<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Firas Diab - Le Délit</title>
	<atom:link href="https://www.delitfrancais.com/author/firas-diab/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://www.delitfrancais.com/author/firas-diab/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Fri, 12 Feb 2021 19:53:51 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	
	<item>
		<title>Télévision-spectacle</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/04/22/television-spectacle/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/04/22/television-spectacle/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 Apr 2016 19:58:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=25353</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une subversion légèrement convenue au Théâtre de Quat’sous.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/04/22/television-spectacle/" data-wpel-link="internal">Télévision-spectacle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p>Habitué des pièces grinçantes sur notre société, avec notamment <em>Dénommé Gospodin</em> en début d’année, le Théâtre de Quat’Sous accueille jusqu’au 28 avril <em>Televizione</em>, écrit et mis en scène par Sébastien Dodge.</p>
<p>Dans l’Italie d’après-guerre, Mike (Louis-Olivier Mauffette), soldat canadien, est un quasi-dieu vivant, adulé par la population pour sa forte inclination à distribuer autant de chewing-gums que de bonnes doses de liberté nord-américaine. Archétype de l’homme viril et sûr de lui, il est choisi par un producteur (Matthieu Gosselin) pour incarner le héros d’une nouvelle série, relatant les exploits de la colonisation italienne de l’Éthiopie.</p>
<p>De ce point de départ, la pièce aborde la carrière de Mike et sa compagne Ginna (Marie-Ève Trudel), de leur succès passager aux déboires divers de deux personnages qui refusent de se voir vieillir et devenir banals. Se cantonnant à leur pure apparence sur les plateaux de télé, dont le vide profond est superbement mis en scène, on ne connaîtra jamais le fond de leur être. On a ainsi particulièrement aimé les entrevues télévisées, entrecoupées de blagues vaseuses et d’aphorismes presque vides de sens, mais célébrés par des applaudissements enregistrés.</p>
<p><em>Televizione</em> est ainsi une critique plutôt habile de la façon dont l’illusion du cinéma ou de la télé est portée aux nues par le même système, assénant son insignifiante vérité. On est presque tenté de citer Guy Debord, surtout au moment où le méchant de la série (David-Alexandre Després), singeant un «sauvage» éthiopien, est présenté comme le véritable méchant du monde. Le faux devient ainsi un vrai indéniable, par la seule force de la société du spectacle.</p>
<p>Mais de tels parallèles auraient peut-être tendance à trop théoriser une pièce qui n’en a pas vraiment la vocation. Critique agréable, sinon facile, souvent drôle, <em>Televizione</em> tourne parfois un peu à vide, en répétant des scènes assez similaires. La pièce singe de façon amusante nos spectacles modernes et le culte de la star mais sans vraiment aller plus loin que le plus évident. On passe un bon moment, avec la dose d’idées subversives qui convient pour une pièce finalement assez convenue.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/04/22/television-spectacle/" data-wpel-link="internal">Télévision-spectacle</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/04/22/television-spectacle/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Festival International du Film sur l’Art</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/03/14/festival-international-du-film-sur-lart/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/03/14/festival-international-du-film-sur-lart/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 15 Mar 2016 04:34:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[FIFA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=25039</guid>

					<description><![CDATA[<p>Chaque printemps, le Festival International du Film sur l’Art permet de faire rayonner l’art d’ici et d’ailleurs. Le Délit en a recueilli quelques rayons...</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/03/14/festival-international-du-film-sur-lart/" data-wpel-link="internal">Festival International du Film sur l’Art</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 2697px">
			<img fetchpriority="high" decoding="async" class="size-full wp-image-25046" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-BanniereFifa.jpg" alt width="2697" height="354" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-BanniereFifa.jpg 2697w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-BanniereFifa-800x105.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-BanniereFifa-768x101.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-BanniereFifa-1x1.jpg 1w" sizes="(max-width: 2697px) 100vw, 2697px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Mahaut Engérant</span>		</figcaption>
	</figure>

<h2 class="p1"><span class="s1"><b>Plaisir, gloire et affaires</b></span></h2>
<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e vendredi 11 mars, à l’Auditorium Maxwell-Cunnings (Musée des beaux-arts de Montréal), était projeté <i>Jeff Koons : Diary of a Seducer</i>. Un documentaire signé Jill Nichols qui nous présente cet artiste très controversé de la fin du 20<i>e</i> siècle, dans le cadre de la 34<i>e</i> édition du FIFA</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le film commence sur un extrait d’un épisode de Popeye, personnage iconique de la culture populaire américaine. Jeff Koons, artiste et homme d’affaires américain, a grandi plongé dans cette «pop culture» de l’après-guerre. La publicité, la télévision, la production de masse font partie intégrante de son environnement et vont grandement déterminer son style. Dans un ordre chronologique, on assiste alors à son enfance, puis ses différentes phases jusqu’à la plus importante: <i>Celebrations</i> (avec le très connu <i>Balloon Dog</i>). Plusieurs entrevues de l’artiste et d’intervenants – comme l’artiste anglais Damien Hirst – viennent ponctuer le film et une bande-son bien composée (Led Zeppelin, Patti Smith ou Lou Reed) permet également de mieux saisir et illustrer le caractère de Koons.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1510px">
			<img decoding="async" class="size-full wp-image-25041" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-JeffKoons.jpg" alt="C-JeffKoons" width="1510" height="1002" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-JeffKoons.jpg 1510w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-JeffKoons-800x531.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-JeffKoons-768x510.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-JeffKoons-1x1.jpg 1w" sizes="(max-width: 1510px) 100vw, 1510px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/admin/?media=1" data-wpel-link="internal">Webmestre, Le Délit</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p2"><span class="s1"><b>Entre «<i>Readymade</i>» et «<i>Pop Art</i>»</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’oeuvre de l’artiste est présentée comme un hybride entre le «<i>Readymade</i>» (objet préfabriqué) de l’artiste dada Marcel Duchamp et de la technique inspirée de la publicité d’Andy Warhol. Les images nous font traverser toutes les étapes de l’évolution de Koons. On remarque que ce qui persiste est la représentation, ou même utilisation, d’objet de tous les jours. Comme <i>Fontaine</i> de Duchamp (un simple urinoir disposé dans une galerie), Koons présente des aspirateurs, des jouets qu’il n’a pas fabriqués lui-même. Des artisans réalisent ses œuvres pour lui. L’artiste devient un patron et n’est plus un homme manuel. L’utilisation d’imagerie populaire (comme Michael Jackson, ou la Panthère Rose) rappelle Warhol et ses reproductions de célébrités.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Filmé lors de la rétrospective de Koons à New York, un visiteur déclare «je me sens vivant». En effet, Koons joue sur l’aspect excitant et séduisant dans son esthétique. Grâce à des techniques de polissage élaborées et coûteuses, il arrive à un résultat très parfait et brillant. Le rendu est clinquant et réveille les sens du spectateur ébloui. L’artiste américain maintient également sa réputation de séducteur en réalisant sa série<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span><i>Made In Heaven</i>. Il produit des photos qui le mettent en scène avec son épouse (une star pornographique italienne) dans des positions osées. De quoi nous faire réfléchir sur la limite entre l’art et la pornographie, et la question de l’humain comme objet. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le titre du film annonce bien la couleur. En suivant son histoire et évolution au fur et à mesure de sa rétrospective, on découvre les différentes facettes de cet artiste séducteur, porté sur l’image, qui essaye de nous attirer par son style aguicheur. Son art a été tout d’abord dénigré par les critiques, puis acclamé par les foules. <i>Jeff Koons: Diary of a Seducer</i> nous permet vraiment de capter l’essence de l’artiste, et mieux comprendre le contexte de ses œuvres affriolantes.</span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Cet artiste et ce film soulèvent quelques questions: la limite entre la vie de tous les jours et l’art, de même que l’aspect commercial de l’art. Chez Koons, l’artiste devient un homme d’affaire. Les images et le montage dynamiques de Jill Nichols nous plongent réellement dans l’univers pétillant et socialement représentatif de Jeff Koons. Le FIFA est une opportunité à ne pas manquer si l’on veut se plonger en profondeur dans l’œuvre de multiples artistes. De plus, ce documentaire sur Koons est un bel hommage pour fêter le centenaire du dadaïsme, et montre son héritage à travers l’histoire de l’art. ‑L</span>ouise Kronenberger.</p>
