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	<title>Archives des Théâtre - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
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		<title>Rouge d’une part, blanche de l’autre</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/30/rouge-dune-part-blanche-de-lautre/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 30 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
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		<category><![CDATA[McGill]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le succès d’une première production théâtrale en mandarin de McGill As If Student Drama Society.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Les lumières s’allument sur la scène et éclairent quatre silhouettes en <em>qipao</em> (robe traditionnelle chinoise pour femme, moulante et d’une seule pièce). La musique de fond nous transporte dans le Shanghai des années 1940. Le personnage de Yanli A, interprété par Skadi Yan, dépose son ouvrage de broderie pour chercher sa nouvelle robe, alors que de l’autre côté, Sylvia Sun (Jiaorui A) change le disque du phonographe en arrière-scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Huit mois après sa fondation, la <em>Mcgill As If Student Drama Society</em> présente sa première pièce : <em>Rose rouge et rose blanche</em>. Deux soirées vendues à guichets fermés, la production marque aussi une première à McGill : jamais une pièce entièrement en mandarin n’y avait été présentée auparavant. Le public n’a pas besoin de comprendre le mandarin pour y assister : des sous titres en anglais sont également projetés sur scène.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Avis de non-responsabilité : ce texte contient des divulgâcheurs.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La reprise d’un classique</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce <em>Rose rouge et rose blanche</em> est une adaptation réalisée en 2008 par la metteuse en scène Tian Qinxin, qui reprend le roman éponyme de la célèbre Eileen Chang. Au cœur de l’intrigue se trouvent Tong Zhenbao, sa maîtresse Wang Jiaorui et son épouse Meng Yanli. D’un côté, la passionnée « rose rouge »; de l’autre, la sage « rose blanche ». Pris entre les deux, Zhen bao peine à trouver sa place.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À première vue, le récit semble reposer sur un triangle amoureux plutôt conventionnel et sur des conceptions du mariage et du désir qui appartiennent à une autre époque. Pourtant, selon Amy Xia, codirectrice de <em>Rose rouge et rose blanche</em> et interprète de Yanli B, c’est précisément cet aspect qui incite la réflexion: <em>« Les hésitations et le conflit intérieur de Tong Zhenbao – tiraillé entre amour et désir, idéaux et réalité – trouvent toujours un écho en nous aujourd’hui. </em>(<em>tdlr</em>)<em> »</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Deux Zhenbao et quatre roses</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la version de Tian, reprise par la troupe, la metteuse en scène dédouble la distribution pour créer « <em>deux Zhenbao et quatre roses</em> ». Sur scène, les trois protagonistes sont chacun joués par deux interprètes (différenciés par A et B), afin de livrer au public à la fois l’extériorité (A) et l’intériorité (B) des personnages. Le procédé est ambitieux, tant pour la mise en scène que pour les comédiens. Chaque duo doit ainsi incarner un même personnage tout en distinguant clairement ses deux facettes. Le pari s’avère réussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce sujet, Amy Xia, la codirectrice de la pièce, confie que plutôt que de voir cette configuration comme un défi, elle y voit un dispositif qui laisse aux comédiens une grande liberté dans l’appropriation de leurs personnages. « <em>Par exemple, pour Yanli B, elle est beaucoup plus consciente de ses désirs et les assume pleinement </em>», explique-t-elle. « <em>Ainsi, alors que Yanli A baisse souvent la tête et évite de croiser le regard du jeune tailleur (son amant), Yanli B soutient son regard pendant qu’il prend ses mesures</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les talents sur scène</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que la troupe soit formée de membres aux parcours variés, le niveau de professionnalisme dont elle fait preuve est remarquable. Je dois toutefois un coup de cœur à Sylvia, dans le rôle de Jiaorui A. Son ton candide, la manière dont elle tend la main, le rouge de sa robe… pas étonnant que Zhenbao ait succombé à son charme. Assise à l’avant-dernière rangée de la salle, je ne suis pas certaine que j’aurais mieux résisté que lui. Moi aussi, j’ai été complètement séduite par son interprétation.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="2000" height="1334" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-2000x1334.jpg" alt class="wp-image-61141" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-2000x1334.jpg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-150x100.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-650x433.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-768x512.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-1536x1024.jpg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-2048x1366.jpg 2048w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-1200x800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/09/redwhiterose2-930x620.jpg 930w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Tan YiYang</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Crédit photo: Scott Tan</p>



<p class="wp-block-paragraph">Owen Luo (Zhenbao A) mérite également une mention. Contrairement à Zhenbao B, qui cède davantage à ses élans passionnels, Zhenbao A incarne la raison et l’ordre social. À la lecture de l’œuvre, je me suis toujours représenté ce personnage comme un homme hypocrite et profondément égoïste. L’interprétation d’Owen Luo m’a toutefois amenée à revoir ce jugement. Son maintien impeccable, son dos constamment droit et ses brèves hésitations laissent plutôt entrevoir un homme qui tente sincèrement de faire le « bon choix ». Sans lui conférer le rôle d’un héros tragique, Owen Luo parvient à faire de Zhenbao un personnage plus humain qu’il n’y paraît à la lecture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dans les coulisses</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour finir, <em>Le Délit</em> aimerait vous partager quelques mots de la part d’Amy Xia, également cofondatrice et directrice des affaires externes et des finances de <em>McGill As If Student Drama Society.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Cette entrevue est une retranscription entièrement traduite du chinois.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Délit (LD)</strong> : <em>On dit souvent que les grandes œuvres ne s’érodent pas dans le temps. En mettant en scène l’histoire de </em>Rose rouge et rose blanche <em>82 ans après la parution du roman d’Eileen Chang, y voyez-vous des éléments encore révélateurs aujourd’hui?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Amy Xia (AX)</strong> : Je pense que le conflit dramatique central de cette pièce est le suivant : existe-t-il une « bonne » réponse unique à la vie? Pour Zhenbao A, dans la pièce, la réponse est l’obéissance et le respect des règles, symbolisés par la rose blanche; pour Zhenbao B, c’est la passion et la fougue de la rose rouge. Quelle est la bonne réponse?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question reste sans réponse autant dans le roman d’Eileen Chang que dans son adaptation théâtrale, et je pense qu’elle l’est aussi pour nous aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quel genre de personne est digne d’amour? Quel genre de personne est digne de se marier? Quelle vie est considérée comme respectable? Face à ces questions, peut-être sommes-nous, comme Zhenbao, prisonniers de nos propres peurs, désirs et obsessions, prisonniers des attentes de la société et des « larmes de nos mères ». Que faire? L’incertitude demeure… J’espère que les spectateurs de cette pièce continueront à chercher leurs propres réponses, poursuivant ainsi l’histoire de Zhenbao et des roses rouges et blanches.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(LD) :</strong> <em>Si vous ne pouviez choisir qu’un seul passage, lequel aimeriez-vous voir marquer durablement les esprits du public? Pourquoi donc?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(AX) :</strong> Je pense que le moment le plus marquant a été le monologue final de Zhenbao A. Pendant les 90 minutes précédentes, la pièce avait dépeint le conflit intérieur de Zhenbao, tiraillé entre deux relations et deux amours, insistant surtout sur son comportement méprisable et irresponsable envers les deux femmes. Or, ce monologue final révèle le reste de la vie de Zhenbao et sa vraie nature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les épisodes précédents étaient comme un petit trou dans une fenêtre, nous offrant un aperçu de sa vie, alors le monologue final ouvre cette fenêtre en grand. On y découvre son ambition de réussite scolaire et professionnelle, ses amitiés profondes et sa détermination à subvenir aux besoins de sa famille, malgré son infidélité sordide, les violences conjugales et le recours à la prostitution dans son mariage (il ne s’agit ici, en aucun cas, de minimiser ses erreurs).</p>



<p class="wp-block-paragraph">On voit Tong Zhenbao comme un être complexe, entier et humain. Bien sûr, ce monologue pourrait n’être qu’un procédé narratif subjectif employé par Zhenbao, mais, à mon avis, la manière dont la pièce utilise cette fin pour révéler le « vrai visage » de Tong Zhenbao est indéniablement puissante. J’espère aussi que le public pourra, à la lumière de cette fin qui invite à la réflexion, reconsidérer les confessions et les actions passées de Zhenbao et se faire une opinion sur la façon dont il faut percevoir Zhenbao et sa relation avec les deux femmes les plus importantes de sa vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(LD) :</strong> <em>Avez-vous d’autres choses à partager avec le public?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>(AX) :</strong> Le succès de cette pièce est indissociable du travail acharné de tous ceux qui y ont contribué, sur scène comme en coulisses. Les acteurs ont étudié leurs rôles avec soin et les membres de l’équipe ont accompli leurs tâches avec diligence, se soutenant mutuellement pour parvenir à ce résultat<em>. Rose rouge et rose blanche</em> n’est pas seulement un spectacle apprécié du public, mais aussi une occasion pour toute notre troupe de théâtre de briller. Je tiens à exprimer ma sincère gratitude à chaque spectateur qui est venu assister à la représentation. Sans vous, la troupe n’existerait pas; c’est grâce à vous qu’elle est ce qu’elle est. Tel est le message que la troupe de théâtre <em>As If</em> veut faire passer au public.</p>
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		<title>Un voyage dans le Nord</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/09/23/un-voyage-dans-le-nord/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 23 Sep 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[adaptation]]></category>
		<category><![CDATA[COVID-19]]></category>
