence_sexuelle.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">procédure</a> en place. Kerry Yang, vice-président aux affaires universitaires de l’Association des étudiant·e·s de McGill (AÉUM), accueille positivement l’intégration du Bureau de la médiation et du signalement dans la   Politique : «La nouvelle politique est beaucoup plus claire quant au fonctionnement de la structure de signalement et à qui les gens doivent s’adresser, soit au Bureau de la médiation et du signalement, et comment le processus fonctionne», affirme-t-il. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les établissements d’enseignement supérieur sont dans l’obligation de divulguer les résultats disciplinaires aux survivant·e·s qui en font la demande si l’enquête a mené à un constat de violence sexuelle»</p></blockquote>



<p><strong>Récents changements législatifs</strong></p>



<p>La Politique répond également à la nouvelle <a href="https://www.canlii.org/fr/qc/legis/loisa/lq-2021-c-25/derniere/lq-2021-c-25.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Loi 25</a>, soit <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/loi-25-nouvelles-dispositions-protegeant-la-vie-privee-des-quebecois-certaines-dispositions-entrent-en-vigueur-aujourdhui-43212" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la loi</a> modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels, qui est entré progressivement en vigueur le 22 septembre dernier. Cette dernière modifie l’article 4 de la loi visant à prévenir et à combattre la violence sexuelle dans les établissements d’enseignement supérieur, nous a fait savoir Frédérique Mazerolle. Elle explique qu’en vertu de cette nouvelle loi, les établissements d’enseignement supérieur sont dans l’obligation de divulguer les résultats disciplinaires aux survivant·e·s qui en font la demande si l’enquête a mené à un constat de violence sexuelle. </p>



<p>Comment ce processus prend-il forme à McGill? Frédérique Mazerolle explique qu’à la suite d’une enquête et d’un rapport disciplinaire, les survivant·e·s peuvent désormais demander au Bureau de la médiation et du signalement des renseignements sur les mesures prises par l’Université à l’égard de l’intimé·e, c’est-à-dire le membre de la communauté universitaire qui aurait, selon le signalement, commis un acte de violence sexuelle tel que défini dans la Politique, qui a été nommé dans leur rapport à la suite d’une enquête et d’un rapport disciplinaire. Le Bureau de la médiation et du signalement pourra alors transmettre l’information confidentielle à le·a victime. L’information transmise inclut les mesures disciplinaires et/ou administratives qui ont été imposées à l’intimé·e et, si tel est le cas, leur nature. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’AÉUM est ravie que les personnes survivantes puissent maintenant recevoir les résultats d’une enquête, ce qu’elles ne pouvaient pas obtenir auparavant» </p><cite>Kerry Yang</cite></blockquote>



<p>Pour Kerry Yang, l’accès aux résultats de l’enquête a été un enjeu pour lequel la communauté étudiante s’était grandement mobilisée en 2017. Cependant, en raison des lois québécoises sur la protection de la vie privée, cette demande n’avait pas pu être intégrée dans la révision précédente de la Politique. Les récents changements législatifs, coïncidant avec la révision de la Politique, ont donc pu être reflétés dans sa nouvelle version. «L’AÉUM est ravie que les personnes survivantes puissent maintenant recevoir les résultats d’une enquête, ce qu’elles ne pouvaient pas obtenir auparavant», affirme Kerry Yang. </p>



<p><strong>McGill «profondément engagée à lutter contre les violences sexuelles» </strong></p>



<p>Frédérique Mazerolle affirme que la lutte contre les violences sexuelles est un engagement important pour l’Université McGill : «[L’Université] reste profondément engagée à soutenir les survivant·e·s et à oeuvrer en faveur d’un environnement exempt de violence sexuelle.» Elle ajoute qu’il y a des ressources disponibles tel que <a href="https://www.mcgill.ca/osvrse/fr" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le Bureau d’intervention, de soutien et d’éducation en matière de violence sexuelle</a> (OSVRSE) qui offre diverses formes d’accompagenement telles que des conseils pour porter officiellement plainte, un service d’intervention en cas de crise et du soutien basé sur la  prise en compte des traumatismes. Cependant, Kerry Yang aimerait voir davantage de collaboration avec l’administration en ce qui concerne la violence sexiste et sexuelle qui touche la communauté étudiante. Néanmoins, «pour ce qui est de la politique elle-même, c’est un bon pas en avant» conclut-il.</p>



<p>→ Voir aussi&nbsp;: <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/nouvelle-ressource-pour-les-victimes-de-harcelement-de-discrimination-et-violences-sexuelles/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" data-wpel-link="internal">https://www.delitfrancais.com/2021/11/16/nouvelle-ressource-pour-les-victimes-de-harcelement-de-discrimination-et-violences-sexuelles/</a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/modifications-a-la-politique-contre-la-violence-sexuelle/" data-wpel-link="internal">Modifications à la Politique contre la violence sexuelle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>«Que seriez-vous prêts à sacrifier pour la vérité?»</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/que-seriez-vous-prets-a-sacrifier-pour-la-verite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Vallières]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[prix nobel]]></category>
		<category><![CDATA[prix Nobel de la paix]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49487</guid>

					<description><![CDATA[<p>Visite de la récipiendaire du prix Nobel de la paix Maria Ressa à McGill.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/que-seriez-vous-prets-a-sacrifier-pour-la-verite/" data-wpel-link="internal">«Que seriez-vous prêts à sacrifier pour la vérité?»</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Femme au «<em>coeur de lion (tldr)</em>» pour l’actrice américaine Meryl Streep, ennemie publique numéro un pour le gouvernement philippin; c’est en héroïne qu’a été accueillie Maria Ressa à la salle Pollack du pavillon Schulich de l’Université McGill le jeudi 20 octobre dernier. La journaliste d’enquête, récompensée du prix Nobel de la paix en 2021 pour son travail sans relâche pour exposer les abus de pouvoir du gouvernement de Rodrigo Duterte et la montée de l’autoritarisme aux Philippines, avait été invitée par l’Université dans le cadre de la 68<em>e&nbsp;</em>édition annuelle de la conférence Beatty.</p>



<p>C’est avec une bonne dose d’autodérision que la journaliste a gagné son public, sans pour autant le laisser perdre de vue la gravité de son propos. Co-fondatrice du journal indépendant philippin&nbsp;<em><a href="https://www.rappler.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Rappler</a></em>, elle se bat actuellement à la Cour suprême des Philippines pour sa liberté. La justice philippine l’a condamnée pour «cyber-diffamation» en 2020 pour un article qu’elle n’a pas écrit et qui avait paru huit ans plus tôt, soit avant même la création de la loi en vertu de laquelle elle est poursuivie. «<em>Ce système de justice […] m’a appris le sens du mot kafkaesque (tdlr)</em>», lance-t-elle avec une pointe d’humour. À la question de la journaliste Nahla Saed lui demandant pourquoi rentrer aux Philippines alors qu’elle y risque l’emprisonnement, Maria Ressa secoue la tête: «<em>Ce moment compte. C’est le moment où l’on peut être une force pour faire le bien</em>», répond-elle. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Ce système de justice […] m’a appris le sens du mot kafkaesque</em>»</p><cite>Maria Ressa</cite></blockquote>



<p>«<em>Faire le bien</em>»: voilà la mission que s’est donnée la journaliste depuis plus de 35 ans maintenant. Née aux Philippines, elle a complété des études à l’Université Princeton aux États-Unis, avant de retourner dans son pays natal en tant qu’étudiante aux cycles supérieurs récipiendaire de la bourse Fulbright. Elle y a travaillé pour le réseau CNN en tant que correspondante étrangère, couvrant les réseaux terroristes d’Asie du Sud-Est, avant de fonder&nbsp;<em>Rappler&nbsp;</em>en 2012. Depuis 2012, la journaliste s’intéresse à l’usage des réseaux sociaux, en particulier Facebook et Twitter, pour répandre la désinformation et manipuler le discours public.</p>