<hr>
<h2 class="p1"><span class="s1"><b>Le mythe Barthes</b></span></h2>
<p class="p1"><span class="s1">R</span><span class="s1">oland Barthes: sa vie, son œuvre. Voilà le titre que le documentaire, projeté à la BanQ dans le cadre du FIFA, signé Chantal et Thierry Thomas, aurait pu porter. Les auteurs ont préféré emprunter à Barthes l’une de ses expressions, et le documentaire s’intitule donc <i>«le théâtre du langage»</i>. Une composition très simple, qui suit une chronologie très classique: la naissance du Roland Barthes que l’on connaît, ses premières œuvres, des anecdotes de vie, son succès, sa mort (<i>spoiler</i>, il meurt à la fin). </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Très didactique, le documentaire, on le sent, fait tout pour mettre le spectateur en confiance: il s’agit d’apprendre à connaître Barthes et son importance. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">On y apprend qu’il aimait le quartier Saint-Germain, qu’il fumait des cigares, qu’il était émotif, ironique, drôle. On ne peut enfin qu’aimer Barthes. Mais aime-t-on l’individu Barthes, comme l’aurait fait le critique Sainte-Beuve (critique littéraire du 19<i>e</i> siècle qui n’étudiait les œuvres littéraires que par le prisme de la vie des auteurs. Voir le <i>Contre Sainte-Beuve</i> de M.Proust, <i>ndlr</i>), ou le structuraliste?</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1318px">
			<img decoding="async" class="size-full wp-image-25040" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Barthes.jpg" alt width="1318" height="1369" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Barthes.jpg 1318w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Barthes-770x800.jpg 770w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Barthes-768x798.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Barthes-1x1.jpg 1w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Barthes-32x32.jpg 32w" sizes="(max-width: 1318px) 100vw, 1318px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Mahaut Engérant</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p3"><span class="s1">Le documentaire évite de se mesurer à Barthes et contribue quelque peu au mythe Barthes. Car rappelons-le: l’auteur est désormais sacré en littérature. Un article d’un blog du <i>Monde</i> intitulé… «Briller en société», lui est consacré, qui compile un top 10 des choses à savoir sur Barthes. Barthes aurait<span class="Apple-converted-space">&nbsp;</span>doucement ri.&nbsp;</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L’auteur des <i>Mythologies</i> est lui-même devenu… un mythe. Et c’est sur ce point précis que le documentaire manque d’audace, certes pour des raisons d’accessibilité. Mais si l’on proclame la mort de l’auteur Barthes, que reste-t-il? Qu’est-ce qu’un signe? Un signifiant? Un signifié? Tout cela reste bien flou, et le mythe Barthes continue sans danger de se balader dans Saint-Germain. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1"> Le documentaire, ironiquement, participe plus de la méthode de l’histoire littéraire que de «l’activité structurale» (Barthes), en se concentrant – malgré la place majeure accordée à ses propres paroles – sur sa personnalité, son «personnage», son «obsession du langage» plutôt que sur ses résultats de recherche. En témoignent les coupures des entrevues, qui laissent voir son humour et sa finesse (rendant le documentaire amusant), mais coupent les phrases qui touchaient droit au sujet de ses recherches. On apprend donc que l’on aime Barthes, mais on n’est pas sûr de savoir pourquoi.</span><span class="s2">&nbsp;‑C</span>layton Lapoire.</p>
<hr>
<h2 class="p1"><span class="s1"><b>Fitzgerald et Hemingway, d’encre à encre</b></span></h2>
<p class="p1"><span class="s1">V</span><span class="s1">endredi 11 mars, dans le cadre de la 34<i>e</i> édition du FIFA, l’auditorium de la Grande Bibliothèque BanQ a accueilli la projection de <i>Fitzgerald / Hemingway: Une question de taille.</i> Un documentaire signé Claude Ventura sur les relations houleuses de F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway. Les deux célèbres écrivains américains, peut-être les plus connus du 20<i>e</i> siècle, se sont tout d’abord rencontrés en France, où l’un et l’autre passèrent une large partie de leur existence. Hemingway fit ainsi la connaissance de Fitzgerald lors de vacances passées dans le sud du pays: alors que le premier peine encore à se faire publier et survit difficilement dans le Paris des années 1920, le second est déjà connu, déjà riche et couronne son succès avec la publication de <i>Gatsby le Magnifique</i> en 1925.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«D’une amitié sincère, </span><span class="s1">les deux hommes passent à la détestation»</span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">À travers une revue détaillée des nombreuses lettres échangées par les deux écrivains, le documentaire retrace l’évolution de leur relation. Alors que dans les premiers temps, Hemingway se fait corriger par Fitzgerald et demande son soutien pour se faire publier, le rapport s’inverse rapidement. De fait, alors que Fitzgerald tombe dans un alcoolisme profond, Hemingway connaît la célébrité avec ses romans, notamment <i>L’adieu aux armes</i> en 1929. D’une amitié sincère, les deux hommes passent à la détestation, d’abord seulement confiée à leur éditeur commun puis ouverte — surtout après les descriptions dédaigneuses de Fitzgerald par Hemingway dans certains de ses livres.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1893px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-25043" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-HemigwayFitzgerald.jpg" alt width="1893" height="1464" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-HemigwayFitzgerald.jpg 1893w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-HemigwayFitzgerald-800x619.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-HemigwayFitzgerald-768x594.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-HemigwayFitzgerald-1x1.jpg 1w" sizes="auto, (max-width: 1893px) 100vw, 1893px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Mahaut Engérant</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p3"><span class="s1">Le documentaire, très détaillé par les lettres et des images d’archives, aurait pu être intéressant et il le fut parfois. Malheureusement, il tombe vite dans la lecture plate des lettres, sans aucune critique, se contentant de commentaires banals dont certains frôlent l’hagiographie de l’écrivain inspiré par les muses. Retraçant chronologiquement, mais très partialement, le parcours des deux écrivains, il peut intéresser celui ou celle qui ne connaît rien aux deux auteurs et qui souhaite quelque chose de plus interactif qu’une simple page <i>Wikipédia</i>. Si vous cherchez une analyse de leur style, passez votre chemin, ce n’était visiblement pas le but du réalisateur Claude Ventura. ‑Antoine Duranton.</span></p>
<hr>
<h2 class="p1"><span class="s1"><b>Fragrances d’amours et peintres </b></span><span class="s2"><b>mélomane</b></span></h2>