		<category><![CDATA[pièce de théatre]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[solitude]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la pièce La version qui n’intéresse personne.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">C’est l’histoire d’une femme, c’est l’histoire d’un chien, c’est l’histoire d’une société. C’est l’histoire de tous, une histoire de rejet injustifié, d’ostracisation, de solitude. Bienvenue dans <em>La version qui n’intéresse personne. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un décor anarchique </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En entrant dans la salle, le décor coupe le souffle. De longs rideaux ondulent dans la lumière pour créer un effet éblouissant et une structure réplique des montagnes qui s’élèvent sur l’arrière de la scène. Sur les côtés, des lampes, des bibliothèques pleines à craquer, un matelas, une toilette, un réfrigérateur, une table. Les composantes du décor sont toutes aussi hétéroclites que l’on pourrait s’y attendre pour une pièce punk et anticonformiste : tout crie le chaos dans lequel l’histoire nous plongera et annonce le début d’un voyage tumultueux et poignant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Là où l’espoir s’en va mourir </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La version qui n’intéresse personne</em> est basée sur le roman éponyme par Emmanuelle Pierrot qui raconte l’histoire de Sacha, 18 ans, partant pour Dawson City, au Yukon avec son meilleur ami Tom : leur relation est ambiguë, ils sont inséparables, deux parties d’une même âme. Là-bas, ils découvrent une liberté inespérée, une échappatoire pour tous leurs maux, un endroit où, enfin, ils sont à l’abri du reste du monde. Dawson City est la ville des punks, des anarchistes et des hors-la-loi. Un endroit où la famille se crée au fil des soirées au bar, des chiens adoptés, des <em>trips </em>de MDMA et des <em>jobines </em>pour payer le loyer. Mais quand Sacha tombe amoureuse d’un autre, Tom est consumé par la jalousie. Alors que la pandémie de la COVID-19 commence, Dawson City devient un enfer pour Sacha qui cherchait un paradis. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un jeu puissant </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur scène, Mélissa Iguer (Sacha) joue les émotions viscérales que son personnage ressent à la perfection : le jeu est dans le corps et dans la voix, jusque dans les plus petits gestes. Le rire part du ventre jusqu’à en devenir contagieux, les hurlements de détresse nous secouent les entrailles, chaque coup d’œil vers l’un des interprètes est voulu. Ses collègues suivent la cadence : la voix magnifique de Lyraël Dauphin (Jade) envoûte, l’énergie de Karl Bobanovits (Tom) est contagieuse. La gamme d’émotions est large : du rire aux larmes, de la colère fulgurante au doux brouillard des drogues, les acteur·ices nous transportent dans l’univers des anarchistes mis au ban de la société. Dawson City prend vie à travers les interprètes qui lui donnent ses couleurs avec succès.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un miracle de mise en scène </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Marie-Claude St-Laurent, à l’adaptation, et Marie-Ève Milot, à la mise en scène, réussissent le pari de condenser un livre de 368 pages en une pièce de 2 h 15 sans que les péripéties ne soient précipitées. La narration du roman est conservée à travers les petits apartés de Sacha pour garder le rythme effréné du récit, qui représente le besoin primal de la narratrice de ne « pas fermer sa gueule de chienne ». À ce propos, Luna, la chienne de Sacha, est magnifiquement bien mise en scène. À travers une mascotte qui prend vie, l’importance de la « louve » de Sacha est conservée comme dans le récit originel, nous faisant oublier la comédienne qui se cache derrière l’animation de cet animal. </p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’affiche jusqu’au 17 octobre au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, <em>La version qui n’intéresse personne</em> promet de bouleverser le quotidien de ses spectateurs. Une pièce qui parle des maux de notre époque, de notre monde, et des violences qui s’y passent juste sous nos yeux. Une pièce militante dans son essence, qui transcende la simple performance théâtrale grâce aux artistes qui brandissent avec fierté un drapeau palestinien et un keffeh. Un cri du cœur pour la bienveillance humaine.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un jeu de perceptions</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/20/un-jeu-de-perceptions/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Mar 2026 19:23:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la pièce Réalités parallèles du Théâtre de la Pire Espèce.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Faites-vous réellement confiance à ce que vos yeux vous racontent?&nbsp;» : c’est sur cette question que s’ouvre la pièce <em>Réalités parallèles</em>, une création du&nbsp; Théâtre de la Pire Espèce présentée du 6 au 21 mars sur la scène du Théâtre Aux Écuries. Mise en scène par Francis Monty et Olivier Ducas, <em>Réalités parallèles</em> est un projet de longue haleine qui est enfin présenté au public avec un immense enthousiasme. L’œuvre plonge la salle dans trois univers narratifs qui séduisent autant par leur virtuosité visuelle qu’ils troublent par leur opacité. Les choses sont-elles réellement telles qu’on les voit? Peut-on se fier à nos yeux, à nos sens?</p>



<p class="wp-block-paragraph">S’inspirant du théâtre de papier qui animait les salons bourgeois européens du 19<em>e</em> au début du 20<em>e</em> siècle, le Théâtre de la Pire Espèce réinvente l’art des marionnettes . Des caméras placées devant les deux castelets, au milieu de la scène, captent au plus près les manipulations en direct et projettent les images sur le grand écran derrière. Les images se superposent par moments ; les spectateurs sont invités à voir simultanément l’image finale et sa fabrication, comme si la production les amenait dans les coulisses ou dans un studio d’animation. Tous les mécanismes sont exposés, mais sans jamais dissiper complètement l’illusion. C’est ce qui fascine le plus.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si les mains des comédiens donnent vie à la pièce sur le plan visuel, leurs voix imprègnent tout l’esprit de la pièce. Les trois segments explorent chacun, à leur manière, une forme d’instabilité du réel. Au moment où Alexandre Leroux s’approche du micro, dans le premier récit, la salle au complet retient son souffle&nbsp;:&nbsp;on se sent réellement dans les rues de Berlin avec Félix Mirbt, qui parcourt le pays avec son père en cherchant la raison pour laquelle les fusils des Allemands se sont tournés contre leur propre peuple. Puis, Étienne Blanchette incarne un écrivain obsédé, qui déambule dans le couloir d’un hôtel aux allures de <em>Shining</em>. Dans la troisième partie, les comédiens prennent la parole à tour de rôle. Cette fois, c’est Marcelle Hudon qui occupe davantage l’avant-scène, jonglant entre sa voix de femme adulte et celle du jeune garçon Robert, un astronaute à la recherche de son identité. Le pari est réussi&nbsp;:&nbsp;la narration s’harmonise avec les images, qui plongent les spectateurs dans des atmosphères tantôt mystiques, tantôt fantastiques, tantôt futuristes.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">«&nbsp;Pour la deuxième histoire, j’ai tout de suite reconnu les éléments de <em>Shining</em> dans la composition, c’était clair. Cependant, pour la troisième, j’ai cherché pendant un bon bout… j’ai donc ben pas de références! Aidez-moi!&nbsp;», s’exclame une spectatrice aux artistes à la fin de la représentation. Sa réaction a suscité un écho dans la salle&nbsp;;&nbsp;plusieurs ont perdu le fil de l’histoire en tentant de retracer les sources d’inspiration du troisième récit&nbsp;:&nbsp;«&nbsp;Il assiège / La porte de la station / Le cosmos. » Loin d’y voir un défaut, l’équipe explique avoir volontairement brouillé les pistes en puisant dans divers archétypes du film d’astronaute et du récit de voyage, tout en poussant leur imaginaire vers l’absurde. Une démarche qui prolonge, jusque dans la réception du public, le pari central de <em>Réalités parallèle</em>s : faire vaciller les certitudes du regard.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En somme, <em>Réalités parallèles</em> propose une forme scénique singulière, à la croisée de la vidéo en direct, du théâtre de papier et du théâtre d’objets, portée par des interprètes manipulateurs-acteurs-bruiteurs. Une expérience aussi déroutante qu’envoûtante, dont le trouble – parfois frustrant, mais le plus souvent fascinant –&nbsp;fait toute la singularité.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Le départ d’un favori</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/le-depart-dun-favori/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Arts visuels]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=60316</guid>

					<description><![CDATA[<p>La Coupe Charade de la LNI et le départ de Pier-Luc Funk.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le tournoi est prêt : sur la scène, une bande comme celle qu’on retrouve au hockey, et, de chaque côté, des bancs pour les équipes. Le soir du lundi 16 février, les Rouges et les Verts de la Ligue nationale d’improvisation – mieux connue sous le nom de LNI – s’affrontent. Le deuxième match de la Coupe Charade 2026 est lancé! </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le match </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La sirène signale le début de la partie. Au centre de l’aire de jeu, la « patinoire », Édith Cochrane assure le rôle de l’arbitre. Elle annonce le thème et la nature de l’improvisation ainsi que sa durée. Après un bref caucus, les joueurs sautent sur la patinoire. </p>



<p class="wp-block-paragraph">De grands noms de l’improvisation sont présents ce soir : Patrick Huard, Marie-Soleil Dion et Sophie Caron chez les Rouges, Pier-Luc Funk chez les Verts. Les joueurs sont impressionnants à regarder. D’une grande imagination, ils n’ont pas peur du ridicule et se répondent avec un incroyable sens de la repartie. Lors de l’improvisation mixte, c’est-à-dire avec des joueurs de chaque équipe, les idées se rencontrent et enrichissent la performance sans se heurter. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Écouter pour mieux jouer </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En entrevue, Édith Cochrane me confie que l’écoute est la plus belle qualité d’un joueur d’impro : « Il faut écouter le thème, puis écouter ce que les autres disent, mais aussi être à l’écoute du monde dans lequel on vit, des gens qui nous entourent ; une écoute à 360 degrés. » François-Étienne Paré, qui célèbre ses 20 ans de jeu avec la LNI, renchérit : « Il faut être à l’écoute et jouer les situations avec importance : ce qui arrive à nos personnages est primordial et, sans ça, les situations peuvent s’essouffler rapidement. » </p>



<p class="wp-block-paragraph">On sent l’importance de chaque événement dans la performance des improvisateurs de ce match. De la distribution de journaux de Pier-Luc Funk à la rupture amoureuse comique de Marie-Soleil Dion, en passant par Fabiola N. Aladin qui disperse les cendres de son père, ces moments sur la patinoire sont les plus importants de la vie des personnages et les joueurs y mettent du cœur. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une discipline qui rassemble </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir d’un court thème, les joueurs créent des histoires touchantes, rocambolesques, hilarantes. « Il n’y a rien de plus beau que d’arriver à créer quelque chose avec un joueur, c’est magique, m’explique l’arbitre. Je suis allée en Haïti donner des ateliers d’impro et c’est fou, on a l’impression au départ de vivre sur deux planètes, puis rapidement, on commence à jouer et on dirait qu’on s’est connus à la garderie. » </p>



<p class="wp-block-paragraph">On perçoit cette complicité entre les joueurs qui, malgré la compétition, partagent ce moment de création. L’amitié et la bonne entente sont palpables sur la patinoire, même quand, comme la tradition l’exige, l’arbitre est huée. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le départ d’un favori </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début du match, une annonce fait réagir : Pier-Luc Funk tirera sa révérence à la fin de la saison. Une véritable vague de surprise traverse la salle. Funk est un chouchou : depuis son entrée à la LNI en 2015, où, du haut de ses 18 ans, il était le plus jeune joueur, il reçoit chaque année le prix du public. Le joueur quitte la ligue pour explorer d’autres avenues créatives. C’est avec le cœur serré que les spectateurs profitent de sa dernière saison. Un documentaire sur la carrière de Pier-Luc Funk dans la LNI est en cours de production.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Les matchs de la Coupe Charade 2026 auront lieu jusqu’au 20 avril. Les demi-finales seront le 3 mai et la finale le 11 mai. Le Match des Étoiles se tiendra le 4 mai.</em></p>
