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	<title>Archives des Québec - Le Délit</title>
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	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Tue, 24 Mar 2026 19:00:26 +0000</lastBuildDate>
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	<item>
		<title>L’enseignement supérieur québécois profite d’une hausse budgétaire importante</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lenseignement-superieur-quebecois-profite-dune-hausse-budgetaire-importante/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Aurélien Quéméner]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Mar 2026 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Enseignement supérieur]]></category>
		<category><![CDATA[hausse budgétaire]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La sobriété budgétaire de Québec pour 2026-2027.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lenseignement-superieur-quebecois-profite-dune-hausse-budgetaire-importante/" data-wpel-link="internal">L’enseignement supérieur québécois profite d’une hausse budgétaire importante</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le ministre des Finances Éric Girard a déposé la semaine dernière le budget provincial pour l’exercice 2026–2027. Pour son huitième budget, le ministre caquiste garde dans l’optique l’équilibre budgétaire prévu à l’horizon 2030. Le déficit est notamment ramené à <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/964917/eric-girard-regle-comptes" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">8,6 milliards</a>, alors qu’il s’élevait à <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/en-direct/1013598/budget-quebec-caq-girard-2026-2027#:~:text=Les%20finances%20du%20Qu%C3%A9bec%20s&#039;am%C3%A9liorent%2C%20malgr%C3%A9%20l&#039;incertitude&amp;text=Le%20d%C3%A9ficit%20pour%20l&#039;ann%C3%A9e%20financi%C3%A8re%20%C3%A0%20venir%20devrait%20donc,%C3%A0%2013%20h%2048%20HAP." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">9,9 milliards</a> pour l’année financière 2025–2026. Cette réduction du déficit s’inscrit dans le <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-04-18/retour-a-l-equilibre-budgetaire/quebec-revise-son-plan-apres-la-decote.php#:~:text=D%C3%A9penses%20:%20apr%C3%A8s%20l&#039;acc%C3%A9l%C3%A9rateur%2C,compressions%20qui%20font%20les%20manchettes." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plan de retour à l’équilibre budgétaire </a>datant de 2025. L’objectif ? Satisfaire les agences de notation, comme la <em>Standard &amp; Poor’s (S&amp;P)</em>, qui avait abaissé la note fiscale de Québec de AA- à A+, signal d’une plus forte instabilité économique. </p>



<p>Plusieurs mesures sont à signaler dans ce budget qualifié de « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2238497/pre-papier-budget-girard-mars-2026" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sobre</a> », par Girard. </p>



<p><strong>Un budget qui soutient l’enseignement supérieur </strong></p>



<p>L’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2240328/budget-quebec-education-cegep-universite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">augmentation du budget de 3,7 </a>% en enseignement supérieur était très attendue par les universités et les cégeps de la province. Selon Marie Montpetit, présidente-directrice générale de la Fédération des cégeps, ces derniers ont accueilli le budget « avec soulagement » ; celui-ci devrait permettre de « couvrir les coûts de système, dont les indexations salariales, ainsi que la croissance de la population étudiante ». L’enseignement supérieur québécois profite ainsi de « <a href="https://fedecegeps.ca/communiques/2026/03/reactions-budget-du-quebec-2026-2027/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la deuxième plus forte hausse</a> » dans ce budget. </p>



<p>Il s’agit d’une nouvelle qui concerne directement l’Université McGill, en partie financée par la province. L’an dernier, la politique budgétaire de Québec avait contraint l’Université à suspendre certaines activités en raison d’un déficit de <a href="https://www.cbc.ca/news/canada/montreal/mcgill-45-million-budget-cut-1.7455165" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">45 millions de dollars</a>. L’Université n’a pas encore réagi aux hausses budgétaires de Québec. </p>



<p><strong>Des investissements à la hausse en infrastructures </strong></p>



<p><a href="https://www.finances.gouv.qc.ca/Budget_et_mise_a_jour/budget/documents/Budget2627_Communique1fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Selon un communiqué du ministère des Finances</a>, « le gouvernement rehausse de plus de 5 milliards de dollars sur six ans les investissements en infrastructures », notamment pour venir en aide à des secteurs prioritaires, «soit la santé et les services sociaux, l’éducation et l’enseignement supérieur, le transport collectif et le réseau routier, de même que dans la poursuite de la transformation numérique des organismes publics ». Le Plan québécois des infrastructures (PQI) s’élèvera à 167 milliards de dollars pour l’année financière à venir. </p>



<p>En termes d’infrastructures en éducation, les investissements supplémentaires pour l’année à venir s’élèvent à 370,2 millions de dollars, bien en deçà des 950 millions demandés par la Fédération des cégeps. « Ce budget ne permettra pas d’offrir l’oxygène nécessaire aux cégeps pour absorber la forte croissance des effectifs étudiants dans certains cégeps et moderniser les équipements pédagogiques », dénonce la Fédération <a href="https://fedecegeps.ca/communiques/2026/03/reactions-budget-du-quebec-2026-2027/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dans son communiqué.</a> </p>



<p><strong>D’autres points du budget </strong></p>



<p>Le Québec investira aussi <a href="https://www.lapresse.ca/affaires/economie/2026-03-18/budget-du-quebec/six-choses-a-savoir-sur-le-budget-2026-2027.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">260,3 millions de dollars </a>sur cinq ans dans la lutte contre les violences sexuelles et conjugales, mais aussi 280,4 millions de dollars pour aider le secteur de l’audiovisuel et des télédiffuseurs privés, fragilisés par un déclin dans leurs revenus publicitaires. 75,4 millions de dollars sont alloués pour les médias d’information. </p>



<p>Le 31 mars, la dette nette du Québec s’élèvera à 38,8 % du PIB, soit une baisse de 4,1 points de pourcentage par rapport au niveau de la progression du PIB réel est par ailleurs estimée à <a href="https://www.finances.gouv.qc.ca/Budget_et_mise_a_jour/budget/documents/Budget2627_Communique1fr.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,1 %</a> pour l’année 2026 par le gouvernement. En attendant une hausse attendue de 1,4 % en 2027.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/03/25/lenseignement-superieur-quebecois-profite-dune-hausse-budgetaire-importante/" data-wpel-link="internal">L’enseignement supérieur québécois profite d’une hausse budgétaire importante</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Legault démissionne : que reste-t-il de la CAQ?</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/legault-demissionne-que-reste-t-il-de-la-caq/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Catherine Parent]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[caq]]></category>
		<category><![CDATA[élections]]></category>
		<category><![CDATA[héritages]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un départ qui ébranle le parti à quelques mois des élections provinciales.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/legault-demissionne-que-reste-t-il-de-la-caq/" data-wpel-link="internal">Legault démissionne : que reste-t-il de la CAQ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 14 janvier dernier, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2220640/francois-legault-demission-caq-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">François Legault a annoncé sa démission</a> en tant que premier ministre du Québec, à la surprise générale. Malgré <a href="https://qc125.com/sondages.htm" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la chute de popularité de la Coalition Avenir Québec</a> au cours des derniers mois, le chef caquiste avait répété son intention d’être présent aux prochaines élections provinciales, le 5 octobre 2026. Brisant sa promesse, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2220640/francois-legault-demission-caq-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Legault a affirmé</a> en conférence de presse que sa décision de quitter son poste était « pour le bien de [son, <em>ndlr</em>] parti et surtout, pour le bien du Québec ». Il restera en poste jusqu’à ce qu’un remplaçant soit désigné.</p>



<p><strong>Un avenir incertain pour la CAQ</strong></p>



<p>La démission de François Legault succède à &nbsp;<a href="https://ici.radio-canada.ca/info/en-direct/1013360/francois-legault-demission-point-de-presse" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plusieurs autres départs au sein du parti</a>.. Depuis un an et demi, de nombreux députés caquistes ont quitté leur poste, laissant derrière eux l’image d’un parti désorganisé. Pour la plupart, le choix de quitter la CAQ est lié aux crises qui ont récemment affligé le parti. <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2025/12/21/la-loi-2-a-coute-a-francois-legault-deux-de-ses-plus-proches-ministres" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">La récente altercation avec les médecins concernant la loi 2</a> a entraîné la démission de Lionel Carmant et de Christian Dubé, deux ministres caquistes et amis proches de François Legault. Le fiasco entourant SAAQclic a pour sa part mené <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2143950/eric-caire-virage-numerique-saaqclic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">au départ du ministre Éric Caire</a> et a affaibli la posture de Geneviève Guilbault. Cette dernière, qui a longuement occupé le poste de vice-première ministre, a d’ailleurs <a href="https://ici.radio-canada.ca/info/videos/1-10571558/sonia-lebel-tire-sa-reverence-au-lendemain-annonce-depart-genevieve-guilbault?liste=28-34803" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">annoncé qu’elle quitterait la vie politique</a> après son mandat actuel, tout comme Sonia Lebel. La CAQ a perdu plusieurs de ses députés depuis 2024 et d’autres annoncent déjà leur départ aux prochaines élections provinciales.</p>



<p>La course à la chefferie de la CAQ ne compte pour l’instant <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2222985/bernard-drainville-francois-legault-premier-ministre-caq" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">que deux candidats</a> : Bernard Drainville et Christine Fréchette. Bien que la tâche s’annonce ardue pour le prochain chef caquiste, les désistements récents au sein du parti pourraient jouer en faveur de la CAQ. Éric Bélanger, professeur de politique canadienne et québécoise, explique que « ces départs permettent au prochain chef de renouveler la députation caquiste », et qu’un vent de changement pourrait permettre à la CAQ de regagner la confiance des électeurs.</p>



<p><strong>L’héritage de Legault</strong></p>



<p>La démission de François Legault signifie le départ d’un politicien qui a marqué la province. <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/le-legs-de-francois-legault/2026-01-15/les-moments-forts.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Ses deux mandats</a> comme premier ministre ont été définis par ses politiques sur la laïcité, l’économie, la santé et l’immigration. Après avoir gouverné le Québec sans vaciller durant la COVID-19, la carrière de Legault a cependant été teintée par certains projets de la CAQ, en particulier le chantier Northvolt, le troisième lien, le fiasco SAAQclic et la récente loi 2 sur les médecins. Au-delà de ses projets politiques, la CAQ de François Legault s’est illustrée dans la vie politique provinciale, puisque son arrivée au pouvoir en 2018 a succédé à plusieurs décennies d’alternance entre le Parti libéral et le Parti québécois. La nouvelle ère caquiste a ainsi atténué le débat souverainiste incarné par ces deux partis traditionnels.</p>



<p><strong>Des résultats imprévisibles à l’élection d’octobre 2026</strong></p>



<p>Le départ de Legault et le déclin en popularité de son parti depuis plusieurs mois semblent annoncer que la CAQ subira de lourdes pertes aux élections provinciales. Les sondages indiquent en effet que le nombre de députés caquistes diminuera grandement en octobre, et que le PQ sera le parti élu à la tête de la province. Cependant, Éric Bélanger invite à la prudence par rapport aux prédictions électorales : « On se trouve dans une période très incertaine, tout peut arriver. » Il souligne notamment que la promesse du PQ de tenir un troisième référendum pourrait faire hésiter plusieurs électeurs et les inciter à se tourner vers des partis fédéralistes, comme le PLQ ou même la CAQ. Ainsi, on pourrait assister à un retour en force du parti grâce à la question référendaire. Bélanger explique effectivement que « se présenter comme l’alternative non souverainiste […], ça pourrait inciter [les électeurs fédéralistes] à reconduire la CAQ au pouvoir ». L’issue de l’élection provinciale est encore impossible à déterminer, et le départ de François Legault est loin d’annoncer la fin de son parti.</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/legault-demissionne-que-reste-t-il-de-la-caq/" data-wpel-link="internal">Legault démissionne : que reste-t-il de la CAQ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’impact de l’islamophobie au Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/limpact-de-lislamophobie-au-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Héloïse Durning]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Feb 2026 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[attentat]]></category>
		<category><![CDATA[commémoration]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Islamophobie]]></category>
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		<category><![CDATA[québeec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>McGill organise une conférence commémorative de l'attentat à la mosquée de Québec.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/limpact-de-lislamophobie-au-quebec/" data-wpel-link="internal">L’impact de l’islamophobie au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Jeudi 29 janvier, l’Université McGill a ouvert ses portes au public dans le cadre <a href="https://www.mcgill.ca/deanofstudents/fr/agentes-de-liaison/agente-de-liaison-aupres-des-personnes-etudiantes-musulmanes/conference" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">d’une conférence commémorative</a> sur l’attentat à la mosquée de Québec. À cette même date, en 2017, alors que la prière du soir venait de prendre fin, <a href="https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/attentat-de-la-grande-mosquee-de-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un homme armé a ouvert le feu</a> sur le Centre culturel islamique de Québec. L’attentat a fait six morts, cinq blessés, et des familles dévastées. Neuf ans se sont écoulés depuis cette tragédie, et huit ans depuis la mise en place de la <a href="https://www.mcgill.ca/deanofstudents/fr/agentes-de-liaison/agente-de-liaison-aupres-des-personnes-etudiantes-musulmanes/conference-0" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Semaine de sensibilisation musulmane</a> à McGill. À cette occasion, l’Université a invité la docteure Salam El-Majzoub, psychiatre pour enfants et adolescents à l’Hôpital général juif et professeure associée du département de psychiatrie de McGill, à donner une <a href="https://www.mcgill.ca/deanofstudents/fr/agentes-de-liaison/agente-de-liaison-aupres-des-personnes-etudiantes-musulmanes/conference" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">conférence</a> sur les effets de l’islamophobie sur la santé mentale des personnes musulmanes.</p>



<p><strong>L’islamophobie au Canada</strong></p>



<p>La cérémonie s’ouvre avec un mot du professeur Aimen Moussaddy. Après quelques vers chantés du Coran, il explique l’importance d’adresser collectivement l’islamophobie. Malgré les efforts de quelques personnes et organisations dédiées, l’islamophobie n’a cessé d’augmenter depuis l’attentat en 2017. Selon <a href="https://www.canada.ca/fr/patrimoine-canadien/campagnes/lutte-contre-islamophobie-canada/rapport-annuel-2024-2025.html#a4" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Statistique Canada</a>, qui a dressé un état de la situation en juillet 2024, les crimes haineux visant les personnes musulmanes signalés à la police ont augmenté de 94 % – une statistique qui ne prend pas en compte tous les crimes non reportés. Moussaddy rappelle plusieurs incidents de violence envers des membres innocents de la communauté musulmane, notamment à Ajax, en Ontario, où une femme a attaqué une jeune musulmane en <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2149887/femme-hijab-bibliotheque-accusation" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mettant le feu à son hijab</a> alors qu’elle étudiait dans une bibliothèque.</p>



<p>L’islamophobie est en hausse partout au Canada, mais le Québec figure parmi les régions les plus touchées. Il s’agit de la province où la proportion de personnes exprimant une opinion défavorable à l’Islam est la plus élevée : <a href="https://www.canada.ca/fr/patrimoine-canadien/campagnes/lutte-contre-islamophobie-canada/ressources/guide-combattre-islamophobie.html#a6" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plus de la moitié de la population, soit 52 %</a>, selon une étude réalisée en 2023, se situe dans cette catégorie.</p>



<p><strong>L’impact sur la santé mentale</strong></p>



<p>Au cours de sa présentation, Salam El-Majzoub explique les différentes manières dont ces préjudices affectent la santé mentale des jeunes, musulmans ou non. « <em>L’islamophobie</em>, souligne-t-elle, <em>n’affecte pas uniquement les individus musulmans, mais tous ceux qui sont perçus comme tels</em> (<em>tdlr</em>) ».Lesconséquences? Un désengagement social, un sentiment de malaise, de détresse psychologique, et de colère. Elle raconte comment le poids de ce traumatisme accumulé est lourd et met en garde contre le risque de tomber dans une victimisation et une pathologisation systématique des personnes touchées.</p>



<p>Si l’islamophobie a bel et bien un impact néfaste sur la santé mentale des individus, ces réactions demeurent normales dans un environnement toxique : « <em>Face à de tels enjeux systémiques, il faut établir des réponses systémiques</em> », affirme la Dre El-Majzoub. Elle insiste ensuite sur la nécessité de créer un environnement où les gens se sentent en sécurité pour s’exprimer sur les actes haineux dont ils sont victimes. Plus tard dans la soirée, c’est notamment sur ce point que Khadijatu-Dimalya Ibrahim, étudiante à McGill et cofondatrice de l’association des musulmans noirs (<em>Black Muslims Association</em>), rebondit : « <em>L’Université McGill devrait faciliter la reconnaissance des personnes victimes d’un crime haineux, sans les soumettre à des démarches bureaucratiques lourdes, afin de permettre la justification d’une absence à un cours ou à un examen, en tenant compte de l’impact émotionnel et psychologique d’un tel acte. </em>»</p>



<p>Pour conclure la rencontre, le professeur Moussaddy, déclare : « <em>Il faut encourager la haine : la haine envers la corruption, la haine envers la violence, envers les systèmes hégémoniques et injustes. </em>» D’après lui, l’islamophobie n’est qu’un symptôme d’une maladie plus vaste, et si l’on veut un jour en arriver à bout, il ne suffit pas de demander aux gens d’arrêter de détester les musulmans ; il faut s’attaquer à la cause première de cette colère et de cette haine : les inégalités.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2026/02/04/limpact-de-lislamophobie-au-quebec/" data-wpel-link="internal">L’impact de l’islamophobie au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>« Ils changent les règles du jeu en pleine partie »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/ils-changent-les-regles-du-jeu-en-pleine-partie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Nov 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Programme de l'expérience québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[restriction]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Portraits : ces immigrants en colère face à l’arrêt du PEQ.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/ils-changent-les-regles-du-jeu-en-pleine-partie/" data-wpel-link="internal">« Ils changent les règles du jeu en pleine partie »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Un nouvel épisode dans les mesures de restriction de l’immigration au Québec. Le 19 novembre, le gouvernement provincial a officiellement mis fin au <a href="https://www.quebec.ca/immigration/permanente/travailleurs-qualifies/programme-experience-quebecoise" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Programme de l’expérience québécoise</a> (PEQ), après sa suspension en octobre 2024. Ce programme permettait aux étudiants étrangers diplômés au Québec et aux travailleurs étrangers temporaires de demander un Certificat de sélection du Québec (CSQ) afin de s’établir de manière permanente dans la province québécoise. </p>