<p class="p1"><span class="s1"><b><i> Fragonard, Les gammes de l’amour</i></b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">L</span><span class="s1">e réalisateur Jean-Paul Fargier a conçu un documentaire, avec le témoignage d’historiens de l’art, sur la variété des représentations de l’amour dans l’œuvre du grand artiste classique Jean-Honoré Fragonard. Malgré un succès remarquable auprès de l’académie en peintures historiques, le peintre français s’est aussi attaché<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>à des thèmes plus frivoles dans des décors rococo. Ce sont ces scènes d’amour et de courtoisie qui font le succès de Fragonard auprès de la cour, pour le plaisir des yeux des plus nobles.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Jean-Paul Fargier dévoile donc le côté érotique et sensible de peintures qui représentent des adolescentes au regard joueur. Des spécialistes passionnés nous racontent, avec pudeur, des anecdotes sur la vie de cour. L’exploration de la notion de courtoisie mène à un style de peinture plus privé qui nous donne des sources historiques sur la pratique de l’amour au 18<i>e</i> siècle. On s’amuse avec des scènes animées dans les dortoirs où Fragonard représente avec génie de jeunes adolescentes dénudées qui s’excitent devant des incidents impromptus. Certaines femmes du public rient de nervosité devant des scènes suggestives et des symboliques toujours explicites.</span></p>
<p class="p4"><span class="s1">On retiendra de ce documentaire une morale atypique. C’est dans un esprit de légèreté que l’on comprend que l’art humoristique, moins sérieux, n’est pas une forme basse d’art. Il nous semble presque que le documentaire dévoile un<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>Fragonard qui élève les dessins humoristiques au niveau de la peinture historique et légitime aux yeux de l’Académie française. Le documentaire nous fait réfléchir sur des notions toujours valables concernant le jugement de l’art noble. Derrière des scènes d’amour se cache une technique artistique remarquable. </span></p>
<p class="p4">Par une liste précise des amours représentés, <i>Fragonard, Les gammes de l’amour</i> parvient avec succès à expliquer le génie de l’artiste, un libertin rebelle qui jouait avec les limites du contrôle sexuel. En filmant un rétrospective formelle, Jean-Paul Fargier retrace une période de révolution mue par les pouvoirs de l’amour. Plutôt divertissant.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1557px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-25044" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Chagal.jpg" alt width="1557" height="961" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Chagal.jpg 1557w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Chagal-330x204.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Chagal-768x474.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Chagal-1000x617.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/03/C-Chagal-850x525.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1557px) 100vw, 1557px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Courtoisie du FIFA</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><span class="s1"><b><i>Chagall, peintre de la musique</i></b></span></p>
<p class="p4"><span class="s1">Le documentaire de Mathilde Deschamps-Lotthé retrace le succès d’un peintre moderne franco-russe mordu de musique. Nous sont montrés, entre autres, l’effet de la musique sur Marc Chagall tout autant que l’influence de ce dernier sur les musiciens. Sa création est une création de sens. On entend la musique dans ses peintures, une peinture aux compositions dissonantes. </span></p>
<p class="p4"><span class="s1">C’est avec succès que les cinquante-trois minutes d’images nous montrent le travail spectaculaire de Chagall. Quand on regarde ses muraux dans les opéras, il ne manque plus que les danseurs pour remplir l’espace et la musique pour donner du mouvement. Dans des formats extraordinaires, il donne des ambiances mystérieuses aux peintures et au spectacle. Chagall donne vie au ballet et le ballet donne vie aux peintures. </span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«Sa création&nbsp;</span><span class="s1">est une création de sens»</span></p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s1">La simplicité de ses peintures aux compositions fluides nous donne l’impression de plonger dans un rêve. On retient particulièrement le mélange de mélancolie et de gaieté que Chagall transmet. C’est une fusion des sens qui pourrait représenter la sensation d’une personne touchée par la synesthésie, où les couleurs sont associées aux sons et lettres. L’artiste russe raconte: «Je veux que la couleur joue et parle seule.» Son œuvre de contraste émotif est sa signature la plus connue. Mathilde Deschamps-Lotthé montre à merveille comment les toiles sont efficaces et explique avec attachement le génie du peintre. </span></p>
<p class="p4"><span class="s1">On regrette cependant le manque de détails plus historiques et de remarques plus académiques sur un artiste qui fut si reconnu durant sa carrière et qui eut tant de succès.<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>En effet, le documentaire balaye des périodes historiques qui furent sans aucun doute des éléments charnières à sa création. On peut tout de même dire que malgré cela, on adore les témoignages, presque innocents, de ses petites filles maintenant grandes, qui se rappellent du processus de production de ces majestueuses œuvres d’art.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/03/14/festival-international-du-film-sur-lart/" data-wpel-link="internal">Festival International du Film sur l’Art</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/03/14/festival-international-du-film-sur-lart/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Québec subversif des années 1970</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/02/22/le-quebec-subversif-des-annees-1970/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/02/22/le-quebec-subversif-des-annees-1970/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Feb 2016 02:51:51 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Montréal]]></category>
		<category><![CDATA[70s]]></category>
		<category><![CDATA[contreculture]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24922</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le collectif Anarchives présente les mouvements contestataires LGBT et étudiants québécois.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/22/le-quebec-subversif-des-annees-1970/" data-wpel-link="internal">Le Québec subversif des années 1970</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e long cycle sur la contre-culture au Québec, organisé par le collectif Anarchives (dont nous vous parlions déjà dans un article du 20 octobre 2015) s’est clôturé vendredi dernier par deux ultimes conférences. Celles-ci, portant sur les luttes LGBT et les critiques de l’école ont fourni deux nouvelles preuves, s’il en fallait encore, de l’effervescence culturelle et politique du Québec des années 1970.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Émancipation sociale et émancipation gaie</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s3">Bruno Laprade, étudiant en sémiologie à l’UQAM, est le premier à prendre la parole. Partant du tournant de 1969, la loi «omnibus» de Pierre-Eliott Trudeau qui, entre autres, dépénalise l’homosexualité, l’orateur a décrit la montée en puissance d’une conscience politique autonome pour les groupes gais (entendons homosexuels masculins).</span></p>
<p class="p6"><span class="s3">Deux types d’organisations ont exprimé cette nouvelle conscience politique: les groupes «homophiles», avec des revues comme<i> Gai-Kébec</i> ou <i>Ultimum</i>, qui appellaient au <i>coming-out</i>, à assumer publiquement son homosexualité, appelant donc plutôt à une révolte au niveau individuel.</span></p>
<p class="p6"><span class="s3">À l’inverse, les groupes de libération furent beaucoup plus revendicatifs. Ainsi, le Front de libération homosexuel est créé en 1971, clin d’œil au Front de libération du Québec, et insista sur la nécessité d’une opposition radicale et globale à l’oppression sexuelle. La coopération avec les autres mouvements sociaux était alors envisagée dans ce cadre d’une révolte générale au pouvoir en place.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Il faut souligner dans ce cadre le rôle de <i>Gay McGill</i>, créé en 1972, premier groupe gai universitaire, qui liait la cause homosexuelle à d’autres luttes (cause féministe ou même pour un tarif abordable dans les transports en commun).</span></p>