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		<title>Quand tout est planifié pour mal tourner</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/quand-tout-est-planifie-pour-mal-tourner/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un retour réjouissant de <em/>Players’ Theatre</em> avec <em/>La pièce qui tourne mal</em>.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Faire rire à travers l’échec est un art délicat. Rédigée par Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields, <em>The Play That Goes Wrong</em> (<em>La pièce qui tourne mal</em>) a vu le jour en décembre 2012 à Londres. Celle-ci propose une comédie de mise en abyme, où chaque faux pas devient un ressort comique. Cet hiver, la troupe mcgilloise <em>Players’ Theatre</em> a repris l’œuvre en version abrégée. Les représentations de <em>La pièce qui tourne mal</em> ont eu lieu dans l’espace éponyme du club, au troisième étage du Centre universitaire de l’AÉUM, du 17 au 20 février dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Synopsis</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À la suite de nombreux enjeux financiers et de multiples difficultés de recrutement successives, la troupe de théâtre <em>Cornley Polytechnic Society</em> est enfin prête à lancer sa production du printemps : <em>Meurtre au manoir Haversham</em>. La pièce se déroule lors de la soirée de fiançailles de Charles Haversham et de Florence Colleymoore, où Charles – maître du manoir Haversham – est mystérieusement retrouvé mort sur le canapé du salon. Tout est cliché : la tempête de neige qui fait rage dehors, l’affaire adultère entre la fiancée et le frère cadet de la victime, la musique angoissante et l’éclairage rouge déclenché à chaque itération du mot « meurtre ». À cela s’ajoutent un décor bon marché, des répliques oubliées, des comédien·ne·s désorienté·e·s et deux actrices incarnant Florence Colleymoore successivement assommées par une porte – autant d’éléments qui font sombrer le projet de la <em>Cornley Polytechnic Society</em> dans un chaos total.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>En arrière-scène</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément ce chaos que <em>Players’ Theatre</em> transforme en véritable succès scénique. Lors d’un entretien avec <em>Le Délit</em>, la metteuse en scène Odessa Rontogiannis explique que son objectif était de divertir le public. Une mission simple, pas toujours facile, mais bien réussie ; les rires fusent dans toute la salle et les spectateur·rice·s en sortent le sourire aux lèvres. Lauren Hodgins, qui incarne Sandra – elle-même interprète de Florence Colleymoore – confie que ce n’est qu’au moment de la représentation que tout s’est véritablement mis en place : « <em>Il y a une scène que nous pensions tous être la pire. Finalement, ce n’était pas le cas. Nous avons beaucoup travaillé dessus, mais c’est la présence du public qui lui a donné tout son sens (tdlr).</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la troupe fictive de la <em>Cornley Polytechnic Society</em> se heurte à une série d’obstacles catastrophiques dans l’interprétation du <em>Meurtre au manoir Haversham</em>, les comédien·- ne·s du <em>Players’ Theatre</em> doivent, eux, camper ces ratés avec une extrême minutie. « <em>Il faut donner l’impression que certaines scènes relèvent de l’erreur, alors qu’elles sont en réalité très précisément répétées, le tout rendant ces scènes crédibles. Par exemple, lorsque la porte cogne Lauren ou Gemma, il faut absolument que cela ait l’air d’un accident</em> », explique Bennett Samberg, interprète de Dennis, à qui est attribué le rôle du majordome Perkins. Tout est planifié pour mal tourner. Même le message de bienvenue, qui annonce « <em>si quelqu’un trouve un coffret CD de Duran Duran dans la salle, j’en ai besoin</em> » fait partie du script original!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour clore l’échange, chacun·e des huit membres présents propose un mot pour résumer la pièce : « <em>silly</em> », « <em>fun »</em>, « <em>blast</em> », « <em>blessed</em> », « <em>chaotic</em> », « <em>calamity</em> », « <em>physical</em> », « <em>lighthearted </em>». Autant de qualificatifs qui décrivent une comédie où le chaos est maîtrisé avec précision. L’esprit du spectacle s’y retrouve bien : une célébration du désordre, portée par une troupe visiblement complice.</p>
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		<title>Un tour réussi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/un-tour-reussi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Juliette Elie]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[talent]]></category>
		<category><![CDATA[The illusion]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur <em/>The Illusion</em> présentée par le Tuesday Night Café Theatre.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Les lumières s’allument sur un décor minimal ; quelques roches peintes sur du carton, trois chaises et un bureau. De petites étoiles jaunes décorent les rideaux qui encerclent le théâtre. Le personnage de Pridamant, incarné par Claire Tees, fait son entrée sur scène et lance <em>The Illusion</em>, une adaptation de Tony Kushner de <em>L’illusion comique</em> de Pierre Corneille, mise en scène par Andrea Landaeta et présentée par le <em>Tuesday Night Café Theatre</em> (TNC). La troupe de théâtre, affiliée au Département de littérature anglaise de l’Université McGill, se produit depuis plusieurs années dans une salle exiguë du Morrice Hall. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Un classique au goût du jour</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce, d’une durée de 2h30 incluant l’entracte, met en scène un avocat qui regrette d’avoir renié son fils. Il visionne différentes péripéties de la vie de ce dernier grâce à l’aide d’un magicien excentrique et de son assistant ténébreux. Chaque personnage est aussi attachant que rebutant, et les rebondissements fréquents gardent les spectateurs sur le bout de leur siège. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Le TNC n’a pas tout à fait réinventé un classique, mais a certainement su l’adapter au goût d’un public moderne. Toute la soirée, des rires fusent dans la salle et des sourires restent fixés aux visages des spectateurs; tout le monde joue le jeu, pour le plus grand bonheur des comédiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Talents mcgillois mis en lumière </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Bien que le <em>Tuesday Night Café Theatre</em> soit une compagnie inclusive pour tous les niveaux d’expérience, la qualité des performances laissait paraître une préparation professionnelle et rigoureuse. L’équipe technique était composée de dix personnes, dont une coordonnatrice d’intimité (Dana Prather) et un chorégraphe de combat (Eric Von Arx). Cela révèle le soin apporté à la production malgré sa fibre amatrice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La performance de Sof Andrade, dans les rôles successifs de Callisto, Clindor et Theogenes, était remarquable ; la comédienne se glisse dans la peau des trois personnages avec brio et polyvalence. Elle est drôle, émouvante et crédible dans tous les rôles qu’elle occupe. Un immense coup de cœur aussi pour Joshua Karmiol, interprète de Matamore. Le comédien a su incarner à la perfection ce personnage loufoque et grandiloquent, attachant de par son ridicule. Chacune de ses interventions, à force de gesticulations et d’exclamations exagérées, déclenchait un rire général dans l’assemblée. Une dernière mention spéciale pour Fiona Beech, interprète d’Elicia, Lyse et Clarina, qui s’est démarquée par un jeu particulièrement naturel et comique, sans jamais tomber dans la caricature.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>Tuesday Night Café Theatre</em> a été fondé en 1977 (comme <em>Le Délit</em>; une belle année pour la communauté étudiante mcgilloise!) et produit aujourd’hui trois grandes productions au cours de l’année scolaire : une au semestre d’automne et deux au semestre d’hiver. Ce printemps, la troupe va mettre en scène <em>Hookman</em>, une pièce de Lauren Yee. Ne manquez pas cette chance de découvrir les talents mcgillois du TNC!</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="2000" height="1500" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/IMG_5281-2000x1500.jpeg" alt class="wp-image-60256" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/IMG_5281-2000x1500.jpeg 2000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/IMG_5281-650x488.jpeg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/IMG_5281-150x113.jpeg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/IMG_5281-768x576.jpeg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/IMG_5281-1536x1152.jpeg 1536w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2026/02/IMG_5281-2048x1536.jpeg 2048w" sizes="(max-width: 2000px) 100vw, 2000px"><figcaption><span class="media-credit">Image fournie par le Tuesday Night Café Theatre</span></figcaption></figure>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Évangéline : fresque puissante mais controversée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/25/evangeline-fresque-puissante-mais-controversee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurence Drouin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[comédie musicale]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Évangeline]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur la nouvelle comédie musicale historique Évangéline.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Le jeudi 5 février dernier a eu lieu la première mondiale et médiatique du spectacle musical <em>Évangéline</em>. Après le tapis rouge et les entrevues, les lumières se tamisent. La pièce commence avec le numéro d’introduction « Des amants légendaires », qui annonce le ton grandiose de la pièce. S’ensuit le numéro d’ensemble « Du côté du soleil » où on voit la jeune nation acadienne dans toute sa joie de vivre. Retournons en 1755 sur les terres de Grand-Pré pour cette histoire réelle et émouvante de la résilience d’un peuple qui a tout perdu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le personnage d’Évangéline provient avant tout du poème épique <em>Evangeline, A Tale of Acadie</em>, écrit par l’auteur américain Henry Wadsworth Longfellow. Publié en 1847, ce poème relate une histoire d’amour à travers la déportation des Acadiens et connaît un succès international. Le poème inspire aussi plusieurs chansons. Évangéline marque l’imaginaire canadien et permet de commémorer l’histoire du peuple acadien. La comédie musicale produite par la compagnie de production Gestev suit le poème de Longfellow et intègre de nouvelles chansons créées par le compositeur Steve Marin. Envie de découvrir l’univers musical de la pièce? Quelques chansons sont disponibles sur les plateformes de musique! Un spectacle d’une si grande envergure historique, autant dans l’intrigue que dans la composition musicale, nécessite une équipe de conception du tonnerre. De nombreux experts travaillent à la création de la pièce, dont André-Carl Vachon, spécialiste dans l’histoire acadienne, Quentin Condo, consultant culturel de la nation mi’kmaq, et Aroussen Gros-Louis, chorégraphe et danseuse wendat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré cet aspect historique réussi, plusieurs restent sceptiques après le spectacle, surtout par rapport à la distribution et l’équipe créative. Il est à noter que seuls deux comédiens viennent du Nouveau-Brunswick, ce qui soulève la question de la représentation des artistes acadiens. Daphnée McIntyre, autrice-compositrice acadienne, affirme « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2147745/production-musicale-acadie-quebec-appropriation" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">que [les producteurs] tirent avantage de notre richesse culturelle</a> ». Elle souligne que de « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2147745/production-musicale-acadie-quebec-appropriation" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">capitaliser</a> » cette histoire sans entendre les voix acadiennes est attristant. Dans un contexte où les questions d’inclusion occupent une place croissante dans le milieu des arts, plusieurs spectateurs ont été marqués par le manque d’artistes acadiens dans la distribution et l’équipe créative <em>d’Évangéline</em>. On peut alors se demander s’il s’agit d’une forme d’appropriation, ce que Lilianne Cormier, artiste acadienne, affirme sans hésitation : « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2147745/production-musicale-acadie-quebec-appropriation" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">C’est vraiment une appropriation d’une histoire qui, pour nous, est intégrée dans la culture. </a>» L’enjeu de la représentation culturelle fait écho à l’absence de l’accent acadien sur scène ; les acteurs interprètent les chansons dans un français standard. Plusieurs individus, dont Anika Lirette, qui travaille au site historique de Grand-Pré, affirment que cette décision « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2147745/production-musicale-acadie-quebec-appropriation" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ne représente pas l’insécurité linguistique</a> » des Acadiens vivant entourés d’anglophones.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quoique ces choix productifs soient quelque peu maladroits, les éléments scéniques de la comédie musicale sont très réussis. Les décors sont simples, mais l’agencement avec les éclairages crée une scène remarquable, voire grandiose. Les chorégraphies, un mélange de danses traditionnelles autochtones et acadiennes, sont livrées avec émotion, plusieurs mouvements symboliques témoignant de cette histoire de résilience. L’énergie des danseurs est contagieuse et rend les numéros d’ensemble très impressionnants. Les chorégraphies participent à la fresque historique vivante qu’est <em>Évangéline</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plusieurs performances vocales sont notables dans cette production, comme Nathalie Simard et son interprétation de la chanson « Au nom de toutes les femmes ». Elle a d’ailleurs obtenu une ovation debout lors du soir de la première.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela dit, l’acteur qui se distingue le plus est Matthieu Lévesque. Ce n’est pas la première fois qu’il éblouit le public. Il a joué dans plusieurs productions québécoises comme <em>Rock of Ages</em> et <em>The Body-guard</em>. Bien qu’il interprète un des antagonistes de la pièce, sa présence scénique est puissante et ses envolées vocales, sensationnelles. Son jeu, nuancé et fort, donne à son personnage une profondeur troublante et dépasse la simple figure du méchant. Il s’agit définitivement d’un artiste à surveiller!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré le fait que la pièce ait quelques longueurs au niveau de l’intrigue du deuxième acte, <em>Évangéline</em> demeure une comédie musicale émouvante et marquante. Cette production québécoise mérite d’être vue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Le spectacle est présentement en tournée dans plusieurs régions du Canada et à la demande populaire, il reviendra à la Place des Arts en juillet et août 2026. À ne pas manquer!</em>&nbsp;</p>