<p>Le lundi 17 novembre, des centaines de personnes, dont notamment des immigrants frappés par cette mesure, ont participé à une manifestation dans le centre-ville. Partant de l’édifice du ministère de l’Immigration jusqu’au bureau du premier ministre québécois à Montréal, les manifestants demandaient principalement l’amendement de la <a href="https://www.ccmm-csn.qc.ca/evenements/manifestation-contre-la-fin-du-peq/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">« clause grand-père »</a>, qui permettrait à ceux déjà présents au Québec d’accéder à la résidence permanente. <em>Le Délit </em>est parti à leur rencontre, et vous présente les portraits d’hommes et de femmes qui pourraient être contraints de quitter le Québec dans les prochains mois. </p>



<p><strong>Karim </strong></p>



<p>Il est directeur adjoint dans une épicerie. Lui et sa conjointe sont arrivés de France il y a cinq ans, « dans l’espoir d’obtenir la résidence permanente via le PEQ ». Sur quelques minutes d’entrevue, le terme d’« espoir » revient d’ailleurs beaucoup dans ses paroles. Il m’explique son parcours : « Reprendre les études passé 40 ans n’était pas forcément dans nos plans, mais nous l’avons quand même fait pour rentrer dans les critères d’admissibilité. » Il est calme, mais ses paroles démontrent son ressentiment face à la décision du gouvernement Legault : « Ils viennent de changer les règles du jeu en pleine partie. » Comme beaucoup, Karim milite pour l’aménagement de la clause grand-père, sans laquelle il « serait logé à la même enseigne que ceux qui sont encore dans leur pays d’origine et ont espoir de venir au Québec » . « Il n’y aurait plus d’espoir du tout », conclut-il. </p>



<p><strong>Delphine et Yuto </strong></p>



<p>Ils ont tous deux immigré de Chine pour le Québec il y a un an, et se sont rencontrés en cours de français. Delphine m’explique qu’elle apprend la langue depuis un an, en parallèle de sa formation en technologie de l’information, mais qu’elle est plus à l’aise de me parler en anglais. Yuto est arrivé ici pour rejoindre ses enfants qui ont fait leurs études en Colombie-Britannique ; Delphine, pour sa fille graduée de McGill et pour trouver une « <em>nouvelle vie</em> (<em>tdlr</em>) ». Le PEQ représentait pour eux l’opportunité principale de rejoindre leurs proches : « Nous sommes assez âgés, et ne correspondons pas aux autres types de visa », m’explique Delphine. Yuto est moins bavard, mais il arbore fièrement sa pancarte : « <em>Les étudiants et les travailleurs ne sont ni des fusibles ni des boucs émissaires! </em>»</p>



<p><strong>Sofiane, Lounis et Areski </strong></p>



<p>Chez ces trois jeunes hommes, arrivés d’Algérie grâce au PEQ, c’est l’inquiétude qui domine. Après des études au Québec en administration des affaires, et deux ans d’expérience professionnelle, la décision du gouvernement pourrait bouleverser leur projet de vie : « Nous sommes tous stressés. Notre permis de travail expire dans dix mois. On ne sait pas où notre avenir va nous mener », m’expliquent Lounis et Areski. Pour Sofiane, la clause grand-père est avant tout une question de « respect » : « Il n’est pas normal d’annuler ce programme pour des gens qui sont venus payer des universités onéreuses, et qui ont déjà deux ans d’expérience dans un domaine qualifié. » Lounis insiste sur cette question du coût : « Certains d’entre nous ont vendu tous leurs biens chez eux, pour investir dans leur avenir ici. » Sofiane conclut en me répétant les mots inscrits sur sa pancarte : « Nous ne sommes pas de passage, nous faisons déjà partie du Québec! »</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/11/26/ils-changent-les-regles-du-jeu-en-pleine-partie/" data-wpel-link="internal">« Ils changent les règles du jeu en pleine partie »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Grève d’enseignement des médecins spécialistes</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/greve-denseignement-des-medecins-specialistes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Elie Nguyen]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58670</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les étudiant·e·s en médecine plongé·e·s dans l’incertitude.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis le lundi 15 septembre, une grève de l’enseignement menée par les médecins spécialistes secoue le Québec. Cette mobilisation touche des milliers d’étudiant·e·s en médecine, tant au premier cycle qu’à l’externat. </p>



<p><strong>Une rémunération conditionnelle qui fait polémique </strong></p>



<p>La grève est une réponse directe au projet de loi 106, proposé par le gouvernement du Québec, qui vise à lier <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/sante/2025-09-15/suspension-de-l-enseignement/les-etudiants-en-medecine-affectes.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">25% de la rémunération</a> des médecins aux critères de performances, dans le but de « <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/acces-soins-sante#c379211" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mettre la priorité sur les patientes et les patients et de s’assurer que le temps et l’expertise des médecins contribuent pleinement à améliorer l’accès aux soins</a> ». </p>



<p><strong>Des étudiants laissés en plan </strong></p>



<p><em>Le Délit </em>s’est entretenu avec Ryan Kara, président de l’Association des étudiant·e·s en médecine de McGill (<a href="https://mcgillmed.com/fr_CA/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"><em>MSS : Medical Students’ Society</em></a>), qui entame sa troisième année du doctorat en médecine, équivalente à la première année d’externat.</p>



<p>« Pour les étudiants au préclinique, les cours magistraux sont désormais remplacés par des enregistrements d’années précédentes, ce qui retire la possibilité de poser des questions en direct », explique-t-il. « Les petits groupes, qui étaient encadrés par des spécialistes, sont fusionnés en groupes plus larges avec des professeurs non cliniciens ou des médecins de famille, réduisant ainsi l’interaction directe et l’apprentissage personnalisé. » Mais l’impact est encore plus marquant pour les étudiants en externat : « Tous les stages cliniques, sauf ceux en médecine familiale, sont annulés. Cela signifie que les externes n’ont plus d’exposition clinique, ce qui compromet leur formation pratique essentielle. »</p>



<p><strong>La réponse de McGill</strong></p>



<p> Face à la situation, l’Université McGill tente de s’adapter en offrant plus de flexibilité administrative. Il est désormais possible de modifier ou d’annuler un stage à la dernière minute, souvent pour le remplacer par un stage de recherche. Mais la rapidité avec laquelle ces décisions doivent être prises constitue une source de stress supplémentaire pour les étudiant·e·s, déjà contraint·e·s de naviguer dans un contexte hautement incertain. </p>



<p>Malgré tout, Kara souligne les efforts de la Faculté de médecine pour soutenir les étudiant·e·s. Selon lui, celle-ci s’efforcerait de maintenir une exposition clinique en facilitant l’accès à des stages à l’extérieur de la province. Une mesure saluée par les étudiant·e·s bien qu’elle aille à l’encontre des objectifs du gouvernement, notamment ceux exprimés dans le projet de loi 83, qui vise à <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/pour-les-patients-adoption-du-projet-de-loi-83-quebec-protege-lacces-au-reseau-public-62408" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">retenir les diplômé·e·s au Québec après leur formation</a>. Un contraste que Kara juge pour le moins paradoxal. </p>



<p><strong>Les impacts potentiels sont considérables</strong></p>



<p>Kara souligne également les risques à long terme de la grève : retards de l’obtention du diplôme, perte d’accès au Service canadien de jumelage des résidents (CaRMS) et affaiblissement global de la formation clinique. Les étudiant·e·s concerné·e·s aujourd’hui seront les résident·e·s de demain, en première ligne dans les hôpitaux. « Si une cohorte entière de résidents manquait à l’appel en juillet 2026, cela créerait une pression supplémentaire importante sur le système de santé, qui se ferait malheureusement sentir par les patients », ajoute-t-il. </p>



<p>Tout en réitérant leur solidarité envers les médecins spécialistes et omnipraticiens dans leurs revendications, les étudiant·e·s en médecine, qui seront éventuellement représentés par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) ou par la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), dénoncent le projet de loi 106. Le corps étudiant demande au gouvernement de reconnaître l’enseignement médical comme une priorité et d’accélérer les négociations. Kara déplore : « Le blocage actuel pénalise les médecins, les étudiants et, ultimement, les patients. »</p>



<p>Si cette grève constitue une contestation claire des médecins face à la réforme proposée, elle engendre aussi un ralentissement préoccupant de la formation des futurs médecins. En l’absence de résolution rapide du conflit, l’incertitude plane sur la suite de leur parcours.</p>



<p></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/24/greve-denseignement-des-medecins-specialistes/" data-wpel-link="internal">Grève d’enseignement des médecins spécialistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>SAAQclic craque</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/saaqclic-craque/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Inès Abddaim]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[François Legault]]></category>
		<category><![CDATA[legault]]></category>
		<category><![CDATA[SAAQclic]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58363</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un scandale qui ébranle le gouvernement de François Legault.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le Québec traverse actuellement l’un des plus grands scandales politico-administratifs de la décennie. Le portail numérique SAAQclic, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1949514/saaq-numerique-portail-donnees-gouvernement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lancé en 2023</a>, avec pour objectif la modernisation des systèmes informatiques de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), s’est transformé en véritable cauchemar financier et politique pour le gouvernement de François Legault. </p>



<p>SAAQclic a initialement été présenté comme un projet novateur, simplifiant les démarches administratives des citoyens. Le projet devait coûter environ <a href="https://www.ledevoir.com/societe/872476/chronologie-saga-saaqclic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">638 millions de dollars</a>. Or, selon un rapport explosif de la vérificatrice générale du Québec, publié en février 2025, la facture réelle atteint <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2025-08-16/les-lecons-du-fiasco-saaqclic.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,1 milliard de dollars</a>. Un demi-milliard de dépassements, qui soulève aujourd’hui de sérieuses questions sur la gestion du projet, mais également sur la transparence des autorités. Face au tollé, une commission d’enquête publique, présidée par le <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/856723/commission-enquete-saaqclic-sera-dirigee-denis-gallant" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">juge Denis Gallant</a>, a été mise sur pied en mars dernier. Son mandat : éclairer les circonstances entourant ces dérapages financiers, les décisions contractuelles, et surtout déterminer à quel moment le gouvernement a été informé de l’ampleur du problème. </p>



<p>Parallèlement, l’unité permanente anticorruption (UPAC) <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2025-08-28/enquete-policiere-sur-saaqclic/quatre-suspects-dans-la-ligne-de-mire.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a ouvert une enquête criminelle</a>. Quatre personnes liées à la SAAQ ou à des firmes contractantes sont soupçonnées de corruption et de collusion. </p>



<p>Les témoignages recueillis jusqu’ici révèlent une culture de dissimulation et de complaisance. Un document daté de septembre 2022 mentionnait déjà un <a href="https://www.lesoleil.com/actualites/politique/2025/08/26/saaqclic-le-ministere-de-caire-ignorait-lextra-de-222-millions-en-2022-DKMM4YR67FCVBKRMERL3GR2MTM/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">dépassement de 222 millions de dollars</a>, et faisait état d’une stratégie de fractionnement de contrats permettant d’éviter les règles strictes d’appel d’offres. Ces informations auraient été transmises aux plus hauts fonctionnaires de l’État, dont Yves Ouellet, secrétaire général du gouvernement, et Martin Koskinen, directeur de cabinet du premier ministre. </p>



<p>François Legault, appelé à témoigner début septembre 2025, a adopté une ligne de défense claire : il aurait été tenu dans l’ignorance jusqu’au rapport officiel de la vérificatrice générale. Le chef de la Coalition Avenir Québec affirme que ses ministres « <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2189748/francois-legault-commission-gallant-saaqclic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">auraient pu poser plus de questions</a> », rejetant une partie de la responsabilité sur <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2189748/francois-legault-commission-gallant-saaqclic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Geneviève Guilbault et François Bonnardel</a>, qui se sont succédé au ministère des Transports. Il rappelle également que les bases du projet remontent à 2017, sous le gouvernement libéral de Philippe Couillard.</p>



<p>Cependant, cette stratégie d’affranchissement n’a pas suffi à contenir la crise politique. L’opposition accuse désormais Legault d’avoir manqué à son devoir de vigilance et de chercher à se défausser sur ses collaborateurs. </p>



<p>Pour les citoyens, ce fiasco s’est aussi traduit par des conséquences bien concrètes : files d’attente interminables dans les centres de service, <a href="https://www.ledevoir.com/societe/866197/amp-demande-saaq-suspendre-30-jours-contrats-lies-saaqclic" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">services en ligne bloqués</a>, et frustration généralisée. </p>



<p>Alors que les audiences se poursuivent en septembre et en octobre, l’opinion publique attend le <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2025-06-12/fiasco-saaqclic/denis-gallant-aura-jusqu-au-15-decembre-pour-remettre-son-rapport.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rapport final</a> prévu le 15 décembre 2025. L’affaire SAAQclic pourrait peser lourd dans la préparation des élections provinciales de 2026.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/saaqclic-craque/" data-wpel-link="internal">SAAQclic craque</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Blocage du projet de loi 97</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/blocage-du-projet-de-loi-97/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Valentin Pelouzet]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Loi 97]]></category>
		<category><![CDATA[Première Nation MAMO]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58417</guid>

					<description><![CDATA[<p>La colère des communautés autochtones face au gouvernement Legault.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/blocage-du-projet-de-loi-97/" data-wpel-link="internal">Blocage du projet de loi 97</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Depuis le début de l’été, la forêt boréale du Saguenay–Lac-Saint-Jean, à 600 kilomètres au nord de Montréal, est au cœur d’une lutte politique de taille. En témoignent les nombreux <a href="https://www.liberation.fr/international/amerique/au-quebec-le-combat-des-autochtones-pour-leurs-terres-ancestrales-la-foret-ne-se-defendra-pas-seule-20250824_S6CGFVG5RRBBBJH7HP4JNNOIQ4/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">barrages routiers</a> érigés par des membres du collectif Première Nation MAMO (« ensemble », en atikamekw). Ce dernier est mené par les gardiens du territoire et chefs héréditaires de différents groupes autochtones, qui marquent leur opposition au <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-97-43-1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">projet de loi 97</a> poussé par la ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina. Le projet, « visant principalement à <a href="https://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/projets-loi/projet-loi-97-43-1.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moderniser le régime forestier</a> » prévoit notamment une répartition stricte du territoire forestier public québécois, aujourd’hui partagé en trois : un tiers de territoires protégés, un tiers demeurant « partagé » entre les différents acteurs (chasseurs, pêcheurs, producteurs de bois), et, surtout, un tiers principalement réservé à l’industrie forestière. Un nouvel épisode dans l’histoire des conflits territoriaux entre le gouvernement québécois et les Premières Nations.</p>



<p><strong>Un manque de considération des peuples autochtones</strong></p>



<p>Selon Martin Papillon, professeur de sciences politiques autochtones à l’Université de Montréal, le désaccord des Premières Nations ne tient pas principalement à l’extraction forestière par l’industrie en tant que telle : « Les revendications sont très variées, mais beaucoup de communautés participent au développement économique forestier, et ne sont pas opposées à l’extraction forestière. L’enjeu principal est que les communautés qui occupent le territoire et y ont des droits ancestraux ne peuvent pas suffisamment participer à la décision quant au lieu et au moment de cette extraction. » À l’heure actuelle, le projet de loi prévoit uniquement une « concertation passive » des communautés autochtones, sans possibilité de participation active ni de contrainte sur l’industrie forestière.</p>



<p><strong>La difficulté du dialogue</strong></p>



<p>Le manque de considération des revendications autochtones par le gouvernement s’explique par un héritage historique, selon le Dr Papillon : « Le gouvernement fédéral a imposé aux communautés, via la Loi sur les Indiens (1876), le mécanisme de gouvernance des conseils de bande pour détruire la gouvernance traditionnelle, dans un but d’assimilation. Dans plusieurs communautés, la gouvernance traditionnelle – gardiens du territoire, gouvernance par clans – a cependant persisté en parallèle. Les gouvernements se retrouvent à ne plus savoir à qui s’adresser. » Encore aujourd’hui, <a href="https://www.google.com/search?q=le+gouvernement+qu%C3%A9b%C3%A9cois+refuse+de+s%27adresser+au+collectif+Premi%C3%A8res+Nations+Mamo&amp;oq=le+gouvernement+qu%C3%A9b%C3%A9cois+refuse+de+s%27adresser+au+collectif+Premi%C3%A8res+Nations+Mamo&amp;gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOdIBBzIzOWowajSoAgCwAgA&amp;sourceid=chrome&amp;ie=UTF-8#:~:text=Qu%C3%A9bec%20n%27a%20pas,barrage%2Dmamo%2Da..." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le gouvernement québécois refuse</a> de s’adresser au collectif Première Nation MAMO, préférant s’entretenir avec les conseils de bande. Ces derniers ont eux-mêmes claqué la porte aux discussions <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2180954/autochtones-regime-forestier-foret-gouvernement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fin juillet</a>, faute de résultats.</p>



<p>Ces lacunes dans la communication avec les communautés autochtones ne sont plus envisageables, comme l’explique le professeur : « Depuis 30 ans, il est de moins en moins possible pour le gouvernement d’agir ainsi. Le projet de loi 97 est le dernier exemple d’une longue liste de projets ayant provoqué une forte mobilisation des communautés. » Cette mobilisation coûte à l’industrie forestière, elle-même prête à des concessions. Selon le Dr Papillon, « la demande principale de l’industrie est la stabilité et la certitude sur le long terme, ce qui passe par une bonne entente avec les communautés locales. L’imposition d’une vision dans le conflit n’a pas été historiquement payante ».</p>



