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	<title>Archives des Coin queer - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 28 Oct 2026 21:05:22 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>Quand la transidentité effraie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/quand-la-transidentite-effraie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Oct 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Culture pop]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[films]]></category>
		<category><![CDATA[horreur]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[Transidentité]]></category>
		<category><![CDATA[transphobie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Utilisation des codes de la transidentité dans l'horreur.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/10/28/quand-la-transidentite-effraie/" data-wpel-link="internal">Quand la transidentité effraie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Alors que les feuilles tombent et que la température chute, une dernière célébration vient ponctuer l’automne avant l’arrivée de l’hiver : Halloween. Et quoi de mieux qu’un bon film d’horreur pour se plonger dans l’ambiance de cette période effrayante? Alors, vous lancez un premier film : <em>Massacre à la tronçonneuse</em>. Puis, vous sélectionnez <em>Le Silence des agneaux</em>. De vrais classiques du cinéma d’horreur! Enfin, vous choisissez de conclure avec <em>Psychose</em>. Si vous avez terminé la soirée en beauté, un constat vous frappe. En y regardant de plus près, ces tueurs ont tous un point commun : ils transgressent, chacun à leur manière, les normes de genre. Plus encore que leur violence meurtrière, ce brouillage entre les codes de genre semble nourrir l’horreur qu’ils inspirent.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les origines du mythe&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour comprendre comment le motif narratif du tueur transgenre s’est ancré si profondément dans le cinéma de l’horreur, il faut revenir sur <em>Psychose</em>, un des films les plus influents du genre. Sorti en 1960, le film d’Alfred Hitchcock s’articule autour du meurtre de Marion Cranes et de l’enquête menée afin de trouver son assassin. Si on pense initialement que c’est une femme qui l’a tuée, le vrai <a href="https://collider.com/horror-movies-transphobia/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rebondissement </a>de l’intrigue se déroule à la fin du film. On y découvre que le tueur n’est pas une vieille femme, mais Norman Bates, le gérant du motel où avait séjourné Marion. C’est d’ailleurs cet aspect qui s’avère le plus révolutionnaire, mais aussi le plus troublant pour le public de l’époque. C’est la révélation de cet homme « habillé en femme » qui suscite la surprise et l’effroi des spectateurs, davantage que le meurtre en soi. À la fin, un docteur explique que Norman n’était pas « un travesti », mais qu’il souffre plutôt d’un trouble dissociatif qui le pousse à croire qu’il était sa mère.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, à une époque où la transidentité était très peu évoquée et encore moins acceptée, il est facile d’imaginer comment cette représentation du travestissement comme une pathologie monstrueuse a pu contribuer à renforcer des préjugés envers les personnes transgenres.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Ces représentations reflètent une transphobie évidente qui résulte, entre autres, de la pathologisation de la transidentité »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ce motif narratif sera d’ailleurs repris à de nombreuses reprises dans le cinéma d’horreur, notamment dans <em>Le silence des agneaux</em>. Le tueur en série Buffalo Bill cherche à confectionner un vêtement à partir de la peau de ses victimes – toutes des femmes – afin de se fabriquer une robe en peau humaine. L’une des scènes les plus marquantes du film le montre en train de se maquiller, alors que les cris d’une de ses victimes résonnent en arrière-plan. Dès lors, la monstruosité de Bill ne réside plus seulement dans ce qu’il fait à ses victimes. Sa folie semble d’autant plus effrayante, car il adopte des codes associés à la féminité. Cependant, il est expliqué par Hannibal Lecter (un autre tueur en série cannibale) que Bill n’est pas « un vrai transsexuel ». Si le film lui même tente de mettre une distance entre le tueur et la transidentité, cela ne reste que quelques lignes de dialogue dans un film de deux heures qui associe transgression de genre à une forme de folie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans son article « <em>Les femmes trans dans l’horreur </em>», <a href="https://fourteeneastmag.com/index.php/2019/01/18/blood-bodies-and-binaries-trans-women-in-horror/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Jenni Holtz</a> explique les conséquences très réelles de ce genre de représentation qui, selon elle, « <em>conduit certaines personnes à les considérer comme des sous-hommes, les transformant en monstres réduits à l’état d’objets abjects. De telles conceptions erronées engendrent des violences dans le monde réel (tdlr) </em>».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>&nbsp;L’horreur comme un reflet des angoisses de la société&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est souvent dit que le cinéma d’horreur est un <a href="https://theconversation.com/le-cinema-dhorreur-miroir-de-nos-angoisses-contemporaines-268442" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">miroir des angoisses de notre société</a>. Cette idée devient d’autant plus claire dans le cas des films d’horreur qui utilisent la transgression de genre comme un élément essentiel de la construction d’un personnage monstrueux. Ces représentations reflètent une transphobie évidente qui résulte, entre autres, de la pathologisation de la transidentité, considérée jusqu’en <a href="https://www.bbc.com/news/health-48448804" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2019 </a>comme un trouble mental et comportemental selon le manuel mondial de diagnostic de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ainsi, les personnes qui s’écartaient des normes de genre, qu’elles soient transgenres ou non, faisaient face à une double stigmatisation. Non seulement leur non-conformité aux attentes sociales était perçue comme déviante, mais elle était aussi fréquemment associée à la maladie mentale, un autre phénomène déjà fortement touché par les <a href="https://www.quebec.ca/sante/sante-mentale/s-informer-sur-sante-mentale-et-troubles-mentaux/combattre-prejuges-troubles-mentaux" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">préjugés</a>. Les films jouent donc sur ces deux stigmates – le travestissement et les troubles psychiatriques – pour susciter l’effroi du public. Ce procédé narratif contribue toutefois également à renforcer l’association entre les deux.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Se réapproprier la monstruosité&nbsp;</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si ces films promeuvent une image négative de la transidentité, comment expliquer qu’un certain nombre de personnes queer continuent de les regarder? C’est le <a href="https://theconversation.com/horrors-monsters-find-new-meaning-with-queer-and-trans-audiences-how-teenage-sex-and-death-at-camp-miasma-dissects-identity-291766" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">paradoxe </a>que Jane Schrodinger explore dans son film <em><a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/la-transidentite-dans-les-slashers/" data-wpel-link="internal">Teenage Sex and Death at Camp Miasma</a></em>. Kris, une réalisatrice queer, cherche à relancer une ancienne franchise de slasher qui la fascine depuis l’enfance : <em>Camp Miasma</em>. La franchise s’inspire directement du mythe du tueur trans incarné par <em>Little Death</em>, dont le questionnement sur sa réelle identité de genre participe à la création de sa monstruosité. Bien que Kris soit consciente de la transphobie qui est véhiculée dans ces films, elle reste profondément attachée à cet univers dans lequel elle trouve une forme de réconfort.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Il est possible de comprendre l’impact négatif que de telles représentations ont pu créer, tout en admettant qu’elles peuvent quand même être réappropriées et appréciées par certaines personnes de la communauté »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Le film met ainsi en avant la relation complexe et paradoxale que les personnes queer ont avec ce genre d’oeuvre. Ainsi, au-delà de cette mauvaise représentation, ces œuvres peuvent aussi être appréciées et interprétées sous un angle différent, plus positif. Par exemple, la monstruosité de ces personnages peut être vue comme une forme de résistance aux normes traditionnelles de genre. Ces personnages se retrouvent exclus de la société, car ils refusent de se conformer à ses attentes, une expérience qui peut faire écho au vécu de nombreuses personnes queer.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une autre façon, l’horreur, par son exploration souvent macabre du corps humain, permet également de se questionner sur son rapport au corps et sur la dysphorie de genre. Dans son article « <em><a href="https://www.them.us/story/body-horror-gender-dysphoria-essay" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Comment les films d’horreur corporelle [body horror] m’ont aidée à surmonter ma dysphorie de genre</a></em> », Nadine Smith explique : « <em>En tant que femme transgenre ayant lutté toute ma vie contre la dysphorie de genre, c’est peut-être le seul genre de film qui soit aussi préoccupé par la chair que moi. </em>» Ainsi, comme Kris dans <em>Camp Miasma</em>, il est possible de comprendre l’impact négatif que de telles représentations ont pu créer, tout en admettant qu’elles peuvent quand même être réappropriées et appréciées par certaines personnes de la communauté.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Quand utilisation devient appropriation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/quand-utilisation-devient-appropriation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[appropriation culturelle]]></category>
		<category><![CDATA[argot queer]]></category>
		<category><![CDATA[expressions]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[vocabulaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61158</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’usage commun de l’argot queer afro-américain.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>Slay, clock it, spill the tea, yass queen</em>, sont des termes que vous avez déjà entendus lors d’une conversation avec vos ami·e·s, sur internet, ou que vous avez peut-être même utilisés. Si&nbsp; ces expressions semblent aujourd’hui assez répandues – elles font&nbsp; partie du langage courant –, ces mots ont, en réalité, une histoire complexe et peu évoquée. Issu de la&nbsp; communauté queer afro-américaine et latinx, l’argot queer est désormais utilisé par le grand public,&nbsp; ce qui reflète une démocratisation plus globale de ces termes, même en dehors de la communauté&nbsp; LGBTQ+. Toutefois, cela crée également des tensions quant à une possible appropriation culturelle,&nbsp; surtout quand les personnes qui utilisent ces mots ne connaissent pas le&nbsp; contexte dans lequel ils ont émergé. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des <em>ballrooms </em>à TikTok </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La plupart des termes qu’on pourrait qualifier d’argot queer, et&nbsp; qui sont utilisés aujourd’hui, proviennent de la culture <em>ballroom </em>des&nbsp; années 1970. Ces espaces ont&nbsp; émergé en réaction au <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/voguing-de-harlem-a-montreal/" data-type="link" data-id="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/voguing-de-harlem-a-montreal/" data-wpel-link="internal">racisme </a>présent dans les concours de drag traditionnels, qui étaient donc&nbsp; surtout fréquentés par des personnes afro-américaines et latinx&nbsp; trans. Des compétitions s’y déroulaient, avec différents types&nbsp; d’épreuves qui opposaient des&nbsp; <em>houses </em>– des familles de substitution pour les personnes queer rejetées. C’est au sein de cet&nbsp; <a href="https://pridepalace.lgbt/blogs/news/gay-slang?srsltid=AU7gw4Uwh8qG9Fv4yQ9ZpqSWfTBt9esxcvCWEDdXfhFChjQkIqBCUJxV" data-type="link" data-id="https://pridepalace.lgbt/blogs/news/gay-slang?srsltid=AU7gw4Uwh8qG9Fv4yQ9ZpqSWfTBt9esxcvCWEDdXfhFChjQkIqBCUJxV" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">environnement </a>que de nombreux termes, et les significations qu’on leur attribue aujourd’hui, ont vu le&nbsp; jour. Le terme <em><a href="https://www.burnettfoundation.org.nz/articles/culture/popular-queer-slang-and-their-origins/" data-type="link" data-id="https://www.burnettfoundation.org.nz/articles/culture/popular-queer-slang-and-their-origins/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">slay</a></em>, par exemple, signifiait originellement qu’on avait&nbsp; tué quelque chose, mais dans les <em>ballrooms</em>, sa signification a évolué&nbsp; pour dire que quelqu’un avait vraiment réussi sa performance.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">D’autres mots, tels que le terme <em><a href="https://www.dictionary.com/culture/slang/periodt" data-type="link" data-id="https://www.dictionary.com/culture/slang/periodt" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">periodt</a></em>, peuvent être plus largement&nbsp; associés à l’anglais vernaculaire afroaméricain. C’est ce qu’on appelle&nbsp; l’<a href="https://www.britannica.com/topic/African-American-Vernacular-English" data-type="link" data-id="https://www.britannica.com/topic/African-American-Vernacular-English" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">AAVE </a>(<em>African-American Vernacular English</em>), un vernaculaire qui&nbsp; s’est développée aux États-Unis aux&nbsp; <em>17e et 18e </em>siècle et qui a été influencée par le contact de l’anglais britannique et des langues africaines.&nbsp; Ainsi, cet argot n’est pas uniquement issu des communautés queer, mais&nbsp; également de la culture et des pratiques linguistiques <a href="https://newsone.com/6854992/gen-z-slang-deeply-rooted-in-black-culture-linguistic-experts-say/" data-type="link" data-id="https://newsone.com/6854992/gen-z-slang-deeply-rooted-in-black-culture-linguistic-experts-say/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">afro-américaines</a> de manière plus générale.