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	<title>Archives des 2021-11-10 - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Sun, 13 Mar 2022 21:09:30 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Quand la foi mène au sang</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/10/quand-la-foi-mene-au-sang/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sophie Ji]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Nov 2021 15:18:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Arthur Miller]]></category>
		<category><![CDATA[Édith Patenaude]]></category>
		<category><![CDATA[féminisme]]></category>
		<category><![CDATA[salem]]></category>
		<category><![CDATA[Sarah Berthiaume]]></category>
		<category><![CDATA[sorcière]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre Denise Pelletier]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Nouveau souffle pour Les sorcières de Salem au Théâtre Denise Pelletier.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Les sorcières de Salem</em>, pièce présentée jusqu’au 27 novembre au Théâtre Denise-Pelletier, dans une adaptation signée par Sarah Berthiaume et une mise en scène imaginée par Édith Patenaude, revisite la pièce éponyme d’Arthur Miller en accordant une attention particulière aux dynamiques de pouvoir entre les personnages féminins et masculins.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Femmes «&nbsp;dangereuses&nbsp;»</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor très sobre – composé de très peu d’éléments scénographiques, tous noirs – maintient efficacement l’ambiance nocturne de la pièce tout en renforçant l’aspect sinistre de la cadence sonore jouée en arrière-plan tout au long des <em>Sorcières de Salem</em>. L’ambiance grave de Salem, petite ville du Massachusetts, est aussi soutenue par des costumes amples, entièrement noirs, qui semblent servir à renforcer l’exploration des dynamiques physiques inégales entre les personnages féminins et masculins à travers la mise en scène ; malgré des costumes qui confèrent une apparence physique similaire aux femmes et aux hommes dans la pièce, la mise en scène met en évidence le pouvoir qu’utilisent les personnages masculins sur les personnages féminins avec qui ils interagissent. Ainsi, lorsqu’un personnage féminin est interrogé par un personnage masculin, une mise en scène très physique dans laquelle les personnages masculins n’hésitent pas à agripper, pousser, voire monter sur des personnages féminins, qui deviennent alors abruptement immobilisés par ces actions, souligne les relations de pouvoir inégales entre les personnages. Ce choix à la mise en scène semble délibérément chercher à susciter un inconfort chez l’auditoire, qui se retrouve brutalement confronté à la violence engendrée par des dynamiques de pouvoir inégales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vers la fin de la pièce, un commentaire social du personnage de Tituba, l’esclave de la famille Parris accusée de sorcellerie, semble venir justifier cette mise en scène en explicitant directement au public que <em>Les sorcières de Salem</em> est une histoire racontée par «&nbsp;des hommes qui ont peur des femmes&nbsp;» et que ces types d’histoires doivent cesser d’être perpétuées. Il faut écrire de nouvelles histoires dans lesquelles les femmes ne seront plus dépeintes comme étant «&nbsp;dangereuses&nbsp;», nous dit-elle. Malgré une bonne intention, ce commentaire laisse une impression d’ajout factice servant à justifier le choix de mettre en scène <em>Les sorcières de Salem</em> sans apporter de changement majeur à l’intrigue ou au dénouement. En effet, le bris du quatrième mur, renforcé par le fait que le commentaire de Tituba est le seul moment où les bruits de percussions cessent en arrière-plan, sépare le monologue du reste de la pièce d’une façon très soudaine sans offrir davantage l’opportunité à Tituba de prendre une place plus importante dans le reste de l’intrigue.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Intensité constante</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeu à intensité constante et l’énonciation précise des interprètes enrichit cependant l’intrigue des <em>Sorcières de Salem</em> et en fait une agréable adaptation qui arrive tout de même à attirer notre attention sur les relations de pouvoir inégales entre les femmes et les hommes . Les comédien·ne·s font preuve d’un sérieux constant qui teint leur jeu d’une gravité sinistre sans toutefois affecter l’expression des émotions de leurs personnages respectifs. La qualité de l’interprétation et les décors font en sorte que <em>Les sorcières de Salem</em> vaut le détour.&nbsp;</p>
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		<item>
		<title>Corps à la casse</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/corps-a-la-casse/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elissa Kayal]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 20:14:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Cannes 2021]]></category>
		<category><![CDATA[corps]]></category>
		<category><![CDATA[enfance]]></category>
		<category><![CDATA[Julia Ducournau]]></category>
		<category><![CDATA[Palme d&#039;or]]></category>
		<category><![CDATA[Titane]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Audacieux, violent et intelligent, Titane réexplore les limites du supportable. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Au Festival de Cannes 2021, une journaliste interroge Julia Ducournau, réalisatrice du film lauréat de la Palme d’or <em>Titane</em> sur la façon de présenter la violence dans le cinéma. La cinéaste répond&nbsp;: «&nbsp;Ce que je cherche c’est une réaction, qu’elle soit de rejet ou d’adoration. Je n’aime pas la violence gratuite, c’est ennuyeux. C’est le moment où l’on quitte la salle de cinéma.&nbsp;» Pour une vingtaine de spectateurs lors de cette première projection, le «&nbsp;rejet&nbsp;» était si grand qu’ils sont évacués par des pompiers. En effet, quand les personnages de <em>Titane </em>repoussent les limites de leurs corps, certains spectateurs atteignent celles du supportable. Le film suit les métamorphoses d’Alexia, une jeune danseuse érotique dans une foire automobile. C’est aussi une meurtrière qui tente d’échapper aux mains de la police en se faisant passer pour Adrien, un enfant porté disparu il y a dix ans de cela. Ce faisant, elle sera adoptée par un père désespéré de retrouver son enfant perdu. Le film tourne autour de cette relation bâtie sur le désespoir, qui s’alimente d’un instinct de survie prêt à tout. <em>Titane </em>est une œuvre des limites et de l’excès, justement dosés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’enfance victimise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Titane</em> retrace le rapport avec le père et avec l’enfance. Tous les enfants, dans le film, sont abordés dans la marginalité et le drame. Sur eux se réalisent les hantises de tout parent. D’abord, Alexia est gravement blessée à la suite d’un accident dans la voiture de son père biologique. Leur relation n’est exposée au spectateur qu’à partir de non-dits et d’une tension à laquelle on se heurte, tension faisant penser à l’inceste. Dans la première scène, ses regards vers le père, puis ses coups de pied dans son siège, trahissaient, au-delà de sa recherche de l’attention paternelle, une certaine tension, et peut-être même de la haine.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> «Dans <em>Titane</em>, avoir un enfant est synonyme de danger»&nbsp; </p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, le thème de l’enfance est exposé à travers des affiches qui montrent les visages d’enfants disparus et simulant à quoi ils ressembleraient aujourd’hui. Il revient dans la souffrance du père adoptif d’Alexia, prisonnier dans l’impossibilité de faire le deuil de son enfant perdu.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Enfin, un troisième enfant apparaît dans l’œuvre, cette fois-ci mort et brûlé dans une position fœtale pathétique. Il nous est montré à travers les yeux du pompier, le père adoptif, qui délire. C’est à ce moment que l’on se fait une idée de la misère du dit père, que l’on sentait sans la toucher jusqu’à là. Il semble pourrir de l’intérieur. Le spectateur a moins d’espoir pour lui que le personnage en a pour lui-même. Puis le film s’envole réellement quand Alexia tombe enceinte contre toute attente. Dans <em>Titane</em>, avoir un enfant est synonyme de danger.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Du métal et du feu</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titane est utilisé en chirurgie parce qu’il est le métal que le corps assimile le mieux. Autrement dit, le titane sait devenir l’humain qu’il répare. C’est de ce constat scientifique que le titre trouve sa justification, et Alexia l’exemplifie avec exagération. En effet, l’affiche du film montrant la cicatrice d’Alexia dénote son hybridité. Ce métal se distingue également par sa température de fusion, très élevée (1668 degrés Celsius). C’est-à-dire que le titane exposé à une flamme devient de plus en plus ductile puis fond quand on le chauffe intensément. Il est particulièrement hostile à la corrosion&nbsp;: il ne s’abîme pas. Comme ce sera souligné plus tard dans cette analyse, c’est Alexia qui fait l’expérience de la corrosion&nbsp;: elle s’abîme pour laisser sa place au métal.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titre renvoie également à la mécanique et a fortiori aux voitures qui, dans <em>Titane</em>, semblent vivantes et avec quoi (ou avec <em>qui</em>) Alexia tissera des liens inattendus. Peu à peu, les changements corporels redéfinissent les bornes de la vraisemblance. Le film parvient très bien à nous installer dans une réalité avant d’ajouter des textures sur ce qui semblait fixé. Ces signes ajoutés a posteriori brouillent les frontières entre hallucination et réalité.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> «Figure initiale de l’androgyne, mutilée pour se faire passer pour un homme, Alexia transgresse pour révéler son essence en dehors du genre» </p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un autre ordre d’idées, pour la protagoniste et pour le père pompier (adoptif), le feu n’est pas une fin en soi, mais un moyen, comme pour le matériau qui s’assouplit en chauffant. En relevant ce point commun, on confère déjà au feu une force unificatrice. Il a la place d’un personnage et le rôle de plusieurs, il est amorphe et se prête à l’exercice de l’adaptation physique, il est l’arme cinétique de la meurtrière. Pour Alexia, le feu est au cœur de son identité. D’un côté, elle a un premier rapport sexuel avec une voiture décorée de flammes, puis avec un camion de pompiers. D’un autre côté, son identité de genre est semblable à celle du feu, amorphe et ambigu dans ses formes. Figure initiale de l’androgyne, mutilée pour se faire passer pour un homme, Alexia transgresse pour révéler son essence en dehors du genre. Pour le père, le fait d’éteindre des feux représente une motivation de survie, puisqu’il est son seul moyen de validation et lui évite de constater la faillite de sa vie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Casser le corps</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport au corps, on le devine, découle d’un traumatisme profond et <em>devient</em> traumatisme en lui-même, notamment pour les spectateurs. Si la conception de ce film est pensée à partir du motif d’une créature au squelette incassable, le corps d’Alexia –restreint, cassé, <em>fracassé</em>, malléable – subira une série de violences qui le métamorphose. Entre tentative d’avortement par mutilation, rasage des cheveux et des sourcils, fracassement du nez contre un lavabo public, restriction de la poitrine et du ventre de grossesse et grattage compulsif, Alexia multipliera les violences sur son corps comme s’il était un objet extérieur dont elle pouvait se débarrasser.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce traitement personnel du corps s’ajoute aussi la composante fantastique du film, forte en symbolisme. À la suite de cette grossesse anormale, de l’huile noire coulera d’entre les jambes d’Alexia, puis de ses seins. Ce liquide visqueux, noir, sale, propre à la machine, dénaturalise, jusqu’à la désacralisation totale, le rapport à la maternité. Le ventre, lui, contenant en chair et en métal, deviendra si gros, si lourd, que la peau se fissure jusqu’à se déchirer totalement lors de l’accouchement. Dans le cas d’Alexia, il faut parler d’une césarienne naturelle, où le ventre fend en deux de son propre gré pour laisser sortir l’enfant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Généalogie du traumatisme</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le sort de ce corps, infligé ou subi, est manifeste, les raisons derrière autant de violence ne sont pas aussi évidentes. <em>Titane</em> puise sa force dans l’obsession analytique qu’il plante en ses spectateurs, par cette question principale qui les hante&nbsp;: pourquoi&nbsp;? Quelle est l’origine de toute cette haine du corps&nbsp;? Par son ambiguïté et par son silence, le film nous propose plusieurs pistes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs indices suggèrent un rapport dépersonnalisé, dissociatif avec le corps, qui se voit victime de menaces sexuelles et physiques constantes. Quand un admirateur d’Alexia se force sur elle dans un parking ou quand celle-ci se trouve dans un bus de nuit où des hommes harcèlent verbalement et très explicitement une femme, l’apathie d’Alexia est enfin troublée. Dans le premier cas, elle tuera violemment l’homme qui l’embrasse, puis se frottera vigoureusement le corps sous la douche&nbsp;; dans le deuxième, elle descendra du bus, ne pouvant tolérer les propos vulgaires. Ainsi, cette constante menace qui pèse sur le corps le rend vulnérable, le rend traître&nbsp;: Alexia ne se l’approprie plus ou&nbsp;– pire&nbsp;– le perçoit elle aussi comme un objet étranger à faire plier. Incapable de faire confiance aux êtres de chair autour d’elle, Alexia se tourne vers les machines.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> «Alexia multipliera les violences sur son corps comme s’il était un objet extérieur dont elle pouvait se débarrasser»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’on devine toutefois que la généalogie du traumatisme trouve ses racines dans l’enfance. Tournés vers l’enfance, nous questionnons d’abord la figure du père biologique&nbsp;– ou plutôt, son absence. Dans la toute première scène du film, Alexia, enfant, tente de susciter l’attention de son père, et ce, par tous les moyens possibles, causant finalement l’accident fatidique. Un premier lien se créerait ainsi chez Alexia entre la violence contre soi et l’atteinte de l’objectif visé, soit l’attention paternelle. Cet accident, tentative réussie qui lui vaudra enfin le regard du père, serait aussi une potentielle explication pour le sentiment, affectif et sexuel, qu’elle développera plus tard pour les automobiles. Toutefois, il est tout à fait possible de voir le motif de l’amour pour la voiture indépendamment de l’accident d’Alexia. En effet, avant même de se heurter la tête contre la vitre, Alexia imitait le ronronnement de l’automobile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une fois adulte, le rapport avec le père biologique, senti comme sexuel, soulève des questions autour d’un potentiel abus dès l’enfance. Ce qui est certain, c’est que le rapport ambivalent avec le père est l’un des thèmes centraux du film. Il est d’autant plus important pour permettre la comparaison, puisque le deuxième père adoptif sera le seul personnage qu’Alexia est incapable de tuer et avec qui elle vivra une profonde relation de fusion, rejouée à travers le motif du feu. Enfin, la scène finale du film donne à voir une «&nbsp;transaction&nbsp;» (pour reprendre l’image théâtrale de Koltès), où Alexia et le père adoptif s’échangent dans un climax ultime l’objet le plus profond de leur désir&nbsp;: elle lui livre un enfant, et il lui donne un père. Le père biologique d’Alexia remplit la fonction d’un mystérieux étranger. Elle le tue et laisse un mystérieux étranger combler les fonctions du père biologique. Le père adoptif d’Alexia camoufle la mort de son enfant, brûlé, à travers son métier de pompier. C’est une façon de se déculpabiliser et d’intérioriser le déni.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le titane, dans sa forme compacte, ne brûle pas, mais fond et bout. Toutefois, lorsqu’il est fragmenté, réduit en poudre fine, il est extrêmement inflammable et explosif. Cette propriété épouse la vision de Julia Ducournau qui nous présente des personnages périssables, des bombes à retardement. L’obsolescence de l’androgyne est programmée dès le début. Ce qui surprend, c’est de constater que l’union des deux personnages centraux leur permet de survivre, de sauver des vies et de donner la vie. La fin nous prouve que la résistance d’Alexia-Adrien est destructible et laisse une extension d’elle-même, un monstre de forme humaine tout comme l’était la protagoniste.</p>
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		<item>
		<title>Origami</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/origami/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexandre Gontier]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 19:01:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[ligne de fuite]]></category>
		<category><![CDATA[origami]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas plier une feuille plus de sept fois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais je les ai vus</p>