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		<title>&#038;Juliet : quand la scène prend vie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/18/juliet-quand-la-scene-prend-vie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurence Drouin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[LGBTQ+]]></category>
		<category><![CDATA[roméo et juliette]]></category>
		<category><![CDATA[talent]]></category>
		<category><![CDATA[toronto]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Critique de la toute nouvelle production de &#038;Juliet à Toronto.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Et si Juliette ne s’était pas enlevé la vie après la mort de Roméo? Et si elle avait plutôt accordé une deuxième chance à l’amour? Dire que cette comédie musicale n’est qu’une adaptation moderne de Roméo et Juliette ne rendrait pas justice à cette pièce. L’affirmation de la voix féminine et les revendications de l’identité de genre sont soulevées avec brio, sans oublier les chansons emblématiques du répertoire du célèbre producteur Max Martin ! </p>



<p class="wp-block-paragraph">En attendant impatiemment la venue de la tournée nord-américaine de<em> &amp;Juliet</em> à la Place des Arts du 17 au 22 mars 2026, voici un avant-goût de la nouvelle production de Toronto, présentée au Théâtre Royal Alexandra. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce est si populaire à Toronto qu’elle est prolongée jusqu’en juillet 2026! Deux membres de la troupe originale de Broadway font d’ailleurs leur retour dans cette production canadienne : Matt Raffy (iel/il) dans le rôle de May, meilleur·e ami·e de Juliette, et Brandon Antonio (il/lui) dans le rôle de François Dubois, le nouvel amoureux de la protagoniste. </p>



<p class="wp-block-paragraph">En quoi la production de <em>&amp;Juliet</em> à Toronto se différencie-t-elle des autres versions à travers le monde? C’est très simple : la remarquable performance des acteurs. Ils dégagent une énergie contagieuse qui capte immédiatement l’attention du public. Autant dans l’interprétation scénique que dans la justesse de la voix, chaque acteur, peu importe son rôle, s’impose avec force dans cette comédie musicale. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Comment ne pas mentionner la voix puissante de Vanessa Sears, l’interprète de Juliette? Dès son premier numéro, …<em>Baby One More Time</em> (oui, le classique de Britney Spears), elle offre une performance vocale mémorable. L’envolée de sa voix se distingue particulièrement dans la chanson <em>Stronger</em> (un deuxième classique de Britney Spears), où l’actrice déploie la souplesse de son registre. Vanessa Sears incarne une Juliette moderne, affirmée et profondément humaine, dont la présence scénique soutient l’ensemble de la production. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Julia McLellan, qui joue le rôle d’Anne Hathaway, la femme de Shakespeare, offre pareillement une interprétation marquante. À travers la pièce, elle récite plusieurs tirades à portée féministe, livrées avec une émotion sincère et bouleversante. Lorsqu’elle confronte Shakespeare en lui demandant « <em>Are you a strong enough man to write a stronger woman?</em> » (« <em>Es-tu un homme assez fort pour écrire une femme plus forte? </em>»<em>, tdlr</em>), la réplique frappe le public de plein fouet. Par ailleurs, le numéro <em>That’s the Way It Is</em> est un moment où l’actrice brille, offrant sa propre interprétation émotive de la chanson de Céline Dion. Si Juliette porte l’intrigue, Anne Hathaway fait battre le cœur de la pièce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une performance qui se démarque particulièrement est celle de Matt Raffy. Interprétant May, meilleur·e ami·e de Juliette, l’artiste offre sa propre version du personnage, avec une présence scénique gracieuse et inspirante. Matt faisait partie de la troupe originale de Toronto en 2022 et celle de Broadway en 2023, membre de la troupe de danse et doublure de May. L’interprète relève avec brio le défi de jouer pleinement ce rôle secondaire sur scène aujourd’hui, en apportant une compréhension profonde de May, en plus d’une authenticité et d’une inclusivité qui transparaissent dans chacune de ses scènes. <em>I’m not a girl (</em>Britney Spears), chanson clé du personnage de May, est une ode à la communauté LGBTQ+, particulièrement aux personnes non binaires, que Matt livre avec émotion, justesse et puissance. L’interprète canadien est un véritable coup de cœur qui justifie le déplacement à Toronto ! </p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de la remarquable performance de la troupe, cette incroyable production de <em>&amp;Juliet</em> séduit le public par les chorégraphies dynamiques, ses costumes à la fois modernes et historiques ainsi qu’à l’intégration magnifique de la musique populaire dans l’histoire de Juliette. Tous ces éléments se remarquent notamment dans le medley des chansons <em>Problem</em> (Ariana Grande) et<em> Can’t Feel My Face</em> (The Weeknd), un numéro mémorable et puissant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce <em>&amp;Juliet</em> sera à l’affiche dans les prochaines semaines à la Place des Arts, prête à séduire le public québécois. Plongez dans l’univers captivant de cette comédie musicale dès maintenant: l’album est disponible sur toutes les plateformes de musique!&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Conjuguer sa vie au passé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/conjuguer-sa-vie-au-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=59764</guid>

					<description><![CDATA[<p>Critique de la pièce <em/>Boîte noire</em>, présentée au Théâtre Jean-Duceppe.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">La Boîte, imposante et inquiétante, trône au milieu de la scène. Un projecteur s’allume. Éliza Williams, femme d’affaires, s’avance pour donner son discours. La pièce <em>Boîte noire</em> débute.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La beauté de la Boîte</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">En entrant dans la salle, le premier élément qui attire l’œil du spectateur est la boîte géante qui sépare la scène en deux : une partie supérieure et une partie inférieure. L’intrigue de la pièce est elle-même scindée en deux trames narratives qui cohabitent. D’une part, Éliza et David, cofondateurs d’Essor, présentent leur nouvelle invention : la Boîte, une technologie qui permet à chacun d’obtenir la vie de ses rêves en prévenant les comportements nocifs. D’autre part, Andrés, Tendaji et Laïla, des réfugiés, traitent des données toute la journée pour un salaire de misère afin d’entraîner l’IA à l’origine de la Boîte. Les deux trames narratives ont lieu en parallèle, jusqu’à ce qu’un accident sur vienne et entremêle la destinée de tous les personnages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le personnage d’Éliza, joué par Catherine-Anne Toupin, privilégie la prospérité et les investissements, son frère David, interprété par Vincent-Guillaume Otis, se préoccupe plutôt des enjeux éthiques : peut-on réellement mettre en vente un produit censé améliorer la vie des gens s’il y a des risques mortels pour les consommateurs? La discorde éclate entre les génies de la technologie et se propage, plus bas sur la scène, aux réfugiés employés par la firme. Comment améliorer sa situation lorsque les autorités profitent de l’exploitation des plus faibles? À une époque où nos voisins du Sud connaissent des moments houleux avec ICE, les mots du personnage de Laïla lorsque les agents frontaliers s’en prennent à elle sans raison résonnent: « Le camp, c’est une prison. Je veux une vie à moi. » Les enjeux mis en scène dans la pièce sont on ne peut plus actuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bienvenue au pays des possibilités</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce que promet la Boîte, c’est une vie meilleure, un moyen simple et rapide d’atteindre la version de soi idéale. Mais dans une société qui en demande toujours plus, est-il réellement souhaitable d’atteindre la perfection? L’obsession pour cette dernière tue notre société à petit feu. Les exigences et l’intolérance au bonheur de la société pour rissent la vie des individus et empêchent chacun de faire son cheminement personnel. La Boîte ne fait qu’empirer les traumatismes que les individus ressassent. Catherine-Anne Toupin, créatrice de la pièce, dénonce clairement ce besoin déraisonnable pour la perfection ainsi que les abus des multinationales qui, sans que nous nous en rendions compte, s’emparent de nos vies. « C’est devenu une obsession », confie une utilisatrice de <em>la Boîte</em>. Nous devenons des spectateurs de notre propre existence, incapables d’agir sans l’influence des plus riches et des plus puissants qui contrôlent notre consommation et nos habitudes. La pièce dénonce à cor et à cri les abus des autorités, qu’il s’agisse des entreprises ou des gouvernements, qui considèrent les plus vulnérables de notre société comme du bétail, bon seulement à enrichir les plus forts.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Boîte noire</em> est une pièce coup de poing. À plusieurs reprises, mes yeux se sont remplis de larmes et je me suis sentie impuissante face aux horreurs de l’humanité. Le futur qui se présente devant nous n’est pas reluisant, et cette pièce de théâtre déborde de son cadre divertissant pour nous secouer au fond de notre âme. C’est à nous de conserver l’humanité de notre monde. <em>Boîte noire</em> est une pièce de 1h35 sans entracte qui aborde des sujets sensibles, dont le suicide. Elle sera présentée jusqu’au 22 février 2026 au <em>Théâtre Jean-Duceppe</em>.</p>
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		<title>Natasha, Pierre &#038; la comète de 1812</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/28/natasha-pierre-la-comete-de-1812/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Eugénie St-Pierre]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[AUTS]]></category>
		<category><![CDATA[comédie musicale]]></category>
		<category><![CDATA[Guerre et paix]]></category>
		<category><![CDATA[orchestre]]></category>
		<category><![CDATA[talent]]></category>
		<category><![CDATA[Tolstoi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La nouvelle production de la AUTS est un tour de force.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Un an après son adaptation de <em>Company</em>, la <em>Arts Undergraduate Theater Society</em> (AUTS) revient sur le devant de la scène avec <em>Natasha, Pierre &amp; The Great Comet of 1812.</em> Dotée d’une équipe de 46 étudiants – dont 17  interprètes et un orchestre en direct – la troupe disposait de tous les éléments nécessaires à la réussite du projet. Et le pari est relevé. Plus de 180 billets ont été vendus pour la première représentation, suivie de plusieurs soirs à guichets fermés. Difficile d’imaginer qu’un seul spectateur soit ressorti déçu de la salle du Théâtre Plaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès le numéro d’ouverture, le spectateur est transporté dans le Moscou du 19e siècle à travers cette comédie musicale inspirée du volume deux, tome cinq de <em>Guerre et paix</em> de Léon Tolstoï. Lors de la première chanson, le public est mis en garde : il y a beaucoup de personnages et ils possèdent chacun « <em>neuf noms différents</em> (tdlr) », mais on se prend vite au jeu. Selon Milan Miville-Dechene, metteur en scène de la production, <em>The Great Comet of 1812</em> trouve une résonance toute particulière chez le corps étudiant, ce qui a motivé son choix. « Le mélange de pop, techno, <em>folk</em>, a de quoi convertir n’importe quel étudiant aux comédies musicales. On trouve dans la pièce des enjeux très actuels et de nombreux parallèles avec l’expérience universitaire », explique-t-il. Natasha et Sonya arrivent en effet à Moscou avec des rêves et des aspirations personnelles, tout comme les étudiants de première année à l’Université McGill. Et si les personnages paraissent insouciants sur scène, la pièce demeure pourtant plongée dans l’ombre d’une guerre qui sévit à l’extérieur du huis clos : « <em>Il y a une guerre qui fait rage / Quelque part, là-bas / Et Andrey n’est pas là</em> ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">La passion de la troupe crève les yeux. Sourires aux lèvres et regards brillants, les interprètes dégagent un enthousiasme hautement communicatif. Le public se prend lui aussi à sourire en les regardant. Tout au long du spectacle, leur professionnalisme est indéniable : le jeu est impeccable, les chorégraphies parfaitement réglées, le tout étant le fruit de plusieurs mois de travail acharné. Milan confie avoir étudié attentivement <em>Guerre et paix</em> afin d’informer sa mise en scène. Les comédiens sont en mouvement constant et exploitent l’espace scénique de manière particulièrement réussie – la scène déborde jusque dans la salle et les interprètes interagissent directement avec le public. Milan rappelle que le théâtre est avant tout « un moment partagé » : « L’énergie du public et des interprètes s’alimentent mutuellement ». Le tout est étourdissant, mais juste assez.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certaines performances individuelles, particulièrement remarquables, viennent solidifier l’ensemble. Claire Latella est splendide dans le rôle de Natasha – ingénue par excellence, elle incarne à la perfection la jeune femme fraîchement arrivée de la campagne, fascinée par le monde scintillant de Moscou. Sam Snyders, quant à lui, excelle dans le rôle de Pierre et apporte au récit la gravité qu’il requiert. Un immense coup de cœur pour la performance de Miranda De Luca dans le rôle de Sonya. Sa prestation de « Sonya Alone », extrêmement touchante, a été couronnée par un tonnerre d’applaudissements – et ce, malgré une salle relativement clairsemée pendant l’avant-première.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Natasha, Pierre &amp; The Great Comet of 1812 <em>est présentée au Théâtre Plaza le 29, 30 et 31 janvier.</em></p>