<p><em><strong>«La troisième guerre mondiale a commencé»</strong></em></p>



<p>Maria Ressa avoue elle-même avoir été une fervente défenseure des réseaux sociaux dans leurs premières heures: «<em>Je croyais que les réseaux sociaux pourraient nous permettre de bâtir des institutions du bas vers le haut</em>», se remémore-t-elle. Et pourtant, depuis les premières indications que Facebook aurait été utilisé comme plateforme pour manipuler l’électorat américain en 2016, son optimisme a fait place à une profonde méfiance face à ce qu’elle qualifie d’ «<em>instrumentalisation</em> <em>politique</em>» des réseaux sociaux. Depuis 2016,&nbsp;<em>Rappler&nbsp;</em>a investigué la manière dont le gouvernement philippin utilise les réseaux sociaux pour répandre de fausses informations. Sur ces plateformes virtuelles, plus rapidement que la haine, ce sont les mensonges qui se répandent à la vitesse de l’éclair. La journaliste raconte comment, lors des dernières élections présidentielles aux Philippines, elle s’est promenée dans les quartiers défavorisés de Manille pour interroger les résident·e·s sur leurs raisons de soutenir Ferdinand Marcos Junior, le fils d’un ancien dictateur du pays ayant volé 10 milliards de dollars dans les coffres du pays. «<em>Il va nous donner de l’or</em>», lui a‑t-on répondu. Où avaient-il·elle·s entendu une chose pareille? «<em>Youtube</em>».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>Si les gens perdent confiance, alors le jeu est terminé</em>»</p><cite>Maria Ressa</cite></blockquote>



<p>La journaliste dénonce également les campagnes virtuelles «<em>déshumanisantes</em>» menées contre les opposant·e·s aux régimes totalitaires, une réalité qu’elle connaît particulièrement bien pour en avoir été victime personnellement. Des photos d’elle exagérant son eczéma lui ont valu le surnom de «<em>face de scrotum</em>» sur les réseaux sociaux. «<em>Elle n’est pas la victime</em>», peut-on lire sur une de ces photos. Sur une autre, on la compare à un homme préhistorique. Pour Maria Ressa, ces attaques sont une tentative de réduire au silence les opposant·e·s aux régimes en ciblant leur vulnérabilité, une technique qui, elle souligne, aurait été utilisée contre la journaliste maltaise <a href="https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20221014IPR43219/assassinat-de-daphne-caruana-galizia-responsabilite-et-reformes-defaillantes" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Daphne Caruana Galizia</a> avant qu’elle ne soit assassinée en 2017. «<em>Ce n’est pas un problème de liberté d’expression</em>», souligne-t-elle. «<em>C’est la “liberté d’expression” utilisée pour étouffer la liberté d’expression</em>».</p>



<p>Maria Ressa insiste que cette instrumentalisation des réseaux sociaux représente une menace sérieuse pour la démocratie. Elle souligne au passage que plus de personnes vivent actuellement sous un régime autoritaire que sous une démocratie. Il s’agit d’une «<em>troisième guerre mondiale</em>» que «<em>chacun de nous est en train de mener</em>», soutient-elle. Cette véritable guerre contre la vérité qui se mène dans la sphère virtuelle a des répercussions on ne peut plus réelles sur les climats politiques actuels. Fausse nouvelle après fausse nouvelle, la confiance du peuple envers les institutions est minée: c’est ce qui est arrivé aux Philippines, affirme Maria Ressa. «<em>Si les gens perdent confiance, alors le jeu est terminé</em>», marque-t-elle d’un ton grave.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>C’est la “liberté d’expression” utilisée pour étouffer la liberté d’expression</em>»</p><cite>Maria Ressa</cite></blockquote>



<p><strong>Lueur d’espoir à l’horizon</strong></p>



<p>Pourtant, tout n’est pas sombre, nous rassure Maria Ressa. Il est non seulement possible, mais impératif, de lutter contre ces menaces à la démocratie. «<em>Vous devez vous battre. Vous devez rester alertes</em>», nous conjure-t-elle. La journaliste fait appel à l’humanité de son auditoire dans cette bataille, un véritable défi alors que nos plateformes numériques sont configurées pour faire des profits grâce à la circulation de messages inhumains. «<em>Les réseaux sociaux sont un système de modification du comportement</em>», soutient-elle. «<em>Le meilleur de la nature humaine y est retiré</em>». Elle souligne toutefois que la recherche a démontré que, plus que la haine et les mensonges, c’est l’inspiration qui a le potentiel de se répandre le plus rapidement sur la sphère virtuelle.</p>



<p>Alors que Maria Ressa saluait une dernière fois son public sous un tonnerre d’applaudissements, une question est restée en suspens, celle posée par la journaliste lors de sa conférence Nobel en octobre 2021: «<em>Que seriez-vous prêts à sacrifier pour la vérité?</em>» Si Maria Ressa semble pour sa part avoir trouvé sa réponse à cette question, il semble que ce soit à notre tour de nous la poser.</p>
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		<title>Ave Madonna</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/ave-madonna/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Vie nocturne]]></category>
		<category><![CDATA[chanson]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[icône]]></category>
		<category><![CDATA[madonna]]></category>
		<category><![CDATA[poèmes]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<category><![CDATA[pop]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49489</guid>

					<description><![CDATA[<p>Madonna : découpée, traduite, déformée.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le mot «icône» désigne une peinture divine, souvent une représentation de la mère de Dieu. Puis un glissement de langage survient quand «icône» est employé pour désigner la célébrité dont le nom renvoie à la Vierge Marie: Madonna. En effet, selon le Professeur Marcel Denasi de l’Université de Toronto, d’après son ouvrage&nbsp;<em>Language, Society, and New Media: Sociolinguistics&nbsp;</em>(2020), la première occurrence de ce mot pour désigner une vedette extraordinaire est associée à Madonna Louise Ciccone, dite Madonna. Il est donc naturel de commencer par elle lorsqu’il s’agit de rendre hommage à ceux qui transforment un carré en piste de danse. Pour célébrer 40 ans de carrière Madonna a sorti, le 19 août dernier,&nbsp;<em>Finally Enough Love: 50 Number Ones</em>: une compilation de remixes de ses plus grands titres. Cette semaine, je voulais la célébrer, et prétexter lui rendre hommage, en m’amusant avec son œuvre. C’est pourquoi je vous propose le morceau manquant de sa compilation. Il s’agit non pas d’un remix mais d’un «pot-pourri» (souvent désigné par l’anglicisme «<em>medley</em>»). J’ai recollé plusieurs paroles de multiples chansons de Madonna (dont deux en français) et j’en ai fait une traduction déformée.</p>



<p>Version anglaise: chacun des vers est une parole de chanson de Madonna</p>



<p>                   <strong style="font-style: italic;">Certainties disappear</strong></p>



<p></p>



<p><em>The right voice will be the snake</em></p>



<p><em>the pretender will be the fish that got away.</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><em>I thought that we were related</em></p>



<p><em>everyone must stand alone</em></p>



<p><em>but I wish that you</em></p>



<p><em>were here with me.</em></p>



<p><em>This used to be my playground</em></p>



<p><em>I was looking for a way to drop you down</em></p>



<p><em>like the limbs of a tree</em></p>



<p><em>but we only got four minutes</em></p>



<p><em>outside</em></p>



<p><em>waiting is the hardest if you can’t stand the heat</em></p>



<p><em>outside</em></p>



<p><em>just watch me burn</em></p>



<p><em>and inside</em></p>



<p><em>sticks and stones will break my bones.</em></p>



<p><em>I’m a little bit rusty</em></p>



<p><em>we are all still wet.</em></p>



<p><em>When you point the finger</em></p>



<p><em>there are three fingers pointing back at you</em></p>



<p><em>I tried to be a mess.</em></p>



<p><em>Encore une fois, je suis cassée</em></p>



<p><em>time is waiting.</em></p>



<p><em>Encore une fois, je n’y crois pas</em></p>



<p><em>I’m not happy this way</em></p>



<p><em>and you hold the key.</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p><em>I think my head is caving in.</em></p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Version française basée sur celle en anglais</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p class="has-text-align-left">                   <strong>Là</strong></p>



<p>La voix juste sera celle du serpent, du poisson imposteur</p>



<p>en fuite.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Dans ma mémoire, nous étions liés.</p>