<p class="p6"><span class="s3">Remettre en contexte ces mouvements était donc particulièrement intéressant, plaçant ces luttes dans le mouvement général d’émancipation sociale du Québec des années 1960 et 1970. L’orateur a néanmoins insisté sur le fait que certains groupes homosexuels ont préféré militer à côté des autres mouvements sociaux, individualisant leur lutte; les mouvements indépendantistes étant d’ailleurs parfois réticents à s’allier aux groupes homosexuels.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1684px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24923" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Contreculture.jpg" alt width="1684" height="1174" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Contreculture.jpg 1684w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Contreculture-330x230.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Contreculture-768x535.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Contreculture-1000x697.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Contreculture-850x593.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 1684px) 100vw, 1684px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Mahaut Engérant</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s2"><b>Les premières contestations étudiantes</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Jaouad Laaroussi, doctorant d’histoire à l’UQAM, a pour sa part évoqué la critique de l’éducation québécoise, qui se mit en place dans les années 1960 dans le cadre de la révolution tranquille. C’est notamment le moment de la création des CEGEP.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Dans cette phase d’installation, les mouvements étudiants étaient plutôt dans une logique de dialogue avec l’État pour faire entendre leurs revendications. La rupture s’opéra en 1967, lorsque les universités commencèrent à fonctionner, assez loin des projets étudiants. Les premiers manifestes étudiants des années 1967–1968 dénonçaient ainsi l’université des «notables», trop peu accessible aux classes populaires et critiquaient, par de multiples grèves, la charte universitaire qui ne laissait pas de place à la démocratie étudiante (qui voulait choisir ses cursus face à ceux purement technocratiques de l’État québécois).</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Rappelons aussi que des grèves eurent lieu dans les CEGEP appelant souvent au <i>drop-out</i> avec le slogan explicite de «participer c’est se faire fourrer». </span></p>
<p class="p6"><span class="s4">Le conférencier, rappelant de nombreuses initiatives intra-universitaires, principalement à l’UdeM et l’UQAM, a également parlé de «McGill français», mouvement qui prônait la francophonisation complète de McGill, au moment où l’anglais conquérant était encore une menace directe pour l’identité québécoise.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Les discussions avec le public ont laissé entrevoir que ces luttes ne sont pas finies: des descentes policières dans les soirées <i>queer</i> qui se poursuivent encore aujourd’hui, aux débats dans les universités sur la gestion des programmes. Si l’ardeur est moindre, les enjeux sont toujours présents. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Anarchives a donc proposé une nouvelle fois des conférences très intéressantes sur la contre-culture québécoise. On regrette un peu le fait que les liens entre ces mouvements et les luttes indépendantistes n’aient pas été vraiment abordés, mais cela avait été amplement le cas dans les autres conférences organisées auparavant.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/22/le-quebec-subversif-des-annees-1970/" data-wpel-link="internal">Le Québec subversif des années 1970</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/02/22/le-quebec-subversif-des-annees-1970/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Face au Politique, la sociologie</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/02/16/face-au-politique-la-sociologie/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/02/16/face-au-politique-la-sociologie/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 16 Feb 2016 07:13:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Société]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24841</guid>

					<description><![CDATA[<p>Une science qui dévoile les structures.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/16/face-au-politique-la-sociologie/" data-wpel-link="internal">Face au Politique, la sociologie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L’</span><span class="s1">air du temps n’est pas favorable à la sociologie. Des universités japonaises qui ferment les départements de sociologie pour allouer plus de fonds aux sciences dites «utiles» aux élucubrations du premier ministre français Manuel Valls, la sociologie est rabaissée au rang des choses inutiles, quand elle n’est pas pointée du doigt, comme complice fourbe du terrorisme. «Aucune excuse sociale, sociologique et culturelle ne doit être recherchée» pour les actes terroristes avait ainsi proclamé Manuel Valls, sous les applaudissements des députés à l’Assemblée nationale française. En avril 2013, l’ancien premier ministre Stephen Harper était interrogé sur les suites de l’arrestation de deux individus soupçonnés de préparer un attentat contre un convoi de Via-Rail. Ce n’était pas le moment de se «lancer dans la sociologie» dit alors M. Harper. Un crime est un crime et rien ne sert d’en chercher des causes dans la société. La même réponse fut donnée en 2014 alors qu’une fois de plus, la question d’une enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées était posée au chef d’État: ces crimes ne relevaient pas non plus d’un «phénomène sociologique».</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>«L’attaque» sociologique</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Comment peut-on expliquer cette offensive brutale contre la sociologie? La réponse réside dans le fait que le champ politique cherche à avoir le monopole du discours sur le social. Faisant appel à l’instinct, à l’inné, refusant tout questionnement sur ce qui est socialement proclamé comme vrai, le Politique voit d’un mauvais œil le fait que la sociologie s’empare elle aussi de son champ d’action. Lui qui annonce le vrai, comment pourrait-il accepter qu’on remette en question le donné, l’immédiateté de la société et son côté apparemment évident?<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>En s’attaquant à la sociologie, le </span><span class="s1">champ politique cherche à défendre son monopole d’interprétation du réel, sa propre vision du social, face à celle qui vient lui refuser ce privilège exclusif.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«Comprendre et expliquer, c’est le domaine de la connaissance et de la science: la sociologie ne prétend pas non plus remplacer la Justice»</span></p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s1">Le célèbre sociologue français Pierre Bourdieu souligne que l’on prend souvent les sociologues pour des hommes politiques et que leurs résultats de recherches sont pris pour des «attaques», comme s’ils prenaient place dans le domaine de la rhétorique. Mais la sociologie, c’est d’abord de la science, et ça ne sert pas à faire la guerre. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">D’ailleurs, quand elle n’est pas dangereuse, la sociologie est proclamée comme évidente, donc inutile. Le problème réside, selon Bourdieu, dans l’idée que «chaque sujet social pense qu’il est, <i>ipso facto</i>, savant de l’homme», qu’il connaît donc parfaitement les ressorts profonds de l’activité sociale, étant donné qu’il y évolue. C’est cependant une «pure illusion». </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Ce qu’on identifie aussi parfois comme une «attaque», c’est cette nouvelle «blessure narcissique» faite à l’homme, qui le pousse à refuser toute sociologie. Non, la Terre n’est pas le centre de l’univers. Non, la société n’est pas un tout harmonieux. Et non, l’individu n’est pas entièrement libre de ses choix, il ne se meut pas dans la société seulement par son «mérite» et son effort personnel.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 1501px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24842" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie.jpg" alt width="1501" height="1517" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie.jpg 1501w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-330x334.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-768x776.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-989x1000.jpg 989w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-850x859.jpg 850w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-32x32.jpg 32w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-50x50.jpg 50w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-64x64.jpg 64w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-96x96.jpg 96w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/S-Sociologie-128x128.jpg 128w" sizes="auto, (max-width: 1501px) 100vw, 1501px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Mahaut Engérant</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s3"><b>La sociologie, science de la démystification</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Inutile et politique: la sociologie ne serait donc qu’une idéologie — dangereusement de gauche (même si, rappelons-le au passage, la sociologie peut toutefois aussi être de droite: l’identitaire d’extrême-droite québécois Mathieu Bock-Côté se définit comme «sociologue»). </span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Peu importe son engagement, la sociologie dérange. Car elle s’attaque à ce qui est évident, dévoile ce qui nous paraît donné. Elle montre que l’organisation de notre société est sujette à des relations de domination. La sociologie laisse à voir les dynamiques de pouvoir, les structures qui la composent et son historicité. </span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«La sociologie, c’est d’abord de la science, et ça ne sert pas à faire la guerre»</span></p>