&nbsp; </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Le langage spécifique à une communauté […] contribue également à verbaliser certaines expériences spécifiques et créer ainsi un sentiment d’appartenance »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si la communauté queer qui utilisait ces expressions était à l’origine très minoritaire, il existe plusieurs facteurs qui peuvent expliquer son utilisation&nbsp; commune aujourd’hui. Dans un premier temps, la sortie du film documentaire <em>Paris is Burning</em> de Jennie&nbsp; Livingstone en 1991, qui se concentre&nbsp; sur la scène des <em>ballrooms </em>new-yorkais, a contribué à populariser cette&nbsp; culture très peu connue du grand public. Mais c’est surtout dans les années 2010 que l’utilisation de ces&nbsp; termes connaît son plus gros développement, notamment grâce à&nbsp; l’émergence des émissions télévisées qui mettent ouvertement en&nbsp; avant la culture LGBTQ+, telles que <a href="https://gcn.ie/queer-language-social-media/" data-type="link" data-id="https://gcn.ie/queer-language-social-media/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">RuPaul’s Drag Race</a>, lancée en 2009, ou&nbsp; encore Queer Eye, sortie en 2018. La popularisation du hip hop à aussi participé&nbsp; à l’essor de certains termes issus de l’AAVE et également utilisés dans la&nbsp; culture des <em>ballrooms</em>. Enfin, la popularisation de ces mots à un niveau global&nbsp; n’a été possible que grâce aux réseaux&nbsp; sociaux, qui ont fait circuler ces expressions. Cela explique également pourquoi&nbsp; ce vocabulaire est surtout adopté par la génération Z. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le polari : une langue secrète </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au 20e siècle, en Angleterre, les hommes homosexuels parlaient un&nbsp; langage « secret » : le <a href="https://www.bbc.com/culture/article/20170726-the-secret-language-that-broke-taboos" data-type="link" data-id="https://www.bbc.com/culture/article/20170726-the-secret-language-that-broke-taboos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">polari</a>. Initialement, cet argot était utilisé par&nbsp; diverses communautés marginalisées. Il finit par être parlé dans les&nbsp; <em>music halls</em> et progressivement adopté par la communauté homosexuelle.&nbsp; Composé d’une centaine de mots de vocabulaire et d’expressions, il avait un rôle identificateur et sécuritaire, l’homosexualité étant criminalisée à l’époque en Angleterre. Il permettait&nbsp; aux gens qui le parlaient de se reconnaître entre eux sans être forcément&nbsp; compris par d’autres. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au-delà de l’aspect purement pratique, le fait d’avoir un langage commun avait également un rôle&nbsp; unificateur au sein d’une communauté extrêmement discriminée.&nbsp; L’utiliser dans l’espace public était également une façon d’exister et de prendre de la place dans des lieux où&nbsp; l’homosexualité était fortement réprimée. De plus, certains mots utilisés&nbsp; servaient à nommer des expériences spécifiques à la sous-culture gaie qui n’avaient pas d’équivalents exacts en anglais. Dans un article pour la <a href="https://www.bbc.com/culture/article/20170726-the-secret-language-that-broke-taboos" data-type="link" data-id="https://www.bbc.com/culture/article/20170726-the-secret-language-that-broke-taboos" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">BBC</a>, le sociologue Paul Baker explique que le&nbsp; « polari n’était pas seulement une langue secrète, c’était une autre façon de voir le monde ».&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire du polari met en avant l’importance pour une communauté&nbsp; marginalisée d’avoir son propre vocabulaire. Aujourd’hui, cette langue n’est&nbsp; presque plus parlée – en 2010, Cambridge l’a déclarée comme une langue&nbsp; en <a href="https://www.advocate.com/news/daily-news/2010/12/10/polari-gay-code-language-faces-extinctionhttps://www.advocate.com/news/daily-news/2010/12/10/polari-gay-code-language-faces-extinction" data-type="link" data-id="https://www.advocate.com/news/daily-news/2010/12/10/polari-gay-code-language-faces-extinctionhttps://www.advocate.com/news/daily-news/2010/12/10/polari-gay-code-language-faces-extinction" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">voie de disparition,</a> notamment&nbsp; parce que sa fonction première a disparu suite à la dépénalisation de&nbsp; l’homosexualité en Angleterre. Cependant, son histoire nous rappelle qu’un&nbsp; langage spécifique à une communauté n’a pas uniquement pour but&nbsp; de communiquer, mais contribue également à verbaliser certaines expériences spécifiques et créer ainsi un sentiment d’appartenance.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Utilisation et appropriation&nbsp; </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cas de l’argot queer contemporain, son utilisation en dehors de la&nbsp; communauté noire LGBTQ+ n’est pas toujours bien accueillie, surtout quand ces termes sont repris sans aucune&nbsp; connaissance du contexte dans lequel&nbsp; ils ont émergé. L’appropriation du vocabulaire d’une communauté&nbsp; historiquement discriminée a pour risque d’effacer l’histoire et les expériences qui ont conduit à l’émergence de ces expressions. Ces mots sont parfois repris parce&nbsp; qu’ils sont considérés comme « cool » ou populaires, sans que leurs origines ou significations&nbsp; ne soient réellement bien comprises. C’est ce que souligne&nbsp; <a href="https://newsone.com/6854992/gen-z-slang-deeply-rooted-in-black-culture-linguistic-experts-say/" data-type="link" data-id="https://newsone.com/6854992/gen-z-slang-deeply-rooted-in-black-culture-linguistic-experts-say/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Jamaal Muwwakkil</a>, un sociologue, anthropologue et linguiste&nbsp; qui explique, en parlant des expressions AAVE : « Je ne comprends&nbsp; pas comment on peut entendre un mot et se dire : “Ce mot sonne bien ou il est intéressant; je ne vais pas me renseigner”, et commencer à le dire tout simplement. » </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« L’utilisation de ces termes est souvent marquée par un manque de connaissance quant à leur histoire »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, le manque de connaissances autour de ces mots signifie qu’ils sont parfois utilisés dans un sens différent&nbsp; de celui originellement attribué. L’expression <em><a href="https://www.them.us/story/clock-it-how-ballroom-coined-the-internets-new-catchphrase" data-type="link" data-id="https://www.them.us/story/clock-it-how-ballroom-coined-the-internets-new-catchphrase" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">clock it</a></em> est, par exemple,&nbsp; souvent utilisée comme une façon&nbsp; d’acquiescer ou d’approuver les propos d’une personne. Cependant, elle&nbsp; était initialement utilisée dans les ballrooms afin de faire comprendre à une personne queer ou trans qu’on&nbsp; avait compris qui elle était « réellement ». Son utilisation actuelle&nbsp; semble avoir complètement séparé&nbsp; le terme de ces différents sens et&nbsp; contribue d’une certaine manière à invisibiliser les expériences auxquelles&nbsp; cette expression était liée.&nbsp; </p>



<p class="wp-block-paragraph">On pourrait alors se dire que la popularisation de cet argot marque au&nbsp; moins une forme d’acceptation de la&nbsp; communauté noire LGBTQ+ et de sa culture. Toutefois, comme évoqué précédemment, l’utilisation de ces termes est souvent marquée par un manque de connaissance quant à leur&nbsp; histoire. L’appropriation de cet argot ne se limite d’ailleurs pas&nbsp; seulement aux personnes non queer. Au sein même de la communauté&nbsp; LGBTQ+, l’utilisation par des personnes blanches de l’argot queer&nbsp; afro-américain est <a href="https://www.wussymag.com/all/new-slang-for-gay-white-people-to-use-instead-of-appropriating-black-slang" data-type="link" data-id="https://www.wussymag.com/all/new-slang-for-gay-white-people-to-use-instead-of-appropriating-black-slang" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">critiquée</a>, car elle contribue à invisibiliser les origines et la culture d’où ont émergé ces mots.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Arrestations visant les LGBTQ+ en Turquie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/arrestations-visant-les-lgbtq-en-turquie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[droits]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[queer]]></category>
		<category><![CDATA[turquie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=61022</guid>

					<description><![CDATA[<p>De la « protection des enfants » à la criminalisation de la communauté.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/arrestations-visant-les-lgbtq-en-turquie/" data-wpel-link="internal">Arrestations visant les LGBTQ+ en Turquie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le dimanche 13 septembre 2026, la police turque a lancé une vague d’arrestations dans 15 provinces du pays. Cette opération cible spécifiquement la communauté LGBTQ+, et s’en prend à des bars, des boîtes de nuit queer, ainsi qu’à des associations LGBTQ+ et à leurs membres, dont certains sont arrêtés à leur domicile. Parmi ces associations, on retrouve notamment <a href="https://www.fugues.com/2026/09/14/vaste-operation-en-turquie-contre-les-militants-lgbtq-au-nom-de-la-protection-de-la-famille/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Kaos GL</a>, l’un des plus anciens et influents groupes de défense des droits LGBTQ+ de Turquie, faisant désormais l’objet d’une enquête pour « <em>obscénité</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au total, <a href="https://www.franceinfo.fr/monde/turquie/en-turquie-le-pouvoir-poursuit-sa-repression-contre-la-communaute-lgbt-et-incarcere-plusieurs-dizaines-de-personnes_8195711.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de 80 personnes</a> ont été placées en détention provisoire. Le ministère de la Justice turc annonce par ailleurs l’ouverture de poursuites judiciaires contre 162 suspects, 9 associations et 13 entreprises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En réponse à cette vaste opération de répression, des manifestants se sont <a href="https://www.rtbf.be/article/la-police-turque-arrete-150-personnes-lors-d-une-manifestation-pro-lgbtqia-11785672" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rassemblés</a> devant le tribunal de Çağlayan, dans le nord d’Istanbul, pour dénoncer les arrestations. La mobilisation a toutefois été réprimée à son tour : au moins 150 personnes, parmi lesquelles des journalistes et des avocats, ont été arrêtées selon les médias locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La répression de la communauté LGBTQ+ n’a rien de nouveau en Turquie. Une cinquantaine de personnes avaient déjà été <a href="https://www.franceinfo.fr/societe/lgbt/en-turquie-au-moins-50-personnes-ont-ete-arretees-au-cours-de-la-marche-des-fiertes-d-istanbul_8084000.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">arrêtées</a> lors de la dernière marche des fiertés d’Istanbul en juin. Mais les récentes opérations s’inscrivent dans le cadre de la « <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/09/15/en-turquie-la-vague-d-arrestations-dans-la-communaute-lgbt-se-poursuit_6774480_3210.html?srsltid=AU7gw4U4IcNzpIPgRlhgWIe_sG7oyjiZWv4A_mRzI8VTRaxZonHhhdeo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">décennie de la famille</a> » défendue par le gouvernement turc. Ce programme politique cherche à « protéger l’institution de la famille et des générations futures », tout en augmentant la natalité. Dans ce contexte, le gouvernement turc dépeint la communauté LGBTQ+ comme un danger. L’opération policière a d’ailleurs été nommée « ma famille en sécurité », sous-entendant que la communauté LGBTQ+ constitue une menace pour la famille. Le président turc Recep Tayyip Erdoğan a qualifié les membres de la communauté LGBTQ+ de « pervers ». Bien qu’être queer ne soit pas illégal en Turquie, cette rhétorique portée par l’État nourrit une stigmatisation bien plus large dans la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette offensive du gouvernement turc suscite de l’inquiétude au sein de la communauté LGBTQ+ locale et annonce une réelle escalade dans les mesures visant les personnes queers. Dans un communiqué publié le 15 septembre, <em><a href="https://www.amnesty.org/en/latest/news/2026/09/turkiye-authorities-must-end-escalating-crackdown-on-lgbti-rights-groups-and-immediately-release-detained-activists/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Amnesty International</a></em> explique que « <em>cette répression massive s’inscrit dans une attaque plus vaste et continue contre les droits des personnes LGBTQ+ et de celles qui défendent ces droits (tdlr)</em> ». La Turquie n’est toutefois pas le premier pays à invoquer la protection de la famille pour légitimer des mesures restrictives envers la communauté LGBTQ+. Une interrogation demeure alors : en quoi l’existence d’une minorité queer pourrait-elle vraiment mettre en « danger » la famille?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un danger pour la famille?