<p>Du reste, le projet de loi est pour l’instant bloqué par l’opposition frontale des Premières Nations. Initialement déposé « dans l’urgence, il risque dans les prochaines semaines d’être fortement amendé, ou tout simplement retiré », selon le Dr Papillon.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/10/blocage-du-projet-de-loi-97/" data-wpel-link="internal">Blocage du projet de loi 97</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Splish splash rentre dedans, tant pis pour l’imprudent!</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/splish-splash-rentre-dedans-tant-pis-pour-limprudent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Stu Doré]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2025 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[noyade]]></category>
		<category><![CDATA[quebec]]></category>
		<category><![CDATA[sauvetage]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=58262</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un bilan inquiétant sur les noyades au Québec à l’été 2025.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/splish-splash-rentre-dedans-tant-pis-pour-limprudent/" data-wpel-link="internal">Splish splash rentre dedans, tant pis pour l’imprudent!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Pour une province contenant plus d’un million de lacs, les bons gens du Québec ne semblent pas du tout adeptes de la natation. Le directeur de la Société de sauvetage du Québec, Raynald Hawkins, a <a href="https://www.enbeauce.com/actualites/opinion/516241/-au-quebec-on-sait-se-baigner-mais-on-ne-sait-pas-nager" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rapporté en 2023 que seulement 32,5% des adultes québécois savaient nager</a>. On dénote toutefois une énorme différence entre leur définition de la nage – qui s’apparente plus à de la baignade et à la technique du « petit chien » – et celle enseignée par la Croix-Rouge ou la Société de sauvetage canadienne. En prenant ceci en compte, on constate que 18% de ces 32,5% ne savent pas réellement nager, ce qui peut expliquer les <a href="https://societedesauvetage.org/la-noyade/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">85 noyades recensées par la Société de sauvetage du Québec en 2023</a>.</p>



<p>D’ailleurs, chaque année, le nombre de noyades oscille autour du même chiffre : en 2025, on dénombre déjà 52 noyades, pour 43 en 2024. Selon <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1898802/semaine-prevention-noyage-nager-enfants" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Radio-Canada</a>, sept enfants sur dix ne savaient pas nager en 2022. Rien d’étonnant, donc, à ce que ces chiffres soient si élevés année après année.</p>



<p>Heureusement, depuis 2022, les cours de natation, de sauvetage et de formation de moniteur sont offerts gratuitement grâce à une subvention du gouvernement québécois. Celle ci vise à encourager la pratique d’activités physiques, tout enouvrant des perspectives de formation et d’emploi à ceux et celles qui souhaitent contribuer à la sécurité des plans d’eau. Faire connaître cette initiative constitue la mission de la Brigade Splash, un groupe de sauveteurs qui sillonne le Québec durant l’été afin de promouvoir les conseils Aqua Bon et la sécurité nautique. Dans un pays où la devise est « d’un océan à l’autre », il est tout de même important de savoir nager, non seulement pour sa propre sécurité, mais aussi pour celle des autres. Un bon coup de pied dans l’eau est un bon coup de main à quelqu’un qui en a besoin!</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/09/01/splish-splash-rentre-dedans-tant-pis-pour-limprudent/" data-wpel-link="internal">Splish splash rentre dedans, tant pis pour l’imprudent!</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Un réseau postsecondaire en péril : le cri d’alarme des cégeps</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2025/01/22/un-reseau-postsecondaire-en-peril-le-cri-dalarme-des-cegeps/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Matthieu Juge]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 22 Jan 2025 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[cégeps]]></category>
		<category><![CDATA[Éducation]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56947</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les cégeps réclament une intervention urgente pour préserver leurs infrastructures.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2025/01/22/un-reseau-postsecondaire-en-peril-le-cri-dalarme-des-cegeps/" data-wpel-link="internal">Un réseau postsecondaire en péril : le cri d’alarme des cégeps</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Face à une dégradation alarmante des infrastructures, les cégeps québécois lancent un appel urgent au gouvernement provincial de François Legault. Dans le cadre des consultations prébudgétaires, la fédération des cégeps demande une enveloppe supplémentaire de 300 millions de dollars pour freiner la détérioration de leurs <a href="https://www.ledevoir.com/societe/education/833002/cegeps-reclament-300-millions-prochain-budget-maintenir-batiments" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">bâtiments</a>. Selon un <a href="https://www.vgq.qc.ca/Fichiers/Publications/rapport-annuel/208/VGQ_mai2024_ch2_Cegep.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">rapport de la vérificatrice générale du Québec</a>, deux tiers des infrastructures collégiales sont aujourd’hui en mauvais ou très mauvais état, mettant en péril la qualité de l’enseignement et la sécurité des étudiants. Comment les cégeps québécois en sont-ils arrivés là? Est-ce une question de sous-financement gouvernemental, de mauvaise gestion interne ou d’une allocation déséquilibrée des ressources? Passés en entrevue, des témoins mettent en perspective les réalités et les enjeux d’une crise sans&nbsp;précédent.</p>



<p><strong>Le parc immobilier des cégeps en grande difficulté</strong></p>



<p>La dégradation des infrastructures collégiales au Québec est une réalité qui frappe autant les étudiants que le personnel enseignant. Guylaine Leclerc, vérificatrice générale du Québec, affirme dans <a href="https://www.vgq.qc.ca/Fichiers/Publications/rapport-annuel/208/VGQ_mai2024_ch2_Cegep.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">son rapport</a> que depuis cinq ans « la part des bâtiments considérés comme étant en mauvais ou en très mauvais état, selon l’indice gouvernemental, est passée de 24% en 2019–2020 à 65% en 2024-<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2074957/etat-batiments-collegial-rapport-vg-2023-2024#:~:text=Les%20b%C3%A2timents%20des%20c%C3%A9geps%20sont,65%20%25%20en%202024%2D2025" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">2025</a>. » Fadi, étudiant au Cégep de Maisonneuve, fait part de ses préoccupations : « Certaines sections du collège sont en mauvais état, les salles de classe y sont anciennes, manquent de lumière et sont parfois mal équipées. Cela finit par peser sur notre apprentissage. » Ce témoignage n’est pas un cas isolé : au Cégep de La Pocatière, une <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2074957/etat-batiments-collegial-rapport-vg-2023-2024#:~:text=Les%20b%C3%A2timents%20des%20c%C3%A9geps%20sont,65%20%25%20en%202024%2D2025" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">résidence étudiante a été évacuée en mai 2023 en raison de moisissures causées par une infiltration d’eau</a>. Au Cégep de Saint-Laurent, la situation est toute aussi critique : un pavillon a été <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-04-01/cegep-blues.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fermé d’urgence en raison de risques d’effondrement</a>. Au Cégep de Rimouski, les « fissures inquiétantes » sur les murs d’un ancien bâtiment préoccupent le personnel. La chaleur y est suffocante durant l’été, forçant les étudiants à apporter leurs propres <a href="https://www.lapresse.ca/dialogue/chroniques/2024-04-01/cegep-blues.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ventilateurs</a>. Cette liste est loin d’être exhaustive, et de nombreux autres établissements font face à des défis similaires.</p>



<p><strong>La qualité de l’enseignement compromise?</strong></p>



<p>Fadi souligne que les salles rénovées de son cégep sont bien plus propices à l’apprentissage : « Quand les conditions sont idéales, on a plus envie d’apprendre. Tout est fonctionnel, et l’environnement est motivant. » En revanche, les salles plus anciennes, sans équipement adéquat, mal isolées et parfois sombres, nuisent à la concentration des élèves et à la qualité de l’enseignement dispensé, affirme Fadi. Ce constat s’étend à d’autres établissements, où les mesures provisoires, comme les cours dans des modules préfabriqués, ne permettent pas de recréer les conditions optimales pour un apprentissage efficace.</p>



<p><strong>Une gestion contestée</strong></p>



<p>Mario, membre de l’administration du Cégep Marie-Victorin, critique vivement la gestion financière des cégeps. Selon lui, « certains choix budgétaires relèvent davantage du gaspillage que de l’investissement utile. L’argent des taxes est dépensé abondamment sur des projets douteux, au détriment des besoins réels. » Ce témoignage met en lumière les désaccords importants sur le financement des cégeps et son utilisation, un point qui est également soulevé par la vérificatrice générale du Québec. Le rapport de cette dernière souligne que des cégeps en déficit d’espace ou en grave détérioration, comme le Cégep de Saint-Laurent ou le Cégep de Lionel-Groulx, reçoivent souvent moins de fonds que des établissements moins peuplés ou moins endommagés. Certains pointent du doigt une approche budgétaire trop <a href="https://www.journaldequebec.com/2024/11/20/centralisation-excessive-et-coupes-budgetaires-une-menace-a-lautonomie-des-cegeps?utm_source=chatgpt.com" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">centralisée</a> ne prenant pas en compte les spécificités propres à chaque établissement. Alors que 75% des cégeps de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1830038/montreal-cegeps-espace-deficit" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Montréal devraient manquer de capacité d’accueil d’ici 2029</a> et qu’une augmentation de 20% des inscriptions est prévue d’ici 2033, le réseau collégial québécois se trouve à un tournant critique. Qu’il s’agisse de gestion interne inadéquate ou de sous-financement provincial, une certitude demeure : le réseau postsecondaire québécois doit être secouru.</p>
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		<title>Solidarité sans logement</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/11/27/solidarite-sans-logement/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ysandre Beaulieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 27 Nov 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[itinérance]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=56685</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un point sur l’itinérance à Montréal avant l’arrivée de l’hiver.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">L<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2120820/campement-itinerants-demantelement-notre-dame-montreal" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">e 18 novembre</a>, un avis d’éviction a été envoyé à quelques individus logeant dans un campement de sans-abris de la rue Notre-Dame, dans le quartier d’Hochelaga. Le jeudi suivant, le ministère des Transports devait procéder au démantèlement d’une partie du campement, une décision déplorée par certains, compte tenu du manque de place dans les refuges de la ville, particulièrement en hiver.</p>



<p>À la suite de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-10-18/itinerance/valerie-plante-appelle-quebec-a-l-aide-pour-l-hiver.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’appel</a> de la mairesse, Valérie Plante, la ville de Montréal a mis à jour <a href="https://montreal.ca/articles/plan-hivernal-pour-les-personnes-itinerantes-des-mesures-concretes-dans-mhm-9592" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">son plan hivernal pour les personnes itinérantes</a>. Ce plan inclut la création de comités d’aide et l’établissement de centres d’hébergement temporaires, ainsi que la distribution de 500 000$ aux organismes de la ville offrant du soutien et des services aux personnes en situation d’itinérance. Malgré ces mesures, les défis auxquels se heurtent les itinérants de la ville restent importants. Un recensement datant de 2022 révèle que Montréal compte plus de <a href="https://www.msss.gouv.qc.ca/inc/documents/ministere/salle-de-presse/Fiche_technique_Resultats_denombrement_2022_23-09-01_VF.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">4 500 sans-abris</a>, mais malgré les infrastructures d’hébergement de la ville, près de <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/grand-montreal/2024-11-18/itinerance/demantelement-imminent-d-une-partie-du-campement-de-la-rue-notre-dame.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1 000 personnes</a> dorment dans l’espace public chaque nuit. Avec des risques particulièrement élevés durant les mois d’hiver et des ressources insuffisantes, comprendre et réparer les failles du système de bien-être social est essentiel. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">Ce sont des gens très seuls qui ont besoin d’accompagnement. Cette solidarité ne remplace pas le sentiment d’un vrai chez- soi.</p>
</blockquote>



<p><strong>Communauté et logement</strong> </p>



<p><em>Le Délit</em> a discuté avec Matthieu*, qui est en situation d’itinérance à Montréal depuis près de quatre ans. Après s’être fait licencié et avoir quitté Chicoutimi pour trouver un emploi à Montréal, il s’est retrouvé à la rue. « J’ai pas trouvé [d’emploi, <em>ndlr</em>] à temps. Au début, je dormais chez des gens que je connaissais, mais ça n’a pas duré. Je ne parle plus à ma famille, donc je ne peux pas rentrer, mais je suis mieux dans une grande ville comme Montréal qu’ailleurs. » Plusieurs se rendent vers les centres urbains de la province en espérant trouver un emploi, ou encore pour avoir accès à des services sociaux plus développés. </p>



<p>En parallèle, un processus d’aliénation et d’isolement s’installe progressivement, affirme Emma Cyr, étudiante à la maîtrise en travail social et intervenante dans une clinique pour les personnes ayant des problèmes de dépendance – une population dont la majorité se trouve en situation d’itinérance. Selon elle, « certains se retrouvent dans la rue par concours de circonstances, ils commencent à consommer [de la drogue, <em>ndlr</em>], et sans téléphone, ils perdent la connexion avec leurs proches. Ils finissent par vouloir avoir assez d’argent pour continuer à consommer, ce qui fait souvent en sorte qu’ils se retournent contre leur propre famille, et deviennent très isolés ». </p>



<p>Emma constate la présence d’une communauté solidaire entre les personnes en situation d’itinérance, mais clarifie que « ce sont des gens très seuls qui ont besoin d’accompagnement. Cette solidarité ne remplace pas le sentiment d’un vrai chez-soi. Ils veulent une communauté qui n’est pas juste entre personnes itinérantes, cette communauté là n’est pas suffisante. Elle ne comble pas les besoins fondamentaux ». </p>



<p>Malheureusement, ces besoins restent inaccessibles pour beaucoup. Les temps d’attente pour l’obtention de logements à loyer modique à Montréal varient, mais en fonction des circonstances individuelles, <a href="https://www.omhm.qc.ca/fr/soumettre-une-demande/analyse-de-la-demande-et-delais-dattente" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ils peuvent aller jusqu’à plusieurs années</a>. La crise du logement dans les grandes villes a exacerbé cette pénurie de logements accessibles, et Emma explique avoir dû annoncer à plusieurs personnes qu’ils auraient à attendre près de 10 ans pour y accéder : « Quand j’ajoute des gens à la liste pour accéder à ces logements [subventionnés, <em>ndlr</em>] je suis dans l’obligation de leur déclarer le temps d’attente. Ces gens survivent au jour le jour, ils sont découragés d’entendre qu’ils devront attendre aussi longtemps. » </p>



<p><strong>L’hiver à l’approche</strong></p>



<p>L’arrivée de l’hiver est redoutée par beaucoup, et la pression sur les services de logement et d’aides aux personnes sans-abri augmente. Matthieu explique certains des problèmes présentés par les refuges : « Il y a pas mal d’endroits qui ne te permettent pas de rentrer avec tes affaires, mais pour moi, au début, mes affaires c’est tout ce que j’avais. C’était mes vêtements, mes chaussures, les choses que j’avais amenées avec moi. J’avais rien d’autre, je pouvais pas m’en débarrasser, alors je dormais dans la rue. Mais quand l’hiver s’en est arrivé, je n’avais plus vraiment le choix, il faisait trop froid pour rester dehors. » En effet, certains refuges interdisent à ceux qui les fréquentent d’y rentrer avec des biens personnels, généralement pour des questions sanitaires. Cependant, ces critères d’admissibilité empêchent plusieurs personnes d’avoir accès aux logements d’urgence de la ville, d’autant plus que posséder des biens matériaux est un défi en soi. Matthieu raconte s’être fait voler certains de ses biens, et conclut que « le moins de choses t’as, le moins t’es ciblé ». </p>



<p>Le manque de ressources et de financement peut être tenu responsable de l’insuffisance des services, surtout l’hiver. Matthieu raconte lui-même avoir des difficultés d’accès à ces services : « des fois, il y a des refuges qui ont de la place et des fois ils n’en ont pas. Quand j’ai assez de sous, je fais la file pendant longtemps pour m’assurer d’avoir une place, mais j’arrive pas tout le temps. Il n’y a pas la place pour tout le monde, donc il y a des périodes où je dors dehors. » </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">Il n’y a pas d’argent pour la création de logements à loyer modique, et quand les personnes en situation d’itinérance finissent par avoir un logement, il faut qu’elles continuent d’être accompagnées.</p>
</blockquote>



<p>« Quand il commence à faire froid, ça se sent dans les organismes », explique Emma. « Autour du mois de novembre, des centres de répit ouvrent dans des églises, des centres communautaires, et des arénas, mais ce n’est pas tout le temps des endroits pour dormir, » poursuit-elle. Beaucoup de ces refuges sont des logements à court-terme, et n’offrent finalement pas de solution permanente.</p>



<p><strong>Un secteur sous-financé</strong></p>



<p>Plus tôt cet automne, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2104747/lionel-carmant-financement-itinerance-montreal#:~:text=Québec%20allonge%204%2C2%20millions%20de%20dollars%20pour%20permettre%20à,d&#039;une%20partie%20du%20financement." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Québec a alloué 4,2 millions de dollars</a> pour lutter contre l’itinérance à Montréal, une somme visant spécifiquement à gérer des profils plus complexes. Malgré cela, plusieurs acteurs dans le secteur communautaire déplorent les subventions insuffisantes de la part du gouvernement. Selon Emma, le financement manque à tous les niveaux : « Il n’y a pas d’argent pour la création de logements à loyer modique, et quand les personnes en situation d’itinérance finissent par avoir un logement, il faut qu’elles continuent d’être accompagnées. Ce n’est pas juste avoir un logement, c’est être capable de le garder. C’est facile d’oublier de payer son loyer, ou de laisser d’autres gens rentrer. » </p>



<p>Cet accompagnement social, explique-t-elle, est sous-financé. Les salaires bas et les conditions de travail difficiles des intervenants et des travailleurs sociaux y sont pour beaucoup. « Il y a tellement de retournement d’employés, c’est difficile de garder des gens dans ce milieu-là. C’est un secteur qui ne reçoit pas beaucoup d’attention dans le domaine politique, » conclut-elle. </p>



<p>*Nom fictif</p>
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		<title>Confusion dans la communauté anglophone</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/09/18/confusion-dans-la-communaute-anglophone/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2024/09/18/confusion-dans-la-communaute-anglophone/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ysandre Beaulieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Sep 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[anglophone]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
		<category><![CDATA[Santé]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=55837</guid>

					<description><![CDATA[<p>Changements à l'admissibilité aux services de santé en anglais sous la CAQ.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap" style="font-size:18px">Le 3 juillet, le Ministère de la langue française adoptait <a href="https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/fichiers/2024/24-406-01W.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">une directive</a> précisant les situations dans lesquelles le réseau de la santé et des services sociaux pouvait utiliser une autre langue que le français. Le 12 septembre, seulement quelques semaines plus tard, une motion a été votée à l’Assemblée nationale pour rendre explicite les conditions qui régulent l’accès aux soins de santé en anglais pour les anglophones du Québec. Cette motion, votée à l’unanimité, met fin à des mois de confusion concernant les prérequis nécessaires pour obtenir des soins de santé et des services sociaux en anglais. </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Cette motion, votée à l’unanimité, met fin à des mois de confusion concernant les prérequis nécessaires pour obtenir des soins de santé et des services sociaux en anglais »</p>
</blockquote>