<p>En dehors, il faut rester seul.</p>



<p>J’aimerais que tu sois là</p>



<p>dans ma cour de récréation</p>



<p>là où je cherchais, avec des ciseaux</p>



<p>la façon pour faire tomber tes quatre branches</p>



<p>en quatre minutes</p>



<p>dehors</p>



<p>l’attente coule en perles avant l’insolation</p>



<p>dehors</p>



<p>surveille ma cuisson et carbonise</p>



<p>dedans</p>



<p>cailloux et bâtons cassent les os.</p>



<p>Je suis un peu rouillée</p>



<p>nous sommes toujours mouillés.</p>



<p>En montrant du doigt, tu seras pointé par trois.</p>



<p>Ailleurs, j’ai essayé de ranger</p>



<p>j’ai cassé la vaisselle sale</p>



<p>j’ai cherché la vaisselle propre mais elle était sale.</p>



<p>J’ai creusé mon aisselle sale.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Et je m’installe dans le trou.</p>



<p><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></p>



<p>Liste des chansons utilisées en anglais : <em>Open your heart; You Must Love Me;</em> <em>History; Rain; Bedtime Story; Sanctuary; Pretender; 4 minutes; I love New York;</em> <em>Push; Like A Prayer; American Life; Jump; Sorry; Like It or Not; Let It Will Be; Skin;</em> <em>Frozen; Paradise</em> (contient deux paroles en Français)<em> ; Live To Tell; Revenge</em>.</p>
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		<title>Une éducation digne des ambitions québécoises</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/une-education-digne-des-ambitions-quebecoises/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Malo Salmon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[système scolaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49495</guid>

					<description><![CDATA[<p>Critique de la pédagogie québécoise.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La Révolution tranquille s’amorçait il y a plus de soixante ans. Menant la charge, le premier ministre Jean Lesage avait l’intention de complètement retourner la société québécoise au cours de ses deux mandats. C’est par la nationalisation des entreprises de production d’hydroélectricité sous Hydro-Québec, par les premiers pas de l’instauration d’une assurance-maladie publique, et par la révision du Code du travail pour donner plus de pouvoirs aux syndicats, que le monde des Canadien·ne·s Français·es se transforme tranquillement. Au coeur de cette révolution se trouve un enjeu dont l’amélioration est une priorité du gouvernement libéral, un enjeu qui saurait assurer ou non la longévité des autres réformes mises en place : <em>l’éducation</em>. </p>



<p>En effet, bien que la société québécoise du moment soutienne le gouvernement de Jean Lesage et ses idées, la transmission des valeurs libérales appréciées par la pensée populaire de l’époque ne pourrait qu’être assurée par un système nationalisé de scolarisation. Dans la première année de son mandat, Jean Lesage a mis sur pied la commission Parent, une commission d’enquête, pour mener une recherche sur l’état de l’enseignement au Québec. Présidée par l’ancien vice-recteur de l’Université Laval, Alphonse-Marie Parent, elle publie en 1963 une liste de près de 500 recommandations qui indiquent les réformes à apporter dans le but de démocratiser l’éducation au Québec. La création du ministère de l’Éducation, la construction de polyvalentes et de cégeps, l’obligation d’aller à l’école jusqu’à l’âge de 15 ans et l’établissement d’un régime de prêts et bourses pour les étudiant·e·s aux niveaux collégial et universitaire font partie de l’héritage qui nous a été légué par cette commission. En 1962, le rédacteur en chef du Devoir, André Laurendeau, appuie la commission Parent en affirmant que les réformes à l’éducation favoriseraient la prospérité de la francophonie, de la société québécoise, et de l’émergence d’un mouvement indépendantiste au Québec. Les motivations pour un système nationalisé d’éducation, telles qu’envisagées par Jean Lesage et André Laurendeau, sont donc très similaires. Les deux voient en l’éducation nationale une opportunité de transmettre des valeurs et des idéaux sociaux. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«En 2022, c’est l’emphase sur les sciences, en particulier sur les mathématiques et la science technologique, qui se démarque, et l’importance qui lui est accordée mérite d’être remise en question»</p>
</blockquote>



<p>Alors que la forme de plusieurs institutions construites dans l’élan du rapport Parent perdure encore, l’éducation au sein de ces institutions a radicalement changé. Le régime de cours des «baby boomers» est sans doute très différent de celui des «zoomers», et c’est en observant ces régimes que nous pouvons identifier certaines tendances et valeurs qui sont estimées par les dirigeant·e·s le programme éducatif. En 2022, c’est l’emphase sur les sciences, en particulier sur les mathématiques et la science technologique, qui se démarque, et l’importance qui lui est accordée mérite d’être remise en question.</p>



<p><strong>Pourquoi éduquer?</strong></p>



<p><em>Qui a eu cette idée folle un</em></p>



<p><em>jour d’inventer l’école?</em></p>



<p><em>C’est ce sacré Charlemagne,</em></p>



<p><em>sacré Charlemagne…</em></p>



<p>France Gall, <em>Sacré Charlemagne</em></p>



<p></p>



<p>L’éducation, dans son sens le plus large, ne se limite pas à l’école. Désignant généralement, mais pas exclusivement «[l’]art de former une personne […] en développant ses qualités physiques, intellectuelles et morales, de façon à lui permettre d’affronter sa vie personnelle et sociale […]» (Centre national de ressources textuelles et lexicales), l’éducation n’a jamais été dissociée de la vie en société. En effet, les sources d’une éducation sont nombreuses, et une personne se voit formée autant au sein d’une institution éducative qu’en dehors, au travers de ses relations avec sa famille, ses ami·e·s, sa communauté et par ses interactions avec la culture dans laquelle elle est immergée. Entendue comme tel, même la famille de Lucy aurait fait preuve d’une éducation au sens de la transmission de savoir. L’encadrement de l’éducation par une institution, quant à lui, contrairement à ce qui est dit dans la chanson populaire <em>Sacré Charlemagne</em>, existe depuis les premières civilisations. Déjà, en Mésopotamie, on voit l’émergence d’écoles de scribes; puis viendront les académies de l’Antiquité, suivies des premières universités prises en charge par les moines religieux au Moyen-Âge. C’est encore en grande partie à ces derniers que sont confiés les soins de l’éducation lorsqu’est mis sur pied le ministère de l’Éducation en 1964. L’arrivée de l’encadrement de l’éducation par l’État offre de formidables ressources et potentialités à l’éducation. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«L’encadrement de l’éducation par une institution, quant à lui, contrairement à ce qui est dit dans la chanson populaire <em>Sacré Charlemagne</em>, existe depuis les premières civilisations»</p>
</blockquote>



<p>Chargés de l’avenir de chacun·e de ses citoyen·ne·s, le système éducatif et le gouvernement qui le dirige doivent toutefois endosser la charge de l’avenir de toute la société, dont le fardeau ne pourrait être réduit à la somme de celui de ses individus. D’un côté, le gouvernement a une main dans la construction personnelle et sociale de l’individu. De l’autre côté, il participe à la variation de la réalité sociale dans laquelle tous deux évoluent. Le programme éducatif doit donc être modifié dans la poursuite d’un certain idéal social, s’inscrivant dans une vision qui souhaite la promotion de certaines valeurs et relations. Dans un même élan, cette éducation doit permettre — si l’on souhaite conserver les valeurs libérales qui auront défini la société actuelle et pour ne pas tomber dans la dystopie — l’épanouissement individuel. L’éducation, et plus particulièrement le système éducatif, a donc un enjeu central : celui de permettre l’accomplissement de l’individu, et de faire en sorte que cette réalisation individuelle participe à l’accomplissement de la société vers l’idéal social recherché.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«L’arrivée de l’encadrement de l’éducation par l’État offre de formidables ressources et potentialités à l’éducation»</p>
</blockquote>