<p class="wp-block-paragraph">Eux&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">avec elle&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">pliée en huit</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont dans la bouche</p>



<p class="wp-block-paragraph">le goût du sang&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">de ce qui coule dans les gorges raclées</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils me tueront aujourd’hui et demain avec la violence d’un crachat.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant, ils parasitent les vertèbres, les tapis, le plâtre de toutes mes maisons.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils savent se retirer à temps et posséder passionnément.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Eux savent manger la poussière, éternuer sans fermer les yeux. Ils sont du piment quand il y en a assez, du sel quand il y en a trop.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils sentent les lézardes des murs. Ils visitent, s’installent, avec l’insistance d’un dimanche. Ils rongent comme la lave refroidie. Ils se nourrissent de lumière jusqu’à devenir des tuyaux, mes boyaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne sais pas ce qu’ils sont mais ils sont là.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’aimerais être comme eux,</p>



<p class="wp-block-paragraph">Respirer dans l’eau qui flotte sur l’huile</p>



<p class="wp-block-paragraph">Casser les cartons et froisser les assiettes</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rire avec la feuille pliée en huit</p>



<p class="wp-block-paragraph">Me casser les doigts sans coupure ni sang, rire de mes doigts, me moquer des cicatrices et saigner sur le sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont cassé une feuille et l’écrasent une neuvième fois.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En boucle, la feuille&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je l’avale, en boucle, elle reste coincée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils écrivent sur la feuille&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">des dates sans années</p>



<p class="wp-block-paragraph">qu’ils vont broyer les crânes sans faire de bruit</p>



<p class="wp-block-paragraph">ils écrivent qu’ils reviennent pour moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">En bruit de fond, des ongles grattent une ardoise. Je suis debout, les yeux baveux, les paupières cousues. Je mâche l’aiguille, mes dents, des fils électriques. J’ai dans la bouche le goût du sang.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils voulaient me tuer mais sont repartis avant. À demain</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Veuillez déranger s’il vous plaît</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/veuillez-deranger-sil-vous-plait/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Yigu Zhou]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 17:21:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[création visuelle]]></category>
		<category><![CDATA[dessin]]></category>
		<category><![CDATA[ligne de fuite]]></category>
		<category><![CDATA[noir et blanc]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45401</guid>