<p>Le français étant l’unique langue officielle du Québec, comme le dicte <a href="https://www.legisquebec.gouv.qc.ca/fr/document/lc/c-11" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la Charte de la langue française (CLF)</a>, aucune autre langue n’est utilisée de manière systématique dans la province. Cependant, la directive du gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ) détermine qu’une langue autre que le français peut être utilisée dans certaines situations, notamment lorsque la santé l’exige. Le texte réfère ici à des des situations exceptionnelles, c’est-à-dire si le patient démontre qu’il ne peut pas comprendre ou communiquer en français dans une situation d’urgence dans laquelle l’usager doit recevoir de l’assistance, donner son consentement, ou participer aux décisions affectant son bien-être, ou s’il détient la documentation nécessaire pour démontrer qu’il a le droit d’être servi en anglais. </p>



<p><strong>Une directive ambiguë</strong></p>



<p>C’est précisément cette directive, publiée en juillet, qui a généré des inquiétudes au sein de la communauté anglophone du Québec. Peu de temps après sa publication, Quebec Community Group Networks, un organisme à but non-lucratif réunissant des communautés anglophones à travers la province, publie <a href="https://qcgn.ca/anglos-may-now-need-eligibility-certificates-for-english-health-care-directive-says/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">sur son site</a> un court commentaire dénonçant ce changement. La <em>Montreal Gazette</em>, un journal anglophone, conteste également ces nouvelles mesures, avertissant notamment ses lecteurs qu’un « <em><a href="https://montrealgazette.com/news/local-news/anglos-may-now-need-eligibility-certificates-for-english-health-care-directive-says" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">certificat d’éligibilité</a>, (tdlr)</em> » pourrait maintenant être demandé aux anglophones cherchant à obtenir des soins dans leur langue. Le certificat en question est mentionné de manière ambiguë dans la directive. Celle-ci énonce : « Un organisme du RSSS [réseau de la santé et des services sociaux, <em>ndlr</em>] peut communiquer en anglais exclusivement avec une personne déclarée admissible à recevoir l’enseignement en anglais si celle-ci : s’est vue délivrer le document Déclaration d’admissibilité à recevoir l’enseignement en anglais du ministère de l’Éducation du Québec; en fait expressément la demande. » </p>



<p>La confusion concernant la nature de ce certificat semble découler du fait qu’il n’est pas évident si ces deux points sont deux exemples de scénarios dans lesquels un organisme du RSSS peut communiquer en anglais exclusivement avec un patient, ou s’ils représentent une liste exhaustive des conditions à remplir. C’est pourquoi Gary Bernstein, un anglophone et résident de Montréal depuis plusieurs années ne détenant pas de certificat d’admissibilité à l’éducation en anglais, a tenté de mieux comprendre comment un tel certificat pouvait être obtenu. Celui-ci explique : « <em>je n’ai jamais eu de grosses difficultés à obtenir des soins de santé en anglais à Montréal</em> ». Toutefois, au vu de la directive annoncée au cours de l’été, celui-ci a tenté d’obtenir un certificat comme celui mentionné. Le certificat en question est, en temps normal, détenu par tous ceux étant éligibles à l’éducation en anglais, <a href="https://www.education.gouv.qc.ca/contenus-communs/parents-et-tuteurs/admissibilite-a-lenseignement-en-anglais/legislation" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">selon la loi 101</a>. Cette loi, passée en 1977, dispense certaines personnes d’avoir à faire leur scolarité en français. Cependant, pour d’autres comme Gary, qui ont été éduqués en anglais avant la mise en place de cette loi, les directives sont moins claires. Un anglophone ayant reçu sa scolarité en anglais avant la mise en place de la loi 101, et ne détenant pas de certificat peut-il, avec cette nouvelle directive, recevoir des soins en anglais? C’est donc pour répondre à cette question que Gary a tenté d’obtenir ce fameux certificat. «&nbsp;<em>Dans la publication du ministère, il y avait une adresse courriel à laquelle on pouvait écrire pour avoir un certificat. J’ai écrit pour enquêter, et j’ai reçu un message poli qui disait : “merci de votre demande, mais vous n’êtes pas en ce moment à l’école, et n’êtes donc pas éligible à recevoir de certificat d’admissibilité”</em> ». Gary poursuit : « <em>Je savais que ce serait leur réponse, mais je me disais que je tâterais le terrain quand même</em>. » Il semble que ce manque de clarté ait été pris en note par le gouvernement. En effet, la motion du 12 septembre, visant à éviter toute future confusion, souligne explicitement qu’elle « exige du gouvernement que toute directive donnée au réseau de la santé et des services sociaux soit claire et explicite à ce sujet ».</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/09/Illu_actu_Ysandre.tiff" alt class="wp-image-55842"><figcaption><span class="media-credit">Carissa Tran</span></figcaption></figure>
</blockquote>



<p><strong>Une situation tendue</strong></p>



<p>Malgré la confirmation qu’aucun changement ne serait apporté à l’accès aux soins de santé en anglais pour les anglophones, certaines inquiétudes règnent dans la communauté. Gary explique : « <em>Quand il y avait des changements aux règles, j’anticipais qu’une partie du personnel médical serait hésitant à nous servir en anglais, de peur de se faire pénaliser. Plusieurs directives sous <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/langue-francaise/pl96" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la loi 96</a> [la Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, </em>ndlr<em>] ont été mal comprises</em>. » Il conclut que « <em>certains [membres du personnel médical] ont peur de défier des directives ministérielles qui n’existent pas vraiment </em>». L’adoption de la motion du 12 septembre vient seulement quelques jours avant la publication d’<a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2103215/suicide-val-des-monts-rapport-coroner-anglais" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un article de Radio-Canada</a> sur le suicide d’un homme de 66 ans à Val-des-monts. L’article explique que l’individu aurait souffert de dépression, et qu’après avoir insisté pour consulter un psychologue anglophone et avoir été mis sur une liste d’attente pour le faire, il aurait changé d’avis. Bien qu’il ne soit pas possible de déterminer de manière définitive si son suicide était lié au manque d’accès aux services de santé pour les minorités anglophones du Québec, il est évident que la question n’est pas résolue.</p>



<p class="has-text-align-center">« Les enjeux auxquels font face les anglophones du Québec ne sont donc pas uniques en eux-mêmes, et révèlent en fait une tendance plus générale au Canada »</p>



<p><strong>Un problème canadien</strong></p>



<p>L’accès des minorités linguistiques à des services de santé dans leur langue n’est pas un enjeu isolé et propre au Québec. En effet, bien qu’il existe toujours des problèmes, le Québec est en réalité l’une de seulement quelques provinces où la législation encadre l’offre de services dans la langue minoritaire. La santé étant de compétence provinciale, c’est aux provinces individuelles de déterminer si et comment elles offrent des services de santé dans la langue minoritaire. La Colombie-Britannique, par exemple, n’offre pas de services en français, mais met à disposition des patients <a href="http://www.phsa.ca/our-services/programs-services/provincial-language-services/services-francophones" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">des services d’interprétation</a> à ceux qui en ont besoin. Cette approche peut être contrastée à celle de l’Ontario qui est légalement obligée d’offrir des soins de santé en français dans des zones où sont concentrées les populations franco-ontariennes, conformément à une loi provinciale, <a href="https://www.ontario.ca/fr/lois/reglement/220544" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">la Loi sur les services en français</a>. De plus, bien que la Loi sur les langues officielles légifère l’universalité d’accès aux services dans les deux langues partout au Canada, celle-ci s’applique uniquement aux institutions fédérales. La santé étant de compétence provinciale, et les démographies des minorités linguistiques n’étant pas les mêmes de province en province, il est difficile d’uniformiser le profil des langues officielles dans ce secteur à l’échelle canadienne. Les enjeux auxquels font face les anglophones du Québec ne sont donc pas uniques en eux-mêmes, et révèlent en fait une tendance plus générale au Canada.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/09/18/confusion-dans-la-communaute-anglophone/" data-wpel-link="internal">Confusion dans la communauté anglophone</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Crise d’itinérance au Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/09/11/crise-ditinerance-au-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Gabrielle Adams]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Sep 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Politique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Protéger les enfants au détriment des personnes sans-abris?</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/09/11/crise-ditinerance-au-quebec/" data-wpel-link="internal">Crise d’itinérance au Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 15 avril dernier, un hébergement pour personnes sans-abris et un site de consommation supervisée, la Maison Benoît Labre, a ouvert ses portes à 260 mètres d’une école primaire. Après de nombreux incidents, la province du Québec envisage l’interdiction de centres de jours et de consommation supervisée près des écoles et des garderies. Bien que cette décision ait pour but premier de protéger les enfants, plusieurs personnes se questionnent sur les actions effectuées par le gouvernement pour protéger les personnes sans-abris et prévenir l’itinérance de ses citoyens. </p>



<p><strong>La protection des enfants avant tout</strong> </p>



<p>Les semaines qui ont succédé l’ouverture du centre ont occasionné une série d’événements perturbateurs, recensés sur les terrains de l’école Victor-Rousselot. Parmi <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2024-07-13/crack-nudite-et-agression-au-baton/les-premiers-mois-chaotiques-de-benoit-labre.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ces incidents</a>, dont le nombre <a href="https://www.985fm.ca/audio/636723/plus-de-40-incidents-repertories-a-la-maison-benoit-labre" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">s’élève désormais à plus de 40</a>, on dénombre des excréments humains retrouvés dans le parc-école, un feu allumé dans une ruelle adjacente, un parent ayant aperçu un homme nu près de l’entrée du service de garde, et la liste se poursuit. Par conséquent, le ministre Lionel Carmant, responsable des Services sociaux, a <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2024-08-27/quebec-veut-interdire-les-centres-pour-sans-abri-pres-des-ecoles.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">incité la Direction générale de la santé publique</a> à « évaluer les options pour mieux encadrer l’établissement de ces ressources pour éviter que de telles situations se reproduisent à l’avenir ». Face à cette situation préoccupante, des questions se posent : comment cohabiter, mais d’abord, devrait-on cohabiter? Comment concilier la réalité des personnes itinérantes avec celle de nos enfants? Le gouvernement décide que sa priorité est de protéger les enfants de ces réalités difficiles. Pour ce faire, la province envisage l’interdiction des centres de jour et de consommation supervisée près des écoles. </p>



<p>Le Premier ministre François Legault partageait récemment son accord avec la récente décision de son homologue ontarien, Doug Ford, qui a mis en place des mesures d’interdiction semblables. À cet égard, <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2024-08-27/quebec-veut-interdire-les-centres-pour-sans-abri-pres-des-ecoles.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Legault affirme</a> que les centres de consommation supervisée ne devraient pas être situés près d’établissements scolaires : « Il ne devrait pas y en avoir. Il n’y aurait pas dû en avoir et il n’y en aura pas. » Le gouvernement caquiste avait d’ailleurs présenté une motion en 2017, qui avait pour but d’interdire les sites de consommation supervisée à une distance minimale d’écoles, mais le Parti québécois avait bloqué cette initiative. En juin de cette année, c’est le Parti québécois qui a proposé une motion presque identique à celle qu’il avait refusée en 2017. Cette fois-ci, c’est la CAQ qui s’y est opposée. </p>



<p><strong>Non à la cohabitation ou à la normalisation? </strong></p>



<p>Dans le meilleur des cas, l’annonce de cette éventuelle décision du gouvernement démontre d’une part un désir incontestable de vouloir protéger les jeunes de la province, et d’une autre, un possible refus de reconnaître la crise de l’itinérance. En effet, dans les provinces du Canada qui sont plus sévèrement accablées par cette crise, la cohabitation est inévitable, mais rarement mise en cause parce que la crise d’itinérance est normalisée. En Colombie-Britannique, par exemple, il est difficile de se promener dans certaines villes sans voir le genre d’événements perturbateurs évoqués par l’école Victor-Rousselot ; les personnes qui fument du crack ou qui s’injectent du fentanyl sont omniprésentes, même à 100 mètres d’une école. Cela ne choque plus personne dans la province de l’Ouest. Peut-on supposer que les résidents en Colombie-Britannique soient plus ouverts à une cohabitation que les Québécois, ou bien est-ce simplement que la crise est d’une telle envergure qu’elle en devient banale? </p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« La réaction du gouvernement québécois peut être interpretée comme un refus de reconnaître cette situation de crise »</p>
</blockquote>



<p>« <em>Je ne suis jamais surpris de voir des personnes consommer de la drogue en public. C’est sûr que, quand c’est près des écoles, c’est plus inquiétant, mais jamais surprenant (tdlr)</em> », indique Andrew Nikodym, résident de la Colombie Britannique. « <em>Depuis quelques années, l’ampleur de la situation est remarquable : maintenant, je suis presque surpris si je ne vois pas au moins une personne fumer du crack quand je sors, surtout si c’est au centre-ville. </em>» Pour ce résident de Kelowna, cette cohabitation entre les personnes itinérantes en situation de dépendance à la drogue et les personnes qui n’en souffrent pas démontre une réelle normalisation de la crise. Dans ce contexte, la réaction du gouvernement québécois peut être interprétée comme un refus de reconnaître cette situation de crise.</p>



<p><strong>Les actes sont-ils plus éloquents que la parole</strong></p>



<p>Quand il est question d’itinérance, il est forcément question des crises du logement, de dépendance et de santé mentale. Pour croire que le gouvernement refuse de normaliser ces crises, il faut d’abord penser qu’il fait tout en son pouvoir pour protéger les itinérants et pallier cette situation de crise. En matière de crise du logement, la ministre responsable de l’Habitation, France-Élaine Duranceau, a présenté sa Stratégie québécoise en habitation le 22 août, qui propose une hausse dans la cible du nombre de logements. Parmi ceux annoncés, 4% seront des logements sociaux et abordables, contrairement au 10% actuel, déjà insuffisant selon la <a href="https://www.flhlmq.com/fr/article/une-strategie-qui-limite-4-le-nombre-de-logements-sociaux-venir" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Fédération des locataires d’habitations à loyer modique du Québec</a>, qui dénonce la stratégie.</p>



<p>Pour remédier à la crise des drogues, le ministre Carmant a annoncé, le 31 août, que <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2101205/journee-sensibilisation-surdoses-opioides-canada-naloxone#:~:text=Les%20surdoses%20peuvent%20toucher%20tout,les%20surdoses%20de%20substances%20psychoactives." data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1,6 millions de dollars</a> du Fonds de lutte contre la dépendance servirait à prévenir les surdoses de substances psychoactives. Cette somme sera <a href="https://www.indexsante.ca/nouvelles/1966/investissement-pour-prevenir-les-surdoses-au-quebec.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">investie dans des organismes communautaires</a> qui offrent des services de consommation supervisée et vérification de substances illicites. La province a aussi facilité l’accès à la naloxone, une substance qui peut temporairement arrêter les effets d’une surdose, désormais gratuite dans toutes les pharmacies du Québec. Dre. Julie Bruneau, spécialiste en médecine de la toxicomanie, prétend toutefois que <a href="https://www.ledevoir.com/societe/sante/819086/crise-opioides-continue-faire-ravages-quebec" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">ces initiatives ne sont pas suffisantes</a> : « On ne peut pas penser qu’en prévenant aujourd’hui ceux qui sont à risque de mourir à cause de leur drogue qu’on va être capable d’agir en amont sur la prévention, la détection et les soins centrés sur l’individu qui ne sont pas stigmatisants. » En ce qui concerne la santé mentale, rien n’est couvert par la province et les soins privés sont très dispendieux – on parle d’une moyenne de 150$ par rendez-vous. Par ailleurs, on recense plus d’un million de toxicomanes souffrant d’une dépendance à la drogue dure au Canada. « Le gouvernement québécois peut faire plus à ce chapitre », conclut une étude de l’Institut de recherche progressiste. « Il peut d’abord offrir une véritable couverture universelle des soins de psychothérapie, accompagnée d’un encadrement du marché privé afin d’orienter les ressources vers les besoins prioritaires. »</p>



<p><strong>La protection de tous</strong> </p>



<p>Plusieurs experts s’accordent donc sur le fait que le gouvernement doit en faire davantage en matière d’itinérance, de logements abordables, de dépendances aux drogues et de santé mentale. La protection des enfants est importante, mais il est aussi nécéssaire d’aider et de protéger les toxicomanes, les sans-abris, les personnes souffrant de problèmes de santé mentale. </p>
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		<title>Ce que vous avez manqué cet été</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/08/28/ce-que-vous-avez-manque-cet-ete-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ysandre Beaulieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Aug 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Festival]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[Meres Mohaks]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Trois événements qui ont marqué l’été montréalais.</p>
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<p><br><strong>MISE À JOUR : MÈRES MOHAWKS</strong></p>



<p>Au cours de l’été, des avancées ont été faites dans la dispute légale entre les Mères Mohawks&nbsp;et l’Université McGill concernant les fouilles tenues sur le terrain de l’hôpital Royal Victoria.&nbsp;Tandis que l’Université tente d’entreprendre des travaux de développement sur l’espace&nbsp;anciennement occupé par l’hôpital Royal Victoria, les Mères Mohawks s’opposent aux&nbsp;fouilles, qu’elles considèrent être <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/11/01/mohawk-mothers/" data-wpel-link="internal">hâtives</a>, considérant la possible présence de tombes non&nbsp;marquées sur le terrain.&nbsp;</p>



<p>En novembre 2023, un <a href="https://www.delitfrancais.com/2024/01/10/retour-sur-le-projet-du-nouveau-vic/" data-wpel-link="internal">rendement de la Cour supérieure du Québec</a> avait contraint l’Université à poursuivre ses excavations sous la supervision d’un panel indépendant d’archéologues.&nbsp;Ce 16 août 2024, cette décision a été infirmée par la cour d’appel du Québec. L’aboutissement&nbsp;de cette dispute permettra donc à McGill de poursuivre ses fouilles sans la présence du panel&nbsp;indépendant d’experts en archéologie qui avait été mandaté par la cour.</p>