<p><strong>Le sujet à l’étude</strong></p>



<p><em>Dans l’école de mes rêves</em></p>



<p><em>Il y a des murs colorés</em></p>



<p><em>Et un ballon soleil</em></p>



<p><em>Qui joue à chat perché</em></p>



<p><em>Au bout d’une ficelle…</em></p>



<p>Comptine pour enfant</p>



<p>Si l’éducation est comprise comme étant la recherche d’un idéal social, il est possible de considérer ce qui est enseigné dans les écoles comme étant un reflet des aspirations d’une société. En un sens, les matières et les sujets auxquels sont exposés les étudiant·e·s, pendant au moins une décennie, jouent un rôle primordial dans la détermination de ce qu’il·elle·s considéreront comme important une fois sorti·e·s du système scolaire. Sans entrer dans une étude sociologique détaillée, il est possible de tirer quelques exemples de la réflexion des idéaux sociétaux dans divers programmes d’éducation dans le monde. Si l’on regarde le programme du système éducatif d’Israël par exemple, on observe la présence d’écoles publiques religieuses qui incorporent l’enseignement religieux en plus des cours donnés dans les écoles laïques. Il en va de même pour les écoles publiques de l’Arabie Saoudite, dans lesquelles l’Islam est étudié au même titre que l’arabe et les mathématiques. On peut comprendre que la religion détient un rôle considérable dans ces sociétés, du moins beaucoup plus que dans la société québécoise. Au Canada, le contenu du programme de différentes provinces peut nous instruire quant à leurs caractéristiques. Alors que le ministère de l’Éducation du Québec impose des cours d’anglais dans une province majoritairement francophone, l’inverse n’est pas vrai pour toutes nos provinces voisines et certaines d’entre elles n’obligent ni n’encouragent l’apprentissage du français. On peut comprendre l’importance qu’associent chacune des provinces au bilinguisme français/anglais compte tenu du contenu de leurs programmes d’éducation. Ainsi, le programme d’éducation d’un pays, d’une province, ou d’une époque peut être révélateur de certaines valeurs qui sont désirées par la société en question. En examinant le programme du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES), on peut remarquer les matières et domaines que le gouvernement québécois estime comme importants. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«En ce sens, la société se développe et s’accomplit lorsque les individus, au service de la société, mettent à profit les connaissances scientifiques apprises»</p>
</blockquote>



<p>Au secondaire, le MEES quantifie l’importance de chaque matière avec un système d’unités. Ces unités indiquent l’importance relative d’une matière en lien avec l’obtention du diplôme d’études secondaires. La matière ayant le plus grand poids dans le programme d’éducation québécois au secondaire est la Langue d’enseignement, soit le français, avec 12 unités. Il n’est pas difficile de rallier l’importance attribuée à cette matière au but général de l’éducation : la communication joue un rôle essentiel dans l’harmonie de la société, et une communication développée participe à l’accomplissement de l’individu et de sa société. Une certaine importance est également accordée à la Langue seconde, l’anglais, qui se justifie dans le même élan que la première matière. Avec 8 unités, les sciences, dont font partie les mathématiques et la technologie, se voient assigner une importance de la même envergure que l’anglais. Pourtant, on ne peut pas justifier le poids de ces matières de la même façon que pour les matières de langue; les sciences jouent un rôle secondaire quand il est question de communication.</p>



<p><strong>Une somme pas tout à fait ronde</strong></p>



<p><em>1 bidon d’eau</em></p>



<p><em>2 bidons, 3 bidons, 4 bidons d’eau</em></p>



<p><em>5 bidons d’eau</em></p>



<p><em>6 bidons d’eau</em></p>



<p><em>7 bidons, 8 bidons, 9 bidons d’eau</em></p>



<p><em>10 bidons d’eau</em></p>



<p>Chant Scout</p>



<p>L’attention qui est accordée aux sciences s’explique par l’importance qui est reconnue sur le plan du développement de l’individu, comme l’indique le document officiel du MEES qui porte sur l’étude de la mathématique: «[La mathématique] concourt de façon importante au développement intellectuel de l’individu et contribue de ce fait à structurer son identité. Sa maîtrise constitue un atout majeur pour s’intégrer dans une société qui tire profit de ses nombreuses retombées et elle demeure essentielle à la poursuite des études dans certains domaines. » L’apprentissage des sciences a donc pour objectif de soutenir l’accomplissement de l’élève, en ce qu’il lui permet d’accéder à des opportunités d’études et de carrière au travers desquelles il peut éventuellement se voir récompensé. Sur le plan social, comme l’indique le document du MEES, c’est à l’idée de «profit» qu’est associée l’acquisition de compétences en sciences. En ce sens, la société se développe et s’accomplit lorsque les individus, au service de la société, mettent à profit les connaissances scientifiques apprises. C’est par la promotion d’une relation de profit individuelle et sociale que cette matière se voit accorder une si grande importance. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«Pourtant, les relations promues dans la société québécoise ne devraient-elles pas être d’une nature davantage communautaire que profitable ?»</p>
</blockquote>



<p>Or, les relations sociales ne pourraient être réduites à un échange de profit ; elles sont davantage de nature humaine et communautaire. C’est pour ces raisons que le ministère offre les cours d’Univers Social et d’Éthique et culture religieuse (remplacées par Culture et Citoyenneté Québécoise à partir de 2023), auxquelles sont assignées quatre et deux unités respectivement. Ces cours font la promotion de relations sociales dans une perspective moins axée sur la notion de «profit», en ce qu’ils permettent notamment le partage d’une culture commune par le biais des cours d’histoire, et une ouverture à la réalité d’autrui par l’introduction à différentes cultures religieuses. Les relations qui se construisent à la suite de ces apprentissages sont fondées davantage sur la compréhension d’autrui et de la société que sur le caractère profitable des compétences acquises. À ces matières sont néanmoins attribuées moins d’unités, et donc une plus faible importance, qu’aux sciences. Pourtant, les relations promues dans la société québécoise ne devraient-elles pas être d’une nature davantage communautaire que profitable?</p>



<p>«L’élève est invité […] à déployer un raisonnement mathématique […] pour clarifier et expliquer différentes problématiques liées à sa vie et à ses préoccupations. Grâce à une diversité de situations d’apprentissage, l’élève aura la possibilité d’établir des liens entre, d’une part, les compétences et les savoirs mathématiques et, d’autre part, certaines questions issues des domaines généraux de formation ou des domaines disciplinaires.»</p>



<p>Comme l’indique l’extrait ci-dessus, tiré du document du MEES, le raisonnement mathématique a une portée vaste et directe dans plusieurs sphères qui ne sont pas nécessairement reliées aux mathématiques. Sans entrer dans une explication détaillée de ce qu’est «un raisonnement mathématique», il est possible pour toute personne étant passée par le système d’éducation québécois ou similaire de comprendre l’importance relative d’un tel raisonnement. Par exemple, l’approche adoptée par une personne tentant de déboucher son évier pourrait s’apparenter à la résolution d’une situation problème en mathématique. Il faut d’abord identifier ce qui est su (l’évier est bouché et un plongeur est à proximité), ce qui est cherché (déboucher l’évier), ce qui doit être fait (utiliser le plongeur), et vérifier le résultat (faire l’écoulement). Par cet exemple, on peut comprendre que ce raisonnement, axé sur la résolution de problèmes, peut s’appliquer dans d’innombrables situations. L’étendue de l’utilité d’un raisonnement mathématique dans des domaines si variés soulève donc la question : ne serait-il pas possible d’acquérir ce raisonnement au travers d’autres matières que les mathématiques? Émergeant de l’idée que ce raisonnement mathématique peut être appliqué dans une étude de l’histoire, de l’éthique, ou de la géographie, ne serait-il pas envisageable de construire ce raisonnement au travers de ces matières plutôt que par les mathématiques ou les sciences naturelles? Ainsi, le raisonnement dont l’utilité est ubique pourrait être formé, en partie, au travers de matières qui sont le fondement de relations sociales de nature communautaire. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«L’étendue de l’utilité d’un raisonnement mathématique dans des domaines si variés soulève donc la question: ne serait-il pas possible d’acquérir ce raisonnement au travers d’autres matières que les mathématiques?»</p>
</blockquote>



<p>Cependant, l’actualisation de la plupart des autres compétences apprises en sciences ne se concrétise généralement que lorsqu’elle est utilisée dans la poursuite d’études supérieures. En ce sens, les théorèmes et les outils mathématiques, comme la célèbre fonction quadratique, ne sont que profitables presque uniquement dans leur application dans des études approfondies ou dans des métiers nécessitant un diplôme subséquent au diplôme d’études secondaires (DES). Dans le même ordre d’idées, certaines connaissances introduites au secondaire sont réitérées lorsque l’étudiant·e poursuit des études supérieures dans un certain domaine : un·e étudiant·e en biologie apprendra que la mitochondrie produit l’énergie de la cellule au secondaire, au cégep, et à l’université ; et son actualisation profitable pour la société ne se traduira que lorsque l’étudiant·e sera employé·e. Ainsi, tandis que les sciences, qui font la promotion de relations sociales profitables, trouvent leur utilité centrale à travers des études supérieures, leur enseignement se fait au détriment du temps consacré à l’Univers Social et à l’Éthique et Culture religieuse, qui enseignent aux élèves à fonder des relations de nature communautaire. Il est important de se rappeler que l’éducation encadrée par l’État n’est obligatoire que jusqu’à seize ans, et que le gouvernement doit donc choisir judicieusement quelles matières prioriser dans le but de permettre à l’individu et la société de s’accomplir. En somme, puisque l’étude des sciences naturelles ne trouve son utilité principale que lorsqu’elle atteint les cycles supérieurs, les cours dont le bénéfice est moins dépendant d’études supérieures ne devraient-ils pas occuper une place plus importante dans l’éducation des élèves québécois·es? </p>