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ses détracteurs, l’existence même de la communauté LGBTQ+ remet en question le modèle familial traditionnel. En s’éloignant du modèle classique composé d’un père, d’une mère et de leurs enfants, les personnes queers proposent d’autres formes de relations et de structures familiales, ce qui est parfois perçu comme une remise en cause de cette institution en tant que norme sociale. Au-delà de ce qu’elle représente pour la famille traditionnelle, la communauté queer est également perçue comme étant dangereuse pour les enfants. Cette idée se manifeste notamment dans les controverses autour de la « propagande <em>woke</em> » et les accusations selon lesquelles les personnes LGBTQ+ chercheraient à influencer ou à <a href="https://news.sky.com/story/the-parents-who-say-their-kids-are-being-indoctrinated-by-uk-schools-11720871" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">endoctriner</a> les jeunes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rhétorique n’est pas nouvelle, et des idées similaires avaient déjà été utilisées par des activistes anti-gais dans les <a href="https://www.npr.org/2022/05/11/1096623939/accusations-grooming-political-attack-homophobic-origins" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">années 1970</a> avec des campagnes comme <em>Save our Children</em>, qui présentait les personnes homosexuelles et trans comme des dangers pour les enfants. Ces accusations de « <em>grooming</em> » (terme anglais qui désigne le processus par lequel un adulte aborde intentionnellement des mineurs et les manipule à des fins sexuelles) continuent d’ailleurs d’être mobilisées à ce jour afin de discréditer ou restreindre les discours en faveur de la communauté LGBTQ+. Une technique très efficace, puisqu’elle présente l’intolérance sous l’angle de la protection des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aux États-Unis, de nombreux scandales ont éclaté cette dernière décennie autour de cette panique morale. Évoquer la communauté queer à l’école ou dans les livres de cours est décrié comme une forme de propagande susceptible de corrompre l’innocence des enfants. C’est donc cette même logique, utilisée dans les années 1970, qui est reprise aux États-Unis aujourd’hui, afin non seulement de présenter la communauté comme perverse, mais également afin d’empêcher toute discussion sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre dans les écoles. La Floride a d’ailleurs adopté<a href="https://www.npr.org/2022/03/28/1089221657/dont-say-gay-florida-desantis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> en mars 2022</a> la loi « <em>Don’t Say Gay</em> », « Ne dites pas “gai” » afin de limiter les discussions sur la communauté LGBTQ+ dans le milieu scolaire.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Une technique très efficace, puisqu’elle présente </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">l’intolérance sous l’angle de la protection des enfants »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, si les défenseurs de cette loi utilisent la protection des enfants comme argument principal, cette idée ne prend pas en compte les effets néfastes que peut avoir le manque de représentation ou de discussion. Tout d’abord, cette loi donne l’impression qu’être queer est quelque chose d’inapproprié, qui ne devrait pas être évoqué, renforçant ainsi les stigmates associés à la communauté. De plus, en empêchant d’évoquer ces sujets à l’école, ces mesures participent à invisibiliser la communauté LGBTQ+, ce qui peut aggraver le <a href="https://www.npr.org/2022/03/30/1089462508/teachers-fear-the-chilling-effect-of-floridas-so-called-dont-say-gay-law" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mal-être</a> des jeunes personnes queers, une population déjà touchée de façon disproportionnée par des problèmes de santé mentale. C’est d’ailleurs ce qu’explique Clinton McCracken, un professeur en Floride, dans un article de NPR : « <em>Je n’apprends pas aux enfants à être homosexuels […] j’essaie de toutes mes forces de leur apprendre à s’accepter tels qu’ils sont.</em> » Ici, ce genre de discussion n’est pas vu comme une propagande pour rendre les jeunes queers, mais simplement comme une manière d’aider les personnes queers à s’accepter.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De protection à criminalisation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La Russie a pris des mesures similaires en adoptant en 2013 <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2013/06/11/la-russie-reprime-propagande-homosexuelle-et-offenses-aux-croyants_3428182_3214.html?srsltid=AU7gw4VOimtKR76y4bsFI5auTEECgyycH0dSSs4RXEpoKhEEbJUY897g" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux lois</a> punissant les actes de « propagande » homosexuelle auprès de mineurs, avec des sanctions allant de l’amende à 90 jours d’emprisonnement lorsque cette « propagande » est diffusée sur Internet. À l’époque, ce sont les mêmes arguments mettant en avant la protection des enfants qui ont été utilisés pour défendre la loi. Mais celle-ci visait seulement les mineurs, une autre loi a été <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2022/11/24/la-russie-durcit-sa-legislation-contre-la-propagande-homosexuelle_6151480_3210.html?srsltid=AU7gw4XnM2gIVXkYzBjMXxYZghgaBf0b5YMdFyFSwehH90XDOTDllv8l" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">adoptée</a> en novembre 2022 qui interdit la « propagande des relations sexuelles non traditionnelles » et étend donc cette interdiction à l’intégralité du champ public. En novembre 2023, la Cour suprême russe a tout simplement banni le mouvement « international LGBTQ+ », considéré comme « extrémiste ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Ce genre de discussion n’est pas vu comme une propagande pour rendre les jeunes queers, mais simplement comme une manière d’aider les personnes queers à s’accepter »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, d’un discours sur la protection des enfants et de la famille découlent des atteintes de plus en plus importantes à la liberté d’expression qui finissent par s’étendre à l’ensemble de la société. Il devient non seulement difficile d’aborder ces sujets avec les enfants, mais tout simplement impossible de les évoquer dans la sphère publique de la société. En Russie, ces lois ont ouvert la porte à la simple criminalisation du mouvement. Reste à voir comment la situation en Turquie évoluera.</p>
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		<title>La transidentité dans les slashers</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/la-transidentite-dans-les-slashers/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louane Biquin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Culture pop]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[culture pop]]></category>
		<category><![CDATA[film]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[Transidentité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60914</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une réflection sur le film Teenage Sex and Death at Camp Miasma.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">À l’approche de l’automne et de la saison des frissons, nous sommes certainement nombreux à être prêts à nous replonger dans l’univers des films d’horreur. Un des genres les plus populaires est celui des slashers, dans lesquels un personnage masqué assassine les personnages un à un. Ce sous-genre cinématographique exploite très souvent les personnages queer et trans, qui incarnent une transgression effrayante en raison de leur identité incompréhensible pour certains et de leur remise en question du statu quo.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Remanier le genre de l’horreur</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette représentation évidemment stéréotypée, péjorative mais surtout inadéquate de la transidentité et de l’homosexualité est entièrement repensée par Jane Schoenbrun dans son nouveau long-métrage, <em>Teenage Sex and Death at Camp Miasma</em>, présenté au Festival de Cannes 2026, où il a également remporté la <a href="https://www.imdb.com/fr/news/ni65853196/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Palme Queer</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Schoenbrun met en scène une jeune réalisatrice, Kris Williams – jouée par Hannah Einbinder – chargée de réaliser un nouveau film dans la franchise fictive des <em>slashers</em> Camp Miasma. Elle rencontre alors Billy Presley – que Gillian Anderson interprète – une actrice populaire de la saga que Kris poursuit, mais qui vit désormais recluse. Alors que les deux femmes apprennent à se connaître, elles réalisent que <em>Little Death</em> – la Petite Mort – le tueur des Camp Miasma originaux, est bel et bien réel et s’apprête à frapper à nouveau. S’ensuit alors une aventure métacinématographique dans laquelle Kris et Billy tentent non pas forcément d’échapper à la mort, mais de se libérer des entraves de la sexualité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le métacinema au service de la libération queer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Schoenbrun retravaille les lieux communs du cinéma de l’horreur en redonnant à son personnage trans, <em>Little Death</em>, une agentivité inégalée : les <em>slashers</em> du Camp Miasma sont en fait créés par <em>Little Death</em> pour son amusement. La deuxième partie du film est ambiguë : l’agentivité créative du tueur prend le dessus alors que Kris et Billy le laissent créer un nouveau film à l’intérieur de celui de Schoenbrun. <em>Teenage Sex and Death at Camp Miasma</em> présente un simulacre des slashers du Camp Miasma dans lequel les personnages se mettent sciemment en scène.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Une aventure méta cinématographique dans laquelle Kris et Billy tentent non pas forcément d’échapper à la mort, mais de se libérer des entraves de la sexualité »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Notre réalisateur·ice rejette l’exploitation des personnes trans afin de recentrer leur identité transgressive de façon positive. En effet, Kris et Billy ne survivent que parce qu’elles acceptent l’autorité de <em>Little Death</em> et sa puissance artistique. Elles cèdent à la qualité méta du film de Schoenbrun afin de défier les stéréotypes et de dépasser le visionnage : elles deviennent des personnages dans leur vie réelle, et réelles dans le cinéma.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Teenage Sex and Death at Camp Miasma</em> explore les thèmes de la dissociation, de la fragmentation du soi ainsi que de la répression (sexuelle et de genre). Il offre une alternative aux pressions de la société patriarcale et capitaliste dans laquelle les personnes issues de la communauté 2SLGBTQIA+ peuvent occuper la place qui leur est due. Il s’assume pleinement comme parodie, comme hyperréalité et c’est justement sa plus grande force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les projets de Jane Schoenbrun, ce film compris, représentent réellement une bouffée d’air frais pour les personnes trans et queer. Iel met en avant des identités peu représentées avec finesse, précision et volonté.</p>
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		<title>Un an du Club DD’s</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-an-du-club-dds/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[inclusion]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a maintenant un an, le 9 septembre 2025, le Club DD’s ouvrait pour la première fois ses portes à l’occasion de sa soirée de lancement – et la réponse de la communauté queer de Montréal ne s’est pas fait attendre. Une longue file s’est rapidement formée, remontant jusqu’à l’intersection entre Duluth et Saint-Laurent.&#8230;&#160;<a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-an-du-club-dds/" rel="bookmark" data-wpel-link="internal">Lire la suite &#187;<span class="screen-reader-text">Un an du Club DD’s</span></a></p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Il y a maintenant un an, le <a href="https://www.instagram.com/p/DOiwmaoEZT4/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">9 septembre 2025</a>, le Club DD’s ouvrait pour la première fois ses portes à l’occasion de sa soirée de lancement – et la réponse de la communauté queer de Montréal ne s’est pas fait attendre. Une longue file s’est rapidement formée, remontant jusqu’à l’intersection entre Duluth et Saint-Laurent. Cependant, malgré la longue attente, c’est la bonne humeur qui régnait ce soir-là : le Plateau retrouvait enfin une boîte de nuit queer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Situé au cœur du quartier du Plateau Mont-Royal, sur le boulevard Saint Laurent, le Club DD’s a remplacé le bar de musique en direct le Blue Dog. Ce bar précédemment très apprécié des habitants du quartier, a été <a href="https://cultmtl.com/2025/07/montreal-music-venue-blue-dog-to-close-due-to-pressure-imposed-by-noise-complaints/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">forcé</a> de fermer à la suite de problèmes financiers liés à des plaintes du voisinage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si sa fermeture a causé de nombreux émois, les nouveaux propriétaires de l’espace ont réussi en cinq semaines à transformer entièrement l’ancien bar en une boîte de nuit créée par et pour les personnes 2SLGBTQI+. Depuis son ouverture, le club est devenu un lieu incontournable pour la communauté queer du Plateau, particulièrement la communauté lesbienne. Les propriétaires du club l’expliquent dans un <a href="https://www.forgetthebox.ca/features/leclub-dds" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">article</a> de <em>Forget The Box</em> : leur idée était de recréer l’ambiance du <em>Drugstore</em>, un bar lesbien de six étages qui a fermé en 2013.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Plateau et son histoire queer</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si aujourd’hui le Club DD’s est la seule boîte de nuit destinée à un public <a href="https://dictionnaire.lerobert.com/definition/saphique" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">saphique</a>, cela n’a pas toujours été le cas à Montréal. En effet, à la suite de la <a href="https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/les-bars-lesbiens-du-plateau-mont-royal-durant-les-annees-1980" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">répression policière</a> qu’ont subi les bars queer au moment des Jeux Olympiques de 1976, les lieux de la communauté ont quitté le centre-ville. D’un côté, les hommes gais ont développé leurs bars et boîtes de nuit dans ce qu’on appelle maintenant le Village, et d’un autre, la communauté lesbienne s’est implantée dans le quartier du Plateau, où elles résidaient dans des logements communaux – moins chers –, adoptant souvent des modes de vie contre-culturels.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, de nombreux espaces dédiés aux lesbiennes ont émergé, surtout sur la rue Saint Denis. On parle alors de « <em>l’âge d’or</em> » du lesbianisme à Montréal. Toutefois, cela n’a pas duré. Au fil des années, le nombre d’espaces qui leur sont dédiés a diminué, passant de sept en 1992 à un en 2003.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Club DD’s, un espace inclusif</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce tableau sombre, le Club DD’s apparaît comme une lumière pour la communauté lesbienne de Montréal. Cependant, cet endroit n’est pas uniquement un espace pour les femmes lesbiennes. Il se distingue par son inclusivité envers tous les membres de la communauté 2SLGBTQI+. S’il s’y déroule effectivement de nombreuses soirées saphiques, il y a également des événements pour d’autres groupes de la communauté queer. On peut penser aux soirées transmasc, drag, QTBIPOC (pour les personnes queer et trans, autochtones et racisées), aux soirées pour les plus de trente ans et même aux soirées de socialisation pour les personnes neurodivergentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, alors que beaucoup de clubs 2SLGBTQI+ à Montréal sont destinés principalement aux hommes gais cisgenres, le Club DD’s devient bien plus qu’un bar ou une boîte de nuit : un véritable espace communautaire où chacun.e peut exister en sécurité et sans peur d’être jugé.e pour ce qu’il ou elle est.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/09/16/un-an-du-club-dds/" data-wpel-link="internal">Un an du Club DD’s</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’homosexualité : un sujet encore tabou</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/lhomosexualite-un-sujet-encore-tabou/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Sep 2026 00:38:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Coupe du monde]]></category>