<p><strong>PLACE AUX INONDATIONS</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1080" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_inondations.png" alt class="wp-image-55484" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_inondations.png 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_inondations-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_inondations-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_inondations-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_inondations-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_inondations-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/ysandrebeaulieu/?media=1" data-wpel-link="internal">Ysandre Beaulieu</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>Alors que l’été 2023 a été marqué par des feux de forêt sans précédent, ce sont les ouragans et la pluie qui auront rythmé le quotidien des montréalais cet été. En effet, les vestiges de l’ouragan Béryl ont frappé Montréal le <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/2024-07-10/montreal-touche-par-les-vestiges-de-beryl.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">10 juillet</a> dernier. En 24 heures, 80 mm de pluie ont recouvert la ville par endroits, un chiffre variant d’arrondissement en arrondissement, mais avec des effets tout de même impressionnants : des sous-sols remplis d’eau, des autoroutes fermées, et des mesures d’urgence déclarées.</p>



<p>La ville se remettait tranquillement du déluge, lorsqu’un mois plus tard, le 9 août, la tempête tropicale Debby a déferlé sur Montréal. En plus des inondations causées par les <a href="https://montreal.ctvnews.ca/historic-rainfall-hits-montreal-in-remnants-of-tropical-storm-debby-1.6996047" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">140 mm</a> de pluie tombés, plus de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2096100/tempete-debby-quebec-pannes-entraves-lundi" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">550 000 foyers</a> ont été victimes de pannes de courant, certains d’entre eux pendant plusieurs jours.</p>



<p><strong>MONTRÉAL EN FESTIVAL</strong></p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="1080" height="1080" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_festivals.png" alt="Trois événements qui ont marqué l’été montréalais.
" class="wp-image-55485" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_festivals.png 1080w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_festivals-650x650.png 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_festivals-150x150.png 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_festivals-768x768.png 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_festivals-600x600.png 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-3_festivals-120x120.png 120w" sizes="(max-width: 1080px) 100vw, 1080px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/ysandrebeaulieu/?media=1" data-wpel-link="internal">Ysandre Beaulieu</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p>L’été à Montréal introduit la saison des festivals, qui s’enchaînent les uns à la suite des autres, imprégnant la ville d’une énergie indescriptible. Comme chaque année, les événements culturels gratuits rendent encore plus attrayant l’été à Montréal, avec les Francofolies, les Nuits d’Afrique, ou encore le Festival international de Jazz de Montréal, qui offrent à tous les curieux des expériences inoubliables. Cet été, la grandeur et la beauté des concerts gratuits, notamment celui interprété au pied du Mont-Royal par l’Orchestre Métropolitain et la pianiste Alexandra Stréliski, manifestent une belle volonté de faire découvrir et briller le talent d’ici.</p>



<p>Pour plusieurs Montréalais, ce sont les festivals et leur ambiance électrique qui auront marqué leur été. Les foules était au rendez-vous pour assister aux performances des artistes à Osheaga, observer les couchers de soleil au Parc Jean-Drapeau lors du Piknic Électronik, ou découvrir les représentations électriques des Nuits d’Afrique. C’était à en oublier la canicule, devenue synonyme de vacances!</p>
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		<title>74 jours d’occupation</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/08/28/74-jours-doccupation/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ysandre Beaulieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Aug 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Campus]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[McGill]]></category>
		<category><![CDATA[occupation]]></category>
		<category><![CDATA[palestine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une chronologie du campement pro-palestinien à McGill.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le Délit revient sur les faits concernant le campement pro-palestinien,&nbsp;en vous offrant une chronologie&nbsp;non-exhaustive des événements qui se sont déroulés au cours&nbsp;de ces 74 jours d’occupation.&nbsp;</p>



<p><strong>27 avril </strong>- Début du campement&nbsp;sur la partie inférieure du campus&nbsp;de l’Université, notamment mené&nbsp;par les organismes <em>Solidarity for&nbsp;Palestinian and Human Rights </em>(SPHR), et SPHR Concordia.&nbsp;Les groupes, qui s’identifient comme <a href="https://www.instagram.com/p/C6Rff6WLOhe/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA==" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">mouvements d’étudiants</a> issus des universités McGill et Concordia, déclarent le campe ment « zone libérée », en y installant des tentes et des grillages&nbsp;en guise de délimitation. Leurs&nbsp;<a href="https://montreal.ctvnews.ca/a-look-at-the-divestment-demands-by-mcgill-university-protesters-1.6867828" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">revendications</a> sont claires : le&nbsp;désinvestissement des fonds des&nbsp;deux universités envers les compagnies «&nbsp;<em>financant le génocide et l’apartheid en Israël </em>(<em>tdlr</em>) » et la&nbsp;fin de toute relation académique&nbsp;entre les universités et Israël.&nbsp;</p>



<p><strong>27 avril </strong>- Le campement fait&nbsp;appel au soutien de la communauté, demandant à ceux et celles qui peuvent se le permettre d’apporter de l’eau, de la nourriture,&nbsp;et du matériel. Les membres du&nbsp;campement incitent également les&nbsp;étudiants à se joindre à eux pour&nbsp;accroître leur présence sur le campus. Ces appels font augmenter&nbsp;le campement d’une vingtaine de&nbsp;tentes, à plus d’une cinquantaine&nbsp;d’entre elles. Dès les premiers&nbsp;jours du campement, la présence&nbsp;policière augmente sur le campus.&nbsp;</p>



<p><strong>29 avril </strong>- Dans un courriel adressé à la communauté mcgilloise, Deep Saini, président et&nbsp;vice-chancelier de l’Université McGill, déplore le comportement des manifestants, <a href="https://www.mcgill.ca/newsroom/article/campus-updates/update-mcgill-april-29" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">citant</a> des commentaires antisémites et&nbsp;affirmant que leur présence sur&nbsp;les terrains privés de l’Université&nbsp;enfreint non seulement a ses politiques, mais également la loi. Saini&nbsp;affirme également avoir essayé d’établir une entente en dialoguant&nbsp;avec les représentants étudiants&nbsp;du mouvement, sans succès.&nbsp;</p>



<p><strong>1er mai </strong>- L’administration&nbsp;de McGill propose aux manifestants de les convier à un&nbsp;forum pour discuter de leurs demandes, à la condition qu’ils&nbsp;abandonnent le campement de manière permanente.&nbsp;</p>



<p><strong>2 mai </strong>- Une manifestation&nbsp;pro-Israël s’organise devant le&nbsp;portail Roddick, pour contester&nbsp;le campement. Les manifestants remplissent la rue Sherbrooke,&nbsp;tandis que des contre-manifestants pro-palestiniens s’organisent&nbsp;de l’autre côté du grillage. Une&nbsp;présence policière importante sur&nbsp;le campus et dans les rues environnantes se fait remarquer dès le début des rassemblements, et&nbsp;les tensions augmentent au cours&nbsp;de la journée. Les manifestants sont séparés non seulement par&nbsp;le grillage et par les policiers,&nbsp;mais aussi par des bénévoles du&nbsp;campement, identifiés par des&nbsp;dossards jaunes. Les manifestations restent pacifiques, et les&nbsp;foules se dispersent en soirée.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" width="1200" height="1800" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-1200x1800.jpg" alt class="wp-image-55496" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-1200x1800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-1365x2048.jpg 1365w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-2-1-scaled.jpg 1707w" sizes="(max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/ysandrebeaulieu/?media=1" data-wpel-link="internal">Ysandre Beaulieu</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>10 mai </strong>- McGill annonce&nbsp;son intention de déposer une injonction demandant le droit&nbsp;de démanteler le campement, et d’obtenir, si nécessaire, l’assistance du Service de police de la&nbsp;Ville de Montréal (SPVM) pour ce faire. L’Université cite plusieurs&nbsp;raisons, dont des inquiétudes&nbsp;vis-à-vis la santé et la sécurité publique, des tensions grandissantes, et le dérangement causé par la présence des manifestants.&nbsp;</p>



<p><strong>15 mai </strong>- La demande d’injonction&nbsp;provisoire se rend jusqu’à la&nbsp;Cour supérieure du Québec, qui&nbsp;décide de rejeter la demande de McGill, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2072966/campement-propalestine-mcgill-injonction-rejet" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">citant</a> l’absence d’incident violent depuis le début de sa mise en place. Le juge, Marc&nbsp;St-Pierre, justifie cette décision&nbsp;en expliquant qu’une injonction&nbsp;ne peut être préventive et que les risques à la santé et à la sécurité&nbsp;publique cités par l’Université&nbsp;ne se sont pas matérialisés.&nbsp;</p>



<p><strong>26 mai </strong>- Au cours d’un événement pro-palestinien sur le campus lors duquel s’est mobilisé le SPVM, un portrait d’un politicien&nbsp;israélien « vêtu d’un vêtement à rayures évoquant un uniforme&nbsp;de prisonnier » est suspendu,&nbsp;comme l’explique un courriel du recteur à la communauté mcgilloise. L’incident est rapporté au&nbsp;SPVM, qui <a href="https://www.ledevoir.com/societe/813960/mcgill-denonce-inaction-police-face-campement-pro-palestine?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">n’intervient pas</a>.&nbsp;</p>



<p><strong>29 mai </strong>- Dans un courriel, Deep&nbsp;Saini dénonce des méthodes qu’il qualifie de « coercitives et&nbsp;discriminatoires ». À l’appui, il&nbsp;mentionne l’incident du 26 mai&nbsp;et associe le vêtement à rayures à l’uniforme revêtu par des millions&nbsp;de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. D’autres incidents sont&nbsp;décrits. Parmi eux, le harcèlement de certains membres du personnel de l’administration et des graffitis&nbsp;« blasphématoires » sur des murs des bureaux de l’Université.&nbsp;</p>



<p><strong>6 juin </strong>- Occupation du bâtiment&nbsp;James McGill. <a href="https://www.thetribune.ca/news/protestors-occupy-james-administration-building-demanding-mcgill-heed-encampments-calls-for-divestment-18062024%EF%BF%BC/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Vers 16h00</a>, un groupe pénètre dans le bâtiment,&nbsp;s’y barricade, et dessine des&nbsp;graffitis sur les murs. Près d’une heure plus tard, c’est l’arrivée d’une présence policière, qui, vers 19h30, disperse la foule qui bloque l’accès à l’entrée du bâtiment.&nbsp;</p>



<p><strong>10 juin </strong>- L’Université McGill émet&nbsp;une nouvelle proposition, qui&nbsp;est refusée par les manifestants. Celle-ci inclut quatre éléments&nbsp;:&nbsp;un examen de la possibilité de&nbsp;désinvestir dans des entreprises de fabrication d’armes&nbsp;;&nbsp;une divulgation de tous les placements de l’Université (incluant&nbsp;ceux inférieurs à 500 000 dollars) ; une prise en compte accrue&nbsp;des institutions et des intellectuels palestiniens et une&nbsp;offre de soutien, notamment&nbsp;financier, aux universitaires déplacés sous les auspices du réseau <em>Scholars at Risk,&nbsp;</em>ainsi qu’une amnistie pour&nbsp;les personnes qui occupent le campement.&nbsp;</p>



<p><strong>14 juin </strong>- <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2081556/universite-mcgill-suspensions-pourparlers-campement" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Selon une porte&nbsp;parole du campement</a>, l’Université refuse de répondre à&nbsp;l’appel des manifestants et de&nbsp;poursuivre les négociations.&nbsp;</p>



<p><strong>17 juin </strong>- Dans un courriel destiné aux étudiants de McGill, Deep Saini dénonce le <a href="https://www.instagram.com/p/C8Ird8rs_Gx/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA==" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">programme d’été révolutionnaire</a> de la SPHR, citant l’imagerie violente utilisée sur ses tracts (un individu portant un fusil automatique). Il demande également à l’Association étudiante de l’Université McGill (AÉUM) de dénoncer le programme, et de rompre tout lien avec la SPHR qui est inclus dans sa liste de clubs affiliés, le cas échéant étant interprété par l’Université comme support de la SPHR.</p>



<p><strong>2 juillet </strong>- Sur leurs réseaux sociaux, le&nbsp;mouvement SPHR dénonce le manque&nbsp;de volonté de l’Université de répondre&nbsp;à leurs demandes,&nbsp;et déplore sa décision de cesser&nbsp;toute négociation.&nbsp;&nbsp;</p>



<p><strong>5 juillet </strong>- Des&nbsp;manifestants commettent des actes&nbsp;de vandalisme,&nbsp;«&nbsp;fracassant des vitres et les tapissant de graffitis où l’on pouvait lire slogans&nbsp;et obscénités », menant à l’arrestation d’un individu.&nbsp;</p>



<p><strong>9 juillet </strong>- SPHR&nbsp;émet un communiqué de presse&nbsp;dénonçant la réaction de McGill face à la mobilisation&nbsp;étudiante, notamment leurs négociations menées « de&nbsp;mauvaise foi » avec&nbsp;les représentants&nbsp;du campement et leurs tentatives de&nbsp;diviser l’<em>intifada</em>.&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1200" height="1800" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-1200x1800.jpg" alt class="wp-image-55493" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-1200x1800.jpg 1200w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-650x975.jpg 650w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-150x225.jpg 150w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-768x1152.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-1024x1536.jpg 1024w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-1365x2048.jpg 1365w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-600x900.jpg 600w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2024/08/Page-4_campements-1-scaled.jpg 1706w" sizes="auto, (max-width: 1200px) 100vw, 1200px"><figcaption><span class="media-credit">Ysandre Beaulieu</span></figcaption></figure>



<p><strong>10 juillet </strong>- Le campement pro-palestinien reste en place jusqu’au 10 juillet, lorsqu’une firme de sécurité privée, engagée par l’Université, initie son démantèlement. Dans un courriel diffusé à l’ensemble de la communauté mcgilloise, le recteur de l’Université, Deep Saini, annonce le démantèlement du campement situé sur la partie inférieure du campus, citant « de nombreux graffitis haineux et menaçants » et « des risques importants en matière d’hygiène, de sécurité et d’incendie ».</p>



<p>À la suite au démantèlement du campement, le campus est partiellement fermé avec une réouverture graduelle au cours de laquelle les points d’entrée sont limités aux individus détenant une permission. À partir du 5 août, le campus est accessible à tout le monde entre 6h et 22h, ainsi qu’aux membres du personnelet aux étudiants détenant une carte d’identité de l’Université en dehors de ces heures. </p>



<p>Malgré le démantèlement du campement, les tensions persistent sur le campus. Il est difficile de prédire les formes qu’elles prendront une fois les cours commencés. Cependant il est clair que des efforts importants de la part de la communauté mcgilloise seront nécessaires pour rétablir la stabilité.</p>
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		<title>Portrait de la nouvelle Ligue professionnelle de hockey féminin</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/03/20/portrait-de-la-nouvelle-ligue-professionnelle-de-hockey-feminin/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Dominika Grand'Maison]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 20 Mar 2024 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Sport]]></category>
		<category><![CDATA[Hockey]]></category>
		<category><![CDATA[Montreal]]></category>
		<category><![CDATA[quebec]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une avancée pour les hockeyeuses professionnelles en Amérique du Nord. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 17 mars dernier, l’équipe de Montréal de la Ligue professionnelle de hockey féminin (LPHF) a affronté l’équipe de Toronto à Pittsburgh aux États-Unis, dans un match qui a culminé en un score de 2 à 1 en faveur de l’équipe de Toronto. L’équipe de Montréal a remporté 10 des 18 matchs qu’elle a joués depuis le début de la saison, et se situe en troisième place du classement de la ligue, après Toronto et Minnesota, avec 30 points. Depuis son annonce en juin 2023, la LPHF a permis aux joueuses professionnelles d’enfin retrouver une  ligue en janvier 2024, et a depuis connu un succès important.</p>



<p><strong>LPHF : le résultat d’un activisme féministe</strong></p>



<p><br>La création de la LPHF est le résultat des efforts de la part de l’Association des joueuses professionnelles de hockey (PWHPA). La PWHPA est un syndicat professionnel représentant les hockeyeuses faisant aujourd’hui partie de la LPHF. Il a été formé en 2019, suite à la dissolution de la Ligue canadienne de hockey féminin (CWHL), une des deux ligues majeures de hockey féminin en Amérique du Nord avec la Fédération première de hockey (FPH).</p>



<p>Alors que la CWHL s’était arrêtée en raison de difficultés financières, ses joueuses ont créé la PWHPA, refusant d’intégrer la FPH en raison des salaires inadéquats. En effet, en 2019, plus de 200<br>joueuses professionnelles et membres de la PWHPA ont annoncé leur boycott de la saison de hockey avenante, réclamant une ligue unie et une durabilité financière pour ses joueuses. Dans un communiqué, celles-ci ont affirmé qu’elles ne joueraient dans aucune ligue professionnelle tant qu’elles n’auraient pas accès aux « ressources que le hockey professionnel demande et mérite (tdlr) ».</p>



<p>La LPHF a donc remplacé la CWHL, et a également absorbé la FPH en 2023 qui, malgré les hausses de salaires, était en manque de financement. Suite à cela, en juin 2023, une convention collective a été signée par les membres de la PWHPA, majoritairement des joueuses issues des deux anciennes ligues, permettant ainsi la mise en place d’une unique ligue professionnelle féminine nord-américaine, la LPHF. Celle-ci représente maintenant le paysage uni du hockey féminin, auparavant divisé entre la CWHL et la FPH.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« La LPHF représente maintenant le paysage uni du hockey féminin, auparavant divisé entre la CWHL et la FPH »</p>
</blockquote>



<p><strong>Fonctionnement et diffusion</strong><br>La ligue compte 157 joueuses provenant de 12 pays différents, dont 90 Canadiennes et comporte six équipes  : trois équipes canadiennes (Montréal, Toronto et Ottawa) et trois équipes américaines (Boston, Minneapolis Saint-Paul et New York). Toutefois, les matchs ne se jouent pas seulement dans ces villes, ils peuvent aussi prendre place dans les villes environnantes et dans les arénas de la LNH (Ligue nationale de hockey) ou encore celles de ligues mineures et juniors. Les noms et les logos des équipes sont jusqu’à ce jour en suspens et ne semblent pas être une priorité pour l’administration. Pour l’instant, les chandails des joueuses ont seulement des couleurs distinctives et le nom de leur ville respective.</p>



<p>Durant cette première saison, l’équipe de Montréal jouera 24 matchs au total, dont 16 qui seront diffusés sur les chaînes RDS et RDS2. C’est notamment sur ces chaînes qu’une équipe de diffusion entièrement féminine couvre pour la première fois la saison complète d’une ligue de sport.</p>