<p><strong>Une éducation digne des ambitions québécoises </strong></p>



<p>En comprenant que les liens qui unissent les citoyen·ne·s d’une société sont fondés sur la compréhension d’autrui et le partage d’une culture commune, l’éducation devrait encourager, au meilleur de ses capacités, la formation d’une culture commune et l’ouverture à l’autre. Ces notions sont acquises en classe d’une part au travers de l’apprentissage de l’histoire du Canada pour ce qui est de la culture partagée, et d’une autre au travers des cours d’éthique pour ce qui est de l’ouverture à autrui. Comme mentionné précédemment, le ministère accorde deux fois plus d’unités à la construction de cette culture partagée à travers les cours d’histoire qu’aux cours d’éthique. Cependant, la création d’une histoire partagée est très difficile pour le Canada parce que sa démographie a une part importante d’immigrant·e·s de première ou de deuxième génération. Ainsi, alors qu’il·elle·s apprennent comment la société dont il·elle·s font partie s’est formée, leur identité et leur culture comportent des aspects qui ne sont pas nécessairement très associés à celle de la société québécoise. Or, le problème de création d’une histoire partagée repose aussi sur l’importance que le système éducatif accorde aux histoires et aux cultures des peuples autochtones du Canada. La création de liens et la compréhension d’autrui sur les bases d’une culture partagée se voient donc freinées par la diversité des identités qui composent la société québécoise. À défaut de ne pouvoir éduquer tous·tes et chacun·e par rapport à ce qui forme l’identité et l’individualité de chaque personne, le système éducatif devrait se tourner vers l’enseignement d’une ouverture à autrui et d’une compréhension de l’influence de différents facteurs sur l’identité d’un individu. En préparant l’élève pour qu’il·elle puisse comprendre les réalités vécues par autrui, l’individu formé aura une plus grande capacité de compréhension des identités et des cultures variées qu’il pourrait rencontrer. À l’image du raisonnement mathématique, par l’apprentissage des phénomènes qui peuvent construire l’identité d’une personne, l’individu sera doté d’outils pour apprendre à connaître les autres individus qu’il côtoie dans sa société. Ainsi, les matières qui permettent la compréhension des phénomènes sociaux devraient se voir accorder une plus grande importance. </p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>«L’éducation devrait encourager, au meilleur de ses capacités, la formation d’une culture commune et l’ouverture à l’autre»</p>
</blockquote>



<p>Dans le but d’avoir un système éducatif qui permette l’accomplissement double de l’individu et de la société, ce système devrait donc s’inspirer des aspirations d’une société. Le Québec est une province qui souhaite avoir une société unie et liée. Le programme d’éducation du Québec devrait donc accorder une plus grande importance aux matières qui permettent la création de liens significatifs, et une moins grande importance à celles qui la permettent moins. Sans complètement éliminer les sciences du programme d’éducation, il serait avantageux pour le Québec de consacrer plus de temps aux matières comme l’Éthique et l’Univers social. Ces matières, qui favorisent la création de liens communautaires et humains, devraient être au coeur de l’éducation d’une société solidaire.</p>



<p></p>
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		<title>«&#160;Une microécole de cinéma&#160;» à McGill</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/une-microecole-de-cinema-a-mcgill/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Ji]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[anthropologie]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[ethnographie]]></category>
		<category><![CDATA[expérimentale]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49496</guid>

					<description><![CDATA[<p>Entrevue avec Philippe Léonard au Critical Media Lab.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L’Université McGill ne comporte actuellement aucun programme de formation en création d’arts visuels, mais certaines initiatives telles que le&nbsp;<em>Critical Media Lab&nbsp;</em>(CML) (Laboratoire de médias critiques,&nbsp;<em>tdlr</em>), nouveau laboratoire multimédia au sein du Département d’anthropologie, émergent tranquillement afin de donner la possibilité à celles et ceux intéressé·e·s par les arts visuels de les explorer.&nbsp;<em>Le Délit&nbsp;</em>a rencontré Philippe Léonard, directeur associé du CML, afin de discuter du laboratoire et de la création d’ethnographies sensorielles, une forme de cinéma expérimental visant à explorer les perceptions sensorielles à travers la caméra.</p>



<p><strong><em>Le Délit&nbsp;</em>(LD):</strong>&nbsp;<em>Pouvez-vous nous parler un peu de votre parcours?</em></p>



<p><strong>Philippe Léonard (PL):</strong> J’ai complété un baccalauréat et une maîtrise en cinéma à l’École de cinéma de l’Université Concordia. Durant ma maîtrise, j’ai fait un échange à Paris, et ensuite j’ai déménagé à New York pendant un bout de temps et c’est là que j’ai un peu fait la transition entre l’école et le monde professionnel. J’ai d’abord beaucoup travaillé en publicité et dans des projets qui étaient un peu éloignés de mes intérêts et de mes valeurs. J’ai aussi essayé les plateaux de tournage classiques avant de réaliser que cela ne me correspondait pas trop, donc je me suis réorienté vers une approche solitaire plutôt expérimentale et documentaire qui ressemble plus à un travail photographique ou d’arts visuels. Ce choix m’a amené à travailler avec d’autres artistes tels que des musicien·ne·s, des danseur·se·s; j’ai fait beaucoup de visuels pour la scène et des vidéoclips. Mon travail personnel est très proche des vidéos d’arts, des trucs plus abstraits, qui cadrent bien avec l’approche de l’ethnographie sensorielle (<em>sensory ethnography</em>,&nbsp;<em>tdlr</em>), ce qui me relie davantage à McGill. Je suis en contact avec Pre Lisa Stevenson et Pr Eduardo Kohn depuis plusieurs années; il·elle·s apprécient beaucoup mon regard patient, mon écoute, et mon ouverture à la différence, deux caractéristiques très liées au monde anthropologique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les plateaux de tournage classiques… ne me correspondaient pas trop, donc je me suis réorienté vers une approche solitaire plutôt expérimentale et documentaire»</p></blockquote>



<p>En 2017, j’ai remplacé Lisa Stevenson en tant que chargé de cours pour le cours d’ethnographie sensorielle, ce qui était vraiment super. N’ayant pas de doctorat, il était difficile pour Lisa et Eduardo d’imaginer comment je pourrais m’intégrer à McGill, jusqu’à ce qu’il y ait une collaboration entre McGill et l’initiative de Leadership pour l’Écozoïque (<em>Leadership for the Ecozoic</em>,&nbsp;<em>tdlr</em>), un groupe de recherche en lien avec la crise climatique et les problèmes environnementaux. L’idée de «l’Écozoïque» est une façon de réagir à l’Anthropocène plutôt que de se laisser abattre; c’est une façon de chercher à repenser nos structures, et nos façons de faire, afin de briser la séparation entre nature et culture, et voir que la nature et la culture forment un tout.</p>


<div class="wp-block-image ticss-cbc66f82">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_PH-entree-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49541" width="825" height="550" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_PH-entree-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_PH-entree-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_PH-entree-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_PH-entree-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_PH-entree-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_PH-entree-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_PH-entree-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 825px) 100vw, 825px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/camillematuszyk/?media=1" data-wpel-link="internal">Camille Matuszyk</a> | Le Délit</span> Les locaux du Critical Media Lab se trouvent au premier étage de Peterson Hall, sur McTavish.</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Vos œuvres comportent-elles certains thèmes de prédilection?</em></p>