</blockquote>
<p class="p5"><span class="s2">Ainsi, la méritocratie, amplement mise en avant dans nos sociétés libérales (celles d’un individu supposément entièrement libre, parvenant par «le travail et par l’épargne» au sommet de la société) ne résiste pas à une analyse sociologique poussée. Les inégalités se transmettent, pas seulement économiques, mais aussi culturelles. Ce qui donne à réfléchir, notamment au Québec, au moment où le gouvernement de Philippe Couillard s’apprête à opérer de nouvelles coupes dans le budget de l’éducation (qui vise, tant bien que mal, à contraindre ces inégalités de naissance).</span></p>
<p class="p5"><span class="s2">La sociologie est utile jusque dans les allocations gouvernementales à la culture, puisqu’il nous paraît évident (c’est du «bon sens») de donner plus de fonds à l’opéra, art noble par excellence, qu’à un concert de rap (ou, par le passé, de rock ou de jazz). Mais qui est légitimé par l’opéra? Sûrement pas les classes populaires: la sociologie est encore là pour nous le rappeler, en montrant les ressorts de domination et de hiérarchisation sous-jacents à l’industrie et aux politiques culturelles.</span></p>
<p class="p4"><span class="s3"><b>Expliquer mais non pas excuser</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s2">La sociologie vise ainsi à constamment expliquer. Expliquer… mais pas excuser ou fournir une quelconque forme de discours moral. Elle est nécessairement politique, puisqu’elle dévoile ce qui est à la base des idéologies politiques. Elle déconstruit des discours politiques en explicitant le fonctionnement de la société. Mais plus que des solutions, la sociologie pointe du doigt les problèmes. Elle ne prétend pas se substituer au Politique.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Des mouvements politiques peuvent certes par la suite s’emparer, avec plus ou moins d’honnêteté intellectuelle, des conclusions sociologiques — ainsi, peut-on penser un mouvement féministe sans la sociologie et les études de genre? Cependant, cette reprise est en réalité une mise en pratique plutôt que l’une des visées de la sociologie.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2">Peut-on finalement dire que la sociologie participe à une «culture de l’excuse» des criminels, des terroristes, des assassins? L’excuse relève du domaine de la morale. Comprendre et expliquer, c’est le domaine de la connaissance et de la science: la sociologie ne prétend pas non plus remplacer la Justice. Elle se contente encore une fois de démystifier les faits sociaux. Ainsi, le terroriste n’organise pas un attentat comme si l’ordre lui venait directement du ciel. Le terrorisme n’est pas «inexplicable». Le crime n’est pas «inexplicable». Le succès de Donald Trump n’est pas inexplicable: est-il vraiment simplement un <i>self-made man</i>? La sociologie, c’est ainsi dévoiler les structures. C’est nous permettre de ne plus dire que s’il y a des dominants et des dominés, que si des terroristes<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>organisent des attentats, que si les anglophones sont avantagés devant les francophones … «c’est comme ça».&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/16/face-au-politique-la-sociologie/" data-wpel-link="internal">Face au Politique, la sociologie</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/02/16/face-au-politique-la-sociologie/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Prospéro à l’heure russe</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-prospero-a-lheure-russe/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-prospero-a-lheure-russe/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Feb 2016 20:03:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Théâtre]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24652</guid>

					<description><![CDATA[<p>Retour sur deux adaptations du grand romancier russe Dostoïevski.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-prospero-a-lheure-russe/" data-wpel-link="internal">Le Prospéro à l’heure russe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">A</span><span class="s1">u Théâtre Prospéro, c’est Fédor Dostoïevski qui est mis à l’honneur pour le mois à venir. En effet, sur les deux scènes qu’il comporte se jouent deux romans emblématiques du Géant russe, <i>Les carnets du sous-sol</i> (sous le nom de <i>L’homme du sous-sol</i>) et <i>Le Joueur</i>. Ces deux romans, publiés en 1864 et 1866, divergent beaucoup dans leur thématique et leur ton général, mais condensent presque à eux seuls tout le talent de l’écrivain: personnages en quête de vérité, angoisse existentielle, absurdité de l’existence…</span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Le pari du Prospéro est réussi, sur les deux scènes: on reconnaît tout de la beauté du style inimitable de Dostoïevski et de l’aspect parfois franchement délirant de ses dialogues. Voici le compte rendu d’une réappropriation sans dénaturation dans deux mises en scène bien différentes qui tiennent d’abord au style de chacun des romans.</span></p>
<p class="p5"><span class="s2"><b>Le jeu de la vie</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><i>Le Joueur</i> — mis en scène par Gregory Hlady — raconte les déboires d’une famille noble russe dans une station thermale allemande, où tous s’adonnent avec passion à la roulette. Du père aux pique-assiettes français, tous les personnages attendent avec angoisse la mort d’une riche grand-mère, dont l’héritage permettra de sauver la famille de la banqueroute. Dans la complexité de la situation, un seul personnage paraît fort et rappelle le vrai nœud de l’histoire: c’est le croupier. Il tire les ficelles de toute la pièce et débarque souvent sur scène, à l’improviste, entraînant les personnages dans ses danses folles, coupant court aux dialogues. À intervalles réguliers, de grandes billes de roulette tombent au sol rappelant la fatalité de l’intrigue: tout le destin des personnages est aux mains de la roulette dont le pouvoir fait et défait les richesses. La musique, très forte et grandiloquente, rappelle la violence qui est en fond de toile: c’est la vie des personnages qui est constamment en jeu. </span></p>
<p class="p3"><span class="s1">La pièce est ainsi plutôt réussie, avec un rythme soutenu et un jeu prenant, même si certains aspects de la mise en scène plaisent moins (comme l’immense roulette peinte au sol), avec également quelques scènes parfois grossières et dont on ne saisit pas vraiment l’intérêt.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 4969px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24653" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Dostoïevski1.jpg" alt width="4969" height="2452" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Dostoïevski1.jpg 4969w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Dostoïevski1-330x163.jpg 330w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Dostoïevski1-768x379.jpg 768w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Dostoïevski1-1000x493.jpg 1000w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/02/C-Dostoïevski1-850x419.jpg 850w" sizes="auto, (max-width: 4969px) 100vw, 4969px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Alexandra Camara</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p5"><span class="s2"><b>La folie du sous-sol</b></span></p>