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		<title>Aux gens qui sont restés</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/aux-gens-qui-sont-restes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[David Strasbourg]]></category>
		<category><![CDATA[Gabriel Morin]]></category>
		<category><![CDATA[Merci d'être venus]]></category>
		<category><![CDATA[pièce]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur Merci d’être venus de Gabriel Morin.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Sur une musique d’ambiance, Gabriel dépose un album noir sur le comptoir, à côté de quelques petits bouquets blancs et d’une urne. La salle se tait. C’est ainsi que débute le monologue <em>Merci d’être venus</em>, rédigé et interprété par Gabriel Morin en collaboration avec le metteur en scène David Strasbourg. La pièce, parue en 2023, a remporté le prix du Meilleur texte original de l’Association québécoise des critiques de théâtre, dans la section Québec, en 2024. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« Ça va tous nous arriver », entame le comédien en s’adressant directement au public dans la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier. « <em>Ça</em> », c’est le pilier central autour duquel tourne le jeu pendant les 95 prochaines minutes : la mort. Plus précisément, le suicide. Dans le <a href="https://baladoquebec.ca/merci-detre-venus" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">balado doté du même nom que la pièce</a>, créé en 2019, l’auteur-interprète confie que l’idée du projet a d’abord germé au cégep, dans le cadre d’un projet d’arts plastiques en printemps 2009, peu de temps après le suicide de son grand frère. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une rencontre qui traverse le temps </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La salle Fred-Barry n’est pas exceptionnellement grande, ce qui favorise une intimité entre la scène et le public. Le décor est simple : un comptoir, une table, quelques bancs et chaises, et en arrière-plan, un mur vitré avec une porte que Gabriel n’ouvrira jamais. En synchronisation avec le travail d’éclairage de Suzie Bilodeau et la guitare acoustique de Philomène Gatien, la scène se transforme tantôt en salon funéraire, tantôt en resto-bar, voire même en wagon de métro et en terrain de camp de jour. Au milieu de tout cela, un Gabriel Morin vêtu d’un veston noir nous parle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Il aborde le suicide et la mort avec humour, sans toutefois ignorer la délicatesse du sujet. Gabriel nous annonce d’abord le décès de son frère, visage encore incrédule, l’urne dans les bras. Comment croire qu’un homme grand de 6’4” de son vivant puisse désormais entrer dans un contenant qui se soulève à un bras? Fred doit s’être caché quelque part où on ne le voit pas, se dit Gabriel. Il dépose l’urne sur le comptoir, regarde autour de lui, puis d’un geste rapide, ouvre le couvercle… et sort un biscuit aux pépites de chocolat. Dans cette pièce, tout peut devenir un coup de théâtre. De cette manière, le comédien atténue la lourdeur du sujet. Il jongle entre l’informatif et l’émotif tout en maintenant le sourire du public aux yeux brouillés. </p>



<p class="wp-block-paragraph">« Je ne suis pas un intervenant, […] je suis comédien pis je suis auteur », affirme Gabriel Morin dans son balado. « Je peux écrire. Je peux créer une conversation où il n’y en a pas », continue-t-il. Sur la scène, l’artiste est Dieu. Il a tantôt 34 ans, tantôt 18, quelques moments avant que <em>ça</em> arrive. Le comédien choisit de livrer ses sentiments sur scène – incompréhension, tristesse, colère – face à l’impuissance devant à la mort. Il espère que ceux dans la salle qui ont traversé une telle épreuve pourront s’y identifier. « La meilleure chose à faire, c’est de ne pas le cacher », explique-t-il. Cette volonté de faire place à la parole traverse toute la pièce, au point où chaque représentation est accompagnée par un intervenant spécialisé de l’Association québécoise de la prévention du suicide. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Présentée à guichets fermés et accueillie avec émotion par le public, la production suscite une écoute attentive tout au long. À la fin du spectacle, toute la salle se lève. Un « merci d’être venus », pour les gens qui sont restés.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Merci d’être venus <em>est présentée à la Salle Fred-Barry, du Théâtre Denise- Pelletier, jusqu’au 31 janvier.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Broadway au Québec?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/01/21/broadway-au-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Laurence Drouin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Jan 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[spectacles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les comédies musicales à ne pas manquer en 2026.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Quoi de mieux que de prendre une pause de ses études en allant voir une comédie musicale? La programmation de 2026 plaira à tous les publics : spectacles historiques, musique populaire, classiques de Broadway, il y en a pour tous les goûts!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Évangéline</em></strong><br>Cette comédie musicale francophone est une épopée historique qui relate la déportation des Acadiens en 1755 vers la Nouvelle-Écosse. On suit l’histoire d’amour d’Évangéline (Maude Cyr-Deschênes) et de Gabriel (Olivier Dion) à travers une quête révolutionnaire. (Du 5 février au 2 août 2026 à la Place des Arts)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Star Wars d’icitte : la guerre des cônes</em></strong><br>Créée par la troupe montréalaise Les productions de l’Épopée, cette parodie musicale francophone suit les trois premiers films de <em>Star Wars</em>, les <em>prequels</em>, avec une touche d’humour et plusieurs références québécoises, comme le circuit de course Gilles-Villeneuve. (6 et 7 février 2026 au Théâtre La Comédie de Montréal)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Falsettos</em></strong><br>Ayant présenté <em>Cabaret </em>l’an passé, le Contact Theatre revient en force avec une comédie musicale qui suit l’histoire d’un homme juif et <em>queer </em>dans les années 70 à New York. Cette troupe indépendante et anglophone de Montréal est à surveiller! (Du 7 au 15 mars 2026 au Centre Segal )</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&amp;Juliet</em></strong><br>Cette comédie musicale anglophone réinvente le récit de Roméo et Juliette en ajoutant de la musique pop de Max Martin, des personnages <em>queer</em>, des chorégraphies incroyables et une ré-écriture féministe. Shakespeare n’en croirait pas ses yeux! (Du 17 au 22 mars 2026 à la Place des Arts)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Un violon sur le toit</em></strong><br>Cette adaptation musicale lie la direction artistique de Marie-Ève Labrie, la musique de l’Orchestre de chambre Sérénade et les danseurs de l’Académie du Ballet Métropolitain. Classique de Broadway datant de 1964, plusieurs connaissent ce spectacle par le film du même nom de Norman Jewison (1971). (28 et 29 mars 2026 à la Place des Arts)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Grow</em></strong><br>Cette nouvelle comédie musicale canadienne développée par le même producteur que <em>Come From Away </em>suit Hannah et Ruth, deux sœurs âgées de dix-neuf ans. Celles-ci quittent leur petite communauté pour créer le meilleur cannabis au monde. (Du 24 mai au 14 juin 2026 au Centre Segal)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Moulin Rouge</em></strong><br>Le film iconique de Baz Luhrmann (2001) reprend vie dans cette comédie musicale anglophone où costumes éblouissants et décors grandioses sont au rendez-vous. Ayant gagné plus de dix Tony Awards, il est impossible de ne pas tomber sous le charme de cette belle histoire d’amour entre un poète et une danseuse! (Du 9 au 14 juin 2026 à la Place des Arts)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Titanique</em></strong><br>Cette parodie musicale a tout pour séduire les admirateurs du film de James Cameron : références populaires, humour <em>queer </em>et chansons de Céline Dion, cette dernière étant même interprétée par Véronique Claveau! Le spectacle est traduit en français pour la première fois depuis sa création. (Du 6 au 27 juin 2026 au Studio-Cabaret)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les Misérables</em></strong><br>Qui ne connaît pas la fameuse histoire de Jean Valjean écrite par Victor Hugo? Un succès dans plus de 53 pays, ce spectacle arrive au Québec avec une traduction française. Le rôle de Fantine sera joué par Klara Martel-Laroche. (Du 20 juin au 5 juillet 2026 au Théâtre St-Denis)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Disney’s The Lion King</em></strong><br>Plus de 120 millions de personnes à travers le monde ont déjà vu cette comédie musicale anglophone où toute la savane prend vie grâce à des costumes, maquillages et décors remarquables. « J’ai tellement hâte d’être roi! » (Du 19 août au 6 septembre 2026 à la Place des Arts)</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de cette belle programmation, il existe plusieurs comédies musicales jouées par des troupes amatrices qui méritent d’être encouragées. En voici quelques-unes!</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Seigneur! Des anneaux? </em></strong>(spectacle francophone produit par l’Épopée imaginaire et la troupe étudiante collégiale du Collège Jean-de-Brébeuf, Montréal).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Natasha, Pierre and The Great Comet of 1812 </em></strong>(spectacle anglophone produit par la société théâtrale des étudiants en arts de l’Université Mcgill).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alice par coeur </em></strong>(spectacle francophone produit par la troupe de comédies musicales de l’Université de Montréal).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Promenons-nous dans les bois</em></strong> (spectacle francophone produit par le Théâtre Musical Haute-Yamaska, Granby).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Blonde &amp; Légale </em></strong>(spectacle francophone produit par la troupe Révatorium, Québec).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>The Prom </em></strong>(spectacle francophone produit par les Productions de la 42<em>e </em>Rue, Trois-Rivières).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces recommandations vous diverti- ront pour les mois à venir!</p>