<p><strong>PL</strong>: Durant ma maîtrise à Concordia, j’ai réalisé un mémoire qui posait un regard critique sur les espaces publics et le tourisme de masse et de consommation. Je restais longuement dans ces espaces afin d’observer un peu ce qui s’y déroulait en trouvant des façons différentes de les représenter à travers le cinéma. Sinon, un thème un peu plus classique que j’aime aussi représenter est la transformation des images par le dispositif cinématographique. Comment représenter des perceptions sensorielles sans chercher à tout comprendre au sens conventionnel du terme? Ce thème me rapproche donc de l’ethnographie sensorielle, où l’on donne presque une forme d’agentivité au «sens» lui-même puisqu’il y a toujours plusieurs façons de percevoir une situation, un événement. Nous avons tendance à penser qu’il y a une seule façon d’observer ou d’entendre, mais lorsqu’on commence à décortiquer ce que l’on entend en ce moment, par exemple, on se rend compte qu’il faudrait au moins cinq ou six micros, car il y a différentes surfaces, des résonances et des dimensions diverses qui affectent de manière différente ce que l’on perçoit dans cette salle. C’est donc super intéressant d’explorer le fonctionnement des perceptions sensorielles, et comment on peut créer des nouveaux sens, à travers une combinaison de plusieurs de nos cinq sens.</p>



<p>J’essaie aussi de remettre en question le langage du milieu cinématographique, souvent relié au militaire. Même la technologie cinématographique est liée au domaine militaire, par son grand recours aux drones et stabilisateurs, des outils qu’on doit remettre en question d’un point de vue éthique selon moi. Aussi, l’idée de «<em>shooter</em>» en anglais, c’est horrible (rires). Mais l’expression trouve aussi son origine dans l’histoire de la technologie cinématographique, qui a débuté avec le fusil photographique; les premières expérimentations qui ont mené aux images en mouvement viennent effectivement d’un fusil qui «tirait» pour prendre des images, mais j’essaie tout de même d’éviter le terme «<em>to shoot</em>», j’aime mieux dire «filmer» ou «<em>filming</em>». Je suis davantage dans une posture de réception envers le monde, les images et les expériences plutôt que dans une posture de «chasseur» qui cherche à «capturer» des moments, une certaine forme d’agressivité qu’on peut parfois relever dans le cinéma ou même la photographie documentaire selon moi.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-1-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49534" width="819" height="546" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-1-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-1-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-1-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-1-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-1-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-1-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-1-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 819px) 100vw, 819px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/camillematuszyk/?media=1" data-wpel-link="internal">Camille Matuszyk</a> | Le Délit</span> «Au début septembre, cette salle comportait 25 bureaux», explique Léonard. «Nous les avons tous sortis. Le plan est de créer une configuration d’espace qui peut se réorganiser selon le type d’activités qui a lieu, par exemple un atelier ou une projection.»<br></figcaption></figure>
</div>


<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Selon vous, l’ethnographie sensorielle permet-elle de détourner un peu l’aspect militaire du cinéma que vous soulignez?</em></p>



<p><strong>PL</strong>: Je pense que c’est le souhait. Les œuvres qui suivent cette approche vont tenter de mettre le·a spectateur·trice dans une situation où l’on ne donne pas l’impression qu’une œuvre cinématographique peut être comprise d’une seule façon, ce qui peut souvent être le cas dans les documentaires plus traditionnels, où le langage dirige de façon importante les points de vue des spectateur·trice·s.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«L’idée à long terme est d’avoir une microécole de cinéma dans le Département d’anthropologie pour servir toute la communauté de McGill »</p></blockquote>



<p>L’expérience de visionnement est toujours une forme de catharsis, et l’ethnographie tente d’explorer cela chez les spectateur·trice·s. L’idée même de projection en psychologie nous dit aussi que lors d’une projection au cinéma, ce qu’on voit à l’écran, dans l’environnement d’une salle avec des sièges confortables, fait en sorte qu’on oublie notre corps et qu’on atteint une sorte d’état de rêve.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_mur-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49539" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_mur-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_mur-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_mur-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_mur-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_mur-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_mur-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_mur-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/camillematuszyk/?media=1" data-wpel-link="internal">Camille Matuszyk</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Pouvez-vous nous expliquer un peu la mise en place du CML? Quand a‑t-il été formé, et qu’est-ce qui a motivé sa création?</em></p>



<p><strong>PL</strong>: En fait, c’est le résultat du travail acharné de Pre Lisa Stevenson et Pre Diana Allan; c’est leur projet depuis des années, de créer un CML. Les deux professeures ont fait leur stage postdoctoral à Harvard, avec Lucien Taylor, le réalisateur de&nbsp;<em>Léviathan</em>, un canon du genre, donc elles ont ce bagage qu’elles tentent d’apporter à McGill. Je leur lève vraiment mon chapeau, surtout à Lisa Stevenson, qui donne le cours d’ethnographie sensorielle à McGill depuis 15 ans maintenant, sans aucune ressource technique ni laboratoire de montage, mais en arrivant tout de même chaque année à enseigner à des étudiant·e·s à faire des films avec les moyens du bord, ce qui est vraiment génial et permet de développer autre chose de vraiment intéressant, je crois.</p>



<p>Le CML a officiellement été fondé l’an dernier, mais l’idée existe depuis longtemps. C’est vraiment excitant présentement, car on est sur le point d’y arriver, il manque seulement quelques pièces d’équipement à recevoir. On a commencé à faire des événements, des projections, des ateliers. J’aimerais aussi éventuellement intégrer l’aspect résidence d’artistes afin d’avoir des gens de l’extérieur de McGill, des «<em>out-siders</em>» du monde universitaire qui viendraient tenter de créer un pont entre le monde externe et le monde universitaire, qui est souvent un monde très hermétique. Par exemple cette semaine nous organisons deux projections à la Cinémathèque québécoise, reliées à la publication du livre&nbsp;<em>Expanded Nature: écologies du cinéma expérimental&nbsp;</em>publié sous la direction de Elio Della Noce et Lucas Murari aux éditions&nbsp;<em>Light Cone</em>, un distributeur de films expérimentaux à Paris. Il s’agit d’une collection d’essais portant sur la relation entre le cinéma expérimental et les pratiques écologiques.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Je suis content d’être au CML, car je trouve qu’on cherche à faire quelque chose de plus “artisan” , où chaque projet est unique »</p></blockquote>



<p>Il y a maintenant tout un réseau de laboratoires photographiques dirigés par des artistes, beaucoup en Europe, mais il y en a aussi ici, qui développent eux-mêmes leur pellicule. Les artistes participant à ce mouvement cherchent à travailler de plus en plus avec des pratiques plus écologiques et saines. Il·elle·s tentent davantage de représenter les perspectives de la nature au sein du cinéma, en la laissant agir sur la réalisation d’un film, en laissant, par exemple, une caméra sur un trépied un peu lousse, ce qui permet au vent de pousser la caméra, et donc d’intégrer des mouvements un peu décidés par la nature.</p>



<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Philippe-Leonard2-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49538" width="819" height="546" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Philippe-Leonard2-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Philippe-Leonard2-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Philippe-Leonard2-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Philippe-Leonard2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Philippe-Leonard2-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Philippe-Leonard2-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Philippe-Leonard2-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 819px) 100vw, 819px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/camillematuszyk/?media=1" data-wpel-link="internal">Camille Matuszyk</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Le CML sera-t-il ouvert à tous·tes les étudiant·e·s de McGill?</em></p>



<p class="ticss-6717f987"><strong>PL</strong>: Les activités, les projections et les ateliers sont ouverts à toutes et à tous. Ce qui est plus compliqué à déterminer est l’accès à l’équipement et à l’espace de montage, car on a peu d’équipement pour le moment, donc celui-ci est réservé aux gens présentement inscrits au cours d’ethnographie sensorielle à la session d’automne. Ensuite, à la prochaine session, l’idée est de rendre l’équipement accessible à tout le monde, mais il faudra déterminer comment fonctionnera l’adhésion au CML, quel genre de formation devra être donnée pour pouvoir utiliser l’équipement, etc. Pour le moment, nous avons 4–5 kits de caméras donc on ne peut pas servir toute la communauté de McGill, mais on espère que si l’intérêt est là, l’Université comprendra qu’on a besoin de plus de financement pour acheter plus d’équipement. Mais oui, l’idée à long terme est d’avoir une microécole de cinéma dans le Département d’anthropologie pour servir toute la communauté de McGill.</p>