					<description><![CDATA[<p>Ligne de fuite.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="703" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou1-703x1000.jpg" alt class="wp-image-45407" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou1-703x1000.jpg 703w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou1-330x469.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou1-768x1092.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou1-1080x1536.jpg 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou1-1440x2048.jpg 1440w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou1-scaled.jpg 1800w" sizes="(max-width: 703px) 100vw, 703px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/yiguzhou/?media=1" data-wpel-link="internal">Yigu Zhou</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="682" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou5-682x1000.jpg" alt class="wp-image-45403" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou5-682x1000.jpg 682w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou5-330x484.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou5-768x1127.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou5-1047x1536.jpg 1047w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou5-1396x2048.jpg 1396w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou5-scaled.jpg 1745w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/yiguzhou/?media=1" data-wpel-link="internal">Yigu Zhou</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="682" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou3-682x1000.jpg" alt class="wp-image-45405" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou3-682x1000.jpg 682w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou3-330x484.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou3-768x1126.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou3-1048x1536.jpg 1048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou3-1397x2048.jpg 1397w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou3-scaled.jpg 1746w" sizes="(max-width: 682px) 100vw, 682px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/yiguzhou/?media=1" data-wpel-link="internal">Yigu Zhou</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="703" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou4-703x1000.jpg" alt class="wp-image-45404" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou4-703x1000.jpg 703w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou4-330x469.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou4-768x1092.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou4-1080x1536.jpg 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou4-1440x2048.jpg 1440w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/LignedefuiteYiguZhou4-scaled.jpg 1800w" sizes="auto, (max-width: 703px) 100vw, 703px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/yiguzhou/?media=1" data-wpel-link="internal">Yigu Zhou</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>
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		<title>Le canevas vivant</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/le-canevas-vivant/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Florence Lavoie]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 17:08:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[artistes]]></category>
		<category><![CDATA[Création]]></category>
		<category><![CDATA[custom]]></category>
		<category><![CDATA[flash]]></category>
		<category><![CDATA[illustration]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[peau]]></category>
		<category><![CDATA[tatouages]]></category>
		<category><![CDATA[tatoueuse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p> Ouverture sur le monde du tatouage.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Camille Lussier (elle)</strong> <a href="https://www.instagram.com/camille.lussier/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">@camille.lussier</a></p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le dessin fait partie intégrante de la vie de Camille, qui touche à l’art depuis qu’elle est toute petite. L’illustration, c’est ce dans quoi elle se sent complète. Le tatouage, quant à lui, permet à Camille non seulement de gagner sa vie, mais également de dessiner tout en rencontrant des gens tous les jours – elle ne pourrait vivre sans cette part sociale du tatouage, qui s’oppose à la solitude qu’impose le métier d’illustratrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà maintenant neuf ans qu’elle pratique le tatouage, mais seulement deux ans qu’elle se <em>dit</em> tatoueuse et qu’elle tatoue à temps plein. Son parcours a demandé patience et persévérance – difficile, à l’époque, de devenir apprentie dans une <em>shop</em>, ce qui était pourtant nécessaire, puisque travailler de chez soi était mal vu. Aujourd’hui, elle tatoue encore chez elle, à Saint-Lambert, et ne travaillerait pas autrement. Si l’ambiance de la <em>shop</em> permet l’esprit d’équipe, travailler à la maison lui permet d’être plus confortable et de mettre les client·e·s à l’aise ; c’est là pour elle l’un des éléments les plus importants dans son travail. Elle aime discuter, valoriser la personne qu’elle tatoue, apprendre à la connaître. Avec Camille, la séance est remplie de rires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On reconnaît le style de Camille par la douceur de ses lignes, par la picturalité de ses dessins. Elle a davantage fait de <em>custom</em>, mais s’est prêtée, pendant la pandémie, à l’exercice des <em>flash</em>. Le premier consiste, pour un·e artiste tatoueur·euse, à faire un dessin personnalisé, à créer une image avec la vision du·de la client·e ; les <em>flash</em> sont quant à eux des dessins conçus par les artistes qui ne sont tatoués qu’une seule fois. Pour elle, le <em>custom</em> est un travail d’équipe, c’est une façon de donner vie à l’imagination de la personne qu’elle tatoue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À chaque jour, Camille est émerveillée par le travail qu’elle fait : c’est un privilège, dit-elle, de voir ses dessins sur la peau de quelqu’un et de vivre une proximité comme celle que permet le tatouage.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage2-1000x750.jpg" alt class="wp-image-45392" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage2-1000x750.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage2-330x248.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage2-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage2-1536x1152.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage2-2048x1536.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Alexandra Legault (elle)</strong> <a href="https://www.instagram.com/miamdelaglace/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">@miamdelaglace</a></p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Alexandra a commencé à tatouer à la fin de l’année 2014 : à l’université, elle rencontre quelqu’un qui l’initie au <em>handpoke</em> (technique qui consiste à utiliser une aiguille manuelle plutôt qu’une machine à tatouer). Ce qu’elle aime, dans ses débuts, c’est se tatouer ses propres dessins et les tatouer à sa meilleure amie. Grâce au bouche à oreille et aux réseaux sociaux, d’autres personnes ont commencé à lui demander des tatouages et elle a pu commencer à tatouer à plus large échelle en 2019, après ses études.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alexandra travaille dans un studio à Hochelaga où, la plupart du temps, elle est seule avec le·a client·e. Elle a beaucoup aimé travailler dans des <em>shop</em> – parfois, la valorisation venant de ses collègues lui manque, mais elle aime beaucoup pouvoir contrôler l’atmosphère dans laquelle elle accueille ses client·e·s. Le plus important, pour elle, c’est qu’ils et elles soient confortables et se sentent en sécurité. Pour ce faire, elle s’assure de leur fournir le plus d’informations possible avant qu’ils et elles se présentent à leur rendez-vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son style se rapporte beaucoup à la maison, à un univers familier, aux choses douces qui rappellent l’enfance – ce qu’elle aime du tatouage, c’est le lien qu’il peut avoir avec le souvenir, ce qu’il peut faire ressentir. Elle aime aussi pouvoir créer un agencement de tatouages qui crée une ambiance sur le corps. D’abord et avant tout, Alexandra se considère illustratrice, dont découle sa pratique du tatouage .&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle essaie le plus possible de faire autant de <em>flash</em> que de projets <em>custom</em>. Mais créer des <em>flash</em> peut être instable, car les productions de dessins suivent ses vagues créatives. Les projets sur mesure, quant à eux, peuvent être difficiles, mais poussent sa pratique plus loin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chaque tatouage, pour Alexandra, est une collaboration. Son talent et ses habiletés se mêlent aux goûts de la personne tatouée.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="806" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage3-806x1000.jpg" alt class="wp-image-45391" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage3-806x1000.jpg 806w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage3-330x409.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage3-768x952.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage3-1239x1536.jpg 1239w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/10_Tatouage3.jpg 1366w" sizes="auto, (max-width: 806px) 100vw, 806px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Prune (elle)</strong> <a href="https://www.instagram.com/dixgracieuse_tattoo/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">@dixgracieuse_tattoo</a></p>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Prune a touché à sa première machine à tatouer il y a maintenant deux ans, alors qu’elle complétait sa technique en graphisme. Elle a aussi commencé chez elle, mais œuvre à présent au salon Grey Market, dans Hochelaga – un espace qu’elle veut inclusif à la communauté LGBTQI2SA+ et aux personnes racisées. Le studio est lumineux et la séance avec Prune est pleine de calme et de positivité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le tatouage est pour elle un acte de <em>self-care</em>, une manière, entre autres, de se réapproprier les parties de son corps que l’on aime moins. Le tatouage lui permet aussi d’exprimer différentes parties d’elle-même, ce qui la touche, ce qui lui fait du bien, ce qui la met en colère…&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa pratique, Prune essaie de toucher à différents univers, de se prêter à différents styles. Elle s’inspire d’artistes visuel·le·s de tous les horizons et, le plus possible, tente de sortir de sa zone de confort. Elle se sent le plus inspirée lorsqu’elle est dans la nature et aime, lorsqu’elle tatoue un design, se souvenir de l’endroit qui a vu naître le dessin , que ce soit le lac Saint-Jean, la rivière Trois-Pistoles ou un café montréalais pendant une tempête de neige. Pour elle, rendre les client·e·s à l’aise est aussi primordial. Elle veut que, lorsque le·a client·e&nbsp; ressort, il ou elle soit pleinement satisfait·e non seulement de son nouveau tatouage, mais aussi du moment partagé avec la tatoueuse.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Prune aime la liberté que permet son métier ; bien que ce soit un travail difficile, il demeure un espace créatif en dehors des cadres institutionnels où les tatoueur·se·s ont un grand contrôle sur leurs horaires, leurs tarifs, les lieux dans lesquels il·elle·s accueillent leurs client·e·s.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle explique qu’il y a quelque chose d’effrayant, mais en même temps de très satisfaisant dans le geste d’apposer son art de manière permanente sur le corps de quelqu’un. D’une certaine manière, une petite partie d’elle repart avec les personnes qu’elle a tatouées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les illustrations ont été réalisées à partir de tatouages faits par chacune des artistes ci-dessus. Vous trouverez leur travail en visitant leur page Instagram.</em></p>
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		<title>Les dérives de l’idéal de l’authenticité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/les-derives-de-lideal-de-lauthenticite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurence Caron-Bleau]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 16:55:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[Portraits de philosophe]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[authenticité]]></category>
		<category><![CDATA[charles taylor]]></category>
		<category><![CDATA[idéal]]></category>
		<category><![CDATA[language]]></category>
		<category><![CDATA[liberté]]></category>
		<category><![CDATA[philosophie]]></category>
		<category><![CDATA[raison]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45382</guid>

					<description><![CDATA[<p>Juxtaposer narcissime contemporain et primauté de la raison instrumentale pour y cerner les maux de la modernité.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«<em>La découverte de ma propre identité ne signifie pas que je l’élabore dans l’isolement, mais que je la négocie à travers un dialogue, en partie ouvert, en partie intérieur, avec les autres</em>»</p><cite>Charles Taylor</cite></blockquote>