<p class="p3"><span class="s1">Il faut l’avouer, l’adaptation de <i>L’homme du sous-sol</i> par Simon Pitaqaj dépasse en intensité les prestations du <i>Joueur</i>. Entrée dans la conscience d’un fonctionnaire médiocre devenu complètement fou, la pièce commence dès le couloir. Le personnage principal invective directement les spectateurs serrés dans l’étroit corridor, se faisant presque menaçant. Constamment pris à partie, forcé parfois de répondre à ses questions, toujours déroutantes: nous devenons ainsi les complices de sa folie. Son jeu nous amène presque à nous demander si nous ne sommes pas que les créations fantasmagoriques de son esprit malade.</span></p>
<blockquote>
<p class="p1"><span class="s1">«Qu’est-il, lui, s’il ne peut même pas revendiquer le titre de fainéant?»</span></p>
</blockquote>
<p class="p3"><span class="s1">Après nous avoir emmenés dans son sous-sol (la «salle intime» du Prospéro), le fonctionnaire fou nous confie toutes ses pensées les plus profondes: seuls les imbéciles sont capables d’action, son désir d’être fainéant car les fainéants sont — à l’inverse de lui — «positivement nommés», ou encore sa volonté d’ordonner l’exil du pape au Brésil. Dans tout ce méli-mélo d’affirmations incohérentes, entrecoupées d’accès de folie destructrice sur tous les éléments du décor, on sent la profonde angoisse existentielle du personnage. À quarante ans qu’est-il, lui, s’il ne peut même pas revendiquer le titre de fainéant? C’est face au néant de sa vie qu’il s’insurge, face à son insignifiance. Rédigé à la première personne, dans un flot de phrases compliquées comme seul Dostoïevski sait le faire, adapter <i>Les carnets du sous-sol</i> était un vrai défi, qui a été relevé avec brio par le comédien Simon Pitaqaj. Le décor troublant, une cave ornée d’inscriptions folles en tout genre, de poupées inquiétantes, est la scène parfaite pour un jeu d’acteur très bon, dont on ne se lasse pas et qui fait souvent rire, parfois jaune. Un régal.</span><span class="s3">&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-prospero-a-lheure-russe/" data-wpel-link="internal">Le Prospéro à l’heure russe</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/02/02/le-prospero-a-lheure-russe/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Debord ou la libération par l’art</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2016/01/26/debord-ou-la-liberation-par-lart/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2016/01/26/debord-ou-la-liberation-par-lart/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 Jan 2016 20:06:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[communisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24529</guid>

					<description><![CDATA[<p>Faire de la vie une performance créatrice. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/01/26/debord-ou-la-liberation-par-lart/" data-wpel-link="internal">Debord ou la libération par l’art</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">Q</span><span class="s1">uelques vingt ans après sa mort, la figure et la pensée de Guy Debord n’ont plus leur notoriété d’antan. Pourtant, aujourd’hui encore, ses idées demeurent d’une actualité brûlante. Auteur iconoclaste, par son parcours voilé de secret et sa vie d’intellectuel hors-norme, il est surtout connu pour la <i>Société du spectacle</i>, son <i>magnum opus</i> à la renommée internationale, publié en 1967.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>La Société du spectacle</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Alors que l’ancienne garde communiste considérait que seules les conditions de production étaient aliénantes, Debord fut le premier à souligner que la consommation moderne peut aussi être une forme d’aliénation et que le marxisme ne peut plus se contenter d’être naïvement quantitatif. Élever le niveau de vie ne suffit plus dans les conditions actuelles, où l’abondance pléthorique de marchandises consommables cache en réalité une même banalité, une même pauvreté et dont le but reste la prolongation du système de domination. Ainsi, si le 19<i><sup>e</sup></i> siècle niait l’humain par la machine, le 20<i><sup>e</sup></i>, et maintenant le 21<i><sup>e</sup></i>, le font également par la marchandise.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Proprement totalitaire, la Société du spectacle intègre tout à sa domination et impose le règne de l’apparence, ne permettant plus qu’un jeu faussement concurrentiel, à l’image de nos débats télévisés modernes ou de la compétition publicitaire. Toute la valeur des choses ne se résume plus qu’à leur simple apparence, qu’à l’illusion de leur utilité: tout le reste, qui ne se plie pas aux règles spectaculaires, doit disparaître. Ce qui compte n’est ainsi plus le vrai, la valeur intrinsèque de la chose, mais sa capacité à accomplir un spectacle, une performance sur la base de laquelle on va la juger. L’illusion devient la seule réalité, le faux devient le vrai.</span></p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 449px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-24530" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/01/S-GuyDebord.jpg" alt="S-GuyDebord" width="449" height="398" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/01/S-GuyDebord.jpg 449w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2016/01/S-GuyDebord-330x293.jpg 330w" sizes="auto, (max-width: 449px) 100vw, 449px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Prune Engérant</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p4"><span class="s2"><b>L’internationale situationniste</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Mais Debord ne se contente pas de diagnostiquer la maladie, il propose son remède. En effet, au sein du mouvement lettriste, puis de l’internationale situationniste, il propose, avec d’autres, un mode de vie entièrement nouveau, centré sur la construction de «situations». Pour les situationnistes, la vraie liberté, l’affranchissement de la société du spectacle, consiste en la «construction concrète d’ambiances momentanées de la vie et leur transformation en une qualité passionnelle supérieure».</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Autrement dit, il s’agit de faire de chaque moment de l’existence une expérience ludique et particulière, visant à dépasser le côté uniquement pratique et compartimenté du mode de vie spectaculaire. Le situationnisme vise de fait à limiter au maximum les moments «nuls» de la vie, ceux aujourd’hui consacrés au même labeur productif et dénués de poésie. Il cherche un retour à la vie réelle, loin de la fausseté du spectacle.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Ainsi, le situationnisme, engagé dans une véritable «bataille des loisirs», vise à développer un art intégral qui permettrait la création de situations. On comprend de ce fait l’importance accordée à l’urbanisme, la ville situationniste se devant d’être l’anti-ville capitaliste, au fonctionnalisme terne. </span></p>
<p class="p6">Les situationnistes développent également de nombreux jeux qui favorisent la création de situations, à l’image de la «dérive», qui consiste à errer sans but réel dans une ville, en y cherchant des endroits particuliers, dépaysants, brisant par là tout ce qui est censé être pratique et capitaliste dans une ville.</p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>«Jouissez sans entraves» et autres aphorismes</b></span></p>
<p class="p6">Le situationnisme vise enfin à supprimer tout type de division sociale, de division entre art et travail, entre travail et loisir: il s’agit d’une libération de la créativité, d’une constante création ludique. «Ne travaillez jamais» écrivait Debord, ce qui résume très bien sa pensée d’une libération par un retour complet à la vie, loin de son productivisme actuel. Lire <i>Potlatch</i>, une des revues des lettristes-situationnistes est intéressant pour se faire une idée de l’exubérance créatrice, de l’outrance volontaire des propositions situationnistes, toujours surprenantes mais faites dans le même but: changer radicalement la vie, sortir de l’aliénation triste de la société du spectacle.</p>
<p class="p6"><span class="s1">Le situationnisme propose ainsi une révolution concrète, qui commence dans nos activités quotidiennes en apparence anodines. La <i>praxis</i> révolutionnaire se retrouve à portée de main et dans la vie de tous les jours, quand dans l’ancien marxisme elle était renvoyée à un futur toujours repoussé et à une période circonscrite. Face à la triste rigueur qu’exigeaient les anciennes théories révolutionnaires, le situationnisme propose un retour à la vie, donnant une nouvelle fraîcheur à la subversion.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2016/01/26/debord-ou-la-liberation-par-lart/" data-wpel-link="internal">Debord ou la libération par l’art</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2016/01/26/debord-ou-la-liberation-par-lart/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le mensonge du capitalisme vert</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/11/28/le-mensonge-du-capitalisme-vert/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/11/28/le-mensonge-du-capitalisme-vert/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Nov 2015 00:48:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Innovations]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=24285</guid>