<div class="wp-block-image ticss-af902822">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="667" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-2-1000x667.jpg" alt class="wp-image-49540" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-2-1000x667.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-2-330x220.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-2-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-2-2048x1365.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-2-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2022/10/CML_Salle-2-930x620.jpg 930w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/camillematuszyk/?media=1" data-wpel-link="internal">Camille Matuszyk</a> | Le Délit</span> «Cette salle deviendra éventuellement une salle de montage», explique Léonard. «Les étudiant·e·s membres du CML pourront venir à leur guise avancer leur projet; le but est vraiment de les rendre autonomes.»</figcaption></figure>
</div>


<p><strong>LD</strong>:&nbsp;<em>Que pensez-vous du fait que CML soit actuellement situé dans une université qui n’a pas d’école de cinéma? Cela apporte-t-il des avantages ou des difficultés à vos approches d’enseignement?</em></p>



<p><strong>PL</strong>: Pour avoir été formé à l’École de cinéma, je peux dire que je suis content d’avoir fait cette formation, mais que ça apprend aussi une certaine façon de faire les choses, qui est davantage reliée aux besoins de l’industrie, qui suit un modèle de création de films, comme le dit son nom, plus «industriel». L’École de cinéma de Concordia s’en va de plus en plus dans cette direction aussi, car Concordia veut agrandir l’École et accueillir davantage d’étudiantes et étudiants pour servir l’industrie cinématographique grandissante à Montréal.</p>



<p>L’École de cinéma est vraiment un état d’esprit différent selon moi. Je suis content d’être au CML, car je trouve qu’on cherche à faire quelque chose de plus «artisan», où chaque projet est unique. C’est aussi le cas à l’École de cinéma, mais ici on a davantage la possibilité de pouvoir s’asseoir avec chaque étudiant·e désirant créer un film et comprendre les bons outils qui vont servir le projet, par exemple. Parfois, la bonne caméra pour un projet peut être la caméra d’un cellulaire, d’autres fois une caméra pellicule, et pour certains projets, une grosse caméra numérique, mais je ne crois pas qu’une même caméra peut servir tous les projets, et c’est ce que l’on enseigne un peu à l’École de cinéma, on apprend la même caméra à tout le monde.</p>



<p><em>Les projections de cinéma expérimental co-organisées par le CML à la Cinémathèque québécoise auront lieu le <a href="https://www.cinematheque.qc.ca/fr/cinema/expanded-nature-courts-xp/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mercredi 26 octobre à 21h</a> et le <a href="https://www.cinematheque.qc.ca/fr/cinema/emmanuel-lefrant-les-formes-secretes-de-lemulsion/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">jeudi 27 octobre à 18h30</a>. Le CML organise également une <a href="https://www.eventbrite.ca/e/perception-beyond-ecology-towards-a-multinaturalist-cinema-tickets-441240370827" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">conférence</a> donnée par Elio Della Noce le vendredi 28 octobre prochain à 10h au 3475 rue Peel.</em></p>
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		<title>Le lac de nos craintes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/le-lac-de-nos-craintes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominika Grand'Maison]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Festival du nouveau cinéma]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec Falcon Lake, Charlotte Le Bon se lance dans la réalisation.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le Festival du nouveau cinéma (FNC) ne s’est pas trompé en ouvrant sa 51<em>e&nbsp;</em>édition par une œuvre qui a fait partie de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes en mai dernier. Celle-ci est réalisée par Charlotte Le Bon, déjà connue pour sa carrière à l’écran d’une dizaine d’années, et pour la réalisation du court-métrage&nbsp;<em>Judith Hôtel&nbsp;</em>(2018). Cette année, le FNC a présenté une programmation entièrement en présentiel pour la première fois depuis trois ans, et l’excitation était à son comble au Cinéma Impérial le 5 octobre dernier. Cette première représentation a su prolonger l’été et réveiller une nostalgie chez ceux et celles qui sont familier·ère·s des lacs des Laurentides. Les rôles principaux sont joués par Joseph Engel, acteur français, qui paraît dans&nbsp;<em>La Croisade&nbsp;</em>(2021) et Sara Montpetit, connue pour son rôle dans l’adaptation de Sébastien Pilote de&nbsp;<em>Maria Chapdelaine&nbsp;</em>(2021).</p>



<p>L’histoire commence à l’arrivée de Bastien, jeune garçon français de 13 ans, et de sa famille au chalet d’une amie de sa mère, la mère de Chloé. Après une première rencontre houleuse, les deux adolescents développent une complicité qui change le cours de leur été. Chloé fait part à Bastien de la présence d’un fantôme qui hanterait le lac, ce qui le rend encore plus captivant et imprévisible. Bastien, le plus jeune, se retrouve attiré dans ces expériences nouvelles qui marquent la transition vers l’adolescence comme les premières amours et les premiers partys. Le Bon nous fait, à sa manière, le portrait de cet âge d’exploration et d’insouciance qui se situe entre l’enfance et l’adolescence. À travers sa caméra, elle a su capturer à la perfection ces moments de jeunesse où les pulsions sexuelles dominent et où les inquiétudes sont inexplicables. Équilibré par des silences bien orchestrés et accompagnés de bruits de la nature environnante, ce film offre même de la beauté à nos oreilles à travers la bande sonore qui nous enveloppe dans ce monde naïf et mélancolique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Le Bon fait le portrait de cet âge d’exploration et d’insouciance»</p></blockquote>



<p>Entièrement tourné dans la nature québécoise, cette dernière s’impose dans l’œuvre comme un personnage important. Un autre personnage principal, inattendu, apparaît sous la forme du lac. Son rôle s’accentue d’autant plus que les deux jeunes ont des interactions ressenties et intimes avec celui-ci. C’est ce qu’on remarque lorsqu’ils y confessent leurs craintes et même les surmontent.&nbsp;</p>



<p>Capturé en 16 mm, le film se caractérise par son grain, et le charme des couleurs captées, telles que les bleus et les contrastes de verts. Le jeu des acteurs est rendu remarquable en particulier grâce à la justesse et la vraisemblance de l’utilisation d’un langage habituellement parlé entre les jeunes de cet âge. En effet, s’ajoutent à l’histoire les origines différentes des personnages et donc d’une langue française qui nécessite d’être adaptée<br>dans les dialogues. Charlotte Le Bon a raconté dans une entrevue à Radio-Canada que, malgré le script, il y avait une place à l’improvisation et l’approbation des dialogues par les acteurs.</p>



<p>Ce long-métrage de Charlotte Le Bon se démarque par sa douceur et le souci du détail qui contribuent à distinguer son style. Jusqu’à la fin, elle prend le soin de nous léguer son univers enchanté et fascinant. C’est sa manière d’agencer, avec succès, tous les éléments d’une même scène qui parvient à émouvoir et donner<br>des frissons. Cette réalisatrice québécoise, qui a très bien su faire son entrée dans le monde cinématographique, est à garder à l’œil pour les années à venir.</p>



<p><em>Falcon Lake est en salle au cinéma depuis le 14 octobre.&nbsp;</em></p>
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		<title>Le nouveau latin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/le-nouveau-latin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Éditorial]]></category>
		<category><![CDATA[francophonie]]></category>
		<category><![CDATA[publications scientifiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>À titre d’étudiant·e·s universitaires, les publications savantes font partie intégrante de notre quotidien marqué par les remises de thèses, d’essais et d’autres travaux. Pour celles et ceux inscrit·e·s à l’Université McGill, il est attendu que la majorité des articles de revues académiques qui nous sont assignés ou que nous rédigeons soient en anglais. Ce phénomène&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/le-nouveau-latin/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Le nouveau latin</span></a></p>
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<p class="has-drop-cap">À titre d’étudiant·e·s universitaires, les publications savantes font partie intégrante de notre quotidien marqué par les remises de thèses, d’essais et d’autres travaux. Pour celles et ceux inscrit·e·s à l’Université McGill, il est attendu que la majorité des articles de revues académiques qui nous sont assignés ou que nous rédigeons soient en anglais. Ce phénomène n’est toutefois pas limité aux établissements anglophones : l’anglais s’est imposé comme lingua franca de la recherche à l’échelle du Québec et du Canada au cours des dernières décennies.</p>