<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">«C’est ainsi que je pense car cela est ce que je ressens, et je désire que tu respectes ce sentiment qui m’anime.&nbsp;» Comment aller à l’encontre d’une telle volonté de liberté de conscience? Impossible, ou presque, de s’aventurer en ces eaux. Et même si une éphémère volonté de contredire ces propos nous éprend, l’exprimer à voix haute ne se fait qu’au risque de recevoir les foudres fatales des ardent·e·s défenseur·e·s de la culture de l’annulation (<em>ccancel culture</em>, en anglais). Or, des arguments comme celui cité ci-haut se fondent sur une conception erronée des libertés fondamentales et sur un <em>idéal de l’authenticité</em> travesti pour camoufler des comportements égoïstes qui manquent en réalité de rigueur intellectuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réflexion en est une, entre autres, que le philosophe et sociologue Charles Taylor suggère dans son œuvre <em>Grandeur et misère de la modernité</em>. Cette œuvre, qui reprend les conférences du prolifique auteur à l’Université de Toronto en 1991, touche aux thèmes susmentionnés à travers deux concepts principaux et pertinents à transposer dans une réalité moderne actuelle : le <em>narcissisme contemporain</em> et la <em>raison instrumentale</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans constituer le procès du narcissisme contemporain, ni celui de la raison instrumentale, nous ambitionnons ici plutôt juxtaposer ces deux notions afin de mettre en lumière leur nécessaire complémentarité.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le narcissisme contemporain&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les langages, au sens large du terme <em>–</em> notamment les mots, les gestes, l’art ou tout autre mode d’expression <em>–</em> sont acquis par le processus d’échange, par la rencontre avec l’Autre. C’est à travers cette connaissance des langages que se forme ensuite une identité qui nous est propre. Ce rapport dialogique se poursuit ainsi tout au long de l’existence humaine et ne se limite pas à une simple question de formation, qui serait circonscrite à l’enfance et à l’influence des parents. Que nous nous définissions en concordance ou en contradiction avec les autres, le résultat reste inchangé : le développement de notre identité se fonde nécessairement sur notre existence commune et partagée. Taylor pousse encore plus loin la réflexion. Dans la mesure où certains intérêts ne sont accessibles qu’en relation avec l’Autre et sont donc issus de ce partage, cet Autre devient alors «&nbsp;partie de [notre] identité intérieure&nbsp;». Même si le courant du narcissisme moderne croit que ce rapport dialogique constitue une forme de limitation dont il faudrait s’émanciper, de tels efforts seraient vains selon Taylor. Il faudrait plutôt favoriser une approche qui accepte la condition collective de notre identité, cette particularité fondamentale à l’existence humaine. Ainsi, non seulement la création et l’évolution d’identité ne reposent pas sur notre volonté unique, mais ce processus doit également être soumis à une certaine limite&nbsp;: celle de se baser sur un horizon d’intelligibilité.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Un idéal de l’authenticité travesti nous conduit inévitablement vers une perte de sens et de profondeur, voire un aplatissement de notre existence» &nbsp;</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">La liberté d’agir et de penser, dans le contexte où nous cherchons à nous définir, semble être un argument souverain&nbsp;: sa simple invocation semble détruire toute autre rhétorique. Cela témoigne bien du statut puissant que les libertés fondamentales occupent dans notre époque moderne. Toutefois, selon Taylor, pour atteindre l’idéal d’authenticité qui émane de la culture contemporaine, les arguments sur lesquels repose notre liberté de nous définir doivent être invoqués, au préalable, sur des horizons de signification ou d’intelligibilité. Ces horizons doivent, quant à eux, se fonder sur des questions essentielles et significatives, telles que les exigences de la solidarité, de la nature ou de l’histoire. D’ailleurs, le sociologue définit l’idéal de l’authenticité comme un idéal moral d’une vie meilleure, plus élevée, qui n’a pas simplement pour objectif l’assouvissement des besoins ou l’utilitarisme. Ainsi, ces choix que nous justifions comme essentiels à l’épanouissement de nous-même ne deviennent pas incontestables uniquement parce qu’ils reposent sur la puissance du libéralisme&nbsp;; les idéaux moraux peuvent être sujets à débat et faire l’objet de critiques de la part d’autrui. Croire en des exigences qui transcendent le moi permet d’atteindre cet idéal d’authenticité, d’après le philosophe, car on ne peut accéder à ce « sentiment de l’existence » que si l’on reconnaît qu’il nous rattache à un <em>tout</em> plus vaste. Cette reconnaissance est d’ailleurs capitale à une politique écologique qui doit se dresser contre l’instrumentalisation de la nature, conséquence directe de l’anthropocentrisme de nos sociétés. Un idéal de l’authenticité travesti nous conduit inévitablement vers une perte de sens et de profondeur, voire un aplatissement de notre existence.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport possible avec des enjeux dits « modernes d’aujourd’hui », où nos libertés fondamentales sont mises au cœur du débat, est frappant : le raisonnement sur la modernité dans les années 1990 est transposable à la contestation qui peut être faite aujourd’hui de la vaccination obligatoire imposée par nos gouvernements. Effectivement, bien qu’il puisse être facile de plaider pour la défense de nos libertés fondamentales en se basant sur ce sentiment souverain de détermination subjective, Taylor rétorquerait que l’horizon d’intelligibilité se doit d’être planté prima facie comme décor. Une justification de ce sentiment devrait se baser sur des questions significatives au sens sociétal, par exemple la santé publique et ce, dans une optique de bien-être collectif. Malgré de tels éloges consacrés à la raison comme fondement nécessaire aux idéaux moraux, cette dernière possède une contrepartie dangereuse, celle de la raison instrumentale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’idéalisation de la raison et son instrumentalisation&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Tel qu’abordé brièvement, la société contemporaine semble créer cet idéal de l’être humain rationnel qui n’est aucunement dépendant ou influencé par les autres et qui domine ses émotions. Cet être potentiellement détaché est ainsi fondé sur un idéal moral de maîtrise de soi, de pensée autonome. Le prestige associé aux mathématiques et, de manière plus générale, aux sciences, témoigne effectivement de cet idéal. Pourtant, l’instrumentalisation de notre force persuasive à des fins politiques ou économiques ne cessera de faire les manchettes dans une ère capitaliste où tout projet scientifique a besoin de financement. Comment alors mordre la main qui nous nourrit? L’affaire de la docteure Nancy Olivieri reflète de manière illustre comment le conflit entre les intérêts des compagnies pharmaceutiques – qui financent les recherches – et ceux des chercheur·se·s vient miner une nécessaire objectivité. Chercheuse à l’hôpital de Toronto, elle découvre les effets secondaires dangereux d’un médicament, alors que ses travaux étaient commandités par la compagnie qui le produisait. S’ensuit alors un recours juridique de l’entreprise contre Olivieri où ni son hôpital, ni son université ne viendront prendre sa défense. Tout cela pour dire que l’objectivité des sciences dites pures peut être remise en question, même si elles tendent à établir leur fondement sur la raison et donc sur une prétendue objectivité qui serait, par définition, incontestable.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Taylor pousse encore plus loin son analyse de la grande valeur accordée à la primauté de la raison instrumentale, en la rattachant à notre conception de nos communautés et à ce qui nous y lie. Selon lui, la modernité est caractérisée par une instrumentalisation de nos relations interpersonnelles, dans la mesure où celles-ci seraient devenues les outils de notre propre épanouissement. Nous n’avons qu’à penser ce phénomène dans une perspective carriériste, où le réseau social pour professionnel·le·s LinkedIn, et le réseautage de manière plus générale, en constituent le paroxysme. En effet, cette institutionnalisation a comme fondement la considération des relations interpersonnelles comme des moyens stratégiques pour atteindre des objectifs carriéristes plutôt que de les envisager comme des fins en soi. Voilà ce qui mène à une « position atomiste et instrumentaliste à l’égard du monde et d’autrui », à un déchirement du tissu social, selon le philosophe. Comment engendrer des changements sociaux profonds au sein d’une société si fragmentée?&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p> «Sans se lancer dans une abnégation existentielle, il semble nécessaire de reconnaître notre identité individuelle et sociétale en se basant sur une raison intelligible, mais pas instrumentale»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux courants opposés présentés ont donc besoin l’un de l’autre pour s’équilibrer en un juste milieu. D’un côté, la raison instrumentale effrénée mène à la disparition des objectifs moraux, à l’éclipse des fins qui transcendent le moi. D’un autre côté, sans se lancer dans une abnégation existentielle, il semble nécessaire de reconnaître notre identité individuelle et sociétale en se basant sur une raison intelligible, mais pas instrumentale.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la lumière de cette réflexion, il semble que pour atteindre sa forme la plus vertueuse, l’idéal moral émanant de la culture contemporaine, qui prescrit l’acceptation de l’authenticité et de l’originalité, doit du même coup se porter défenseur d’un discours de la différence et de la diversité. Notons pourtant —&nbsp;dans notre contexte moderne actuel&nbsp;— qu’un tel discours est antinomique à une rhétorique laïque non inclusive telle que nous pouvons parfois l’observer dans l’espace public.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/les-derives-de-lideal-de-lauthenticite/" data-wpel-link="internal">Les dérives de l’idéal de l’authenticité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le charme discret de la bourgeoisie de province</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/le-charme-discret-de-la-bourgeoisie-de-province/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Orian Dorais]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 16:42:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Antonio Barrette]]></category>
		<category><![CDATA[François Legault]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-Jacques Bertrand]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Duplessis]]></category>
		<category><![CDATA[politique québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[René Lévesque]]></category>
		<category><![CDATA[union nationale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>De qui François Legault est-il vraiment l’héritier politique? </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Ses adversaires les plus acharnés le comparent à Maurice Duplessis. D’autres voient dans son autonomisme provincial, dans son rêve d’un « Québec fort dans un Canada uni » une résurgence du bourassisme des années 1980–1990. Lui-même se dit inspiré par René Lévesque<sup>1</sup> et Lucien Bouchard<sup>2</sup>. Cependant, au regard de plusieurs événements ayant marqué l’année 2021, il m’apparait désormais évident que le premier ministre François Legault est avant tout l’héritier politique de deux premiers ministres unionistes des années 1960. Antonio Barrette et Jean-Jacques Bertrand sont aujourd’hui deux figures quelque peu oubliées ; cela s’explique notamment par la brièveté de leur mandat respectif à la tête du Québec. Barrette n’est en poste que six mois (de janvier à juillet 1960) et Bertrand termine le mandat de Daniel Johnson, après le décès de ce dernier (il dirige donc la province moins de deux ans, d’octobre 1968 à mai 1970). Toutefois, en se penchant sur la carrière de ces premiers ministres somme toute assez mineurs, plusieurs similitudes&nbsp; peuvent être observées entre leur parcours et celui du chef caquiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est qu’il existe depuis le début du 20<em>e</em> siècle, au Québec, une tradition de politiciens se présentant pour des partis provinciaux nationalistes, mais en ayant intériorisé l’idée que le Québec ne peut aspirer à autre chose qu’être une province canadienne. Prisonniers de cette conviction, ces politiciens « nationalistes-provincialistes&nbsp;» – au rang desquels on retrouve des politiciens comme Gabriel Loubier, Pierre-Marc Johnson ou Gérard Deltell – sont incapables d’envisager quelconque projet ambitieux d’affirmation nationale pour le Québec. Ils se contentent ainsi de se présenter en « bons gestionnaires », aptes à bien s’occuper des « affaires » de la province. La politique, pour eux, revêt un aspect strictement comptable, et l’émancipation du Québec ne peut se faire que par de bonnes performances économiques.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><strong>«</strong>C’est qu’il existe depuis le début du 20<em>e</em> siècle, au Québec, une tradition de politiciens se présentant pour des partis provinciaux nationalistes, mais en ayant intériorisé l’idée que le Québec ne peut aspirer à autre chose qu’être une province canadienne»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ces politiciens ont en fait des vues assez alignées sur celles du Parti libéral du Québec (PLQ), seul un sens du patriotisme légèrement plus fort les empêchant de se présenter comme libéraux. À ce propos, plusieurs nationalistes-provincialistes, surtout Loubier et Deltell, ont, à divers degrés, accepté l’anglais comme « la langue de la réussite&nbsp;», faisant donc preuve d’une déférence exagérée envers le milieu de la finance anglophile et la communauté anglophone de Montréal<sup>3</sup>. Barrette et Bertrand sont peut-être les deux représentants les plus archétypaux de cette classe de politiciens nationalistes modérés, satisfaits d’un rôle de gestionnaires provinciaux subordonnés aux grands capitalistes anglophones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">N’ayant ni la fougue souverainiste de Lévesque, ni le courage politique de Bourassa (qui avait proposé un nouveau pacte constitutionnel), ni même l’appétit pour les grandes réformes de Duplessis (qui, malgré ses innombrables défauts, se distingue de ses successeurs unionistes par sa création de l’impôt provincial), François Legault est en fait le dernier-né de la lignée des nationalistes de province.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Antonio Barrette</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Barrette et Legault partagent la caractéristique d’être venus au monde dans des familles de classe moyenne et de ne pas être issus des milieux menant traditionnellement vers la politique (droit, médecine, journalisme, etc.). Dans les années 1920–1930, Barrette gagne sa vie comme machiniste, puis ingénieur pour le <em>Canadian National</em>. Il fonde ensuite sa propre entreprise – <em>Barrette et Lépine, courtiers d’assurance</em> – en 1936. Le fait que Barrette ait été entrepreneur contribue à sa ressemblance avec Legault, le premier chef d’État québécois de l’histoire de la province issu du « Québec Inc. ». Barrette et Legault partagent également la particularité d’avoir accumulé de très nombreuses années en politique avant d’accéder au poste de premier ministre. Barrette est député de Joliette durant 24 ans (1936–1960), dont 15 à titre de ministre du Travail, avant de prendre la tête de la province. Legault est député presque sans interruption de 1998 à 2018 et cumule plusieurs fonctions ministérielles entre 1998 et 2003. Force est de constater que Legault a également hérité de plusieurs défauts majeurs ayant caractérisé la carrière de l’unioniste.