		<category><![CDATA[homophobie]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[soccer]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60806</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pourquoi y a-t-il aussi peu de joueurs ouvertement gais dans le soccer?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/lhomosexualite-un-sujet-encore-tabou/" data-wpel-link="internal">L’homosexualité : un sujet encore tabou</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Cet été, comme tous les 4 ans, s’est déroulée la Coupe du monde de soccer. Alors que des <a href="https://inside.fifa.com/fr/organisation/media-releases/coupe-du-monde-bat-plusieurs-records-audience?requester=MediaHub" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">records d’audience</a> ont à nouveau été réalisés et que le soccer est plus que jamais présenté comme un sport capable d’unir le monde, il reste une minorité qui n’est presque jamais évoquée dans le soccer masculin, la communauté LGBTQ+. Sur <a href="https://coupedumonde2026.net/joueurs/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1 244 joueurs sélectionnés</a> pour ce Mondial, aucun n’est ouvertement homosexuel. Même au-delà de cette compétition, le constat reste le même: il n’y a quasiment aucun joueur de classe mondiale ouvertement homosexuel ou tout simplement queer. Mais alors, comment expliquer que le sport le plus populaire du monde – autant en nombre de spectateurs que de pratiquants – n’ait pratiquement aucune figure ouvertement gaie, surtout quand on le compare à son homologue féminin? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Culture de la masculinité </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Avant même d’évoquer l’homosexualité, il faut comprendre que la culture du soccer impose une vision très précise et figée de la masculinité. Le soccer, comme nombre d’autres sports de haut niveau, promeut le mythe de l’athlète viril censé dépasser sa douleur pour exceller. Si cette image ne se limite bien sûr pas au joueur de soccer, les normes de genre qui l’accompagnent semblent être profondément ancrées dans la culture de ce sport. Ainsi, toute transgression de cette image de la masculinité est remarquée, si ce n’est critiquée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Un exemple assez parlant quand on évoque l’impact de ces normes est celui du défenseur Benjamin Pavard, qui publie en février 2025 une <a href="https://www.instagram.com/p/DGbO3mGi-k9/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">photo</a> de lui en débardeur blanc. Si cette image n’a à première vue rien de particulièrement choquant, les réactions moqueuses et les commentaires homophobes n’ont pas attendu pour se faire entendre, et cela aussi bien de la part d’internautes anonymes que de la part de ses coéquipiers en équipe de France. Le cas de Benjamin Pavard n’est pas un incident isolé. L’espagnol <a href="https://www.sofoot.com/breves/borja-iglesias-se-confie-au-sujet-de-la-masculinite-toxique-et-de-lhomophobie-quil-subit-dans-le-foot" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Borjas Iglesias</a> – un joueur d’ailleurs engagé pour la lutte contre l’homophobie et la masculinité toxique – a également été victime d’une vague d’insultes homophobes après avoir porté du vernis sur ses ongles. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce genre de réaction à ce qui peut à peine être considéré comme des transgressions aux normes de genre illustre à quel point le soccer reste façonné par une culture toxique de la masculinité. Aucun de ces deux joueurs ne s’est déclaré homosexuel, mais ils restent malgré tout la cible d’insultes homophobes, simplement parce qu’ils s’affichent avec des éléments qui ne correspondent pas aux normes de genre traditionnelles. Ce phénomène est d’ailleurs particulièrement visible dans le soccer, comme le montre une <a href="https://www.bbc.com/sport/football/61912426" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">étude</a> du syndicat des joueurs (<a href="https://www.fifpro.org/fr" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">FIFPRO</a>). On y constate que les joueurs sont ciblés en fonction « <em>de la perception qu’on a de leur comportement ou de leur personnalité » (tdlr)</em>, mais aussi pour leurs soutiens à la communauté LGBTQ+. Dans un contexte où un simple écart aux normes de genre traditionnelles peut être sanctionné par des réponses virulentes, l’idée d’admettre ouvertement son homosexualité peut sembler difficilement viable, expliquant en partie sa rareté. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« La culture du soccer impose une vision très précise et figée de la masculinité »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Ces craintes ne sont d’ailleurs pas infondées. L’histoire tragique de Justin Fashanu, le premier footballeur professionnel à avoir publiquement fait son coming-out, le prouve. Ce joueur anglais – le premier footballeur britannique noir à avoir été <a href="https://tetu.com/2020/10/22/histoire-gay-lgbt-sport-homophobie-football-souvenir-justin-fashanu-premier-coming-out-gay-joueur-foot/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">transféré pour un million de livres</a> – se destinait à une très belle carrière. Mais son <em>coming-out</em>, le <a href="https://tetu.com/2026/06/11/sport-coupe-monde-foot-2026-histoire-visibilite-coming-out-gay-football/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">22 octobre 1990</a>, va bouleverser ses plans. Dans un premier temps, il est rejeté par sa famille, surtout son frère. Mais l’homophobie va ensuite s’étendre au monde du soccer alors qu’ilperd le soutien de son manager et devient la cible de supporters. En 1998, il met fin à sa carrière de footballeur avant de mettre fin à ses jours quelques mois plus tard. Fashanu est aujourd’hui au pan-théon du soccer pour sa contribution à ce sport, mais son histoire tragique a laissé une empreinte dans le monde du soccer. Il faudra attendre deux décennies pour qu’un autre joueur en activité ait le courage de faire son coming-out publiquement. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Évolutions et déceptions </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette histoire remonte aux années 90’. Depuis, la société dans son ensemble a largement évolué sur la question de l’homosexualité. On pourrait donc penser que le monde du soccer a lui aussi évolué. Plusieurs campagnes contre l’homophobie ont été mises en place dans différentes ligues professionnelles. La Ligue de football professionnel (LFP) française a lancé une <a href="https://www.lfp.fr/article/contre-l-homophobie-un-flocage-unique-symbole-d-un-engagement-collectif" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">campagne</a> qui implique, entre autres, la présence d’un badge distinctif aux couleurs de l’arc-en-ciel et des messages de sensibilisation dans les stades et à la télévision. En Angleterre, la Ligue anglaise de football (EFL) <a href="https://www.bbc.com/sport/football/articles/cqlg6740xg6o" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a fait de même</a> avec notamment un ballon aux couleurs de l’arc-en-ciel et des dons à l’association <em>Football v Homophobia</em>. Cependant, ces actions principalement symboliques ont reçu des retours assez mitigés, avec le refus de certains <a href="https://www.stophomophobie.com/la-journee-de-lutte-contre-les-lgbtphobies-en-ligue-1-ne-fait-pas-consensus/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">joueurs de participer</a> évoquant des croyances personnelles ou religieuses. La LFP a d’ailleurs <a href="https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/La-lfp-abandonne-les-couleurs-arc-en-ciel-sur-les-maillots-des-joueurs-sur-une-journee-de-ligue-1-dediee-a-la-lutte-contre-l-homophobie/1658703" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">abandonné</a> cette initiative contre l’homophobie, préférant réunir les luttes contre toutes les différentes formes de discrimination en une même campagne. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Les joueurs qui voudraient faire leurs coming-out ne seraient pas réellement soutenues par ces institutions »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Si les grandes institutions du football tentent de montrer un visage uni contre l’homophobie, certaines de leurs décisions peuvent sembler assez contradictoires avec ce discours. On peut notamment évoquer l’attribution de la Coupe du Monde 2022 au Qatar, un pays où l’homosexualité est <a href="https://www.humandignitytrust.org/country-profile/qatar/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">illégale</a>. Ce genre de décision peut entretenir l’idée que les joueurs qui voudraient faire leurs <em>coming-out</em> ne seraient pas réellement soutenus par ces institutions. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le milieu du soccer masculin semble assez peu accueillant pour les joueurs homosexuels, comment se fait-il que le foot-ball féminin soit, lui, beaucoup plus ouvert sur ce sujet? En effet, la Coupe du monde de 2023 comptait <a href="https://www.bbc.com/worklife/article/20230818-fifa-2023-womens-world-cup-good-queer-joy-on-and-off-the-pitch" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">96 athlètes ouvertement LGBTQ+</a>, dont des stars mondiales, comme Megan Rapinoe ou Vivianne Miedema. Cette différence peut notamment être expliquée par le fait que les joueuses, en pratiquant un sport traditionnellement associé à la masculinité, vont déjà à l’encontre de certaines normes de genre. Il est ainsi moins difficile de briser d’autres normes en se revendiquant LGBTQ+.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/08/31/lhomosexualite-un-sujet-encore-tabou/" data-wpel-link="internal">L’homosexualité : un sujet encore tabou</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>La performance de l’homosexualité : un privilège?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Joséphine Miton]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Réflexion]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[discrimination]]></category>
		<category><![CDATA[expression]]></category>
		<category><![CDATA[performance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60646</guid>

					<description><![CDATA[<p>Blague innocente, signe d’ouverture ou nouveau costume?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/" data-wpel-link="internal">La performance de l’homosexualité : un privilège?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Deux hommes hétéros imitent une voix, se prennent par la taille, font semblant d’être en couple pour une photo, puis éclatent de rire. L’un ajoute « <em><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/No_homo" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">no homo</a></em> » et tout rentre dans l’ordre. Pendant ce temps, un homme gai tient la main de son partenaire. Il surveille autour de lui, sonde le quartier, évalue le risque. Pour les uns, l’homosexualité est un prétexte pour rire. Pour les autres, c’est juste une vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Entre violences et « <em>bromance</em> »</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur papier, le contexte semble plus apaisé. Un sondage du <a href="https://www.pewresearch.org/global/2020/06/25/global-divide-on-homosexuality-persists/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Pew Research Center</a> mené en 2019 dans 34 pays montre que 52 %, en médiane, des répondant·e·s estiment que l’homosexualité « <em>devrait être acceptée par la société </em>(<em>tdlr</em>) ». Dans plusieurs pays, l’acceptation a gagné plus de dix points depuis le début des années 2000. Le <a href="https://ressource.sos-homophobie.org/Rapports_annuels/rapport_LGBTIphobies_2025.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Rapport sur les LGBTIphobies 2025</a> décrit pourtant toujours l’école comme un des principaux lieux de violences, parlant d’une « police du genre » exercée entre élèves : moqueries, insultes, mises à l’écart de celles et ceux qui ne rentrent pas dans la bonne case de la masculinité ou de la féminité. En France, le <a href="https://www.education.gouv.fr/contre-l-homophobie-et-la-transphobie-l-ecole-40706" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ministère de l’Éducation nationale</a> rappelle lui aussi qu’il est « essentiel de ne pas banaliser, sous prétexte de jeu ou d’humour, ces comportements ». En parallèle, une partie de la recherche en sociologie montre l’émergence de nouvelles formes de masculinité où des hommes hétérosexuels rejettent plus clairement l’homophobie, se montrent plus tactiles entre eux et revendiquent une « <em><a href="https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/09589236.2016.1245605" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinité plus douce</a></em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre la brutalité toujours très réelle des LGBTIphobies et ces « <em><a href="http://bromances" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bromances</a></em> » : que penser d’un geste aussi banal que deux mecs qui « font les gais » pour rire? Blague innocente, signe de progrès ou nouveau costume qui maintient l’homosexualité à distance?