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		<title>Le spectacle jeunesse contemporain : dans les coulisses d’un art nécessaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/05/le-spectacle-jeunesse-contemporain-dans-les-coulisses-dun-art-necessaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alix Maksymjuk]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 05 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[art]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Bref aperçu de l’art de scène pour jeune public.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Les lumières s’allument. Un chapiteau constitué d’un immense drap domine la scène, signant la fin de <em>L’après-midi tombe quand tes biscuits se ruinent</em>, production de La Croustade, qui s’est tenue il y a deux ans, en 2023<em>. </em>Les deux interprètes invitent les spectateurs, et pas que les petits, à venir sous le chapiteau choisir un biscuit à grignoter hors de la salle. Pourtant, peu de choses semblaient mener à cette conclusion alimentaire : tenant à la fois du clownesque et du cirque acrobatique, tout en intégrant l’usage du <em>skateboard</em> et d’objets du quotidien, cet univers artistique décalé représente bien ce à quoi on peut s’attendre avec les spectacles jeunesse d’aujourd’hui au Québec. Je me suis surprise à trouver cette performance mémorable, tant pour la diversité et la modernité des médiums utilisés que pour sa touche humoristique bien dosée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Retomber en enfance, voilà ce que nous permettent des présentations telles que <em>L’après-midi tombe quand tes biscuits se ruinent.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Le spectacle jeunesse fait parfois moins bonne figure aux yeux du public adulte. On lui reproche souvent d’être trop « ludique » ou même niais, mais surtout de ne pas parler à la sensibilité d’un public plus âgé. Pourtant, les créations originales qui brisent cette catégorisation étroite se multiplient dans les centres culturels. Actuellement, il est tout à fait possible de toucher un jeune public tout en parlant de sujets de société avec une vision artistique pertinente.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La popularité de cet art de la scène est telle que des lieux de diffusion entiers concentrent leur programmation autour du spectacle jeunesse : on parle de l’Arrière Scène, située en Montérégie, ou de la Maison Théâtre, à Montréal, qui proposent des spectacles pour jeunes publics, mais s’adressant à tous les âges. À l’affiche&nbsp;: propositions «&nbsp; philosophico-pop », tendant vers la poésie ou même la métaphysique. Chaque spectacle défie les genres ou les mélange, oscillant entre danse-théâtre, conte musical, théâtre d’objet, et encore. Les maisons de la culture offrent aussi des productions jeunesse à bas prix. La proximité est la clé de ces lieux de diffusion, ce qui permet aux représentations de voyager dans plusieurs arrondissements pour trouver leur public cible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pertinence du spectacle jeunesse dépasse même sa simple adaptation aux enjeux de l’époque contemporaine ou son accessibilité. Qui ne se souvient pas d’une forme de média qui l’a profondément touché dans son enfance? La nostalgie gagne souvent, et il est observé qu’on a tendance à retourner vers ce que l’on connaît déjà. Proposer du contenu artistique original aux jeunes, c’est aussi développer leur sensibilité à des objets culturels insolites, une curiosité qui peut être nourrie tout au long d’une vie. Il s’agit d’une bonne première porte d’entrée dans un milieu qui apparaît parfois hors d’accès ou trop abstrait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là que la médiation culturelle entre en jeu. Le développement de la relation entre un jeune public et les acteurs culturels derrière le spectacle jeunesse se fait par le biais d’ateliers et d’animations où la bienveillance est de mise. Il est essentiel, pour plusieurs centres culturels, de considérer l’enfant comme un sujet comme un autre, activement présent dans la réception de l’œuvre. Cela lui permet de placer son point de vue dans un processus de création achevé et de faire ressortir sa propre sensibilité en tant que jeune public.&nbsp; L’art de la scène dédié aux enfants, en se tournant vers la réception de ses jeunes spectateurs, offre des propositions inusitées qui nous incitent tous à voir de nouveaux horizons, comme toute autre forme d’art nécessaire.</p>
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		<item>
		<title>Mommyfier le passé</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/mommyfier-le-passe/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Rose Langlois]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[critique]]></category>
		<category><![CDATA[culture]]></category>
		<category><![CDATA[l'ACTIVITÉ]]></category>
		<category><![CDATA[mommy]]></category>
		<category><![CDATA[Rap]]></category>
		<category><![CDATA[théâtre de création]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58766</guid>

					<description><![CDATA[<p>Critique de <em>Mommy</em>, le retour d’Olivier Choinière.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">La pièce <em>Mommy, le retour </em>d’Olivier Choinière est une création du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui et de la compagnie de théâtre de création L’ACTIVITÉ. La <a href="https://theatredaujourdhui.qc.ca/spectacles/mommy-le-retour#l-activite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mission</a> de la pièce : « bousculer le théâtre ». Un objectif indéniablement atteint.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À travers la pièce, on suit Mommy, une grand-mère qui revient d’entre les morts pour rendre au Québec contemporain sa gloire d’antan. Elle dévore les humains qui se trouvent sur son passage et forme rapidement sa petite armée de morts-vivants. À ce synopsis déjà peu conventionnel s’ajoutent plusieurs éléments surprenants : chansons du siècle dernier réinterprétées en rap, interactions avec le public, transformation de Jésus en DJ… La pièce devient rapidement une sorte de comédie musicale aux allures d’horreur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’ambiance comique qui règne, le message est on ne peut plus sérieux. Choinière dénonce l’extrémisme, la montée en popularité de l’autoritarisme, ainsi que les faux pas de nos gouvernements, aussi bien provinciaux que fédéraux. Dès le début de la pièce, Fée Clochette (Édith Paquet) et le maître de cérémonie (Félix Beaulieu-Duchesneau) nous avertissent qu’il n’y aura pas de vidéos dans cette présentation, faute de budget. Quelques minutes plus tard, c’est le préposé aux bénéficiaires (Lyndz Dantiste) qui nous parle des Centres d’hébergement de soins de longue durée (CHSLD), ces mouroirs où nos aînés font des plaies de lit. Enfin, une influenceuse écologique dénonce les conditions lamentables des écoles publiques et les salaires trop bas des enseignants.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Les spectateurs sont plongés dans un monde complètement déjanté où Mommy règne en maître et dévore ses ennemis »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Les personnages critiquent à la fois la droite et la gauche politique dans toutes leurs caractéristiques les plus extrêmes. Des masques représentant entre autres François Legault, Geneviève Guilbault, Gabriel Nadeau-Dubois et Pierre Poilievre sont portés par les acteurs qui font du <em>lip-sync </em>sur des extraits de leurs discours politiques. Les acteurs sont talentueux et semblent avoir un vrai plaisir à être sur scène, mais plus la pièce avance, plus la confusion s’installe. L’allégorie devient plus difficile à suivre, les thèmes sont nombreux, on ne sait plus très bien ce qu’essaient de dénoncer les personnages. On tombe dans une sorte de creux avant la scène finale absolument éblouissante, qui se déroule sur la table de « DJésus » reproduisant le dernier repas de Jésus avec ses apôtres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le message politique se brouille quelque peu, la mise en scène, elle, est époustouflante. Une immense croix, où on lit le nom de Mommy, se dresse derrière la table de DJésus. Cette dernière est ornée d’une multitude de chandelles et de victuailles, dominant la scène par sa hauteur vertigineuse. En bas, un rideau de plastique que les acteurs tirent et replacent crée trois autres pièces, d’où sortent toujours de nouveaux personnages, comme l’hystérectomie ou la plaie de lit. L’arrière de la scène, couvert de grilles pour créer un drainage, permet l’usage abondant de faux sang. Les côtés de la salle, en quelque sorte les coulisses, sont même inclus dans la mise en scène. Sur de longs comptoirs trônent les accessoires qui sont utilisés tout au long de la pièce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette pièce de théâtre bouscule toutes les attentes. Pendant une heure quarante, les spectateurs sont plongés dans un monde complètement déjanté où Mommy règne en maître et dévore ses ennemis. On alterne entre critique de l’immigration, prix de la laitue et la fabrique de miel des hippies. Un incontournable pour les désireux de réflexion et, surtout, de surprise.</p>
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		<title>Les rhinocéros font ravage sur la scène</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/10/01/les-rhinoceros-font-ravage-sur-la-scene/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Louane Biquin]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 01 Oct 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Ionesco]]></category>
		<category><![CDATA[Milot]]></category>
		<category><![CDATA[Rhinocéros]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une critique de <em/>Rhinocéros</em> d’Eugène Ionesco, mis en scène par Marie-Ève Milot.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Lorsque les lumières s’éteignent dans le théâtre Denise Pelletier, un voyage vers le monde absurde d’Eugène Ionesco commence. La mise en scène de Marie-Ève Milot saisit immédiatement l’attention du public à travers des extraits vidéo mettant en scène des rhinocéros et leurs instincts primaires. Quel lien entre un rhinocéros et la montée des régimes totalitaires, sinon la violence et l’instinct cru de cet animal? Il n’y a peut-être aucune réponse, et ce dialogue inepte entre le public et l’œuvre est justement ce qui témoigne du génie d’Ionesco et de Milot. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce, fondée sur l’humour, réussit avec brio à arracher un rire amer au public malgré la contemporanéité menaçante de la satire d’un régime totalitaire. Après les trois rappels des interprètes sur scène lors de la première, témoignant du succès immédiat de <em>Rhinocéros</em>, le public ressort le cœur lourd, se posant des questions difficiles, mais fondamentales. Seules les pièces de théâtre les plus réussies parviennent à occuper l’esprit des spectateurs pendant plusieurs heures et à ouvrir la porte à des conversations aux arguments sans fin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le décor, malgré sa simplicité et son allure dystopique, est réfléchi ; il devient de plus en plus opprimant avec les murs qui se resserrent, formant éventuellement un enclos sans issue, alors que la rhinocérite, cette maladie qui transforme les humains en de violents rhinocéros, se propage. La mise en scène de Milot cherche à mettre à profit chaque seconde du spectacle, qui n’a pas d’entracte. Même entre les scènes, lors des changements de décor, chaque action des comédiens a une intention artistique et théâtrale. Christophe Payeur, qui occupe le rôle de Bérenger, livre une performance stupéfiante qui laisse le public sans voix. Son interprétation du monologue final et des implications éthiques de son rôle font honneur au personnage que Ionesco avait imaginé et ne laisse rien à désirer.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Entre les comportements immoraux de certains et leurs répliques adaptées au contexte québécois actuel, la pièce de théâtre vient réveiller chez le spectateur un humour noir propre au 21e siècle »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">L’intermédialité de la représentation, mêlant le texte de 1959 à une bande son originale, des jeux de lumière et des effets visuels, dynamise le monument du théâtre de l’absurde qu’est <em>Rhinocéros</em> et le rend d’autant plus pertinent pour le spectateur contemporain. Entre les comportements immoraux de certains et leurs répliques adaptées au contexte québécois actuel, la pièce de théâtre vient réveiller chez le spectateur un humour noir propre au 21<em>e</em> siècle. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Lorsque la société n’a plus de sens, l’art apporte un certain réconfort aux citoyens à travers des mondes qui n’ont ni queue ni tête. L’absurdité totale de la pièce de Ionesco – le comportement des personnages pleins de contradictions, leurs répliques, leurs valeurs et leur morale, leur façon de se jeter la tête la première dans la gueule des rhinocéros – crée une ambiance cynique et pince-sans-rire qui est garantie de gagner le cœur du public. À travers ces personnages qui attirent l’attention et sa mise en scène sans pudeur, Marie-Ève Milot a réussi à redynamiser avec talent la pièce d’Eugène Ionesco, lui faisant hommage et rappelant au public la réalité toujours aussi tangible de la menace de la propagande et du fascisme.</p>