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Dépourvu de toute forme de projet pour le Québec, [Barrette] fait campagne sur son expérience, semblant croire qu’une longue carrière ministérielle équivaille à une vision politique. Le principal argument électoral du premier ministre sortant est sa capacité à ‘‘bien gérer” la province»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsqu’il se lance avec l’Union nationale (UN) en 1936, Barrette est un chef syndicaliste, membre de l’association caritative des Chevaliers de Colomb et issu de la classe moyenne. Il se présente en politique pour défendre les intérêts des gens ordinaires et les valeurs traditionnelles du Québec. C’est pourtant lui qui, en 1949, alors qu’il était ministre du Travail, dépose l’infâme projet de loi 5 visant à réformer le Code du travail pour réduire les droits des employés et limiter les libertés syndicales. La loi est jugée si sévère et provoque un tel mécontentement chez les travailleurs qu’elle est retirée par Duplessis, pour être adoptée par fragments durant la décennie suivante<sup>4</sup>. Du reste, le ministère du Travail dirigé par Barrette est essentiel à la répression antisyndicale menée par l’Union nationale, laquelle a été le théâtre de certains des actes les plus infamants commis sous le régime duplessiste, que même les tentatives récentes – et pertinentes – de réhabilitation du chef ne sauraient effacer. Le prêtre et sociologue George-Henri Lévesque écrit ainsi, à la suite du dépôt du projet de loi 5 par Barrette, que « [t]out le monde ici a d’ailleurs l’impression qu’il a […] sacrifié la mission qu’il s’était donnée de travailler pour un idéal social et qu’il n’est plus qu’un pauvre petit politicien comme tant d’autres»<sup>5</sup>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, si l’Union Nationale, quand Barrette s’y joint en 1936, a pour objectif de dénoncer la corruption, le patronage et les délits d’initiés qui sont monnaie courante sous le libéral Louis-Alexandre Taschereau, elle finit par répéter certains de ces mêmes procédés malhonnêtes. En 1957, par exemple, des ministres de l’Union nationale utilisent des informations gouvernementales confidentielles pour acheter des actions de la filiale gazière d’Hydro-Québec, peu avant que celle-ci ne soit privatisée. Les actions prennent rapidement de la valeur. Cette entreprise de privatisation – dont la nature scandaleuse est révélée par <em>Le Devoir</em> en 1958 – se fait sous le signe du favoritisme politique et avantage certains gros capitaux anglophones proches du PLQ<sup>6</sup>. L’un des principaux ministres mis en cause lors de ce scandale est Antonio Barrette. De son passage dans le monde de l’entreprise, il ne semble alors pas avoir conservé les sens de l’initiative et de l’indépendance d’esprit qui auraient pu lui permettre de tenir tête à son chef quand ce dernier lui a demandé de renier ses principes. Il apparaît n’avoir gardé que la capacité de «&nbsp;flairer une bonne affaire&nbsp;», faisant de lui-même une pitoyable caricature d’un homme d’affaires cupide se lançant en politique d’abord et avant tout pour garnir son propre compte de banque et celui de ses amis entrepreneurs.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="750" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteBaretteBON-1000x750.jpg" alt class="wp-image-45426" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteBaretteBON-1000x750.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteBaretteBON-330x247.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteBaretteBON-768x576.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteBaretteBON-1536x1152.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteBaretteBON-2048x1536.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Barrette arrive ainsi au pouvoir avec le lourd passif politique hérité de ses années comme ministre. Il est choisi comme chef de l’UN un peu par défaut, simplement parce qu’il est celui qui accumule le plus d’expérience. Son court mandat comme chef d’État est assombri par les échos du scandale du gaz naturel. Au déclenchement des élections, il n’a pas le charisme nécessaire pour rassembler son parti. Dépourvu de toute forme de projet pour le Québec, il fait campagne sur son expérience, semblant croire qu’une longue carrière ministérielle équivaille à une vision politique. Le principal argument électoral du premier ministre sortant est sa capacité à «&nbsp;bien gérer » la province.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart de ce qui vient d’être énoncé à propos de Barrette est également vrai dans le cas de François Legault. Comme son prédécesseur unioniste, Legault, depuis son entrée en politique, a renié la plupart des convictions qui jadis le guidaient. Le premier ministre était à l’origine un souverainiste convaincu ayant même rédigé le « budget d’un Québec indépendant ». Il déclare aujourd’hui, au nom d’un pragmatisme lâche et un brin mal défini, qu’il ne souhaite plus parler d’indépendance, car les Québécois « sont tannés de ces vieilles chicanes-là ». Il se contente, à la place, de réclamer des miettes d’autonomie au gouvernement fédéral en culture, en santé et en fiscalité, n’osant opposer aux multiples refus de Trudeau rien de plus que des motions parlementaires et des discours de mauvaise humeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, jusqu’à son arrivée au pouvoir, Legault s’est présenté comme un défenseur des bons travailleurs québécois. En 2012, le chef caquiste promettait notamment d’augmenter le salaire des enseignants de 20% et, en 2015, il s’insurgeait contre les conditions salariales des infirmières<sup>7</sup>. C’est le même politicien qui aujourd’hui fait adopter, en pleine pandémie, le projet de loi 59 sur la santé et la sécurité au travail, lequel constitue un recul en matière de santé et sécurité au travail selon plusieurs experts<sup>8</sup>. Le projet de loi 59, en somme, n’est pas si loin de l’esprit de la loi 5 de Barrette. Le premier ministre, qui a dédié tant d’années de son engagement politique à chanter les louanges des travailleurs de la classe moyenne, déploie aujourd’hui – avec une obsession comptable on ne peut plus provincialiste – de grands efforts pour faire des économies au détriment des conditions de travail de cette dite classe moyenne, celle-là même qui a contribué à le faire élire. Legault offre ainsi un spectacle aussi pitoyable que celui de l’ancien syndicaliste, élu par les petites gens, contribuant à la répression violente de grèves parfaitement légales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’Union nationale de 1936, la Coalition Avenir Québec de 2012 faisait de la lutte à la corruption l’un de ses principaux chevaux de bataille. À cette époque, Legault était fier de présenter « l’incorruptible » ancien policier Jacques Duschesneau comme candidat vedette et promettait de mettre fin à la culture de corruption qui caractérisait le règne de Jean Charest – lui-même une sorte de Taschereau du 21<em>e</em> siècle. Cependant, la lutte à la corruption et la volonté de rendre service à des amis hommes d’affaires ne font pas bon ménage. Ainsi, autant Barrette et ses collègues se sont-ils compromis dans le scandale du gaz naturel, autant le gouvernement Legault est-il empêtré dans plusieurs scandales de copinage et de conflits d’intérêts impliquant le premier ministre lui-même<sup>9</sup> et les ministres Fitzgibbon<sup>10</sup> et Caire<sup>11</sup>, ainsi que l’ancien président de la CAQ, Stéphane Le Bouyonnec<sup>12</sup>. Autant dans le cas de Legault que dans le cas de Barrette, les manquements éthiques n’ont peut-être pas l’ampleur de ceux ayant eu lieu sous les libéraux, mais ils témoignent néanmoins d’une culture du copinage et du favoritisme qui naît d’une trop grande proximité entre le cabinet caquiste et le monde des affaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jean-Jacques Bertrand</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui distingue Bertrand dans l’histoire du Québec, c’est surtout la comparaison défavorable que l’on dresse entre lui et ses collègues, Daniel Johnson et Jean-Guy Cardinal, lesquels étaient de vrais hommes d’État empreints d’une véritable vision nationale pour le Québec. En 1966, Johnson avait eu le courage de proposer « l’égalité ou l’indépendance », devenant ainsi le premier chef d’un grand parti à se prononcer en faveur de la souveraineté si le Canada persistait à ne pas respecter l’autonomie du Québec. Cette même année, alors que le mouvement indépendantiste commençait à peine à s’organiser politiquement, Johnson a eu l’audace politique presque incroyable d’inclure la séparation comme une avenue politique valide, prouvant qu’il était vraiment prêt à tout pour défendre les prérogatives du Québec. Après le décès prématuré de Johnson, une course à la direction de l’UN a eu lieu. L’opposant de Bertrand était Cardinal, un authentique nationaliste, conscient de l’importance que la question linguistique prenait dans la mouvance nationaliste. En cela, Cardinal se rapprochait plus des positions du Parti québécois, qui allait naître peu après la course à la chefferie.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="730" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteLautreBON-1000x730.jpg" alt class="wp-image-45424" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteLautreBON-1000x730.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteLautreBON-330x241.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteLautreBON-768x561.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteLautreBON-1536x1121.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/SocieteLautreBON-2048x1495.jpg 2048w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Succédant à un premier ministre ouvert à quitter le Canada et défaisant un adversaire prêt à révolutionner les politiques linguistiques, Bertrand propose… absolument rien. Le court mandat de l’unioniste (1968–1970) est un néant en termes de revendication nationale pour le Québec. Tout au plus termine-t-il l’abolition du Sénat québécois amorcée par Jean Lesage. En dehors de cela, Bertrand s’oppose aux campagnes en faveur d’un McGill français, crée un ministère de l’Immigration québécois sans parvenir à s’assurer que celui-ci détienne quelque réel pouvoir et fait preuve d’un tel aplaventrisme face au fédéral que René Lévesque le qualifie de « pleureuse professionnelle ». Bien entendu, le plus grand échec de Bertrand est le fameux <em>bill 63</em>, qui autorise les parents à choisir la langue d’instruction de leurs enfants et, donc, permet aux élèves francophones ou allophones de fréquenter les écoles anglophones, où ils s’anglicisent massivement. Cette loi est la réponse de Bertrand aux revendications de McGill français et à la<a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/142326/crise-saint-leonard-debut-conflit-linguistique-quebec-julie-noel" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external"> crise linguistique</a> de St-Léonard. Il pousse même l’humiliation jusqu’à forcer Cardinal, alors ministre de l’Éducation, à faire adopter lui-même le <em>bill 63</em><sup>13</sup>, en échange du remboursement de ses dettes électorales. Cardinal accepte à son corps défendant. Les députés unionistes Jérôme Proulx et Antonio Flamand brisent les lignes de parti pour s’opposer à la loi. Cette dernière représente le plus bel exemple de provincialisme, voyant le premier ministre préférant se ranger du côté de la communauté anglophone et du Parti libéral, contre ses propres députés nationalistes, dans le but d’acheter à bas coût une paix sociale afin d’éviter la « chicane » dont les Québécois ont tant horreur.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p><meta charset="utf-8"></p><p>«Bertrand s’oppose aux campagnes en faveur d’un McGill français, crée un Ministère de l’Immigration québécois&nbsp;sans parvenir à s’assurer que celui-ci détienne quelque réel pouvoir et fait preuve d’un tel aplaventrisme face au&nbsp;fédéral que René Lévesque le qualifie de&nbsp;‘‘ pleureuse professionnelle ”»&nbsp;</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">François Legault a lui aussi commencé sa carrière politique en servant auprès de chefs patriotes ayant une vraie volonté d’émanciper le Québec, soit Lucien Bouchard et Bernard Landry. Lors de son arrivée au pouvoir, Legault se montre infiniment moins revendicateur, sur le plan national, que ses mentors. Bertrand n’a qu’un seul geste nationaliste fort à son actif – l’abolition du Sénat&nbsp;–, comme Legault n’a que sa petite loi 21, bourrée d’imperfections et déjà torpillée par les tribunaux, à inscrire sur sa feuille de route. La décision absurde du chef caquiste de financer l’agrandissement de Dawson et de McGill correspond à une trahison aussi inqualifiable que l’adoption du <em>bill 63</em> par Bertrand. Dans les deux cas, un politicien se prétendant nationaliste consent à l’assimilation des jeunes Québécois par le système d’éducation anglophone, financé à même les fonds publics, en une décision motivée à moitié par une peur de la confrontation et à moitié par une acceptation passive de l’anglais comme la langue dominante de la sphère économique. La fausse bonne idée de contingenter les cégeps anglophones insinue que l’anglais est la langue des élites cultivées et souligne encore plus l’admiration inconsciente des caquistes pour la langue de Shakespeare. Le projet de loi 96, présenté comme un plan musclé pour la défense du français – rendu d’autant plus nécessaire par les précédentes décisions de la CAQ – ne redresse pas la situation, car le projet exclut une série de mesures phares comme l’application de la loi 101 au collégial et aux petites entreprises, ainsi que la fin du statut bilingue des municipalités comptant moins de 50% de locuteurs anglais.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La décision absurde du chef caquiste de financer l’agrandissement de Dawson et de McGill correspond à une trahison&nbsp;aussi inqualifiable que l’adoption du <em>bill 63</em> par Bertrand»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Force est de constater que, depuis la deuxième moitié de l’année 2020, le Québec est au bord d’une nouvelle crise linguistique. Avec les études confirmant le déclin du français, l’anglicisation rampante de Montréal<sup>14</sup>, le financement d’un système d’éducation parallèle assimilateur par les contribuables<sup>15</sup> ou les nombreux cas d’employés francophones effrayés d’utiliser le français dans des boutiques du centre-ville de Montréal<sup>16</sup> – en un retour insidieux du «&nbsp;<em>speak white</em>&nbsp;» d’hier –, la situation semble s’être dégradée au point d’être comparable à celle de 1969. La situation est telle que Michael Rousseau, le PDG d’Air Canada, a affirmé candidement, cet automne, avoir vécu 14 ans à Montréal sans ressentir le besoin d’apprendre le français pour réussir<sup>17</sup>. La différence étant que les Québécois semblent aujourd’hui s’accommoder d’un premier ministre provincialiste et de demi-solutions, faites de compromis et de servilité, face aux problèmes menaçant leur existence en tant que seul peuple francophone d’Amérique. Triste époque.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">—</p>