</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Où le « jeu » apparaît</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ces scènes, le scénario se répète. On imite une voix jugée « efféminée ». On exagère des gestes codés comme gais. On se présente comme « en couple » avec son meilleur ami, avant de dissiper tout malentendu. L’homosexualité devient un filtre comique, une intonation, une position du corps. Elle sert à cimenter la complicité du groupe, pas à parler de désir ni de violence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeu n’est pas marginal. Il traverse les équipes sportives amatrices, les groupes d’amis urbains, les établissements scolaires et universitaires situés dans des milieux se considérant comme « ouverts » et éduqués. Cette présence est attestée à la fois dans une <a href="https://journals.sagepub.com/doi/pdf/10.1177/15579883211061009" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revue systématique</a> portant sur les masculinités contemporaines et dans <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-4446.12055" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’ethnographie d’un lycée anglais</a> réalisée par Mark McCormack. Là, l’insulte frontale devient moins visible. Elle se fait plus rare dans les couloirs. On préfère le clin d’œil ironique, le « <em>no homo</em> » murmuré après un câlin de trop. Pourtant, les chiffres rappellent que la ligne n’est pas la même partout. En France, 41 % des personnes déclarent utiliser encore des insultes homophobes comme « pédé » ou « enculé », une proportion qui monte à 47 % chez les moins de 35 ans (<a href="https://www.ifop.com/wp-content/uploads/2019/06/cp_fjr_250619.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">IFOP, 2019</a>). L’institut note que l’homophobie explicite reste plus fréquente dans les milieux peu diplômés et recule avec le niveau d’éducation. Autrement dit, la violence change de forme selon l’espace social : dans certains milieux, on insulte ; dans d’autres, on ironise.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« L’homosexualité devient un filtre comique, une intonation, une position du corps. Elle sert à cimenter la complicité du groupe, pas à parler de désir ni de violence »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La lecture du « progrès » : masculinité inclusive</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Certains chercheurs y voient une rupture réelle. Eric Anderson, dans son ouvrage <a href="https://www.taylorfrancis.com/reader/read-online/46ef3f94-4ae9-4efe-9fe2-53bdeb7d4b42/book/pdf?context=ubx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Inclusive Masculinity: The Changing Nature of Masculinities</em></a> et dans <a href="https://www.tandfonline.com/doi/pdf/10.1080/09589236.2016.1245605?needAccess=true" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un article</a> coécrit avec Mark McCormack, propose la « théorie de la masculinité inclusive » . Elle repose sur un concept central : l’« homohysteria », non pas la peur d’être gai, mais la peur d’être vu comme tel par les autres. Tant qu’elle est forte, chaque geste est surveillé. On évite les câlins, les confidences, les larmes, tout ce qui pourrait être lu comme trop féminin. Quand l’homophobie culturelle recule, la peur d’être perçu comme gai perd de son pouvoir. Quand elle diminue, le terrain de jeu s’ouvre : les gestes de tendresse redeviennent possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enquêtes ethnographiques sur des lycées et campus britanniques ou nord-américains décrivent des groupes de garçons hétérosexuels qui rejettent ouvertement l’insulte homophobe et incluent des camarades gais dans leur cercle. <a href="https://www.taylorfrancis.com/reader/read-online/46ef3f94-4ae9-4efe-9fe2-53bdeb7d4b42/book/pdf?context=ubx" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Anderson</a> documente aussi une tactilité accrue entre eux : étreintes prolongées, partage de lit, gestes de tendresse qui auraient été impensables dans les années 1980. Une <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674484/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revue systématique publiée dans l’<em>American Journal of Men’s Health</em></a> synthétise 33 études. Elle identifie quatre traits récurrents dans ces masculinités contemporaines : plus d’inclusivité, plus d’intimité émotionnelle et physique, plus de résistance aux normes virilistes classiques. Dans cette lecture, « jouer au gai » ne signifie pas forcément se moquer des gais. C’est aussi le signe qu’une partie des garçons ne construit plus son identité en fuyant à l’idée de « passer pour pédé ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La lecture du « costume » : masculinités hybrides</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bridges et Pascoe parlent de « <em><a href="https://compass.onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/soc4.12134" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">masculinités hybrides</a></em> » : une « <em>incorporation sélective d’éléments associés aux masculinités marginalisées </em>». Concrètement, des hommes, souvent blancs, hétéros, de classe moyenne ou supérieure, s’approprient la sensibilité, l’humour queer ou la douceur sans jamais céder leur position de pouvoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Appliquée à notre jeu de départ, cette grille change la question. « Jouer au gai » devient un marqueur de confort social : seul celui qui est sûr de sa place dans la hiérarchie, masculin, hétéro, légitime, peut se permettre la mise en scène sans craindre que l’étiquette reste. McCormack, qui est pourtant l’un des partisans d’une lecture optimiste de la masculinité inclusive, le reconnaît lui-même : dans son ethnographie d’un lycée de milieu populaire en Angleterre, les attitudes pro-gais et la tactilité existent, mais « <em>ces comportements sont <a href="https://onlinelibrary.wiley.com/doi/epdf/10.1111/1468-4446.12055" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moins prononcés que chez les garçons de classe moyenne</a>.</em> » Un constat que <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8674484/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Connor et al</a>. élargissent : ces nouvelles formes de douceur et d’inclusivité s’observent surtout chez de jeunes hommes hétérosexuels, de classe moyenne, dans des pays occidentaux riches.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, ces deux lectures ne s’excluent pas : les mêmes garçons peuvent adopter des gestes plus doux et inclusifs tout en portant ce « nouveau costume de classe » qui les laisse en position dominante.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Toujours le même gagnant</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeu rappelle qu’on peut imiter, surjouer et tourner en dérision l’homosexualité, alors que ceux qui sont réellement gais n’ont pas cette marche arrière. <a href="https://www.jean-jaures.org/publication/lgbtphobies-etat-des-lieux-2019/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La Fondation Jean-Jaurès</a> documente leurs stratégies d’invisibilité au quotidien : éviter de se tenir la main, changer de quartier, taire son couple.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Il faut une certaine tranquillité pour se déguiser en ce que d’autres subissent »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Certains hommes gais apprennent à y participer, à rire avec le groupe, parfois pour s’y fondre. Mais cette adaptation a un coût : ce que Meyer appelle la « <em><a href="https://psycnet.apa.org/fulltext/2003-99991-002.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dissimulation de soi</a></em> » , c’est-à-dire mettre à distance sa propre identité pour survivre socialement. Cette stratégie constitue en soi une charge psychologique à part entière. Plus largement, ses travaux sur le stress minoritaire montrent que ces signaux répétés — blagues, sous-entendus, caricatures — alimentent un stress chronique fait d’anticipation du rejet, d’autosurveillance et de honte intériorisée, même sans violences explicites. <a href="https://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2021/6-7/2021_6-7_1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Les recherches sur les microagressions</a> envers les jeunes minorités sexuelles le confirment : ce type de blagues est associé à davantage de symptômes dépressifs et d’anxiété chez les jeunes LGBTQ+.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce jeu n’est jamais neutre et est toujours inégal. La vraie question reste : qui peut jouer sans jamais perdre? Les hommes hétérosexuels, les plus légitimes, peuvent « faire les gais » pour une blague et revenir aussitôt à une identité jamais menacée. Il faut une certaine tranquillité pour se déguiser en ce que d’autres subissent. Ceux directement concernés n’ont pas ce luxe. Le costume, pour eux, n’a jamais été un déguisement.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/la-performance-de-lhomosexualite-un-privilege/" data-wpel-link="internal">La performance de l’homosexualité : un privilège?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[histoire]]></category>
		<category><![CDATA[lesbienne]]></category>
		<category><![CDATA[sida]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60417</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le rôle des lesbiennes pendant l’épidémie du sida.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/" data-wpel-link="internal">Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">On peut observer en ce moment une montée des tensions et des divisions au sein même de la communauté LGBTQ+. Des groupes de personnes s’identifient comme gais, <a href="https://nypost.com/2023/11/18/opinion/why-its-time-for-lgb-to-divorce-tq/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">remettent en question</a> la légitimité de la présence du T (transgenre) dans l’acronyme LGBT, expliquant que, pour elles, la transidentité n’a pas de rapport avec leur sexualité. Ce genre de discours s’intègre dans un climat de plus en plus hostile aux personnes LGBTQ+, à la fois dans la société, mais également au sein de leur propre communauté. Avec l’avènement de tensions intracommunautaires, l’ordre actuel de l’acronyme LGBTQ+ nous renvoie à une période de solidarité entre les différentes identités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’ordre des lettres n’a pas toujours été celui que l’on connaît aujourd’hui. En effet, dans les années 60 et 70, le terme GLBT était le plus répandu. Cela reflétait la domination des hommes gais aussi bien par le nombre de bars et d’espaces qui leur étaient consacrés que par leur représentation relativement disproportionnée dans les milieux militants. Car, même si les différents groupes de la communauté partageaient des expériences d’oppression similaires, la question <a href="https://vitrinelinguistique.oqlf.gouv.qc.ca/fiche-gdt/fiche/26532478/intersectionnalite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">de l’intersectionnalité</a> – c’est-à-dire le cumul des différentes formes de domination ou de discrimination – peut expliquer un sentiment de supériorité que certains hommes homosexuels blancs pouvaient ressentir. Il existait notamment une <a href="https://www.huffpost.com/entry/aids-crisis-lesbians_n_5616867ae4b0e66ad4c6a7c4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hostilité</a> assez importante entre les hommes gais et les femmes lesbiennes, influencée en partie par un sexisme flagrant ancré dans les structures patriarcales de l’époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’épidémie du sida a modifié le rapport entre les deux groupes. Au cours de cette crise, les hommes homosexuels, qui en étaient les principales victimes, ont souvent été abandonnés, que ce soit par le gouvernement ou plus largement par la société. La stigmatisation et la marginalisation des homosexuels ont conduit certains professionnels de la santé à refuser de traiter les personnes atteintes du sida.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Cette solidarité inattendue symbolise la capacité […] </p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">de ces groupes à s’unir dans l’adversité »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une solidarité en temps de crise</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte de détresse importante que des groupes de lesbiennes se sont formés, notamment afin d’organiser des dons de sang. En effet, les patients atteints du VIH souffrent souvent d’anémies et nécessitent de nombreuses transfusions. Mais, dans l’objectif d’éviter la contamination des réserves, de nombreux gouvernements avaient décidé de <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC5554671/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bannir</a> le don aux hommes qui avaient des relations sexuelles avec d’autres hommes, aggravant la pénurie de sang. Les femmes lesbiennes, n’ayant aucune restriction administrative du même style, ont décidé de s’organiser afin de mettre en place des récoltes. Une des organisations de Blood Sisters les plus connues est celle de <a href="https://www.teenvogue.com/story/san-diego-blood-sisters-lifesaving-care-during-the-aids-crisis" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">San Diego</a>, qui a réussi à organiser 12 collectes sur une décennie, témoignant d’un soutien indéfectible à la communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce soutien ne se limitait pas aux dons de sang. Nombreuses étaient les femmes lesbiennes qui se portaient volontaires pour travailler en tant qu’infirmières dans les hôpitaux. Elles apportaient aussi un soutien psychologique en rendant visite aux hommes atteints du sida, qui étaient souvent délaissés par leur famille. Certaines de ces femmes allaient jusqu’à ouvrir des <a href="https://www.youthco.org/lesbian_solidarity_during_the_aids_epidemic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">hospices</a> dans leurs propres maisons afin d’offrir aux personnes mourantes la possibilité de finir leur vie dans un environnement plus paisible.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un symbole d’unité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette solidarité inattendue de la part d’une communauté qui avait souvent été méprisée par les hommes gais symbolise la capacité de ces groupes à s’unir dans l’adversité. Si le terme LGBT était déjà quelque peu utilisé, la démocratisation de son emploi dans cet ordre précis témoigne d’une reconnaissance particulière envers la communauté lesbienne</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/pourquoi-le-l-est-en-premier-dans-lgbtq/" data-wpel-link="internal">Pourquoi le L est en premier dans LGBTQ+</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’art du drag et la liberté d’expression</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lart-du-drag-et-la-liberte-dexpression/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Félix Fournier]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Culture pop]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[drag]]></category>