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		<title>On est dans un Trip</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/on-est-dans-un-trip/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Layla Lamrani]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
		<category><![CDATA[trip]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58512</guid>

					<description><![CDATA[<p>Quand les années 60 reviennent à la mode.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Lunaire, voilà comment résumer la pièce <em>Trip</em> de Mathieu Quesnel, présentée au théâtre La Licorne du 2 au 26 septembre 2025. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Déjà, commençons par le synopsis : une jeune femme nommée Lucie Sauvé D’Amours (LSD) rejoint un groupe d’entraide, inspirée par la Beat Generation, qui produit chaque année une performance théâtrale. Cette fois-ci, elle y amène son père, son psychologue et sa médium, afin de mettre en scène un spectacle qui célèbre la contre-culture des années 1960, l’anticapitalisme, le mouvement hippie et, bien évidemment, les psychédéliques. Le groupe théâtral est composé de 10 à 15 personnages loufoques et extravertis qui nous en mettent plein la vue pendant deux heures. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès que vous entrez dans la salle de spectacle, deux punchs aux fruits vous sont offerts : un « avec » et un « sans » drogue. D’emblée, l’importance des psychédéliques est plantée, pour le plus grand bonheur du public qui vide la carafe « avec » drogue. Le spectacle débute avec les comédiens répartis dans les quatre coins de la salle qui nous accueillent. Les mots de bienvenue sont orchestrés : l’un prend la parole en même temps qu’un autre, un comédien succède à un autre, créant un effet de chorale. Bref, pendant cinq à dix minutes, on se perd et on s’étonne dans cet univers qui deviendra bientôt beaucoup plus lunaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On revient bien vite aux fameux psychédéliques! Les comédiens révèlent qu’en réalité, ils ont inversé les noms des boissons : le « sans drogue » était en fait « avec drogue »… Grand éclat de rire et petite frayeur dans la salle. Les deux heures qui suivent sont, pour moi, ce qui se rapproche le plus d’une expérience psychédélique. Personnages loufoques, lumières stroboscopiques, transformation de tous les comédiens en Lucie Sauvé d’Amours, caméra qui inclut le public dans le spectacle (moi y compris, oui, oui). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de la pièce, on n’apprend pas réellement à connaître les personnages au-delà de leurs noms. Un choix intentionnel j’en suis sûre, faisant allusion au flou psychédélique que la pièce veut nous faire découvrir. Le déroulement du spectacle est façonné autour de la jeunesse de Lucie, de sa relation avec ses parents et de son entrée dans la vie adulte. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui rend cette pièce encore plus difficile à suivre, c’est qu’on ne sait pas toujours si l’on assiste aux préparatifs de la pièce avec Lucie et ses compagnons, ou bien au film de sa vie, projeté à son arrivée au purgatoire. Il est compliqué de comprendre exactement ce qui se passe, mais on saisit que Lucie meurt et qu’il revient désormais au jury, nous le public, de décider si elle a le droit de se réincarner dans sa prochaine vie. Cette confusion constante est difficile à digérer. Aimons-nous ce sentiment d’être perdu ou avons-nous plutôt l’impression d’avoir assisté à des répétitions théâtrales pendant deux heures? Pour ma part, c’est la deuxième option : j’avais le sentiment que le spectacle n’aboutissait jamais vraiment, chaque fois interrompu par un changement de sujet destiné à capter l’attention du public. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce s’inspire fortement de l’esprit des années 1960, de Neal Cassady, de Jack Kerouac et des Merry Pranksters. On sent la volonté des comédiens de faire revivre cette époque : la liberté sexuelle, le rejet des règles établies, le « fuck » au capitalisme, ponctué de petites piques lancées au gouvernement Legault actuel. Malgré tout, ces sujets ne sont abordés qu’en surface, cherchant davantage à reproduire l’esthétique des années 1960 qu’à réellement prêcher les valeurs qui y étaient défendues.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette pièce, qui met en valeur de talentueux comédiens québécois, m’a transportée dans un univers psychédélique. Le jeu des comédiens était remarquable, très interactif avec le public, et, surtout, ils semblaient prendre un réel plaisir à être sur scène. On se questionne pendant deux heures sur ce qui se passait, résultant en un public désorienté vivant réellement un trip. Évidemment, cette intention de désorienter le public, c’est bien là le but de la pièce. Les comédiens et le metteur en scène ont réussi à créer cette expérience de folie et d’incompréhension pour le public. Cependant, au-delà de l’euphorie instantanée, je n’ai pas l’impression d’avoir été marquée par les thèmes et messages évoqués de la pièce. Bref, je peux vous dire que j’ai bien vécu un samedi après-midi <em>lunaire</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Défendre le droit de douter</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/17/defendre-le-droit-de-douter/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Adèle Doat]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Alain Zouvi]]></category>
		<category><![CDATA[Reginald Rose]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une adaptation québécoise de l’œuvre américaine de Reginald Rose.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Alain Zouvi, metteur en scène de <em><a href="https://12hommesencolere.com/#piece" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">12 hommes en colère</a></em>, la pièce de théâtre en tournée au Québec, n’est pas le premier à s’attaquer à l’œuvre de Reginald Rose. À l’origine un téléfilm sorti en 1954, <em>Twelve Angry Men</em> a été <a href="https://www.maisondelaculture.ca/Salle-Odyssee/pdf/guide-pedagogique-12-hommes-en-colere.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">adapté</a> plusieurs fois au cinéma et à la télévision. Cette fois, le texte a été traduit pour tenir compte d’un public québécois. La mise en scène d’Alain Zouvi, trop fidèle au script original, peine à se démarquer des précédentes adaptations qui ont connu un grand succès. Elle manque décidément de caractère malgré l’intemporalité du message principal. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, la nature contraignante du <a href="https://www.jetsdencre.fr/le-huis-clos-en-litterature-une-scene-fermee-une-tension-ouverte-_r_145_a_4892.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">huis clos</a> au théâtre, qui enferme ses personnages dans un espace confiné, laissait place à davantage de créativité et d’originalité. Malgré le clin d’œil à la guerre culturelle douce-amère que se livrent les Québécois et immigrés français de la province, l’adaptation de Zouvi est presque un copié-collé du texte anglais avec pour seule différence la langue et la nuance des accents francophones. Le jeu aurait bénéficié de plus grandes prises de liberté avec le texte datant des années 50 et d’une mise en scène plus surprenante qui aurait paru moins anachronique et plus proche des enjeux de sociétés actuels. D’autant plus que les thèmes explorés par l’auteur new-yorkais ont une résonance particulière avec l’actualité américaine et l’état de nos démocraties modernes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>12 hommes en colère</em> convie le spectateur à une discussion enflammée entre les douze membres d’un jury populaire qui doivent décider de la culpabilité du suspect accusé du meurtre de son père. Toutes les preuves sont réunies pour le déclarer coupable et laissent peu de place au doute. Le verdict semble plié d’avance, il ne suffit que d’un vote unanime pour le condamner à mort. Pourtant, un des membres du jury refuse de voter « coupable » ; il est seul contre tous. Et si les témoins s’étaient trompés? Et si l’accusé était innocent?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La pièce nous offre une belle leçon de démocratie en ces temps sombres où la polarisation et la violence politique grimpent en flèche. De tous âges, de classes sociales contrastées (banquier, ouvrier, publicitaire…) et d’opinions divergentes, les jurés doivent s’asseoir autour d’une table pour discuter et ainsi trouver un accord. Là est l’essence de la démocratie, selon moi : débattre de ses opinions de manière rationnelle et logique afin de prendre la décision la plus juste possible. Après tout, qui donc peut prétendre avoir accès à la vérité objective? La pièce montre qu’il est nécessaire d’apprendre à s’écouter et d’abandonner le dogmatisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« Les faits, on peut leur faire dire ce que l’on veut », déclare un des jurés revendiquant le droit de remettre en question les informations qu’il reçoit avant de construire son avis. Savoir se servir de son esprit critique semble primordial à l’ère des réseaux sociaux, où une citation, sortie de son contexte, peut avoir un sens complètement différent. Intégrer cette dimension numérique à la pièce aurait pu rendre le message bien plus percutant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’ailleurs, la mise en scène souffre surtout de son réalisme. Le spectateur est complètement immergé au sein de la discussion des jurés, et finit comme eux par trouver le temps long au fur et à mesure que la lumière artificielle du jour décline. D’une durée de deux heures, la frustration et les cris des personnages qui s’impatientent ont de quoi nous donner mal à la tête. Un peu plus de légèreté et d’humour auraient pu rendre le propos plus digeste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">12 hommes en colère <em>est en <a href="https://12hommesencolere.com/#dates" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">tournée</a> au Québec jusqu’en décembre</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Les voix des femmes dans Hamilton</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/les-voix-des-femmes-dans-hamilton/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Jiayuan Cao]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[hamilton]]></category>
		<category><![CDATA[place des arts]]></category>
		<category><![CDATA[Spectacle]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Quand les sœurs Schuyler réclament la scène qui leur revient.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Dix ans après son entrée retentissante à Broadway, Hamilton débarque enfin à Montréal. Le phénomène de Lin-Manuel Miranda fête son anniversaire à la Place des Arts avec 24 représentations, du 19 août au 7 septembre, enflammant la salle Wilfrid-Pelletier. Pourtant, tout commence bien loin de Montréal, à l’été 2008, quand Miranda découvre la monumentale biographie d’Alexander Hamilton, le premier secrétaire au Trésor américain, signée Ron Chernow. De cette lecture naît une comédie musicale explosive qui, dès 2015, s’impose comme une révolution en mariant rap, histoire politique et culture populaire. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bien plus qu’un amour contrarié</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus de son audace et de sa distribution diversifiée, Hamilton met en scène des femmes qui prennent leur destin en main. Même si l’intrigue est centrée sur Alexander Hamilton, elles existent bien au-delà du simple rôle d’adjuvantes. Dans le spectacle, l’histoire d’Alexander Hamilton croise celle des sœurs Schuyler : Angelica, Eliza et Peggy, figures mondaines new-yorkaises à la fin du 18e siècle. Parmi les 46 chansons de la pièce, Satisfied est sans doute l’une des plus emblématiques. Dans cette scène, le mariage entre Eliza et Hamilton vient d’être annoncé ; Angelica, l’aînée, remonte alors le temps pour livrer sa propre version des faits. C’est elle qui a présenté Eliza à Hamilton, malgré les sentiments qu’elle éprouvait pour lui. Contrairement à ce que le titre laisse entendre, la chanson se conclut par : « I will never be satisfied », ou « je ne serai jamais satisfaite » en français. </p>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, Angelica avoue un amour impossible et le sacrifice intime qu’il exige. Mais elle ne s’y enferme pas. Lucide et ambitieuse, elle entre sur scène avec sa robe rose, symbole d’une féminité fière qui refuse le silence. La voix de la comédienne Marja Harmon, claire et puissante, fend la salle et s’impose au public. Dès sa première apparition, Angelica dénonce l’exclusion des femmes du projet révolutionnaire en s’attaquant à l’emploi du terme « men » dans la déclaration d’indépendance.Son insatisfaction ne traduit pas seulement une passion contrariée : elle porte aussi l’écho d’un idéal politique inachevé. Comment réduire une figure aussi brillante à une simple romance avec le mari de sa sœur? </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qui racontera ton histoire?</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">Au milieu de la révolution, Hamilton se fait renvoyer à la maison par un George Washington en colère. Dans ce moment de fragilité, Eliza lui annonce sa grossesse et, avec douceur, lui propose un autre récit que celui de la gloire militaire. Elle ne réclame ni fortune ni honneurs. Seulement sa présence. Cela lui aurait suffi. Mais Hamilton la trompe, et le scandale éclate en 1797. Frappée par la honte et la douleur, Eliza brûle toutes ses lettres : un geste radical pour refuser d’être réduite au rôle de l’épouse humiliée. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce silence, pourtant, ne sera pas éternel. Elle survit cinquante ans après le décès de Hamilton et, au crépuscule de sa vie, reprend enfin la parole. Pendant ces décennies, elle a levé des fonds pour le Washington Monument, milité pour l’abolition de l’esclavage aux États-Unis et fondé le <a href="https://www.graham-windham.org/about-us/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">premier orphelinat privé de New York en 1806, d’ailleurs encore en activité aujourd’hui</a>. La lumière tombe sur Eliza, et elle quitte son rôle d’épouse à l’importance marginale pour devenir la narratrice principale. C’est par sa voix que la pièce s’achève. Elle rend à l’Histoire ce que l’Histoire lui a pris : une parole, une mémoire, une place. </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Finale</strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph">À la fin de la représentation, la salle se lève, les applaudissements fusent. Angelica et Eliza reprennent la parole, mais toujours dans l’orbite d’Alexander Hamilton. Et si, demain, une œuvre portait enfin non pas son nom, mais le leur?</p>