<p> À l’Université McGill, il n’est pas surprenant que le <a href="https://www.acfas.ca/publications/magazine/2021/11/langues-diffusion-connaissances-quelle-place-reste-t-il-francais" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">pourcentage</a> d’articles publiés en français soit passé de 6% dans les années 1980 à 2% dans les années 2010, selon une étude menée par le professeur Vincent Larivière et Amanda Riddles, chercheur·se·s en sciences de l’information. Il est plus étonnant de voir une diminution significative dans le même sens à l’Université de Montréal, une institution francophone, qui a vu son taux d’articles publiés en français passer de plus de 50% dans les années 1980 à moins de 20% dans les années 2010. </p>



<p>Cette anglicisation de la transmission des connaissances varie selon le domaine académique. Dans les sciences médicales et naturelles, la proportion d’articles canadiens publiés en anglais frôle les 100%. Selon les données de Larivière et Riddles, ces pourcentages sont toutefois plus bas dans le cas des sciences sociales, des arts et des humanités : au Québec, 70% des articles en sciences sociales et 30% des articles en arts et humanités seraient publiés en anglais. Cette différence s’explique sans doute par le caractère universel des sciences telles que la médecine, les mathématiques, etc. À l’inverse, des domaines de recherche relevant des sciences humaines sont davantage axés sur des réalités nationales ou locales, expliquant ainsi la rédaction d’articles dans la langue propre à ces nations ou localités.</p>



<p>Plusieurs facteurs, au-delà de ces distinctions entre domaines d’études, expliquent cette prédominance de l’anglais dans la diffusion des savoirs, un phénomène qui <a href="https://www.cambridge.org/core/services/aop-cambridge-core/content/view/DBF3CDE4CC2748D4B9468E7FE55107EC/S0008423917000075a.pdf/langue-de-publication-des-politologues-francophones-du-canada1.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">suscitait</a> déjà études et inquiétudes dans les années 1980 au Québec. Les chercheur·se·s souhaitent que leurs textes soient lus et cités, et la publication en anglais favorise généralement une meilleure visibilité et des citations plus fréquentes. La publication en anglais est également fortement encouragée par les universités auxquelles appartiennent les chercheur·se·s : un nombre élevé de citations permet d’augmenter leur classement dans les palmarès internationaux. </p>



<p>Or, les politologues François Rocher et Daniel Stockemer soulignent les effets néfastes de cette hégémonie de l’anglais au sein des publications savantes. Les chercheur·se·s allophones sont désavantagé·e·s par rapport à leurs collègues anglophones. En effet, il a été démontré que les manuscrits en anglais de chercheur·se·s allophones ont moins de chances d’être acceptés par des revues scientifiques, car ces textes sont moins « raffinés » qu’ils ne l’auraient été dans la langue maternelle des chercheur·se·s. Rocher et Stockemer s’inquiètent également d’un « appauvrissement des perspectives, des méthodes et des cadres théoriques », entraîné par la domination d’une langue unique, car cette dernière pourrait propager un mode de pensée unique. Les particularités de chaque langue organisent de manière distincte différents enjeux, et ces particularités peuvent être mises en péril lorsque traduites en termes semblables – mais culturellement dépareillés – en anglais.</p>



<p>Rocher et Stockemer concluent que les chercheur·se·s allophones publieraient davantage dans leur langue maternelle si cette dernière leur méritait autant de visibilité et de prestige que l’anglais. Les établissements d’enseignement supérieur détiennent une part de responsabilité, en accordant une importance disproportionnée aux classements internationaux, au détriment de chercheur·se·s qui craignent la pénalisation dans l’évaluation de leur performance s’il·elle·s ne publient pas en anglais. Reconnaître la place disproportionnée qu’occupe l’anglais dans les publications savantes est la première étape vers une meilleure répartition des langues dans les ouvrages de référence, qui refléterait alors de façon représentative le contexte socioculturel dans lequel ils sont produits. Les indicateurs de classement, qui sont entre autres déterminés par la poursuite d’un prestige pour les institutions et d’une reconnaissance pour ses chercheur·se·s, devrait également faire l’objet d’une révision, afin d’atténuer l’effet homogénéisant de la domination de l’anglais sur les publications savantes.</p>
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		<title>Vivre par asphyxie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/vivre-par-asphyxie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louis Ponchon]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Gabrielle Chapdelaine]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre de Quat'Sous]]></category>
		<category><![CDATA[Une journée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une journée, un remède contre l’isolement et la routine?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un personnage surgit dans le faisceau d’une torche électrique. Puis un autre. Un troisième, et enfin un quatrième. Ils ne semblent pas se connaître, mais ne prennent pas la peine de se présenter. Au cours de la pièce, ils apparaissent tantôt comme quatre amis, tantôt comme quatre aspects d’une même personnalité, liés seulement par une solitude, un désespoir, le sentiment persistant et nuisible de vivre embourbé dans la routine.</p>



<p>En représentation jusqu’au 5 novembre prochain au <a href="https://quatsous.com/programmation/saison-2022-2023/une-journee" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Théâtre de Quat’sous</a>, la pièce&nbsp;<em>Une Journé</em>e, écrite par Gabrielle Chapdelaine, pose la sempiternelle question, située au cœur de nos existences modernes: comment doit-on vivre avec la routine? Traité avec légèreté et ironie, le sujet pousse à la réflexion, malgré plusieurs fausses notes.</p>



<p><strong>La journée, ce monstre écrasant</strong></p>



<p>La journée commence, elle égrène lentement ses heures au cadran digital du fond de la scène. Elle est ce jeu sans enjeu, sans suite ni fin, dans lequel surgissent les personnages, et où ils restent bloqués avec comme seul horizon la journée suivante. L’omniprésence du cadran horaire sur scène rappelle que, pour les gens englués dans la routine, les heures qui passent n’ont aucun sens, aucune importance; ils sont dans une prison dont les barreaux s’épaississent à mesure qu’ils renoncent à toute tentative d’en sortir.</p>



<p>Dans une ambiance souvent digne d’un épisode de&nbsp;<em>Black Mirror</em>, où la journée deviendrait une simple suite de «tâches» à valider comme dans un jeu vidéo, les quatre personnages vivent, ou plutôt se débattent dans leurs habitudes et leurs difficultés, avec beaucoup d’humour – la pièce est drôle, parfois très drôle. Cependant, tous portent en eux une tristesse, ou un isolement, dont ils ne parviennent pas à s’extirper. Debs, jeune femme pétulante mais complètement minée par la routine et intoxiquée à la tristesse (qui s’accumule en elle comme un poison depuis des années), en est le meilleur exemple. Elle passe sa matinée sur le canapé, incapable de se lever, et finit par craquer, refusant de croire à la perspective du lendemain heureux, du jour ensoleillé qui succède a la pluie, et se laisse (littéralement) avaler par le canapé.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les personnages se débattent dans leurs habitudes et leurs difficultés»</p></blockquote>



<p>Les autres personnages ont aussi leurs petits «trucs» pour briser le cycle infernal de leur ennui. Qu’ils et elles se querellent avec un barista, regardent des films en noir et blanc de la collection Criterion, volent le téléphone d’une collègue, cuisinent de la soupe minestrone, ou s’inventent une meilleure amie, leurs tentatives de s’échapper de la journée restent vaines.</p>



<p><strong>La mort de l’optimisme</strong></p>



<p>En fin de compte, Gabrielle Chapdelaine propose un point de vue assez triste sur l’existence, puisqu’elle laisse entendre que le meilleur moyen de survivre à la routine – ce concept vague et illusoire qui asphyxie ses personnages – serait de s’en accommoder, par exemple en se posant pour regarder&nbsp;<em>Titanic</em>. Une «morale» assez simpliste, différente de celle du&nbsp;<em>Désert des tartares&nbsp;</em>de Dino Buzzati (le roman qui parle le mieux de la «prison des jours»), qui enjoint le lectorat à ne pas vivre dans l’attente de quelque chose (un événement, une rencontre, un Godot) qui ne vient jamais.</p>



<p>Au contraire, les personnages de Gabrielle Chapdelaine manquent d’esprit frondeur, de distance et de liberté. Ils ne sont pas libres, et ne le seront jamais, métaphoriquement séparés du public par un mur infranchissable qu’ils miment. Même les dialogues ne parviennent pas à leur donner de la substance. Finalement, ils disparaissent de la pièce comme ils y sont entrés: dans une soudaine obscurité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/vivre-par-asphyxie/" data-wpel-link="internal">Vivre par asphyxie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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