		<category><![CDATA[féminité]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[liberté d'expression]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60423</guid>

					<description><![CDATA[<p>La performance de genre comme vecteur de progrès social.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lart-du-drag-et-la-liberte-dexpression/" data-wpel-link="internal">L’art du drag et la liberté d’expression</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans le canon populaire, l’art du drag est représenté par un homme cisgenre (assigné au sexe masculin à la naissance) qui se déguise en femme dans le but de divertir. Cette forme de drag est fréquemment &nbsp;<a href="https://shakespeare.edel.univ-poitiers.fr/index.php?id=2957" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">retracée à l’époque shakespearienne</a>, quand tous les rôles d’une pièce étaient joués par des hommes. Le drag dans cette forme anglo-saxonne trouve officiellement ses origines dans l’exclusion des femmes au théâtre. Cependant, le drag a été, et est encore un vecteur de libération et de progrès pour les femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un problème de cadrage</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Réduit à cette présentation la plus connue, un homme déguisé en femme est perçu par certains comme une consommation de la féminité assimilée aux spectacles de ménestrels, aussi appelé Blackface. À Hollywood, ce déguisement de genre a pu être utilisé comme une manière de peindre une caricature exagérée de la femme ou bien représenter un dégoût envers les femmes trans. Dans le film culte <em><a href="https://www.imdb.com/fr/title/tt0381707/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">FBI : Fausses blondes infiltrées (White Chicks)</a> </em>de 2004, la performance des deux acteurs afro-américains Marlon Wayans et Shawn Wayans, en jeunes femmes riches et blanches, sert à articuler une critique du privilège blanc et économique tout en s’appuyant sur un humour misogyne qui rend le déguisement acceptable aux yeux du grand public. Malgré les nombreux problèmes qui émanent de ce jeu de scène qui puise dans un répertoire hétérosexuel et cisgenre, le drag apporte une opportunité de critique inaccessible dans d’autres contextes. Cependant, réduire l’art du drag à son itération construite par la majorité hétérosexuelle, parce qu’elle en est la forme la plus visible, revient à négliger entièrement l’art du drag dans les mains des minorités.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un outil de lutte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Manié par des groupes marginalisés, le drag est un outil historique de transgression et d’opposition. Cette forme d’art vise à déconstruire les normes patriarcales de beauté, de genre et plus largement les structures de pouvoir en place, notamment raciales et capitalistes. Les artistes fondamentalement en dehors de ce qui était accepté socialement pour leur pauvreté, leur ethnie ou leur déviance, comme la troupe de drag des <a href="https://www.cockettes.com/history/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Cockettes</a>, sont définis par une provocation politique et une remise en question totale des systèmes d’oppression. Un film plus connu et grand public,<em><a href="https://www.imdb.com/fr-ca/title/tt0114682/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> À Wong Foo, merci pour tout Julie Newmar</a></em> de 1995, peint l’image de drag queens qui apportent une créativité et une libération artistique à une petite ville rurale. Créées en collaboration avec des membres de différentes communautés souvent reléguées à l’arrière-plan sur la scène politique, ces instances de drag élargissent la définition, ainsi que la position de la femme dans la société. Ce film comique réussit à remettre en question les formes de violences et de répressions banalisées, notamment les violences domestiques et policières.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Transidentité et drag</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, le rapport entre la présentation de genre et l’identité est complexe et le drag offre un espace d’expression qui n’est autrement pas toléré dans la vie publique. L’expérience avec le genre sur scène accorde une certaine liberté, une place et une représentation de la beauté non conforme aux attentes d’un monde cisgenre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le drag au masculin</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le drag au masculin est beaucoup moins accepté et visible sur nos écrans. Dans un contexte patriarcal, les drag kings contredisent la compréhension de l’homme comme la figure par défaut de l’humanité en révélant ses artifices. De plus, l’art des drag kings est un moyen historique pour des artistes nées femmes de survivre et de se faire une place dans les domaines qui sont autrement inaccessibles. De Jeanne d’Arc au 15e siècle à <a href="https://nmaahc.si.edu/gladys-bentley" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Gladys Bentley</a> au 20e siècle, se déguiser en homme a pu permettre aux femmes, autant cis, hétéros, que queers, d’assurer leur indépendance et leur sécurité, notamment sur le plan économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui la diabolisation du drag est l’un des points centraux du projet de l’<a href="https://www.lgbtqnation.com/2025/05/promised-no-more-drag-shows-at-kennedy-center-their-new-season-is-full-of-drag/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">administration Trump</a>, qui déclare mener une politique « antiwoke » dans le but de protéger les enfants. La réaction aussi violente au drag est un symptôme de problèmes sociaux plus larges. Si le drag, la représentation de la féminité, est perçu comme intrinsèquement sexuel, cela reflète une vision des femmes réduite à des objets de reproduction ou de plaisir sexuel. Le drag reste tout de même populaire et ancré dans nos médias, sa continuité garantit la liberté d’expression la plus radicale.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/18/lart-du-drag-et-la-liberte-dexpression/" data-wpel-link="internal">L’art du drag et la liberté d’expression</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>L’évolution du queerbaiting</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/levolution-du-queerbaiting/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Culture pop]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[identité]]></category>
		<category><![CDATA[Musique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre revendications et accusations problématiques. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/levolution-du-queerbaiting/" data-wpel-link="internal">L’évolution du queerbaiting</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans le quatrième épisode de la série à succès <em>Heated Rivalry</em>, une reprise de la chanson des années 2000 « <em>All the Things She Said</em> » est utilisée pour illustrer un moment de tensions particulièrement intense entre les deux personnages principaux. Cela a permis à la chanson d’obtenir un regain de popularité assez inattendu, se hissant au <a href="https://ca.billboard.com/harrison-all-the-things-she-said-billboard-canada-charts-2675052140" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">55<em>e</em> rang</a> du classement <em>Billboard Hot 100</em> canadien. Cependant, l’intérêt renouvelé pour ce tube met également en lumière le passé problématique du groupe t.A.T.u, accusé de « <em>queerbaiting</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>queerbaiting</em>, ou, pseudo-représentation queer, désigne l’utilisation de références à la communauté LGBTQ+ dans les médias dans le but d’attirer un public queer, sans réelle intention de représenter la communauté. Ce terme s’applique souvent aux séries qui mettent de l’avant une tension romantique entre deux personnes du même sexe, suggérant une potentielle attirance, sans jamais rendre explicite l’homosexualité de leurs personnages. Cette ambiguïté volontaire est une manière d’attirer un public queer qui, par manque crucial de <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/la-representation-nest-quun-premier-pas/" data-wpel-link="internal">représentation</a>, va continuer à regarder la série dans l’espoir que ces sous-entendus deviennent réalité. Si ce terme est souvent utilisé pour dénoncer des séries, le <em>queerbaiting</em> peut également faire référence à d’autres œuvres culturelles, comme la musique, le cinéma ou la littérature.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Cette ambiguïté volontaire est une manière d’attirer un public <br>queer qui, par manque crucial de représentation, va continuer à<br>regarder dans l’espoir que ces sous-entendus deviennent réalité »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <em>queerbaiting</em> comme stratégie marketing</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre du groupe t.A.T.u, les accusations de <em>queerbaiting</em> émanent de la mise en scène des deux chanteuses. Elles sont souvent présentées dans leurs clips et sur scène en train de s’embrasser, ce qui crée une ambiguïté quant à la nature de leur relation. Si montrer deux femmes s’embrasser n’a en soi rien de problématique, une représentation lesbienne sincère n’a jamais été l’objectif du groupe russe. Les deux chanteuses ont continuellement nié être <a href="https://www.npr.org/2023/08/23/1195490245/all-the-things-she-said-queer-anthem-or-problematic-queerbait" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lesbiennes</a>, et ont même reconnu dans le documentaire <em><a href="https://www.youtube.com/watch?v=9DEz8QArSQA&amp;list=PL5C03DB3431AC9337&amp;index=1" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>Anatomie de t.A.T.u</em></a></em>, que cette relation avait surtout un but marketing. En 2011, après la dissolution du groupe, l’une des chanteuses est allée plus loin en proférant dans une entrevue des propos ouvertement homophobes, expliquant qu’elle « <em><a href="https://www.starobserver.com.au/news/celebrity-news/t-a-t-u-singer-i-just-want-my-son-to-be-a-real-man-not-a-fag/128033" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">n’accepterait pas un fils homosexuel</a> (</em>tdlr<em>)</em> ». Ce groupe est un exemple flagrant de l’utilisation de l’imagerie LGBTQ+ à but purement financier et sans réel engagement ou représentation de la communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une histoire de censure</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le terme <em>queerbaiting</em> ait émergé dans les années 2000, cette tendance s’inscrit dans une histoire plus longue de la représentation de personnages queer dans les œuvres culturelles. Jusqu’à 1968, le Code Hays régulait ce qui pouvait être montré à l’écran des films hollywoodiens, limitant notamment les scènes de nudité, les couples interraciaux et les représentations explicites de l’homosexualité. La seule manière pour les scénaristes de contourner ces restrictions était d’avoir recours à des sous-entendus – aussi nommés <em>queercoding</em> – et donc de faire comprendre par des détails qu’un personnage est LGBTQ+. Même une fois le <a href="https://www.backstage.com/magazine/article/hays-code-rules-history-77748/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Code Hays</a> abandonné, il restait assez rare qu’un personnage soit ouvertement queer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les années 2000, l’homosexualité devient plus acceptée, mais les médias restent réticents à mettre de l’avant des personnages ouvertement queer. Afin d’attirer un public LGBTQ+ sans risquer de se mettre à dos une partie de leur auditoire, certaines séries mettent en avant des personnages qui sont montrés de manière ambiguë et implicitement queer, sans que ces identités ne soient sérieusement développées. L’usage du terme <em>queerbaiting</em> est, dans ces cas, une manière de dénoncer ces pratiques opportunistes qui cherchent à tirer profit de l’espoir d’une communauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des accusations qui ne se limitent plus à la fiction</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, l’usage de ce terme devient plus controversé quand il cesse d’être appliqué à des œuvres culturelles, mais qu’il est employé pour dénoncer des personnalités publiques. Ces dernières années, plusieurs acteurs et artistes ont été accusés de <em>queerbaiting</em> dû au port de certains vêtements ou à l’adoption d’une certaine esthétique. En 2020, la couverture de Vogue où l’on voit Harry Styles porter une robe a été vivement <a href="https://www.theguardian.com/world/2023/jan/26/queerbaiting-accusations-harry-styles-cardi-b-taylor-swift" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">critiquée sur les réseaux</a>, car le musicien se serait approprié les codes de la communauté LGBTQ+ sans en faire ouvertement partie. Ces accusations sous-entendent qu’explorer son identité de genre ou simplement essayer d’autres styles n’est réservé qu’aux personnes publiquement LGBTQ+. Cela renforce les stéréotypes de genres, car ainsi, seuls les hommes queers pourraient avoir du vernis ou porter des robes.