<p>La partie du 20 avril entre Montréal et Toronto, qui était initialement à l’Auditorium de Verdun a été relocalisée au mythique Centre Bell, témoignant du grand succès qu’a eu la ligue depuis le début de la première saison. Les billets saisonniers ont tous été vendus et les prochains matchs à l’Auditorium de Verdun sont déjà complets. Jusqu’à maintenant, le nombre record de spectateurs a été de 19 925 à l’aréna Scotiabank de Toronto. L’équipe de Montréal souhaite atteindre et même dépasser cette participation au Centre Bell qui a la capacité d’accueillir 21 105 spectateurs.</p>



<p>Bien qu’elle soit nouvelle dans le paysage du hockey professionnel nord-américain, la LPHF a également pu participer à un événement culte du hockey professionnel : le Match des étoiles, en concluant celui-ci avec des trois contre trois.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« Les congés de maternité permettent notamment aux hockeyeuses d’avoir des enfants et une carrière professionnelle simultanément »</p>
</blockquote>



<p><strong>Avancées ou inégalités?</strong></p>



<p><br>La PWHPA se charge maintenant de protéger et d’assurer les droits des joueuses de la LPHF, et vise à offrir une alternative plus durable et stable aux deux ligues dissoutes. Le syndicat garantit notamment des salaires plus élevés et stables. En effet, la CWHL qui était exclusivement financée par des donateurs privés, versait à ses joueuses des salaires entre 2 000 et 10 000 dollars canadiens par année. La FPH, pour sa part, était la première ligue de hockey féminine à verser à ses joueuses un salaire raisonnable. Pour la saison 2015–2016, la ligue avait fixé un salaire minimum de 10 000 dollars canadiens, et un plafond de 270 000 dollars canadiens par quipe. En 2016–2017, ce salaire a été divisé par deux en raison de restrictions budgétaires, mais a drastiquement remonté en 2023 avec l’établissement d’un plafond de 1,5 million de dollars par équipe, une hausse de salaire historique dans le hockey féminin. Quant à elle, la LPHF offre à ses joueuses un salaire minimum d’au moins 47 000 dollars canadiens par an, et exige qu’un maximum de neuf joueuses par équipe toucheront ce salaire minimum. Les joueuses les plus payées pourraient toucher plus de 109 000<br>dollars canadiens, bien que les salaires spécifiques ne soient pas publiés. Ce nouveau salaire permettrait aux joueuses de se concentrer sur leur carrière sportive, sans avoir à compléter leur revenu avec des emplois externes. </p>



<p>Plusieurs droits qui n’étaient pas garantis par les ligues précédant la LPHF sont maintenant offerts aux joueuses de la nouvelle ligue, notamment une assurance santé stable, un plan de retraite, des bonus et des congés de maternité. Ces derniers permettent notamment aux hockeyeuses d’avoir des enfants et une carrière professionnelle simultanément, servant à déstigmatiser la grossesse chez les athlètes.</p>



<p>Il est cependant important de noter que les inégalités perdurent, et que comparativement à leur homologue masculin, la Ligue nationale de hockey (LNH), les salaires des joueuses restent insuffisants. Le salaire débutant pour un joueur de la LNH est de plus d’un million de dollars canadiens, comparé au salaire minimum auquel plusieurs joueuses de la LPHF touchent. De plus, la couverture médiatique limitée du hockey féminin, tout comme la quantité minimale d’investissements dans les équipes de la LPHF font contraste à l’envergure du hockey masculin. Ces différences entre la LNH et la LPHF témoignent des inégalités systémiques qui continuent d’affecter les sportives de carrière. Il reste de l’espace pour les avancées féministes dans le hockey professionnel.</p>
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		<title>« Plus jamais de soeurs volées »</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/28/plus-jamais-de-soeurs-volees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Béatrice Poirier-Pouliot]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 28 Feb 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[féminicides]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=55059</guid>

					<description><![CDATA[<p>Hausse alarmante du nombre de féminicides au Québec en 2024.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">La tranquillité de la petite municipalité de Saint-Basile-le-Grand a été violemment interrompue pendant la nuit du 19 février dernier, <a href="https://www.ledevoir.com/societe/justice/807469/femme-51-meurt-saint-basile-grand-homme-arrete" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">lorsqu’un homme a attaqué sa conjointe avec une arme blanche</a>. Les événements sont survenus aux alentours de 23h30 dans une maison familiale de la rue Ménard. Les deux enfants de la victime, présents dans la demeure au moment des faits, se sont empressés d’appeler les secours. La femme a été retrouvée grièvement blessée et transportée à l’hôpital, où son décès a été constaté. L’homme de 53 ans a été placé en détention, accusé de meurtre au deuxième degré de sa conjointe, dont l’<a href="https://oeilregional.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">identité est protégée par une ordonnance de non-publication</a>. Cet incident marque le quatrième féminicide enregistré en seulement une semaine dans la province québécoise. En comparaison, l’année 2023 comptabilisait sept cas au total, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2050420/meurtre-saint-basile-le-grand-femme-51-ans" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">selon le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale.</a></p>



<p><strong>Un bilan inquiétant</strong></p>



<p>Le terme « féminicide » est souvent limité aux meurtres conjugaux. Pourtant, la violence contre les femmes dépasse les frontières du foyer conjugal. En effet, la définition de féminicide s’étend à n’importe quel meurtre<br>d’une femme en raison de son sexe. Bien que les meurtres de femmes soient fréquemment perpétrés par des partenaires conjugaux, ils peuvent aussi être commis par d’autres membres de la famille, des étrangers, voire par des agents de l’État. Réduire le féminicide à des meurtres conjugaux invisibilise d’autres réalités de violence.</p>



<p>L’année 2024 a débuté avec <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2024-01-06/feminicide-presume/une-femme-de-29-ans-victime-de-meurtre-a-granby-son-conjoint-accuse.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un féminicide dans la région de Granby, en Estrie</a>, où Chloé Lauzon-Rivard, jeune femme de 29 ans, a été retrouvée morte dans son appartement. Son conjoint a été appréhendé par la police le 5 janvier, et depuis, a été formellement accusé de meurtre au deuxième degré. Le suspect avait de nombreux antécédents judiciaires, dont des menaces et voies de faits à l’égard d’une ex-conjointe, en 2021. À cette première tragédie, d’autres viennent bientôt s’ajouter. Le 26 janvier, à Pointe-aux-Trembles, <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2024-01-30/feminicide-presume-a-pointe-aux-trembles/la-violence-conjugale-ca-ne-commence-pas-par-20-coups-de-couteau.php" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le corps sans vie de Narjess Ben Yedder</a>, femme de 32 ans, est découvert dans son appartement par les autorités policières. Elle était alors enceinte de huit semaines. Les tentatives de réanimation se sont avérées vaines et le décès a été constaté sur les lieux. C’est le mari de la jeune femme qui, après l’avoir poignardée plus de vingt fois, aurait contacté les services d’urgence. L’homme de 42 ans est arrêté le matin même et comparait en soirée devant le Palais de justice de Montréal pour un chef d’accusation de meurtre au deuxième degré.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Réduire le féminicide à des meurtres conjugaux invisibilise d’autres réalités de violence »</p>
</blockquote>



<p>Le bilan s’alourdit le 12 février, lorsque la Sûreté du Québec a découvert les corps de Jean-Guy Forest, 82 ans, et celui de sa femme, Lorraine Marsolais, 80 ans, dans la maison de retraite l’Épiphanie, au cœur de la région de Lanaudière. <a href="https://www.journaldemontreal.com/2024/02/12/deux-morts-suspectes-a-lepiphanie" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Féminicide présumé</a>, le meurtre de Mme Marsolais aurait été perpétré par son propre conjoint, avant qu’il s’enlève la vie avec une arme à feu.</p>



<p>Seulement trois jours plus tard, soit le 15 février, <a href="https://www.ledevoir.com/societe/807366/homme-accuse-deux-meurtres-agressions-couteau-vaudreuil-dorion" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">un drame survient dans un immeuble résidentiel situé à Vaudreuil-Dorion</a>. Fabio Puglisi attaque sa mère à coups de couteau, avant de s’en prendre à deux voisines. La mère, ainsi que la voisine de 53 ans, Manon Blanchard, ne survivent pas à leurs blessures. La troisième victime, Nighat Imtiaz, septuagénaire, est transportée à l’hôpital, où son état se stabilise. Puglisi, 44 ans, est accusé de meurtres au deuxième degré et de tentative de meurtre. Le tribunal ordonne son internement dans un hôpital psychiatrique pour une durée de 30 jours avant sa comparution. En effet, le suspect a de longs antécédents de maladie mentale. Il est d’ailleurs jugé non criminellement responsable pour des infractions préalables en 2012 et 2020 en raison de ses troubles de santé mentale.</p>



<p><strong>Victimes invisibles</strong></p>



<p>Dans le paysage des féminicides, les voix des femmes autochtones restent souvent étouffées. Deux récents drames dans le Nord-du-Québec révèlent l’ampleur de cette injustice. Au printemps dernier,<a href="https://www.ledevoir.com/societe/justice/798154/deux-feminicides-autochtones-nord-passes-sous-radar-ce-printemps" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer"> deux  femmes autochtones ont été victimes de féminicides</a> commis par leur conjoint, des tragédies passées inaperçues. Ce n’est qu’en septembre que les médias relaient l’information. Stephanie Kitchen, résidant à Wemindji, aurait été tuée le 24 mars par son conjoint, qui a depuis été inculpé de meurtre. À Inukjuak, Raingi Tukai, 38 ans, est portée disparue au début du mois de mai et retrouvée morte peu de temps après. Son partenaire a été arrêté dans le cadre de l’enquête. Ces cas tragiques, qui auraient pu être des alertes pour une action préventive, ont été ignorés, relégués à l’ombre des statistiques officielles.</p>



<p>Les récents féminicides enregistrés au Québec, dont le tragique événement survenu à Saint-Basile-le-Grand, soulignent une tendance alarmante de violence conjugale contre les femmes. Cependant, ces tragédies ne capturent qu’une partie du problème ; les données révèlent une triste réalité : les femmes autochtones sont 12 fois plus susceptibles d’être tuées par leur conjoint, et près de 20 % des victimes de meurtre par des hommes sont autochtones. En effet, les femmes autochtones représentent près de 36 % des victimes de féminicides, malgré le fait qu’elles ne constituent que 5 % de la population, selon <a href="https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/1969528/violence-meurtre-enffada-rapport" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le dernier rapport de l’Observatoire canadien du féminicide pour la justice et la responsabilité (OCFJR)</a>. Ces cas sont largement ignorés dans les médias, ce qui soulève des questions sur l’attention insuffisante portée aux femmes autochtones dans les discussions sur la violence conjugale et la nécessité d’une sensibilisation accrue sur cette question.</p>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">«&nbsp;Le féminicide ne peut être réduit à des statistiques ou à des cas isolés – il s’agit d’une manifestation de la misogynie systémique et de l’inégalité profondément enracinée »</p>
</blockquote>



<p><strong>L’urgence d’agir</strong></p>



<p>Le 14 février dernier, plusieurs manifestants ont pris d’assaut les rues de Montréal pour <a href="https://www.noovo.info/nouvelle/nous-essayons-dobtenir-justice-une-marche-a-montreal-pour-les-femmes-et-les-filles-autochtones-assassinees-et-disparues.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">réclamer justice</a> pour les femmes, filles et personnes bispirituelles autochtones disparues et assassinées. Rassemblés sous le signe du <a href="https://ffamfr.squarespace.com/fr/projetiskweu" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">projet Iskweu</a> – initiative du Foyer pour femmes autochtones de Montréal – les organisateurs et les participants ont mis en avant les noms et visages des victimes, rappelant ainsi la réalité terrible de ces pertes et la nécessité de lutter sans répit contre la violence à l’égard des femmes autochtones. Sur les pancartes brandies, nous pouvions lire «&nbsp;Plus jamais de soeurs volées ». Bien que <a href="https://www.rcaanc-cirnac.gc.ca/fra/1448633299414/1534526479029" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">l’enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées</a> ait mené à plusieurs appels à l’action, les militants considèrent que peu de progrès ont été réalisés. L’Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) déplore la réponse inadéquate du gouvernement face à cette crise persistante, affirmant que le plan d’action et les paroles du gouvernement fédéral doivent être accompagnés d’actions concrètes pour mettre fin à cette violence endémique. Le 22 février dernier, Les Voix féministes de Charlevoix ont organisé <a href="https://www.lecharlevoisien.com/2024/02/22/une-3e-sortie-contre-les-feminicides-en-trois-semaines/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">deux rassemblements</a> pour dénoncer les trois féminicides survenus au Québec en une semaine seulement. Les organisations locales, notamment la Maison La Montée, <a href="https://calacscharlevoix.com/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">le CALACS</a> de Charlevoix, le Centre des femmes de Charlevoix et le Centre-Femmes aux Plurielles, ont uni leurs voix pour briser le silence et exiger que le gouvernement fasse de la lutte contre la violence faite aux femmes et aux enfants une priorité.</p>



<p><strong>Briser le silence</strong></p>



<p>La succession tragique de féminicides au Québec résonne comme une alarme retentissante, réclamant une action urgente et un changement systémique. Des vies brisées, des familles déchirées, des communautés endeuillées – le bilan de cette violence insensée est lourd et insupportable. Alors que les noms et les visages des victimes sont portés haut dans les rues de Montréal et de Charlevoix, le silence et l’inaction ne sont plus tolérables. Le féminicide ne peut être réduit à des statistiques ou à des cas isolés – il s’agit d’une manifestation de la misogynie systémique et de l’inégalité profondément enracinée. Nous sommes confrontés à une crise qui exige une réponse collective, un changement culturel et politique radical. Les voix des victimes, souvent étouffées par le silence et l’oubli, réclament justice et reconnaissance. « Plus jamais de sœurs volées » est un cri de ralliement qui doit être<br>entendu et honoré alors que nous nous engageons à construire un avenir où chaque femme et fille peut vivre sans crainte, en sécurité et avec dignité.</p>
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		<title>Un indépendantisme solidaire</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2024/02/21/un-independantisme-solidaire/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Ysandre Beaulieu]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 21 Feb 2024 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Non classé]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[politique québécoise]]></category>
		<category><![CDATA[Québec Solidaire]]></category>
		<category><![CDATA[Souveraineté]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=54932</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une nouvelle campagne de Québec Solidaire promeut la souveraineté auprès des jeunes.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le 9 février dernier, Québec Solidaire, parti politique de gauche dirigé par les co-porte-paroles Gabriel Nadeau-Dubois et Émilise Lessard-Therrien, <a href="https://quebecsolidaire.net/nouvelle/quebec-solidaire-lance-une-campagne-pour-rallier-les-jeunes-au-projet-independantiste" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a annoncé une campagne</a> destinée à rallier les jeunes au projet indépendantiste québécois.</p>



<p><strong>De nouveaux arguments</strong></p>



<p>Le projet proposé consiste en quatre étapes. Il demande l’élection d’un gouvernement solidaire, la création d’une assemblée représentative de la société québécoise, le développement d’une constitution à l’image de l’opinion et des inquiétudes du peuple québécois, et finalement, la déclaration de l’indépendance de ce nouveau pays.</p>



<p>La campagne établit un nouveau visage à l’argument souverainiste. En effet, l’idéologie est souvent associée à une <a href="https://www.erudit.org/fr/revues/ncs/2020-n24-ncs05486/94037ac.pdf" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">vision anti-immigration</a> tenue par une tranche de la population âgée qui avait l’âge de voter lors des deux premiers référendums sur l’indépendance du Québec en <a href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/referendum-du-quebec-1980" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1980</a> et en <a href="https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/referendum-du-quebec-1995" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">1995</a>. Lors d’une entrevue avec Radio-Canada, Ruba Ghazal, députée solidaire à la tête de cette nouvelle campagne, explique vouloir avancer une vision plus progressiste de la souveraineté. En effet, celle-ci met en lumière des enjeux <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/800107/candidates-co-chefferie-solidaire-ne-veulent-pas-nationalisme-exclusif?" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">précédemment exclus du discours indépendantiste</a>, tels que l’importance des <a href="https://www.nouveauquebec.info" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">relations de nation-à-nation</a> avec les populations autochtones en territoire québécois.</p>



<p><strong>Attrait auprès d’un jeune public</strong></p>



<p>La campagne lancée cible un public jeune, auprès duquel le projet indépendantiste semble présentement avoir moins d’attrait. La nouvelle génération n’a pas vécu la période des référendums, et est <a href="https://lactualite.com/politique/souverainete-les-jeunes-nont-pas-suivi-leurs-parents/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">moins préoccupée</a> par l’idée d’un Québec indépendant. Éric Bélanger, professeur en sciences politiques à l’université McGill écrit au <em>Délit</em> : « Il est certain que ce projet a le potentiel de devenir attrayant s’il est arrimé de manière convaincante aux<br>préoccupations (notamment environnementales) de la jeune génération actuelle. » C’est ce que Québec Solidaire tente, en notant dans leur <a href="https://www.nouveauquebec.info" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plan</a> qu’un Québec indépendant serait libre de passer des lois plus progressistes sur l’environnement, qui seraient autrement contraintes par la séparation constitutionnelle des juridictions. Bien que la vision avancée soit importante au succès d’un mouvement pro-souverainiste, l’attention doit être aussi portée au contexte socio-politique. Le professeur Bélanger explique que « le meilleur catalyseur d’appui pour le projet souverainiste au Québec a toujours été un sentiment de colère ou d’indignation vis-à-vis des autres partenaires canadiens ». Il poursuit qu’une telle crise n’est pas en vue. En effet, les autorités fédérales gèrent avec prudence leurs relations avec le Québec depuis la période des référendums en 1980 et en 1995. Le gouvernement fédéral<br>n’a rien à gagner de l’indignation des Québécois, et ceci se reflète dans sa politique qui a donné naissance à un <a href="https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/systeme-soins-sante/prestations-systeme-soins-sante/collaboration-federale-provinciale-territoriale/rencontre-premiers-ministres-soins-sante/federalisme-asymetrique-respecte-competences-quebec.html" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">fédéralisme asymétrique</a>, c’est-à-dire un fédéralisme adapté aux spécificités du Québec.</p>