<p class="wp-block-paragraph">1.&nbsp;Michel David. <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/512115/levesque-en-heritage" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>René Lévesque en héritage</em></a>. Le Devoir. 4 novembre 2017.</p>



<p class="wp-block-paragraph">2. Gilbert Lavoie. <a href="https://www.lesoleil.com/2018/09/17/francois-legault-a-lecole-de-lucien-bouchard-c412d1b1b8ee997de3b9914e909c1ca9" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>François Legault à l’école de Lucien Bouchard</em></a>. Le Soleil. 16 septembre 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">3.&nbsp;Voir, par exemple, le<a href="http://m.assnat.qc.ca/fr/actualites-salle-presse/conferences-points-presse/ConferencePointPresse-6607.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> point de presse</a> de Gérard Deltell, alors chef de l’ADQ, du 16 février 2011, où il s’oppose à la loi 101 au cégep, rappelant avec admiration que Jacques Parizeau a étudié l’économie à Londres.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">4. Denyse Baillargeon.&nbsp; <em>La grève de Lachute (1947)</em>. Revue d’histoire de l’Amérique française 37, 2 (1983),&nbsp; p.286.</p>



<p class="wp-block-paragraph">5. Correspondance de G.-H. L. citée dans Jules Racine St-Jacques, <em>Georges-Henri Lévesque – Un clerc dans la modernité</em>, Montréal : Éditions du Boréal (2020),&nbsp; p. 415–416.</p>



<p class="wp-block-paragraph">6. Robert Rumilly. <em>Maurice Duplessis et son temps, vol. 2 : 1944–1959</em>. Montréal : Fides, coll. «Vies canadiennes ». 1973, p. 650.</p>



<p class="wp-block-paragraph">7. Michel Corbeille. <a href="https://www.lesoleil.com/2015/11/07/legault-denonce-loffre-de-clause-orphelin-aux-infirmieres-10538509991fe6d1819535e21b5ad1a6" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Legault dénonce l’offre de « clause orphelin » aux infirmières</em></a>. Le Soleil. 7 novembre 2015.è</p>



<p class="wp-block-paragraph">8. Collectif. <a href="https://lautjournal.info/20210311/projet-de-loi-no-59-un-serieux-coup-de-barre-est-necessaire" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Projet de loi no 59 : un sérieux coup de barre est nécessaire</em></a>. L’aut’journal. 3 mars 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">9. Claude Villeneuve. <a href="https://www.journaldequebec.com/2020/12/19/lethique-de-proximite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Éthique de proximité</em></a>. Le Journal de Québec. 19 décembre 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">10. Jocelyne Richer. <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2021-03-12/commissaire-a-l-ethique/une-quatrieme-enquete-sera-declenchee-sur-le-ministre-pierre-fitzgibbon.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Commissaire à l’Éthique : Une quatrième commission sera déclenchée&nbsp; sur le ministre Pierre Fitzgibbon</em></a>. La Presse Canadienne. 12 mars 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">11. Jocelyne Richer. <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/536611/le-depute-eric-caire-fait-l-objet-d-une-plainte-a-la-commissaire-a-l-ethique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Le député Éric Caire fait l’objet d’une plainte à la Commissaire à l’éthique</em></a>. La Presse Canadienne. 13 septembre 2018.</p>



<p class="wp-block-paragraph">12. Caroline Plante. <a href="https://www.lesoleil.com/2020/12/17/la-caq-rehabilite-son-ancien-president-stephane-le-bouyonnec-et-le-nomme-au-conseil-executif-c13b573b4181056a29af90368c785052" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>La CAQ réhabilite son ancien président Stéphane Le Bouyonnec</em></a><em>.</em> Presse Canadienne. 17 décembre 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">13. Lysiane Gagnon. &nbsp; <em>Jean-Guy Cardinal, une carrière politique marquée par les lois sur la langue</em>/ suite : <em>Il avait parrainé la loi 63 contre son gré</em>. La Presse,‎ 19 mars 1979, A1, suite : A6</p>



<p class="wp-block-paragraph">14. Mathieu Bock-Côté. <em>La situation du français à Montréal : une catastrophe</em>. Journal de Montréal. 26 janvier 2020.</p>