					<description><![CDATA[<p>La croissance durable est un mythe.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/11/28/le-mensonge-du-capitalisme-vert/" data-wpel-link="internal">Le mensonge du capitalisme vert</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">e 30 novembre prochain s’ouvre donc la COP21 à Paris, qui promet de freiner le changement climatique et de rendre l’économie mondiale plus respectueuse de l’environnement. La communication autour de la conférence donne lieu à une pléthore d’expressions clichées, rébarbatives et déjà usées jusqu’à la moelle: le développement va être «durable», la croissance doit devenir «verte», il faut «verdir» le capitalisme. Le fond idéologique derrière ces slogans très politiquement corrects est toutefois clair: le problème écologique actuel résiderait uniquement dans certains aspects du système capitaliste d’aujourd’hui. En aucun cas, le fond et le principe même de l’économie capitaliste ne sont remis en cause: la sacro-sainte loi du marché autorégulé, le libre-échange et, plus que tout, la croissance comme preuve de développement. «Verdir» le capitalisme, c’est vouloir changer les excès d’un système considéré comme intrinsèquement bon et capable de surmonter l’incomparable défi écologique qui se pose à nous en ce 21<i>e</i> siècle.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Le capitalisme et ses «externalités»</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Pourtant, et les chefs d’État réunis à Paris ne semblent pas vouloir l’apercevoir, y a‑t-il quelque chose de plus impensable qu’une croissance «durable»? Comment imaginer que la croissance, par définition illimitée et infinie, puisse s’accomplir dans un monde fini? Il y a une incompatibilité, pourtant évidente, occultée par ces belles expressions: il s’agit par là de promouvoir le changement sans changer d’un iota le fond du système lui-même. En somme, tout comme l’explique Giuseppe di Lampedusa dans <i>Le Guépard</i>: «Il faut que tout change pour que rien ne change.» Il faut accepter de changer quelque peu certains aspects pour préserver le fond du système actuel, qui met en danger, lui, l’avenir de notre planète. </span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le capitalisme soi-disant «vert» n’est ainsi pas seulement moralement coupable, il est logiquement absurde.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le problème écologique n’est donc pas conjoncturel, une simple contingence dans l’inexorable progrès du capitalisme, censé apporter bien-être et richesse à la planète entière: il est un sous-produit de l’économie capitaliste elle-même. Tout comme sa logique purement économique la pousse à l’exploitation intensive de l’homme, sans souci de son bien-être, ce même principe conduit à l’exploitation déraisonnée des ressources naturelles, dans un souci de profit élevé à très court-terme, sans prise en compte des conséquences non-économiques catastrophiques de ce système d’exploitation (pudiquement appelés «externalités négatives» par la rhétorique libérale). Au Canada, par exemple, l’exploitation des sables bitumineux de l’Alberta est un sujet brûlant, compte tenu de son effet désastreux sur l’environnement. Le capitalisme l’exploite actuellement sans aucun souci environnemental. Le capitalisme «vert» minimiserait peut-être les répercussions sur l’écosystème au moment de l’exploitation mais ne prévoirait en aucun cas le fait que, tôt ou tard, les réserves de l’Alberta seront épuisées: il ne voit qu’un seul intérêt, celui de générer le plus de richesses en un minimum de temps.</span></p>
<blockquote>
<p class="p4">Le capitalisme soi-disant «vert» n’est ainsi pas seulement moralement coupable, il est logiquement absurde.</p>
</blockquote>
<p class="p4"><span class="s2"><b>«Debout les damnés de la Terre»</b></span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Cette production effrénée est consubstantielle de notre consommation tout aussi effrénée, qui porte à bout de bras le système capitaliste. La <i>doxa</i> libérale y voit un nouveau moyen d’affirmer la nécessité d’une croissance «verte»: comment vouloir limiter la production de richesse, et donc sa consommation, dans un souci environnemental, alors que la majorité de l’Humanité vit encore aujourd’hui dans la pauvreté? Herbert Marcuse appelle cet argument «l’idéologie de la pénurie»: notre système produit assez de richesses pour donner à chacun les conditions nécessaires pour vivre correctement. Le problème réside beaucoup plus dans l’inégale répartition des richesses que dans leur production: c’est parce que le système capitaliste produit l’essentiel de ses richesses pour une minorité, de certaines personnes, de certains pays, que nous avons toujours le sentiment d’être en pénurie, de n’avoir pas produit assez. Renoncer au capitalisme, ce n’est donc pas renoncer à la production de richesse en soi, c’est accepter une meilleure répartition pour satisfaire les besoins de tous: défi écologique et défi social sont ainsi intimement liés.</span></p>
<p class="p5"><span class="s1">Le capitalisme «vert» ne peut être ainsi qu’au mieux un moyen de repousser l’inévitable crise interne qui surviendra au moment de l’épuisement des ressources. Il est temps d’organiser une transition vers un système redistributif plus juste, un système de production centré sur le bien-être des travailleurs et le respect de l’environnement et une remise en cause profonde de la société consumériste. Pour paraphraser Castoriadis et Lefort, nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons le choix: socialisme ou catastrophe environnementale.</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/11/28/le-mensonge-du-capitalisme-vert/" data-wpel-link="internal">Le mensonge du capitalisme vert</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/11/28/le-mensonge-du-capitalisme-vert/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Marc Miller</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/10/06/marc-miller/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/10/06/marc-miller/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2015 15:33:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualités]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[élection fédérales]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevue]]></category>
		<category><![CDATA[Libéraux]]></category>
		<category><![CDATA[marc miller]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=23339</guid>

					<description><![CDATA[<p> Parti libéral &#124; Ville-Marie — Le Sud-Ouest — Île-des-Sœurs </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/10/06/marc-miller/" data-wpel-link="internal">Marc Miller</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p class="p1"><span class="s1"><b>L</b></span><span class="s1"><b>e Délit (LD):</b> <strong><i>Quelles sont les grandes lignes de votre projet pour le Canada?</i></strong></span></p>
<p class="p3"><span class="s1"><b>Marc Miller (MM): </b>Notre plan est assez concret: pouvoir donner du pouvoir d’achat aux Canadiens pour relancer l’économie au travers d’un investissement historique de 60 milliards, échelonné sur dix ans. Un des piliers clefs de notre plan est la réduction du fardeau fiscal de la classe moyenne. Pour cela, on va demander à ceux qui gagnent le plus de payer leur juste part. Jumelée à cela, nous proposons une réforme de l’allocation familiale: aujourd’hui, des millionnaires touchent ces allocations pour leurs enfants, sans en avoir besoin. Nous allons réformer le système pour donner plus à ceux qui en ont le plus besoin. L’idée dans tout ça est l’égalité des chances: l’effort recherché est de palier l’écart croissant qui s’est créé entre les revenus.</span></p>
<p class="p3"><strong><span class="s1">LD: <i>Le Parti libéral met l’accent sur l’emploi pour les jeunes. Pouvez-vous détailler votre<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>programme pour favoriser l’accès à l’emploi aux jeunes?</i></span></strong></p>
<p class="p3">MM: Nous allons essayer de créer 120 000 emplois pour les jeunes sur les trois prochaines années avec un investissement de plus d’un milliard de dollars pour encourager les employeurs à embaucher des jeunes. Nous allons travailler en collaboration avec Emploi-Canada pour aider les jeunes à faire face à la crise professionnelle actuelle.</p>