<p>Éric Bélanger note cependant la possibilité de points de friction importants entre le gouvernement québécois et le gouvernement fédéral. Il identifie notamment la potentielle décision de la Cour Suprême du Canada sur la constitutionnalité de la <a href="https://www.quebec.ca/gouvernement/politiques-orientations/laicite-etat/a-propos-loi-laicite" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">Loi 21</a>. Cette loi sur la laïcité, pour laquelle le gouvernement caquiste de François Legault<br><a href="https://www.ledroit.com/actualites/politique/2024/02/08/loi-21-quebec-veut-renouveler-la-clause-derogatoire-pour-preserver-la-paix-sociale-FWPE6PJMYBHR5J3QD2V2NFH6YA/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">a invoqué la clause nonobstant</a>, fait polémique depuis son adoption en 2019. Le prononcement d’un jugement défavorable à la Loi 21 par la Cour « pourrait offrir un potentiel de choquer plusieurs Québécois ». En effet, cette loi, parfois perçue comme <a href="https://www.ledevoir.com/opinion/libre-opinion/696033/libre-opinion-la-loi-sur-la-laicite-de-l-etat-marque-un-progres-pour-la-societe?#" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">renfort du caractère distinctement laïque de la province</a>, pourrait être source de tension entre le Québec et le Canada si la Cour Suprême émettait un jugement défavorable à l’opinion québécoise.</p>



<p><strong>Pourquoi maintenant?</strong></p>



<p>Québec Solidaire, affirme le professeur Bélanger, « cherche à réagir à la montée en popularité du Parti Québécois, et donc à ne pas laisser ce parti occuper seul toute la place concernant le projet de souveraineté ». En effet, le Parti Québécois <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2024-02-06/sondage-leger/le-parti-quebecois-conforte-son-avance.php#:~:text=Hausse%20de%20la%20popularité%20du,27%20%25%20pour%20le%20PQ.%20»" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">gagne rapidement en popularité</a>, surtout auprès du jeune électorat : en décembre 2023, 40% des jeunes disaient voter pour Québec Solidaire, et 23% pour le Parti Québécois, contre 36% et 27% en février 2024, respectivement, selon un sondage publié par la firme Léger.</p>



<p>La décision de lancer cette campagne n’est pas exclusivement stratégique. Elle est également fondée dans une réelle conviction idéologique au sein de Québec Solidaire que l’indépendance du Québec est un projet fondamental pour la province. Comme Bélanger le fait remarquer, Émilise Lessard-Therrien, nouvelle co-porte-parole du parti depuis juin 2023, adhère ouvertement au souverainisme depuis longtemps. Bélanger explique que cette croyance tenue par plusieurs membres influents du parti se traduit en « une croyance que les jeunes Québécois peuvent se laisser convaincre du bien fondé et de la nécessité du projet ». Toutefois, il note qu’il est trop tôt pour déterminer si l’idée gagnera de la traction au sein de cette tranche de la population.</p>



<p><strong>Et l’opinion étudiante?</strong></p>



<p>Bien qu’il soit trop tôt pour déterminer la popularité du projet indépendantiste Solidaire, <em>Le Délit </em>a discuté avec trois jeunes québécois·e·s (18–34 ans), Marianna, Alex* et Jess, pour mieux comprendre ce qui les attire dans la souveraineté québécoise, mais aussi leur réticence à s’embarquer dans un tel projet.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« Le meilleur catalyseur d’appui pour le projet souverainiste au Québec a toujours été un sentiment de colère ou d’indignation vis-à-vis des autres partenaires canadiens »</p>
<cite>Professeur Éric Bélanger</cite></blockquote>



<p>Marianna explique que pour elle-même et son entourage, l’enjeu d’indépendance n’est pas la priorité, surtout pour les jeunes issus de familles immigrantes. « Nos inquiétudes ne sont pas basées autour de l’indépendance<br>du Québec. » Elle poursuit : « le Québec pourrait peut-être faire mieux sur le plan international s’il était indépendant, donc je pense que le projet a de la légitimité, et c’est certainement plus facile d’accrocher les jeunes avec leur vision [celle de Québec Solidaire, <em>ndlr</em>] <a href="https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/altermondialisme/" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">altermondialiste</a> [une pratique qui favorise une économie sociale et mieux répartie, <em>ndlr</em>] ».</p>



<p>Toutefois, des enjeux identitaires trompent l’attrait de cette vision pour Marianna. Elle clarifie que « les communautés immigrantes n’ont pas vraiment de sentiment d’appartenance au Québec, et s’associent plus au Canada qu’au Québec. Il faudrait promouvoir une identité québécoise qui est plus inclusive ». Elle illustre la nécessité d’un projet d’indépendance qui rallie les québécois·e·s de toutes les origines, et conclut : « Je ne me sentirais pas représentée dans un Québec qui ne fait plus partie du Canada. »</p>



<p>Alex trouve la proposition solidaire plus attirante. Iel adhère particulièrement à l’idée d’un Québec plus progressiste, qui n’est pas restreint par le reste du Canada, notamment sur des enjeux environnementaux.<br>Iel ajoute : « J’ai plus d’attachement au Québec, à sa culture et son histoire qu’au Canada. Je parle de la<br>culture québécoise au sens large, qui inclut les communautés immigrantes. Je pense que c’est important aussi qu’il y ait une valorisation de cette culture québécoise, et l’indépendance aiderait cela. »</p>



<p>L’indépendance, néanmoins, ne peut pas être obtenue coûte que coûte, selon Alex. « Il y a certaines choses que nous ne pouvons pas sacrifier ou compromettre, comme la place égale des nations autochtones ou des immigrant·e·s dans un Québec indépendant », conclut-iel.</p>



<p>Alex note également une dimension géographique à considérer avec l’approche de Québec Solidaire. « Ayant grandi en campagne avec des Québécois qui étaient tous blancs et francophones, je n’avais pas vraiment de sensibilité aux enjeux des communautés autochtones. Je ne sais pas si les arguments de Québec Solidaire sur l’importance d’inclure les nations autochtones dans le processus vont nécessairement rejoindre les jeunes qui ne sont pas sensibilisés à ces situations. »</p>



<p>Jess, pour sa part, exprime de l’ambiguïté. « Je n’ai pas d’opinion fondée. Au niveau identitaire, je m’associe plus au Québec qu’au Canada, mais le Canada fait quand même partie de mon identité. » Jess explique douter de l’approche de Québec Solidaire vis-à-vis ses relations avec les peuples autochtones, et de l’argument environnemental. En référence au <a href="https://www.nouveauquebec.info" data-wpel-link="external" target="_blank" rel="external noopener noreferrer">plan</a> mis en ligne par le parti, iel explique qu’au vu de la manière dont il est<br>présenté, « Québec Solidaire met le blâme sur le reste du Canada pour les problèmes environnementaux, alors que c’est un enjeu collectif ». Iel continue : « Ils disent trouver important de centrer les expériences des personnes autochtones, mais ils n’en parlent qu’à la fin. Est-ce l’indépendance d’abord et les peuples autochtones ensuite, ou les peuples autochtones d’abord et ensuite l’indépendance? »</p>



<p><br>*Nom fictif </p>
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		<title>Mieux protéger l’« or bleu» du Québec</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2023/02/08/mieux-proteger-lor-bleu-du-quebec/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Hugo Vitrac]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Feb 2023 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[caq]]></category>
		<category><![CDATA[eau]]></category>
		<category><![CDATA[protection]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=50742</guid>

					<description><![CDATA[<p>La CAQ va déposer un projet de loi pour la protection de l’eau.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p>Le 23 août dernier, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait annoncé son intention de lancer un fonds de 650 millions de dollars pour la protection de l’eau si elle était élue pour un nouveau mandat de quatre ans. François Legault, premier ministre du Québec, avait renouvelé sa promesse de créer le « Fonds Bleu » le 15 décembre dernier lors de la COP15. Le projet de loi devrait être <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1952159/nouveau-projet-loi-eau-quebec-legault?depuisRecherche=true" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">déposé début février 2023.</a></p>



<p><strong>« Au cours des ans, on a peut-être un peu trop tenu cette richesse-là pour acquise »&nbsp;&nbsp;</strong></p>



<p>Alors en campagne pour un nouveau mandat, François Legault, chef de la CAQ, avait promis de créer un fonds de 650 millions de dollars sur quatre ans s’il était réélu. Ce « Fonds Bleu » devrait servir à accroître le financement de mesures existantes et à lancer de nouvelles initiatives pour la protection de l’« <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/page?tx_news_pi1%5Bnews%5D=44825&amp;cHash=e52b6dbb23f90460406648869e1a6c6d" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">or bleu</a> » du Québec, selon les mots du premier ministre. Ce projet serait <a href="https://coalitionavenirquebec.org/wp-content/uploads/2022/08/220823-fiche-media-fonds-bleu-vf.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">financé</a> en partie par une augmentation des redevances des industries utilisant l’eau du Québec. Ces dernières, inchangées depuis 2011, sont fixées à 0,0025$ par mètre cube d’eau, sauf pour certaines activités comme l’embouteillage, chargée 0,07$ par mètre cube d’eau. Lors de sa déclaration, le 23 août dernier, François Legault <a href="https://coalitionavenirquebec.org/fr/blog/2022/08/23/creation-du-fonds-bleu-pour-proteger-nos-lacs-et-nos-rivieres/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait avancé</a> : « Au cours des ans, on a peut-être un peu trop tenu cette richesse-là pour acquise (l’eau douce, <em>ndlr</em>) », identifiant sa protection comme une « priorité ».&nbsp;</p>



<p><a href="https://www.lapresse.ca/elections-quebecoises/resultats-2022" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Réélu</a> en octobre dernier pour un nouveau mandat de quatre ans, François Legault avait renouvelé sa promesse de campagne lors de la COP15 qui s’est tenue à Montréal du 8 au 19 décembre dernier. Au cours de la COP15, le 15 décembre dernier, le premier ministre québécois <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/page?tx_news_pi1%5Bnews%5D=44825&amp;cHash=e52b6dbb23f90460406648869e1a6c6d" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">s’était engagé</a> à protéger l’« or bleu » du Québec en déposant son projet de loi sur la protection de l’eau début février, afin de « faire payer […] la vraie valeur de l’eau ». Suivant les déclarations de François Legault, le cabinet du premier ministre <a href="https://www.newswire.ca/fr/news-releases/la-15e-conference-des-parties-cop15-le-premier-ministre-du-quebec-s-engage-a-mieux-proteger-l-or-bleu-du-quebec-883552672.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait qualifié</a> le statu quo des redevances pour les prélèvements d’eau d’inacceptable, rappelant qu’en 2021, le Québec avait reçu moins de 3 millions d’euros pour 811 milliards de litres d’eau douce prélevés.&nbsp;</p>



<p>L’an dernier, Benoit Charette, ministre québécois de l’Environnement et de la Lutte contre le réchauffement climatique, avait présenté <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/720495/le-ministre-charette-s-engage-a-revoir-la-taxe-sur-l-eau-sans-dire-de-combien?utm_source=recirculation&amp;utm_medium=hyperlien&amp;utm_campaign=corps_texte" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">le projet de loi 42</a> « visant principalement à s’assurer de la révision des redevances exigibles pour l’utilisation de l’eau », qui n’a pas été adopté par manque de temps. Dans <a href="https://www.ledevoir.com/politique/quebec/778407/benoit-charette-veut-augmenter-significativement-et-rapidement-le-prix-de-l-eau" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un entretien avec <em>Le Devoir</em></a>, ce dernier avait déclaré au sujet du nouveau projet de loi : « À rebours, je dirais que c’est une bonne chose qu’on n’ait pas adopté le premier projet de loi, parce qu’on arrive avec quelque chose de passablement plus costaud et étoffé. »</p>



<p><strong>Face à l’abondance, le manque de protection</strong>&nbsp;</p>



<p>En 2008, un rapport d’Environnement Canada <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/environnement/200809/08/01-667510-les-reserves-deau-douce-du-canada-pourraient-sepuiser.php" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">révélait</a> qu’« un plan de prévision nationale sur la disponibilité en eau au pays n’a jamais été élaboré parce que, traditionnellement, nous considérions que notre utilisation de la ressources était illimitée ». Face à l’abondance de leurs réserves d’eau douce, le Canada et ses provinces n’ont été que récemment confrontés au problème de leur épuisement.&nbsp;</p>



<p>Ce retard accusé par le Canada dans la protection de l’eau se retrouve aussi au niveau provincial, <a href="https://journalmetro.com/actualites/montreal/2967532/cop15-quebec-deposera-un-projet-de-loi-sur-la-protection-de-leau/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">comme le note</a> Benoit Charette dans un entretien donné au journal <em>Métro</em> sur le « Fonds Bleu » le 15 décembre dernier : « C’est d’abord et avant tout un objectif de rattraper un retard qui s’est malheureusement creusé depuis des années. Au Québec, dans bien des cas, elles (les régulations sur la protection de l’eau, <em>ndlr</em>) sont nettement plus basses que ce qu’on peut retrouver du côté de nos États voisins. » En effet, les redevances pour les prélèvements d’eau au Québec sont <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1952159/nouveau-projet-loi-eau-quebec-legault?depuisRecherche=true" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">bien en deçà</a> des niveaux de pays européens ou même de provinces voisines comme l’Ontario, où ces dernières sont fixées à 0,503$ par mètre cube.&nbsp;&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p>« À rebours, je dirais que c’est une bonne chose qu’on n’ait pas adopté le premier projet de loi, parce qu’on arrive avec quelque chose de passablement plus costaud et étoffé&nbsp;»</p>
<cite>Benoit Charette</cite></blockquote>



<p>Un premier pas majeur vers la protection de l’eau avait été réalisé en 2009 avec l’adoption de la <a href="https://www.assnat.qc.ca/Media/Process.aspx?MediaId=ANQ.Vigie.Bll.DocumentGenerique_10141&amp;process=Default&amp;token=ZyMoxNwUn8ikQ+TRKYwPCjWrKwg+vIv9rjij7p3xLGTZDmLVSmJLoqe/vG7/YWzz" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">loi 92</a> reconnaissant l’eau comme une « ressource collective », faisant partie du « patrimoine commun de la nation québécoise ». Cette loi reconnaissait l’État comme « gardien » de cette ressource commune, responsable d’« investir des pouvoirs nécessaires pour en assurer la protection et la gestion ».</p>



<p>Avec la loi 92, la nation québécoise est ainsi propriétaire et gardienne de <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/page?tx_news_pi1%5Bnews%5D=44825&amp;cHash=e52b6dbb23f90460406648869e1a6c6d" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">3%</a> des réserves d’eau douce mondiale, une ressource précieuse et menacée. En effet, alors qu’à l’instar de l’Europe, le Québec est à son tour frappé par des sécheresses estivales récurrentes, un <a href="https://changingclimate.ca/site/assets/uploads/sites/4/2020/11/QC_CHAPITRE_FR_v7.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">rapport</a> du groupe <em>Oranos</em> publié en 2022 prévient que l’inaction face à la question de l’eau met à risque la santé des Québécois et les ressources naturelles du Québec en général.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="has-text-align-center">« On a le devoir de préserver ce que nos prédécesseurs nous ont laissé »</p>
<cite>François Legault</cite></blockquote>



<p><strong>« Le Québec répond présent »</strong></p>



<p>Devant les délégations du monde entier réunies à Montréal à l’occasion de la COP15, François Legault <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/page?tx_news_pi1%5Bnews%5D=44825&amp;cHash=e52b6dbb23f90460406648869e1a6c6d" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">avait déclaré</a> que « le Québec répond présent » aux appels à agir pour la biodiversité. Le premier ministre québécois s’était alors engagé pour la protection de l’« or bleu », <a href="https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/page?tx_news_pi1%5Bnews%5D=44825&amp;cHash=e52b6dbb23f90460406648869e1a6c6d" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">affirmant</a> : « On a le devoir de préserver ce que nos prédécesseurs nous ont laissé. Moralement, on ne peut pas laisser aux prochaines générations la responsabilité de corriger nos erreurs.<strong>&nbsp;</strong>»</p>



<p>Cette responsabilité endossée par le gouvernement se traduit aussi par un engagement en faveur de <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1952159/nouveau-projet-loi-eau-quebec-legault?depuisRecherche=true" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">la transparence</a>, élément clé de la loi sur la protection de l’eau qui devrait bientôt être déposée. Le projet de loi reviendrait sur une décision de la Cour du Québec rendue en mai dernier allant dans le sens du secret commercial face à une requête du Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) et d’Eau Secours, engagés dans <a href="https://eausecours.org/annonce-dun-projet-de-loi-sur-leau-redevance-doit-rimer-avec-transparence/" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une bataille juridique</a> depuis 2018 pour rendre publique les données sur les prélèvements d’eau des embouteilleurs. Dans un entretien à <em>Radio-Canada</em>, Marc Bishai, avocat du CQDE, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1952159/nouveau-projet-loi-eau-quebec-legault?depuisRecherche=true" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">s’est montré optimiste</a> vis-à-vis du « Fonds Bleu » : « Je doute que cette fois le lobby des eaux en bouteille puisse faire reculer le gouvernement. » Le projet de loi du gouvernement viendrait mettre un terme à un <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1952159/nouveau-projet-loi-eau-quebec-legault?depuisRecherche=true" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">statu quo de 10 ans</a> sur les redevances d’eau des entreprises.&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2023/02/08/mieux-proteger-lor-bleu-du-quebec/" data-wpel-link="internal">Mieux protéger l’« or bleu» du Québec</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Loi 21: Une perspective féministe intersectionnelle à la Cour d’appel</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/loi-21-une-perspective-feministe-intersectionnelle-a-la-cour-dappel/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Alexia Leclerc]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Nov 2022 12:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[droit]]></category>
		<category><![CDATA[féministe]]></category>
		<category><![CDATA[loi 21]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49907</guid>

					<description><![CDATA[<p>Deux organisations féministes conjuguent leurs forces pour prouver l’invalidité de la Loi 21.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/loi-21-une-perspective-feministe-intersectionnelle-a-la-cour-dappel/" data-wpel-link="internal">Loi 21: Une perspective féministe intersectionnelle à la Cour d’appel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Le mardi 8 novembre dernier, les représentant·e·s de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) et du Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes (FAEJ) ont été entendu·e·s à la Cour d’appel dans le cadre de l’affaire <em>Hak c. Procureur général du Québec </em>(Hak). L’objectif de leur démarche est de faire reconnaître que la Loi sur la laïcité de l’État (Loi 21) est inconstitutionnelle, puisqu’elle «porte atteinte au droit fondamental d’égalité des genres prévu à l’article 28 de la Charte canadienne des droits et libertés», peut-on lire dans le communiqué transmis au <em>Délit </em>par le FAEJ et la FFQ.</p>