<p class="wp-block-paragraph">15. Frédéric Lacroix. <a href="https://fredericlacroix.quebec/2021/03/15/quebec-prefere-les-universites-anglaises-2/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Québec préfère les universités anglaises</em></a><em>. </em>15 mars 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">16. Marie Lise Mormina. <a href="https://www.journaldemontreal.com/2020/11/13/incapable-detre-servi-en-francais" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Incapable d’être servi en français au centre-ville de Montréal</em></a><em>. </em>Journal de Montréal. 13 novembre 2020.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">17. Mylène Crête.<a href="https://www.lapresse.ca/actualites/national/2021-11-04/discours-en-anglais/michael-rousseau-vise-par-200-plaintes.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Micheal Rousseau visé par 200 plaintes</em></a>. La Presse. 4 novembre 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/le-charme-discret-de-la-bourgeoisie-de-province/" data-wpel-link="internal">Le charme discret de la bourgeoisie de province</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Les « anges-gardiens » dénoncent un manque de reconnaissance</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/les-anges-gardiens-denoncent-un-manque-de-reconnaissance/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hugo Vitrac]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 16:16:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[convention]]></category>
		<category><![CDATA[FIQ]]></category>
		<category><![CDATA[infirmieres]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[réformes]]></category>
		<category><![CDATA[TSO]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45364</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’entente collective signée entre la FIQ et Québec n’élimine pas le TSO, au grand dam du personnel des soins. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/les-anges-gardiens-denoncent-un-manque-de-reconnaissance/" data-wpel-link="internal">Les « anges-gardiens » dénoncent un manque de reconnaissance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La nouvelle convention collective entre le gouvernement du Québec et la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ) est entrée en vigueur le 10 octobre dernier. La FIQ inclut la majorité des infirmières auxiliaires, inhalothérapeutes et perfusionnistes cliniques du Québec, soit environ <a href="https://www.ledevoir.com/societe/sante/640281/nancy-bedard-quitte-la-presidence-de-la-fiq" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">76 000 membres</a>. L’entente n’a pas répondu à toutes les attentes, notamment au sujet du temps supplémentaire obligatoire (TSO) et aux problèmes d’attractivité du secteur. Le TSO oblige les infirmières à prolonger leur quart de travail au-delà de leur horaire habituel en raison de l’absence de relève pour prendre en charge les patients. La FIQ cherche à l’abolir.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pandémie de la COVID-19 a entraîné la détérioration des conditions de travail des infirmières du Québec en raison d’une augmentation du ratio de patients par infirmières. La présidente de la FIQ Nancy Bédard a <a href="https://www.fiqsante.qc.ca/nego2020/2020/12/06/negociation-les-professionnelles-en-soins-pressent-le-gouvernement-dameliorer-significativement-et-rapidement-leurs-conditions-de-travail/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déclaré</a> en décembre 2020 que « les professionnelles en soins ne peuvent tout simplement plus continuer de travailler dans les conditions actuelles. Elles sont déjà nombreuses à quitter et l’exode s’accentuera si les conditions dans lesquelles elles doivent exercer leur profession ne changent pas.&nbsp;» Ceux et celles qualifiés d’ «&nbsp;anges-gardiens » depuis le début de la pandémie appellent à des réformes pour soulager le secteur des soins infirmiers.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces raisons ont incité la FIQ et le gouvernement québécois à débuter en <a href="https://www.lesaffaires.com/secteurs-d-activite/general/la-fiq-signe-sa-convention-collective-avec-quebec/627809" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">novembre 2020</a> la négociation d’une nouvelle convention collective. Signée le <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/signature-de-la-convention-collective-de-la-federation-interprofessionnelle-de-la-sante-du-quebec-35168" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">5 octobre 2021</a>, elle est finalement entrée en vigueur quelques jours plus tard et le restera jusqu’au 31 mars 2023. Cette convention vise à soulager le milieu de la santé et à rehausser les conditions salariales du personnel de la santé. Quelque semaines avant la fin des 18 mois de négociations qui ont mené à cet accord, le premier ministre du Québec, avec la présidente du Conseil du Trésor et le ministre de la Santé à ses côtés, <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/main-doeuvre-dans-le-reseau-de-la-sante-quebec-annonce-une-serie-de-mesures-pour-ameliorer-les-conditions-dexercice-des-infirmieres-34834" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a fait l’annonce</a> de son objectif de ramener 4 300 infirmières dans les hôpitaux québécois. La convention engage le gouvernement à créer <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/sante/2021-10-06/la-fiq-signe-sa-convention-collective-avec-quebec.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">1 500 postes</a> d’infirmières à temps plein. Le revenu du personnel est aussi bonifié d’une prime de 3,5% jusqu’en mars 2023.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Quelque semaines avant la fin des 18 mois de négociations qui ont mené à cet accord, le premier ministre du Québec, avec la présidente du Conseil du Trésor et le ministre de la Santé à ses côtés, a fait l’annonce de son objectif de ramener 4 300 infirmières dans les hôpitaux québécois»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement a aussi intégré dans la convention une forme de reconnaissance pour les efforts réalisés par les infirmières tout au long de la pandémie. Deux montants seront versés aux membres du personnel hospitalier pour les périodes du 1<em>er</em> avril 2019 au 31 mars 2020 et du 1<em>er</em> avril 2020 au 31 mars 2021. Cela représente « un montant d’un peu plus de 1&nbsp;200 $ pour une salariée à temps complet&nbsp;», a annoncé le Conseil du Trésor dans un <a href="https://www.tresor.gouv.qc.ca/nouvelles/news/signature-de-la-convention-collective-de-la-federation-interprofessionnelle-de-la-sante-du-quebec/?tx_news_pi1%5Bcontroller%5D=News&amp;tx_news_pi1%5Baction%5D=detail&amp;cHash=287661c59d764482164fc56e036b1aa3" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué</a> le 5 octobre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré tout, Nancy Bédard <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2021/09/23/en-direct--annonce-importante-pour-les-infirmieres" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">se dit insatisfaite</a> des réformes apportées par la nouvelle convention collective: « Elles [les infirmières, <em>ndlr</em>] en ont eu des promesses depuis 15 ans, et il n’y a pas d’engagement ferme sur la fin du TSO. Est-ce que les principes annoncés aujourd’hui en plus des primes vont suffire? On va voir, mais j’en doute. » La FIQ fait savoir dans son <a href="https://www.fiqsante.qc.ca/2021/10/15/le-tso-cest-un-assassinat-professionnel-mobilisation-les-16-et-17-octobre/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">communiqué</a> du 15 octobre 2021 qu’elle soutient la mobilisation des syndicats qui lui sont affiliés pour exercer des pressions sur le gouvernement afin de faire interdire le recours à cette pratique. Cette campagne de mobilisation est réalisée sous le slogan « Le TSO, c’est un assassinat professionnel! » Quelques jours après la signature de la nouvelle convention, la FIQ a mis en demeure les ordres professionnels et la Direction nationale des soins et services infirmiers (DNSSI) de cesser la pratique du TSO et leur a ainsi laissé savoir qu’elle est prête à emprunter la voie légale pour interdire le recours à cette pratique.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Selon l’Institut du Québec, on constate entre 2019 et 2021 une hausse de 66,4% des postes d’infirmières&nbsp;vacants dans la&nbsp;province»&nbsp;</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’Institut du Québec, on constate entre 2019 et 2021 <a href="https://lactualite.com/actualites/ou-sont-les-3000-adjointes-promises-aux-infirmieres-par-le-gouvernement-legault/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une hausse de 66,4%</a> des postes d’infirmières vacants dans la province. L’association des infirmières et infirmiers d’urgence du Québec (AIIUQ) a <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/l-association-des-infirmieres-et-infirmiers-d-urgence-du-quebec-s-inquiete-du-manque-de-personnel-infirmier-qualifie-dans-les-urgences-813494670.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déclaré</a> le 29 octobre être « extrêmement préoccupée » par le manque de personnel infirmier et ses conséquences : hausse du ratio de patients par infirmière, réduction des activités de soins et augmentation du recours au TSO. Selon l’Agence de presse QMI, les demandes de transfert de permis d’exercice depuis le Québec vers l’Ontario ont <a href="https://www.journaldemontreal.com/2021/02/05/les-infirmieres-du-quebec-convoitent-de-plus-en-plus-lontario" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">augmenté de 62%</a> par rapport au dernier trimestre de 2019.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Nous devons briser le stéréotype selon lequel les infirmières sont les assistantes des médecins et des autres professionnels de la santé et montrer réellement en quoi consiste notre travail»</p><cite>Émile Favron, étudiant en soins infirmiers</cite></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Contacté par <em>Le Délit,</em> Émile Favron, étudiant en première année en soins infirmiers à McGill et infirmier à l’Hôpital général juif, considère que la nouvelle convention collective pourrait limiter cet exode. Selon lui, il ne s’agit pas d’une simple question d’argent. « Je pense qu’il faut une campagne de séduction pour attirer les étudiants dans les écoles de sciences infirmières. Nous devons briser le stéréotype selon lequel les infirmières sont les assistantes des médecins et des autres professionnels de la santé et montrer réellement en quoi consiste notre travail. » L’étudiant demande une meilleure reconnaissance des réalités du métier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré les promesses du gouvernement – en passant du versement du premier montant forfaitaire de <a href="https://www.fiqsante.qc.ca/2021/11/03/des-retards-de-paiement-inacceptables-le-ministre-de-la-sante-ne-peut-demeurer-les-bras-croises/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">0,33$ de l’heure </a>pour la période du 1<em>er</em> avril 2019 au 31 mars 2020 avant l’échéance du 6 novembre 2021 – les sommes promises en reconnaissance des efforts additionnels fournis lors de la pandémie n’ont pas été versées pour l’instant. La FIQ <a href="https://www.fiqsante.qc.ca/2021/11/05/des-retards-de-paiement-inacceptables-la-fiq-et-la-fiqp-exigent-maintenant-des-interets-et-des-excuses/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a annoncé</a> dans un communiqué le 5 novembre attendre « des intérêts et des excuses » de la part du gouvernement en dénonçant « un manque de respect flagrant&nbsp;».&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/les-anges-gardiens-denoncent-un-manque-de-reconnaissance/" data-wpel-link="internal">Les « anges-gardiens » dénoncent un manque de reconnaissance</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Le Délit met à l’épreuve les autocollants « fast-pass »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/le-delit-met-a-lepreuve-les-autocollants-fast-pass/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Genest]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Nov 2021 16:09:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[autocollants]]></category>