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Ces accusations sous-entendent qu’explorer son identité de genre ou simplement essayer d’autres styles n’est réservé qu’aux personnes publiquement LGBTQ+ »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’ambiguïté entourant la sexualité de certains artistes est parfois qualifiée de <em>queerbaiting</em>. Des artistes ouvertement queers, comme Billie Eilish ou Fletcher, ont ainsi fait l’objet de critiques après avoir été aperçus en couple avec des hommes, alors même que leurs chansons expriment une attirance pour les femmes. Parce que ces artistes expriment clairement leur <em>queerness</em>, certains admirateurs disent se sentir « <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/veille-sanitaire/veille-sanitaire-du-lundi-16-juin-2025-9208676" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">trahis</a> » ou manipulés quand il est révélé que ces artistes sont dans une relation d’apparence hétérosexuelle. Ces réactions négligent la possibilité que la personne puisse être bisexuelle, et que sortir avec une personne du sexe opposé ne remette pas en cause son identité LGBTQ+. De plus, ces attentes enferment les artistes dans une case très précise, alors même que la sexualité peut être quelque chose de fluide.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus récemment, l’acteur vedette de la série <em>Heated Rivalry</em>, Hudson William, a également été la cible d’une <a href="https://www.thepinknews.com/2026/02/17/heated-rivalry-fans-defend-hudson-williams-over-queerbaiting-claims-after-showing-girlfriend/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vague de critiques</a> après avoir posté des photos de lui et sa petite amie sur Instagram, alors qu’il joue un personnage gay dans la série. Pour certains, le manque de clarté sur son orientation sexuelle durant la promotion de la série révèle une volonté de maintenir une ambiguïté, alors que d’autres affirment que ces acteurs n’ont en aucun cas l’obligation de révéler leurs orientations sexuelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des conséquences tangibles</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces dénonciations de <em>queerbaiting</em> ont parfois des conséquences réelles pour les membres de la communauté LGBTQ+. En 2022, l’acteur Kit Connor, qui interprète Nick dans la série <em>Heartstopper</em>, une histoire d’amour entre deux hommes, a expliqué s’être senti « <em><a href="https://www.bbc.com/news/entertainment-arts-63469444" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">forcé</a></em> » de faire son <em>coming out</em> à cause de la pression des réseaux sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, si le terme de <em>queerbaiting</em> cherchait initialement à dénoncer l’exploitation commerciale de la communauté LGBTQ+ dans certaines œuvres de fiction, il s’est aujourd’hui étendu à des critiques de personnes réelles. De plus, la définition de <em>queerbaiting</em> reste fondamentalement subjective, car elle se base principalement sur notre perception d’intentions, souvent impossible à vérifier. Ainsi, ce qui est considéré comme <em>queerbaiting </em>pour une personne ne l’est pas forcément pour une autre, un flou qui contribue à renforcer les désaccords sur le sujet.</p>
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		<title>Voguing : de Harlem à Montréal</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/voguing-de-harlem-a-montreal/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[Danse]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une danse de contestation en plein essor.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le terme <em>voguing</em> peut paraître assez abstrait pour certains. Il évoque surtout le fameux magazine de mode <em>Vogue</em>, ou encore la chanson de Madonna. Pourtant, le <em>voguing</em> est avant tout une forme de danse née dans les années quatre-vingt dans les <em>ballrooms</em> de New York. L’histoire de cette danse est riche et possède une signification particulière pour la communauté LGBTQ+ noire et latino. Le <em>voguing </em>n’est pas simplement une danse, mais un véritable moyen d’expression et d’émancipation pour un groupe souvent mis à l’écart et discriminé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une histoire complexe </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette danse a initialement vu le jour à New York, plus précisément à Harlem, un quartier où s’est développée une importante communauté afro-américaine LGBTQ+. C’est au cœur de <em>ballrooms</em> – des espaces de compétition créés par des personnes trans afro-américaines et latinos en réaction au racisme souvent présent dans les concours de drag traditionnels que cette danse a pris forme. Ces compétitions opposent différentes houses – des familles de substitution pour les personnes queer rejetées par leurs familles – à travers diverses épreuves, telles que le « <em>realness</em> » (passer comme une personne cisgenre ou hétérosexuelle), la « <em>face </em>» (concentré sur la beauté du visage) ou encore le « <em>voguing</em> ». Ainsi, le <em>voguing </em>est une danse compétitive où chacun cherche à faire rayonner sa house en remportant des trophées. Il s’agit également d’un geste éminemment politique, car il laisse libre cours aux expressions de genre et aux identités de ses participants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>voguing</em> s’inspire des poses de mannequins – d’où son nom, emprunté au magazine de mode <em>Vogue </em>– en exagérant notamment les mouvements des mains et des bras. Ce terme recouvre toutefois plusieurs styles distincts. Le <em>Old Way</em>, d’abord, privilégie la linéarité et la droiture des mouvements. Le New Way ajoute ensuite des éléments de contorsion ainsi que le catwalk et le duckwalk. Enfin, le style de <em>voguing</em> le plus contemporain, le vogue fem, qui reprend beaucoup d’éléments du New Way tout en mettant l’accent sur la rapidité et la fluidité des mouvements ; un style qui cherche à célébrer la féminité. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, au départ, le <em>voguing</em> restait une pratique limitée à la communauté LGBTQ+ afro-américaine et latino, cette danse a bénéficié d’une exposition mondiale dans les années quatre-vingt-dix, et cela, notamment grâce à la chanson de Madonna, « <em>Vogue </em>». Celle-ci reprend de nombreux éléments de la culture <em>ballroom</em>. Le documentaire Paris Is Burning, mettant en avant la scène de <em>voguing</em> new-yorkaise, participe aussi à sa popularité croissante. Cette exposition médiatique a contribué à la diffusion du <em>voguing</em> à travers le monde, chaque ville développant ses propres styles, pratiques et dynamiques culturelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le <em>voguing</em> à Montréal </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Montréal possède aujourd’hui sa propre scène de <em>voguing</em>. Depuis une dizaine d’années, on observe un essor de la culture <em>ballroom</em>, notamment avec l’organisation, en 2017, de l’un des premiers <em>kiki balls</em> de la ville – un format de <em>ball</em> qui regroupe une population souvent plus jeune et pensée comme un espace de préparation aux grands <em>balls</em>. On trouve également de plus en plus de cours de <em>voguing</em> où chacun peut apprendre les rudiments de la danse. Des associations telles que <em>Ballroom For Community</em> proposent régulièrement des événements autour de la culture des <em>ballroom</em> et du <em>voguing</em>, offrant la possibilité au grand public de découvrir une facette importante de la culture LGBTQ+. Toutefois, même avec l’ouverture et la démocratisation de cette pratique, il demeure certains événements qui célèbrent les communautés noires et latinos et qui restent réservés à la communauté d’origine du <em>voguing</em>.</p>
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		<title>Le drapeau arc-en-ciel retiré de Stonewall</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/le-drapeau-arc-en-ciel-retire-de-stonewall/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2slgbtqia+]]></category>
		<category><![CDATA[administration trump]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[états-unis]]></category>
		<category><![CDATA[new york]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60065</guid>

					<description><![CDATA[<p>L’instrumentalisation des symboles LGBTQ+ dans l’espace public américain.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le lundi 9 février, le grand drapeau arc-en-ciel qui marquait le monument national de Stonewall Inn à New York, a été retiré de son mât par l’administration Trump. Cela s’est déroulé dans une grande discrétion : un jour, le drapeau flottait au vent dans le parc, le lendemain, il n’y était plus. Le représentant des Services des parcs nationaux (NPS) affirme avoir agi conformément aux directives gouvernementales : selon un <a href="https://home.nps.gov/subjects/policy/upload/Flag_Guidance_Memorandum_1-21-2026.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mémorandum de politique générale</a> publié par le département de l’Intérieur en janvier 2026, il est interdit d’afficher des drapeaux autres que celui des États-Unis et celui du département de l’Intérieur. La communauté LGBTQ+ de New York n’est pas restée sans réagir. <a href="https://www.advocate.com/politics/advocacy/stonewall-flag-removal-protest#google_vignette" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">En moins de 24 heures</a>, plusieurs centaines de personnes se mobilisent et affluent pour protester dans le parc de Stonewall. Le retrait du drapeau arc-en-ciel du monument suscite un énorme mouvement de contestation, et <a href="https://www.nytimes.com/2026/02/12/nyregion/stonewall-flag-protest-nyc.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un le drapeau LGBTQ+ est de nouveau levé le 12 février.</a></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le symbolisme de Stonewall</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1969, une <a href="https://amnistie.ca/sinformer/communiques/international/2019/etats-unis/cinquante-ans-apres-emeutes-stonewall-fierte" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">série d’émeutes</a> ont éclaté à la suite d’un raid mené par un groupe de policiers au Stonewall Inn – un bar queer de New York. Ce qui n’était à l’origine qu’une réaction spontanée de la part des clients du bar se transforme en un véritable mouvement de contestation nationale et donne naissance aux premières marches des fiertés. <em>« Stonewall est très important dans l’histoire queer (tdlr) »</em>, explique la Dre Alex Ketchum, membre du département d’Études sur le genre, la sexualité, le féminisme et la justice sociale à McGill<em>. « C’est un lieu lourd en symbolisme, donc un choix stratégique à cibler. »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas non plus la première fois que Stonewall se retrouve dans le viseur de l’administration Trump. <a href="https://www.advocate.com/news/bisexual-rights-stonewall-national-monument" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Plus tôt dans son mandat</a>, le président américain a effacé toute mention se rapportant aux communautés trans, puis quelques mois plus tard aux personnes bisexuelles. <em>« Il faut comprendre que, même avant l’intervention de Trump, le mémorial de Stonewall n’existait pas dans un vide politique »,</em> rappelle Dennis Ohm, doctorant en anthropologie à McGill. Il explique comment les droits et les conditions de vie des groupes les plus marginalisés de la communauté LGBTQ+ sont menacés depuis bien plus longtemps. Il poursuit en affirmant : <em>« Dans la politique LGBTQ+ – surtout dans une société libérale – on met beaucoup l’accent sur les symboles, sur les drapeaux ; mais qu’en est-il des réalités économiques, de l’accès aux soins pour ces communautés marginalisées? »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Politiques d’effacement</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette réforme s’inscrit dans un contexte de répression politique de plus en plus inquiétant. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump n’a cessé d’invisibiliser les personnes, et les communautés, jugées « radicales » de l’espace public. <em>« Le moins ces communautés sont visibles, plus il est facile de les opprimer sans que cela devienne un sujet de débat public »,</em> explique Naomi Fleeger, étudiante américaine à McGill.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques semaines après son arrivée au pouvoir, Trump commence déjà à effacer les communautés marginalisées de l’espace public. L’organisme PEN America, qui mesure la liberté de la presse, a compilé en fin d’année dernière une <a href="https://pen.org/banned-words-list/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">liste</a> toujours croissante de mots à retirer des plateformes web et documents officiels du gouvernement américain<em>. « J’ai beaucoup de collègues, des historiens queer qui ont écrit des articles pour ces sites, et leurs articles ont été modifiés sans les prévenir »</em>, raconte Dre Ketchum. <em>« C’est tellement grave, et ça se passe partout. Dans l’éducation, les milieux professionnels et même académiques »</em>, déplore-t-elle. <em>« C’est très décourageant, même s’il y a des efforts au sein de la communauté pour pallier ce problème. Plus le temps passe, et plus le processus de reconstruction sera difficile. »</em> Du Canada, tout cela peut paraître distant, mais il est important de noter la montée de la transphobie et de l’homophobie ici aussi. Dre Ketchum avertit contre l’ignorance délibérée : <em>« À une échelle plus locale, l’Université McGill a beaucoup coupé d’initiatives d’équité. Nous sommes attaqués par notre propre administration. Même si on ne retire pas de drapeau arc-en-ciel en ce moment, ce qui se passe aux États-Unis nous montre que ça pourrait toujours arriver. »</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/le-drapeau-arc-en-ciel-retire-de-stonewall/" data-wpel-link="internal">Le drapeau arc-en-ciel retiré de Stonewall</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Les coins queer</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/les-coins-queer/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Photographie]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[2SLGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[bar]]></category>
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		<category><![CDATA[clubs]]></category>
		<category><![CDATA[queer]]></category>