<p><strong>Le contexte de la contestation</strong></p>



<p>La Loi 21, adoptée en 2019, empêche les personnes qui portent des signes religieux visibles d’exercer certaines fonctions publiques. La Loi fait appel notamment à la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés (Charte canadienne), qui permet aux gouvernements de déroger à certains droits et libertés, comme la liberté de religion ou le droit à l’égalité, pour une durée renouvelable maximale de cinq ans.</p>



<p>Même si la loi vise théoriquement tous les signes religieux, Mme Nathalie Léger, membre du FAEJ et porte-parole de la démarche conjointe, précise que, concrètement, elle affecte surtout les femmes musulmanes qui portent le voile et qui veulent être enseignantes. La Loi a été <a href="https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2019-06-17/laicite-une-etudiante-depose-sa-poursuite-contre-quebec" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">contestée</a> en 2019 par plusieurs parties, dont Mme Ichrak Nourel Hak, une étudiante en enseignement qui porte le hijab. En 2021, le juge Marc-André Blanchard de la Cour supérieure <a href="https://canlii.ca/t/jff8f" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a conclu</a> au terme du procès que la Loi 21 violait les articles 3 et 23 de la Charte canadienne, qui protègent respectivement le droit à l’éligibilité aux élections législatives provinciales et les droits des minorités linguistiques. En vertu de ce jugement de première instance, la Loi 21 ne s’appliquerait donc pas aux candidat·e·s aux élections ni aux enseignant·e·s dans les commissions scolaires anglophones. Concernant l’argument fondé sur l’article 28 de la Charte canadienne, qui prévoit que les droits et libertés de cette Charte sont garantis également aux personnes des deux sexes (indépendamment des autres dispositions) le juge Blanchard a conclu que cet article ne peut servir à invalider des dispositions législatives, ayant seulement une portée interprétative, contrairement à l’article 15 qui prévoit le droit à l’égalité. La décision du juge Blanchard a été portée en appel.</p>



<p><strong>Une alliance féministe intersectionnelle</strong></p>



<p>Nathalie Léger explique au <em>Délit </em>que le FAEJ et la FFQ ont décidé de collaborer pour combiner leurs expertises respectives en vue de déposer un mémoire à la Cour d’appel dans le cadre de la contestation de la Loi 21. D’une part, le FAEJ détient une expertise juridique féministe pancanadienne, tandis que la FFQ détient une expertise de terrain en contexte québécois, lui permettant ainsi d’avoir une connaissance fine des enjeux en question dans le cadre de cette action légale. «On trouvait que c’était une alliance qui était porteuse pour les deux [organisations]», affirme-t-elle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«Si l’on confère à cet article la portée défendue par la FFQ et le FAEJ, cela mènerait logiquement à la conclusion que la Loi 21 est inconstitutionnelle»</p></blockquote>



<p>Le mandat commun de la FFQ et du FAEJ est de faire valoir le droit des femmes à l’égalité au Québec et au Canada. Ainsi, leur implication à titre d’intervenant ou «ami de la Cour», plutôt qu’en soutien à une partie a pour objectif d’éclairer la Cour sur une question précise, soit l’interprétation de l’article 28. Si l’on confère à cet article la portée défendue par la FFQ et le FAEJ, cela mènerait logiquement à la conclusion que la Loi 21 est inconstitutionnelle. Précisément, leur but est de fournir un cadre d’analyse dont la Cour pourrait s’inspirer et même adopter pour faire valoir le droit des femmes à l’égalité. «La Loi couvre beaucoup plus large que le droit des femmes à l’égalité, mais nous, ce qui nous intéresse, ce n’est pas la question de la laïcité en tant que telle. En intervenant de manière amicale, on rappelle que notre objectif central est le droit des femmes à l’égalité», affirme Nathalie Léger.</p>



<p>Le FAEJ et la FFQ ont choisi d’intervenir pour s’assurer que la Cour ait accès à une vision différente de celle qui est présentée par d’autres groupes féministes. En effet, l’intervention du FAEJ et de la FFQ a mis de l’avant une perspective féministe intersectionnelle à travers laquelle l’agentivité des femmes est reconnue. Leur vision s’oppose ainsi à des argumentaires tels que ceux présentés par d’autres groupes impliqués dans la contestation judiciaire, comme l’organisation Pour les droits des femmes du Québec, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1931308/loi-21-appel-provoque-debat-contradiction-charte" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">qui défend</a> la Loi 21 en argumentant que ce sont les religions plutôt que la Loi qui portent atteinte à l’égalité.</p>



<p><strong>L’article 28 pour invalider la Loi 21</strong></p>



<p>Le <a href="https://www.leaf.ca/wp-content/uploads/2022/04/59-9550-Argumentation-final-FFQ-FAEJ.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">mémoire</a> de la FFQ et du FAEJ, soumis au tribunal le 25 mars dernier, se fonde ainsi sur l’article 28. Le mémoire argumente que l’article 28 a une portée interprétative, mais aussi normative, en ce qu’il permettrait de déclarer une loi inconstitutionnelle. Nathalie Léger explique qu’une des raisons pour lesquelles on doit donner cette portée normative à l’article 28 est que cette disposition représente un rempart pour ne pas mettre de côté le droit à l’égalité des genres, même lorsque la clause dérogatoire est utilisée, comme c’est le cas pour la Loi 21. «Ce serait une première que l’article 28 [soit] utilisé pour invalider une loi», précise-t-elle.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La loi couvre beaucoup plus large que le droit des femmes à l’égalité, mais nous, ce qui nous intéresse, ce n’est pas la question de la laïcité en tant que telle. En intervenant de manière amicale, on rappelle que notre objectif central est le droit des femmes à l’égalité»</p><cite>Nathalie Léger</cite></blockquote>



<p>La FFQ et le FAEJ mettent également en avant une approche intersectionnelle dans l’interprétation de l’article 28. L’intersectionnalité dans le contexte juridique est définie par Nathalie Léger comme étant la reconnaissance que les motifs de discrimination (comme le fait d’être une femme et de porter le voile) sont interreliés. L’intersection des motifs produit une discrimination unique, qui ne peut se résumer à leur addition. Nathalie Léger souligne que «les femmes voilées musulmanes [ressentent] un impact plus grand [de la Loi 21] que juste des femmes ou des musulmans». Leur mémoire précise que l’approche intersectionnelle doit guider l’analyse de l’article 28. Autrement, «l’on risquerait de mettre en œuvre une protection qui n’est pas inclusive et donc incomplète, en ce qu’elle autoriserait un législateur à adopter une loi dont l’effet réel est de compromettre les droits et libertés de groupes minoritaires d’un sexe», peut-on lire dans le mémoire.</p>



<p>À la question de savoir si la Cour est outillée et ouverte pour incorporer l’intersectionnalité à son analyse, Nathalie Léger répond que l’approche intersectionnelle est difficile à intégrer dans les mœurs juridiques. Les tribunaux sont prêts à reconnaître que c’est une notion importante, mais il est rare qu’ils l’appliquent substantiellement. Elle espère que dans ce cas-ci, la Cour adoptera une telle approche, mais elle mentionne que changer le droit se fait souvent à petits pas.</p>



<p>Les audiences à la Cour d’appel ont eu lieu du 7 au 18 novembre. Selon Nathalie Léger, le dossier se rendra certainement en Cour suprême étant donné les nombreuses contestations croisées et l’importance du dossier.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/11/16/loi-21-une-perspective-feministe-intersectionnelle-a-la-cour-dappel/" data-wpel-link="internal">Loi 21: Une perspective féministe intersectionnelle à la Cour d’appel</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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		<title>Des élu·e·s refusent de prêter allégeance au roi</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/des-elu%c2%b7e%c2%b7s-refusent-de-preter-allegeance-au-roi/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Carl Cenerelli]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Oct 2022 11:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Actualité]]></category>
		<category><![CDATA[anti-monarchisme]]></category>
		<category><![CDATA[monarchisme]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Québécois]]></category>
		<category><![CDATA[Québec Solidaire]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=49479</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un antimonarchisme signé Parti québécois et Québec solidaire.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/des-elu%c2%b7e%c2%b7s-refusent-de-preter-allegeance-au-roi/" data-wpel-link="internal">Des élu·e·s refusent de prêter allégeance au roi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Lors de leur assermentation la semaine dernière, les 11 député·e·s de Québec solidaire et les trois député·e·s du Parti québécois se sont abstenu·e·s de prêter le serment d’allégeance au roi Charles III prévu par la Loi constitutionnelle de 1867.</p>



<p><span class="highlight"><mark style="background-color:rgba(0, 0, 0, 0)" class="has-inline-color has-blanc-color">.</mark></span></p>



<p>Le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, avait problématisé ce serment tout au long de sa campagne électorale, affirmant son intention de ne pas le prêter. <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1926601/serment-assemblee-nationale-deputes-parti-quebecois-pq-roi-charles-pspp-" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Pour le chef péquiste</a>, «on ne peut servir deux maîtres »; référant au peuple du Québec et au roi. Le co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Gabriel Nadeau-Dubois, a aussi souligné récemment un «grand inconfort à prêter serment au roi» dans <a href="https://twitter.com/GNadeauDubois/status/1582718203255721984" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">une lettre</a> adressée aux autres chef·fe·s de partis.</p>



<p>Pour leur part, tous·tes les élu·e·s de la Coalition avenir Québec (CAQ), dont le premier ministre François Legault, ainsi que du Parti libéral du Québec, ont prêté serment à la fois au peuple et au roi. La cheffe libérale, <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1925583/anglade-assermentation-quebec-st-pierre-plamondon-pq" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">Dominique Anglade</a>, estimait que son parti pourrait ainsi «respecter les lois et siéger le plus tôt possible».</p>



<p>Les député·e·s péquistes et solidaires sont maintenant confronté·e·s à un problème constitutionnel. Siegfried Peters, secrétaire général de l’Assemblée nationale, <a href="https://www.ledevoir.com/depeches/764847/il-faut-le-serment-au-roi-rappelle-le-secretaire-general-a-pspp" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">a rappelé à Paul St-Pierre Plamondon</a> jeudi dernier que «la prestation des deux serments est une condition préalable à l’exercice des fonctions parlementaires». Ces député·e·s ne pourraient donc pas siéger sans prêter serment au roi sous les provisions constitutionnelles actuelles.</p>



<p><strong>Un serment prévu par la Loi constitutionnelle de 1867</strong></p>



<p>Contacté par&nbsp;<em>Le Délit</em>, Dr Dave Guénette, chercheur postdoctoral de la Faculté de droit de McGill, membre de la Chaire Peter MacKell sur le fédéralisme, nous a partagé ses commentaires sur ce serment. Selon lui, le refus péquiste et solidaire de prêter le serment au roi, tout en prêtant celui au peuple du Québec, est une première. La Loi constitutionnelle de 1867 prévoit que «les membres du conseil législatif ou de l’assemblée législative d’une province devront, avant d’entrer dans l’exercice de leurs fonctions, prêter et souscrire […] le serment d’allégeance». Le serment prend alors la forme suivante: «Je, A.B., jure que je serai fidèle et porterai vraie allégeance à Sa Majesté [nom du roi ou de la reine du Royaume-Uni alors régnant]».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«On  ne peut servir deux maîtres»</p><cite>Paul St-Pierre Plamondon</cite></blockquote>



<p>Au Québec, un second serment existe depuis 1999, affirmant la loyauté de l’élu·e envers le peuple et la constitution du Québec. L’Assemblée nationale spécifie toutefois <a href="http://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/lexique/serment.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">dans son encyclopédie</a> que «le serment d’allégeance prescrit par la Loi constitutionnelle de 1867 est aussi exigé».</p>



<p>D’emblée, le Dr Dave Guénette souligne que les député·e·s prêtent serment «au Chef d’État du Canada», soit actuellement le roi Charles III, et non pas à un roi étranger. La Loi sur les titres royaux affirme en effet qu’il est roi «du Royaume-Uni, du Canada et de ses autres royaumes et territoires, chef du Commonwealth, défenseur de la Foi».</p>



<p>Le chercheur en changements constitutionnels affirme qu’il «est fort possible que la prestation [du serment] fasse partie de [la] constitution provinciale» du Québec. Ceci permettrait à l’Assemblée nationale d’unilatéralement modifier cette loi sur le serment au monarque, car elle se retrouve à la fois dans la constitution du Québec et dans la Loi constitutionnelle de 1867. Le gouvernement de la CAQ pourrait donc éventuellement modifier la constitution provinciale afin de permettre aux député·e·s péquistes et solidaires de siéger sans prêter serment au roi.</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«La prestation des deux serments est une condition préalable à l’exercice des fonctions parlementaires»</p><cite>Siegfried Peters</cite></blockquote>



<p>L’incertitude par rapport au chevauchement des deux constitutions provient du fait que celle du Québec est composée d’un ensemble de textes qui ne sont pas réunis dans une liste officielle.</p>



<p>Dr Dave Guénette précise que le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, s’est montré favorable à un tel changement et que le gouvernement caquiste <a href="https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1925583/anglade-assermentation-quebec-st-pierre-plamondon-pq" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">se dit ouvert</a> à un projet de loi mettant fin au serment à la monarchie britannique.</p>



<p><strong>Une tactique politique multinationale</strong></p>



<p>Atagün Kejanlioglu, candidat au doctorat en droit civil à McGill contacté par&nbsp;<em>Le Délit</em>, compare la situation au Québec avec le refus d’une élue kurde en Turquie de prêter le serment sous la forme prévue, remplaçant les mots «peuple turc» par «peuples de la Turquie».</p>



<p>Premièrement, Atagün Kejanlioglu, dont la recherche se concentre entre autres sur les défis populistes au constitutionnalisme, explique que le serment au peuple des représentant·e·s parlementaires «devient un champ de bataille politique» lorsque la conception du peuple de ces représentant·e·s et de la constitution est différente.</p>



<p>Deuxièmement, pour des causes indépendantistes telles que celle défendue par le PQ et QS, ce type de confrontation représente un excellent champ de bataille. Ils démontreraient bien «l’impossibilité de faire reconnaître son identité au sein du système constitutionnel existant», conclut Atagün Kejanlioglu.</p>



<p><strong>Intéressant pour les chercheur·euse·s, peu pertinent selon les étudiant·e·s</strong></p>



<p>Le refus des élu·e·s du PQ et de QS de prêter serment à la monarchie reflète le sentiment anti-monarchiste d’une majorité des Québécois·es. Un <a href="https://www.journaldemontreal.com/2022/09/10/les-quebecois-ne-veulent-rien-savoir-de-charles-iii" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">sondage Léger</a> en septembre 2022 trouvait que 66% des Québécois·es estiment qu’il faut se débarrasser de la monarchie. 51% de tous·tes les Canadien·ne·s étaient prêt·e·s à s’en séparer, selon <a href="https://www.tvanouvelles.ca/2022/04/23/les-quebecois-en-tres-grande-majorite-contre-la-monarchie-britannique" target="_blank" rel="noreferrer noopener external" data-wpel-link="external">un sondage Angus Reid</a> d’avril 2022.</p>



<p>Xavier, étudiant en droit à McGill, affirme que «ce n’est pas une institution dans laquelle [il] se reconnaît». Il souligne que le serment au roi, chef de l’église anglicane, visait initialement à exclure les personnes catholiques de la fonction publique. Le rôle, même si largement symbolique, de la monarchie dans l’édification du génocide des peuples autochtones justifie pour lui davantage une cessation de la monarchie. «Je pense qu’on est assez intelligents pour être des citoyens à part entière, même si ce n’est que symbolique», conclut-il.</p>



<p>Ce «champ de bataille» ne trouve pas appui auprès de tous les étudiant·e·s mcgillois·es. Kiana, étudiante canadienne en littérature anglaise à McGill, croit que «<em>le Canada devrait encore avoir une monarchie (tdlr)</em>», car selon elle, «<em>l’application de la monarchie constitutionnelle a été fonctionnelle</em>». Elle ajoute que, de toute façon, «<em>les personnes sont plus intéressées par la perception du monarque individuel que par l’efficacité du système en tant que tel</em>».</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«66% des Québécois·es estiment qu’il faut se débarrasser de la monarchie»</p></blockquote>



<p>Éric*, étudiant canadien en science politique, dit que cette situation «<em>n’est vraisemblablement qu’une ruse politique de QS et du PQ pour mettre la CAQ dans l’embarras (tdlr)</em>». Peu optimiste par rapport à la possibilité d’un changement constitutionnel, il déclare: «<em>Nous devrions nous concentrer sur des problèmes pertinents, tels que les soins sanitaires et le logement, plutôt que de réparer quelque chose qui n’est pas encore brisé</em>».</p>



<p>Hippolyte, étudiant français en génie civil, va même jusqu’à affirmer: «Un roi ou une reine pourrait permettre à une nation d’être plus soudée, plus unie. […] La monarchie peut être le ciment d’une nation».</p>



<p><strong>Qu’en retenir ?</strong></p>



<p>Le refus des député·e·s du PQ et de QS a réanimé la discussion autour du rôle de la monarchie au Canada et au Québec. Selon Dr Dave Guénette, l’Assemblée nationale pourrait unilatéralement modifier la constitution du Québec. Le gouvernement caquiste s’est montré favorable à une telle démarche.</p>



<p>En revanche, les étudiant·e·s mcgillois·es questionné·e·s à ce sujet s’avouent généralement peu intéressé·e·s ou enthousiasmé·e·s par cet enjeu, le qualifiant de «ruse politique» des député·e·s solidaires et péquistes. Plusieurs étudiant·e·s soulignent la non-influence, voire même les bénéfices, de la monarchie constitutionnelle au Canada et en général.</p>



<p>*Nom fictif</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/10/26/des-elu%c2%b7e%c2%b7s-refusent-de-preter-allegeance-au-roi/" data-wpel-link="internal">Des élu·e·s refusent de prêter allégeance au roi</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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	</channel>
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