		<category><![CDATA[coupe-file]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[fast-pass]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[passeport vaccinal]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<category><![CDATA[vaccin]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45355</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alors que McGill annonce des tests de dépistage rapide sur le campus, les autocollants qu’elle substitue au passeport vaccinal démontrent leur efficacité.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/le-delit-met-a-lepreuve-les-autocollants-fast-pass/" data-wpel-link="internal">Le Délit met à l’épreuve les autocollants « fast-pass »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">L’Université McGill a mis en place un système d’autocollants coupe-file (<em>fast-pass</em> en anglais, <em>ndlr</em>) afin d’accélérer l’accès aux bibliothèques, conditionnel à la présentation du passeport vaccinal depuis le 27 octobre dernier. <em>Le Délit</em> s’est penché sur ce nouveau programme d’autocollants et a examiné sa conformité aux exigences du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. <em>Le Délit</em> a également interrogé McGill sur les potentielles failles de ce système. Outre cette mesure en place depuis la fin octobre, l’Université a annoncé le 4 novembre dernier un projet-pilote de dépistage rapide de la COVID-19 sur le campus, quelques jours après les nombreux rassemblements des fêtes de l’Halloween auxquels McGill soutient que ses étudiant·e·s ont pris part.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Enquête sur les autocollants coupe-file</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les jours qui ont précédé l’imposition des passeports vaccinaux pour l’accès aux bibliothèques de McGill, l’Université a mis en place un système d’autocollants « coupe-file » permettant d’accélérer le processus de vérification du statut vaccinal. Les étudiant·e·s&nbsp; ayant rempli un formulaire de consentement et présenté leur passeport vaccinal ainsi que leur carte étudiante à un·e membre du personnel mcgillois peuvent se faire apposer sur leur carte étudiante un autocollant circulaire rouge sur lequel est écrit « McGill ». Cet autocollant certifie leur statut de personne adéquatement vaccinée. En plus d’être utilisés pour accélérer l’accès aux bibliothèques, ces autocollants sont également utilisés pour accéder aux installations sportives de l’Université (comme son centre de conditionnement physique) et à certaines de ses aires de restauration et salles à manger sur le campus. En date du 4 novembre, plus de 10&nbsp;000 autocollants avaient été distribués.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Des étudiant·e·s mcgillois·es ont exprimé certaines réserves quant à la véritable assurance de vaccination garantie par ces autocollants»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Or, des étudiant·e·s mcgillois·es ont exprimé certaines réserves quant à la véritable assurance de vaccination garantie par ces autocollants sur les réseaux sociaux, notamment dans le groupe Facebook des étudiant·e·s de la Faculté de droit. Certain·e·s ont évoqué la possibilité de simplement transférer l’autocollant de la carte étudiante d’une personne vaccinée à une autre carte. D’autres ont affirmé qu’il serait facile pour un individu de recréer ces autocollants, étant donné leur apparence générique. Enfin, certain·e·s se sont inquiété·e·s que ces autocollants ne conviennent pas aux standards gouvernementaux, puisqu’ils remplacent la présentation de la preuve de vaccination sous l’une des formes prescrites par la Santé publique – soit l’application VaxiCode, le code QR sur papier ou un PDF sur appareil mobile.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit</em> a interrogé l’Université McGill dans le but de savoir si elle avait contacté la Santé publique ou le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec et obtenu son approbation quant au programme d’autocollants coupe-file. En outre, <em>Le Délit</em> a demandé à&nbsp; McGill d’expliquer les mesures actuellement en vigueur afin de prévenir la falsification ou l’échange entre étudiant·e·s d’autocollants coupe-file.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa déclaration, McGill a répondu au <em>Délit</em> que le programme d’autocollants coupe-file a été « développé à partir des lignes directrices des autorités de santé publique concernant la présentation et la vérification de la preuve de vaccination&nbsp;». Selon l’Université, les autocollants distribués ne seraient pas des autocollants standard : ils seraient « impossibles à transférer », car ils se désintégreraient si retirés de la carte d’identité mcgilloise. McGill a également affirmé avoir formé son personnel afin qu’il soit en mesure de repérer des faux autocollants ou des autocollants mal placés.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Les autocollants coupe-file de l’Université tiennent donc le coup contre des tentatives de fraude menées par des étudiant·e·s muni·e·s d’outils de base»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit</em> a cherché à vérifier l’efficacité des mesures mises de l’avant par l’Université. Deux journalistes doté·e·s d’un autocollant coupe-file sur leur carte étudiante respective ont mis à l’épreuve le « dispositif de sécurité » dont seraient armés ces petits cercles rouges adhésifs. Équipé·e·s d’un couteau X‑acto, d’une règle et d’un bâtonnet de colle, les journalistes du <em>Délit</em> ont tenté de retirer les autocollants sans les endommager, sans succès. Tant en poussant leurs contours vers l’intérieur qu’en essayant d’en faire lever un coin, les autocollants se sont progressivement ratatinés et de fines lignes blanches sont apparues à tous les points de flexion. À la fin de l’exercice, les autocollants n’étaient que de minuscules amas chiffonnés impossibles à réutiliser. Les autocollants coupe-file de l’Université tiennent donc&nbsp;le coup contre des tentatives de fraude menées par des étudiant·e·s muni·e·s d’outils de base.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le Délit</em> a tenté de contacter le ministère de la Santé et des services sociaux du Québec afin d’obtenir des commentaires sur le programme d’autocollants coupe-fil mis en place par l’Université McGill. Au moment de publier, <em>Le Délit</em> n’avait pas obtenu de réponse.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-3 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="997" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-1-WP-997x1000.jpg" alt data-id="45362" data-full-url="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-1-WP-scaled.jpg" data-link="https://www.delitfrancais.com/?attachment_id=45362" class="wp-image-45362" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-1-WP-997x1000.jpg 997w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-1-WP-330x331.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-1-WP-768x770.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-1-WP-1532x1536.jpg 1532w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-1-WP-2043x2048.jpg 2043w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-1-WP-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 997px) 100vw, 997px"><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">Les outils du Délit</figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-1000x1000.jpg" alt data-id="45361" data-full-url="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-scaled.jpg" data-link="https://www.delitfrancais.com/?attachment_id=45361" class="wp-image-45361" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-1000x1000.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-330x330.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-768x768.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-1536x1536.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-2048x2048.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-600x600.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-2-WP-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">L’autocollant s’effrite progressivement</figcaption></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img loading="lazy" decoding="async" width="1000" height="1000" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-1000x1000.jpg" alt data-id="45360" data-full-url="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-scaled.jpg" data-link="https://www.delitfrancais.com/?attachment_id=45360" class="wp-image-45360" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-1000x1000.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-330x330.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-768x767.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-1536x1534.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-2048x2045.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-600x600.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/Fast-pass-3-WP-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px"><figcaption class="blocks-gallery-item__caption">L’autocollant ratatiné</figcaption></figure></li></ul></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dépistage rapide sur le campus</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 8 novembre, les membres de la communauté mcgilloise peuvent se rendre à la cafétéria du Pavillon Trottier de l’Université entre 12h et 17h afin de passer un test de dépistage rapide de la COVID-19. McGill affirme qu’elle est en mesure de faire entre 12 et 24 tests par heure. Les résultats de ces tests, confidentiels, sont disponibles en une vingtaine de minutes. Seules les personnes ne présentant pas de symptômes de COVID-19 peuvent accéder au projet-pilote, les individus symptomatiques étant toujours priés de ne pas se présenter sur le campus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Advenant un résultat positif, l’individu infecté doit se rendre dans un centre de dépistage offrant des tests PCR afin de confirmer sa positivité. La personne doit subséquemment signaler son résultat à l’Université, en appelant le groupe de gestion des cas de McGill au (514) 398‑3000 afin de permettre le traçage des contacts. Il est également à noter qu’un résultat négatif émis par le projet-pilote de dépistage rapide de McGill ne peut être présenté comme une preuve de négativité à la COVID-19 – aucun résultat sous forme papier ou autre n’est d’ailleurs fourni aux participant·e·s.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet-pilote a été annoncé alors qu’aucun cas de COVID-19 n’avait été signalé sur le campus mcgillois dans la semaine du 24 au 30 octobre. Or, les vice-principaux exécutifs adjoints Fabrice Labeau et Chris Buddle ont souligné que les étudiant·e·s avaient été nombreux·ses « à [se] rassembler […] ainsi qu’à fréquenter des bars et des restaurants » à l’occasion de la fin de semaine de l’Halloween&nbsp; et ont rappelé l’importance de signaler à l’Université des symptômes de COVID-19 apparus dans les 48 heures suivant une présence sur le campus.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Fabrice Labeau et Chris Buddle ont souligné que les étudiant·e·s avaient été nombreux·ses « à [se] rassembler […] ainsi qu’à fréquenter des bars et des restaurants » à l’occasion de la fin de semaine de l’Halloween»</p></blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Du nouveau pour les employé·e·s de l’Université</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis le 3 novembre, les membres de la faculté et du personnel ainsi que les employé·e·s étudiant·e·s de l’Université McGill ne sont plus contraint·e·s de remplir le formulaire d’autoévaluation quotidienne sur leur état de santé sur Minerva. Selon le courriel envoyé le 4 novembre par Fabrice Labeau et Chris Buddle, cette décision aurait été prise en raison de «&nbsp;commentaires sur cette obligation quotidienne&nbsp;» provenant du nombre grandissant d’employé·e·s et d’étudiant·e·s sur le campus.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, toute personne se rendant sur le campus – les membres des corps étudiant et professoral de même que le personnel – doit encore compléter une autoévaluation quotidienne de son état de santé, au moyen d’un formulaire d’autoévaluation disponible sur la page d’information sur la COVID-19 de l’Université. Il est toutefois à noter que ce formulaire ne vise qu’à informer et non à collecter des données.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/09/le-delit-met-a-lepreuve-les-autocollants-fast-pass/" data-wpel-link="internal">Le Délit met à l’épreuve les autocollants « fast-pass »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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