		<category><![CDATA[solidarité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Où se retrouver en communauté à Montréal.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le café Dispatch</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Dispatch est un café connu comme étant un espace accueillant pour les personnes de la communauté 2SLGBTQ+. C’est un café queer idéal, qui offre un espace de rencontre et de travail. Le café est issu d’un approvisionnement éthique qui met en avant la traçabilité et la qualité du café qu’ils offrent.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Co-op Bar Milton</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1428" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerBMP-2000x1428.jpeg" alt class="wp-image-60100" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerBMP-2000x1428.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerBMP-650x464.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerBMP-150x107.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerBMP-768x549.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerBMP-1536x1097.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerBMP-2048x1463.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Félix Fournier | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le Co-op Bar Milton-Parc est une coopérative de solidarité gérée par ses employés et qui reçoit des événements pour la communauté 2SLGBTQ+ : soirées micro ouverts, karaoké. Mais c’est un bar qui propose également des événements ouverts à tous, comme des ateliers d’information politique et des levées de fonds engagées (ex : Fonds de secours pour les enfants palestiniens, refuge pour femmes autochtones de Montréal).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le bar Champs</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="2000" height="1428" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerChamps-2000x1428.jpeg" alt class="wp-image-60101" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerChamps-2000x1428.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerChamps-650x464.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerChamps-150x107.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerChamps-768x549.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerChamps-1536x1097.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerChamps-2048x1463.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Félix Fournier | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Le bar de sport Champs permet de se retrouver dans une atmosphère décontractée. Les différentes générations et communautés peuvent se rassembler devant un match de sport ou simplement pour danser. Le bar propose des événements ouverts à tous : regarder des performances de drags, apprendre à danser à la manière country, ou participer à des soirées de jeu-questionnaire de connaissances générales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Club DDs</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="2000" height="1428" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerDD-2000x1428.jpeg" alt class="wp-image-60102" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerDD-2000x1428.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerDD-650x464.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerDD-150x107.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerDD-768x549.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerDD-1536x1097.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/coinqueerDD-2048x1463.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Félix Fournier | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Club DDs est l’une des principales boîtes de nuit saphiques de Montréal avec des soirées à thèmes : Dolls night, Transmasc, butch femme, plus de trente ans… C’est un club qui accorde un espace à des parties de la communauté moins valorisées, qui n’ont généralement pas accès à des espaces leur étant dédiés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Envoyez-nous vos coins queer à : coinqueer@delitfrancais.com</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Entre progrès et criminalité</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/entre-progres-et-criminalite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Sixtine Nicolaÿ]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Coin queer]]></category>
		<category><![CDATA[Monde]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[danger]]></category>
		<category><![CDATA[droits]]></category>
		<category><![CDATA[homophobie]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[queer]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quel bilan tirer des droits LGBTQ+ en 2025?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/entre-progres-et-criminalite/" data-wpel-link="internal">Entre progrès et criminalité</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dans cette nouvelle section tournante, Le Délit a pour objectif de mettre en lumière la communauté LGBTQ+ dans toute sa beauté et sa diversité, en évoquant son histoire, sa culture et sa présence à Montréal. S’il nous tient à cœur de dédier une section sur toute la richesse qu’apporte cette communauté, il est néanmoins important de dresser un état des lieux des droits des personnes LGBTQ+ dans le monde. En effet, pour avoir la possibilité de parler et de célébrer cette communauté, il faut encore que l’existence de ses membres ne soit ni menacée ni criminalisée. Ainsi, avant de se pencher sur l’ensemble de ses contributions à la société, ce premier article tient à faire un point sur l’année 2025 en termes d’avancées et de reculs de ses droits.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des millions de personnes encore dans l’illégalité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la légalité de l’homosexualité au Canada ne fait aujourd’hui plus l’objet de débats – celle-ci ayant été <a href="https://www.canada.ca/fr/patrimoine-canadien/services/droits-personnes-lgbti.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dépénalisée en 1969</a> – la persécution légale des personnes LGBTQ+ demeure un enjeu encore très actuel à l’échelle mondiale. En 2025 encore, des millions de personnes étaient contraintes de vivre dans l’illégalité et dans la peur de poursuites judiciaires : <a href="https://www.equaldex.com/issue/homosexuality" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">62 pays</a>, soit près de 31 % des États du monde, considèrent l’homosexualité comme un crime. Ces condamnations peuvent aller d’une amende à l’emprisonnement à perpétuité. Ce constat devient encore plus accablant quand on considère que dans <a href="https://www.equaldex.com/issue/homosexuality" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sept de ces 62 pays</a>, l’homosexualité est passible de peine de mort. Le changement de genre est également un droit à l’accès très limité ; il n’est légal de changer de genre sans avoir recours à des opérations médicales que dans 32 pays. Ces chiffres nous rappellent que, malgré d’importantes avancées, la réalité pour un grand nombre de personnes LGBTQ+ est souvent complexe, voire violente.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Ce constat devient encore plus accablant quand on considère que dans sept de ces 62</p>



<p class="wp-block-paragraph">pays, l’homosexualité est passible de peine de mort »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un climat de plus en plus hostile</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Même dans les pays où l’homosexualité et le changement de genre ne sont pas juridiquement condamnables, l’année 2025 a vu planer un climat de plus en plus hostile à l’égard des personnes LGBTQ+. Cette hostilité a pu se traduire par la mise en place de nombreuses lois visant à limiter la visibilité et les libertés de la communauté. Ces mesures sont souvent justifiées par une prétendue volonté de « <a href="https://x.com/PM_ViktorOrban/status/1902014390083133875" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">protéger les enfants</a> » de ce qui est considéré comme de la « propagande woke ». En Hongrie, une loi a été adoptée pour <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/interdiction-marches-fiertes-hongrie/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">interdire la Pride de 2025</a>, quelques jours seulement après l’inscription dans la Constitution de l’existence exclusive des genres féminin et masculin. Cet événement ne constitue qu’un exemple parmi d’autres de l’augmentation des attaques contre les droits de la communauté LGBTQ+, en particulier leurs droits de manifester, d’être représentés, et de changer de genre légal.</p>



<figure class="wp-block-image size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="780" height="1008" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1.jpeg" alt class="wp-image-59913" style="aspect-ratio:0.7738152107664684;width:559px;height:auto" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1.jpeg 780w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1-650x840.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1-150x194.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/Gay2-1-768x992.jpeg 768w" sizes="auto, (max-width: 780px) 100vw, 780px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/julietteaviat/?media=1" data-wpel-link="internal">Juliette Aviat</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces tentatives de marginalisation de la communauté s’inscrivent dans une tendance anti-woke plus globale, incarnée par le mandat de Donald Trump. Depuis son retour au pouvoir, le président des États-Unis a promis de freiner ce qu’il qualifie de « <a href="https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20241223-donald-trump-d%C3%A9lire-transgenre-retour-premier-jour-%C3%A0-la-maison-blanche-phoenix-panama" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">délire transgenre</a> ». Cela a pu s’illustrer par  l’adoption de mesures les excluant de l’armée et des compétitions sportives  féminines. Cette politique a également  donné lieu à d’importantes coupes budgétaires dans les hôpitaux proposant des soins médicaux de transition ainsi que du <a href="https://www.lemonde.fr/en/international/article/2025/08/21/supreme-court-lets-trump-administration-cut-783-million-of-research-funding-in-anti-dei-push_6744592_4.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">programme de diversité</a> DEI (Diversity, Equity, Inclusion). Face à ces récentes mesures et à la montée de l’intolérance à l’égard des personnes transgenres, certains experts en étude sur le génocide et l’institut Lemkin pour la prévention de génocide ont alerté sur les signes avant-coureurs de <a href="https://www.lemkininstitute.com/single-post/experts-warn-u-s-in-early-stages-of-genocide-against-trans-americans" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">potentielles violences de masse</a> contre ces personnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces exemples de reculs des droits LGBTQ+ démontrent que, même dans les pays où les membres de la communauté ne sont pas directement soumis à des poursuites pénales, ils ne sont pas pour autant assurés d’être protégés contre des lois répressives, mais aussi contre la discrimination ou les crimes haineux. En effet, seuls <a href="https://www.equaldex.com/issue/hate-crime-protections" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">52 pays protègent les personnes LGBTQ+ contre les crimes haineux</a> et <a href="https://www.equaldex.com/issue/discrimination" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">43 contre la discrimination</a>. Dans la grande majorité des pays, les personnes LGBTQ+ vivent dans la peur constante d’agression et de discrimination, sans même évoquer l’intolérance à laquelle elles sont confrontées au quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Des avancées à ne pas négliger</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce triste constat ne doit cependant pas voiler les avancées réalisées en matière d’égalité cette année. Malgré un sentiment de durcissement généralisé des politiques à l’encontre des personnes LGBTQ+, 2025 a aussi eu son lot de bonnes nouvelles. En janvier 2025, la Thaïlande est ainsi devenue le troisième pays d’Asie à <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/01/23/thailande-le-mariage-pour-tous-entre-en-vigueur_6511167_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">légaliser le mariage pour les couples homosexuels</a>, leur conférant les mêmes droits en matière d’héritage, de propriété et<br>d’adoption. La promulgation de cette loi est un progrès majeur pour la communauté LGBTQ+ en Asie, et elle a été vivement célébrée en Thaïlande. Dans un continent où la moitié des pays criminalisent encore l’homosexualité, cette réforme offre un souffle d’espoir et permet à des milliers de personnes d’enfin se marier. Le deuxième pays à avoir légalisé le mariage pour tous en 2025 était le micro-État du Liechtenstein, qui s’ajoute à une liste de près d’une quarantaine de pays qui reconnaissent le mariage entre citoyens du même sexe.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Dans un continent où la moitié des pays criminalisent encore l’homosexualité, cette réforme offre un souffle d’espoir »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’année 2025 a également été marquée par une mobilisation importante de la communauté face à cette répression. En Hongrie, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/28/en-hongrie-a-la-marche-des-fiertes-de-budapest-interdite-par-viktor-orban-une-mobilisation-record-et-des-tensions-attendues_6616284_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">près de 200 000 personnes</a> – une affluence jamais vue auparavant – ont fait le choix de défiler dans les rues de Budapest, et cela malgré les menaces d’amende et d’emprisonnement du gouvernement hongrois. Aux États-Unis, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/06/08/a-washington-une-mobilisation-massive-pour-les-droits-lgbt-face-aux-menaces-de-l-administration-trump_6611126_3210.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">des milliers de personnes ont défilé</a> à l’occasion de la WorldPride (un mouvement international pour la protection des personnes LGBTQ+), dans un esprit de défiance face aux attaques de l’administration républicaine. Ces manifestations de soutien illustrent la résilience de la communauté LGBTQ+ qui, au cours de son histoire, a constamment dû se battre pour obtenir et préserver ses droits. Elle nous rappelle également l’importance de rendre cette communauté visible, ainsi que les enjeux auxquels elle fait face.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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