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			</item>
		<item>
		<title>À la recherche d’une mémoire fracturée</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/04/02/a-la-recherche-dune-memoire-fracturee/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Camélia Bakouri]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Anna Sanchez]]></category>
		<category><![CDATA[La femme de nulle part]]></category>
		<category><![CDATA[Nora]]></category>
		<category><![CDATA[Théa Paradis]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58071</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une critique de La femme de nulle part.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph"><em>B ambino</em> de Dalida résonne dans les quatre murs de la salle. Les écouteurs vissés dans les oreilles, des lunettes de soleil pour se dissimuler au monde, Nora danse. Une danse d’abandon, une danse qui lui permet d’oublier ce gouffre qu’elle ne parvient pas à combler.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="https://www.denise-pelletier.qc.ca/pieces/la-femme-de-nulle-part/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La femme de nulle part</a></em>, mise en scène par Anna Sanchez, explore l’histoire d’une famille oubliée. Nora, personnage principal, découvre une photo de sa grand-mère prise à Oran, en Algérie, mais, faute d’explications de la part de son père, elle décide de partir à la recherche de cette mémoire inachevée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une ignorance révolue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Étant Algérienne, cette pièce m’a laissée mitigée, un peu perdue entre ce dont je me sens proche et la perplexité qui m’envahit. Souvent, en tant qu’enfants d’immigrants, notre histoire subit une fracture qui nous écarte dans une ignorance douloureuse. Nous vivons dans une mélancolie, portant le poids d’une histoire que l’on ne connaît pas vraiment. Pour Nora, interprétée par Théa Paradis, cette mystérieuse photo semble être la clé de cette tristesse. Une image prise à Oran, durant l’ère coloniale en Algérie, où sa grand-mère se tient côte à côte avec une jeune femme algérienne, Lina. Après cette découverte, Nora se lance dans une recherche effervescente sur cette époque troublante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre <a href="https://www.france24.com/fr/france/20230701-mort-de-nahel-accus%C3%A9e-de-violences-et-de-racisme-la-police-de-nouveau-sous-le-feu-des-critiques" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">les manifestations dénonçant la mort de Nahel Merzouk</a> au mains d’un policier français en 2023 et les archives de la guerre d’indépendance, Nora se sent déchirée ; coupable et révoltée d’être descendante d’une personne qualifiée de « pieds-noirs », terme désignant les populations d’origine européenne installées en Algérie durant la période coloniale française. La pièce s’efforce de mettre en lumière et, d’une certaine manière, de dénoncer le racisme et le colonialisme français. Je trouve cependant que cette dénonciation demeure limitée par le fait que l’histoire est racontée du point de vue d’une personne issue des pieds-noirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon attachement personnel à la guerre d’Algérie limite peut-être mon empathie envers cette grand-mère pieds-noirs. Pourtant, contrairement à mes parents, je comprends le sentiment d’arrachement que plusieurs pieds-noirs déplorent. Comme eux, je suis attachée à une Algérie composée de souvenirs évanescents et de personnes disparues. Au-delà de la déchirante séparation entre la grand-mère et son amie Lina, il n’en demeure pas moins que les pieds-noirs ont grandi en Algérie avec une vision trompeuse de la réalité. Cette vie en sol algérien ne leur appartenait pas, ni ses belles maisons, ni la nourriture dans leurs assiettes, et surtout pas ce pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une tristesse inconnue</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette quête débute par une tristesse que Nora peine à comprendre. Elle ressent un vide, un manque plus profond que celui que laisserait l’absence d’un parent. Cette mélancolie persistante ronge Nora et, après son départ spontané pour Paris, ne fait que croître, alimentée par l’incompréhension et le vide qui l’habitent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vide, beaucoup le connaissent bien : celui de l’identité, de l’histoire oubliée. Cette quête pour savoir d’où l’on vient, je la comprends également. La douleur de Nora dans sa recherche est incarnée avec une intensité poignante. À travers ses monologues emplis de questionnements et ses gestes souvent déséquilibrés, Nora se blottit dans des tissus qui l’enveloppent, comme une tentative fragile de se protéger du monde extérieur. La pièce transmet ainsi cette tristesse profonde, tout en la soulignant d’un subtil sous-ton d’humour. Ces interludes comiques sont stratégiquement placés, permettant de mettre en lumière l’absurdité de certaines situations, mais surtout l’inexprimable tristesse qui les habite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Une fin en <em>Istikhbar</em>*</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré mes divergences avec le point de vue narratif de cette pièce, la composition musicale, les accessoires simplistes et des dialogues empreints de force parviennent magnifiquement à transmettre cette émotion de mélancolie face à l’inconnu. Un sentiment qui s’ancre profondément dans l’estomac, une sensation à la fois douloureuse et douce. Cette histoire de découverte est belle dans son interprétation, oscillant entre hauts et bas. À la manière du chaâbi, une musique traditionnelle algéroise, la pièce se construit progressivement, accélérant jusqu’à une fin qui marque en réalité un nouveau commencement. Le début d’une Nora un peu moins perdue, une jeune femme qui commence à comprendre d’où elle vient.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*L’introduction musicale d’une chanson chaâbi, qui peut durer de quelques minutes à plusieurs heures.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La pièce </em>La femme de nulle part<em> est présentée jusqu’au 12 avril au Théâtre Denise-Pelletier. </em></p>
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		<title>Vierge : une adolescence à l’envers de la foi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/02/26/vierge-une-adolescence-a-lenvers-de-la-foi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Océane Nzeyimana]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Feb 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[vierge]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=57677</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une jeunesse qui choisit sur quoi faire une croix.</p>
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<p class="has-drop-cap wp-block-paragraph">Touchées par ce portrait fidèle d’une jeunesse noire réunie dans des sous-sols d’église éclairés aux dalles DEL d’un blanc quasi hospitalier, mon amie et moi sommes assises l’une à côté de l’autre dans l’auditoire. Une première pour nous deux : ce témoignage du beau et du laid coexistant dans ces lieux de communauté, sacrés à plus d’un égard. Ode à ces réalités incomprises, <em>Vierge </em>est authentique, candide, mais avant tout nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Produite par le <em>Black Theatre Workshop </em>et la <em>Great Canadian Theatre Company</em>, cette œuvre de Rachel Mutombo met en scène la rencontre de quatre adolescentes congolaises qui se réunissent hebdomadairement pour une étude biblique. Or, leurs apprentissages débordent rapidement du texte religieux, alors que se tisse, entre embarras de l’inexpérience et désirs d’appartenance, une amitié. Avec une naïveté enfantine, ces personnages féminins naviguent à travers leurs défis personnels, une prière à la fois.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">« Ode à ces réalités incomprises, <em>Vierge </em>est authentique, candide, mais avant tout nécessaire »</p>
</blockquote>



<p class="wp-block-paragraph">Divine, interprétée par Espoir Segbeaya, apparaît la première sur scène, rayonnante de toute cette candeur propre à une jeune fille de 16 ans, plaçant table et chaises avec fébrilité. Cet enthousiasme est vite terni par l’entrée de Grace (Seeara Lindsay) et de Sarah (Joy Mwandemange), demi-sœurs vêtues respectivement des couleurs orange et mauve, qui, comme elles, s’opposent mais se complètent. Un échange gênant s’ensuit, ponctué des rires de l’auditoire, et s’interrompt finalement par l’entrée de Bien Aimé (Symantha Stewart), qui s’auto-désigne médiatrice. C’est au fil de cette dynamique tendue que les quatre personnages apprennent à s’apprécier, au meilleur de leurs capacités. Investi dans le devenir de ce petit groupe, le public tente de déchiffrer les non-dits de leurs conversations, alors que le poids de ces fameux <em>songi-songi </em>(rumeurs) pèse lourd. Notre immersion dans cette intrigue est facilitée par le travail de Zoe Roux à la conception du décor et de l’éclairage. Aux moments charnières, le portrait de Jésus et les longs vitraux placés en hauteur s’illuminent, lueurs d’espoir dans l’obscurité de cette salle pédagogique. L’éclairage se tamise, se concentre sur un personnage ou s’intensifie, marquant les changements de ton. Or, par moments, le jeu des acteurs peine à traduire ces variations d’ambiance : je pense notamment à une scène marquée par un éclairage glacial, austère, de style « salle d’interrogatoire » sans variation conséquente dans l’attitude des personnages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les symboles catholiques traversent la pièce, certains plus évidents que d’autres. Le choix des noms, des vêtements et du livre biblique à l’étude, tous porteurs de sens, racontent d’eux-mêmes une histoire sous-jacente. Lors d’interludes musicaux, l’orgue, instrument religieux par excellence, se fond dans une rythmique africaine dansante, représentation du tableau culturel que composent les jeunes filles. Les actrices embrassent leurs rôles avec aisance. Leur jeu est dynamique, et leurs personnages aux <em>éthos </em>distincts interagissent avec humour et tact. Cependant, notre attention se gagne et se perd au fil des échanges, alors que les voix peinent parfois à se projeter et qu’un emboîtement des paroles, dans la frénésie d’une dispute, limite la compréhension de l’auditoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré ces bémols, cette pièce a été pour moi un réel coup de cœur. En plus d’être à la fois amusante et émouvante, <em>Vierge </em>était, et je l’ai ressenti, une œuvre sincère. Mon amie et moi avons vu sur cette scène nos souvenirs joués de style grandeur nature dans ces personnages nous rappelant nos cousin·e·s. Et alors qu’au début de la pièce, une voix hors champ nous rappelait les horreurs se déroulant présentement en République démocratique du Congo, j’ai repensé à l’importance de pièces de théâtre montrant au grand public québécois le portrait de communautés que trop peu représentées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>La pièce </em>Vierge <em>est présentée jusqu’au 2 mars au Centre Segal des arts de la scène. Des billets sont en vente sur le site segalcentre.org.</em></p>
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