<p class="p3"><b>LD:</b> <strong><i>Le programme du Parti libéral peut sembler à première vue assez similaire à celui du Nouveau Parti démocratique. Qu’est-ce qui vous distingue vraiment des propositions du NPD?</i></strong></p>
<p class="p3"><b>MM: </b>Notre programme vise un résultat immédiat, alors que celui du NPD se base sur une obsession à équilibrer le budget Harper, alors qu’il est déjà périmé. Le NPD ne peut donc pas tenir ses promesses. Il y a également une obsession de tout dicter centralement: M. Mulcair veut imposer ses solutions<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>aux provinces, ce qui entraînera sans aucun doute un conflit constitutionnel. Notre projet est plus honnête et courageux en affirmant que nous allons avoir un déficit mais en proposant des solutions immédiates.</p>
<p class="p3"><b>LD:</b> <strong><i>Comment vous êtes-vous engagé en politique?</i></strong></p>
<p class="p3">MM: J’ai commencé la politique en 2008, de façon un peu étrange. En fait, je ne suis pas vraiment une personne partisane: j’aime le Parti libéral parce que j’aime son projet et son leader, Justin Trudeau, que je connais depuis 31 ans et pour lequel je me suis engagé lors de sa campagne en 2008. Mon entrée en politique était donc d’abord pour aider un ami. Ensuite j’y ai pris goût et j’ai aidé Justin pour sa course à la chefferie du parti, sur le plan du financement et comme conseiller.</p>
<p class="p3"><b>LD: </b><strong><em>V</em><i>otre formation en Droit et en Sciences Politiques a‑t-elle joué un rôle dans votre engagement politique?</i></strong></p>
<p class="p3"><b>MM: </b>Les Sciences Politiques aident mais il faut vraiment savoir parler aux gens et sortir de sa zone de confort. C’est un talent qui ne s’apprend pas dans les écoles: j’ai vraiment pris goût à la politique en tant que candidat en 2012, lorsque Justin Trudeau s’est engagé pour la présidence du Parti Libéral.</p>
<p class="p3"><strong>LD: <em>V</em><i>ous avez servi dans l’armée canadienne de réserve. Cela influence-t-il votre projet en termes de défense canadienne?</i></strong></p>
<p class="p3"><b>MM: </b>Au début je me suis engagé tant par sens du devoir que pour gagner un peu d’argent. Je voulais m’entraîner, comprendre ce que c’est d’être dans l’infanterie. J’ai beaucoup d’appréciation pour les <i>peacekeepers</i> et je suis fier du rôle que le Canada joue dans le monde, je pense qu’il devrait jouer un rôle accru. Cela m’a donc influencé d’une façon indirecte: je suis conscient du devoir que nous avons envers<span class="Apple-converted-space">&nbsp; </span>nos soldats.</p>
<figure class="wp-caption aligncenter" style="max-width: 3300px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-full wp-image-23357" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/A-Marc-Miller1.jpg" alt width="3300" height="2874" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/A-Marc-Miller1.jpg 3300w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/A-Marc-Miller1-800x697.jpg 800w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/10/A-Marc-Miller1-1x1.jpg 1w" sizes="auto, (max-width: 3300px) 100vw, 3300px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit">Chloé Mour</span>		</figcaption>
	</figure>

<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/10/06/marc-miller/" data-wpel-link="internal">Marc Miller</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/10/06/marc-miller/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le marxisme est un individualisme</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2015/09/29/le-marxisme-est-un-individualisme/</link>
					<comments>https://www.delitfrancais.com/2015/09/29/le-marxisme-est-un-individualisme/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[Firas Diab]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 29 Sep 2015 19:22:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Opinion]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[marxisme]]></category>
		<category><![CDATA[point de vue]]></category>
		<category><![CDATA[théorie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://www.delitfrancais.com/?p=23258</guid>

					<description><![CDATA[<p>Liberté et égalité vont de pair. </p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/09/29/le-marxisme-est-un-individualisme/" data-wpel-link="internal">Le marxisme est un individualisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<figure class="wp-caption alignleft" style="max-width: 592px">
			<img loading="lazy" decoding="async" class="size-medium wp-image-23259" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/09/S-liberteegalite-592x800.jpg" alt width="592" height="800" srcset="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/09/S-liberteegalite-592x800.jpg 592w, https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2015/09/S-liberteegalite-1x1.jpg 1w" sizes="auto, (max-width: 592px) 100vw, 592px">		<figcaption class="wp-caption-text">
			<span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/matilda-nottage/?media=1" data-wpel-link="internal">Matilda Nottage</a> | Le Délit</span>		</figcaption>
	</figure>

<p class="p1"><span class="s1">L</span><span class="s1">’actuelle campagne électorale canadienne, tout comme les précédentes, peut être perçue comme un affrontement de valeurs entre une droite qui favoriserait la liberté individuelle et une gauche qui contraindrait cette liberté, au nom d’une plus grande égalité. Liberté et égalité seraient ainsi dans un rapport conflictuel, l’une ne pouvant s’accomplir qu’au détriment de l’autre. Cette opposition, intériorisée par les partis de gauche eux-mêmes, ne va cependant pas de soi. Karl Marx, le grand théoricien du socialisme, auquel remontent de façon plus ou moins directe et assumée les partis de gauche d’aujourd’hui, propose ainsi une grille de lecture entièrement différente: à l’inverse de ce que l’on dit souvent à son sujet, Marx voit dans l’égalité non pas un objectif à atteindre qui remplacerait la liberté mais plutôt la condition à <i>sine qua non</i> cette dernière.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Libéralisme anti-libertés</b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">En effet, pour Marx, le libéralisme, en postulant que tous les individus sont égaux à leur naissance, nie une réalité de fait: il y a de profondes inégalités économiques qui font que certains n’ont d’autre choix que de proposer leur force de travail, tandis que d’autres héritent des moyens d’acheter cette force. En d’autres termes, et pour reformuler l’idée de Marx, la majorité des individus travaille car elle n’a pas d’autres moyens de survie tandis qu’une minorité peut investir les moyens qu’elle a en surplus pour employer ces individus. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">On pourrait peut-être se satisfaire de cet état de fait dans la situation idéale de relations de travail harmonieuses, dans lesquelles le patron viserait d’abord l’intérêt collectif de ses employés. Le problème est que le système capitaliste actuel cherche avant tout le profit et impose à cette fin des conditions de travail aliénantes, notamment à travers un rythme de production effréné. Il prive de ce fait la majorité de la société de toute vraie liberté, atteinte selon Marx, lorsqu’un individu est «auto-actif», à savoir lorsqu’il peut choisir un travail dans lequel il peut se «réaliser», s’épanouir.</span></p>
<p class="p4"><span class="s2"><b>Tous pour un </b></span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Aujourd’hui, la majorité des travailleurs est dans une situation de travail aliénante, forcés à atteindre un niveau de productivité toujours plus grand, sans pouvoir espérer choisir un travail où la logique économique serait placée derrière son bien-être. Ainsi, le libéralisme en acceptant la perpétuation du système capitaliste, promeut une fausse liberté, un système dans lequel seuls quelques individus, les plus aisés, peuvent se satisfaire de leur condition. </span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Le projet marxiste est donc de planifier une nouvelle organisation de la production, plus égalitaire, afin que la dépendance naturelle de chacun à autrui ne soit plus une condition d’asservissement de la majorité par une minorité mais la possibilité pour chacun de trouver un travail libérateur. Le marxisme va donc bien au-delà d’une simple remise en cause des inégalités économiques: il vise plus d’égalité pour permettre à chacun d’avoir les moyens de se libérer.</span></p>
<p class="p6"><span class="s1">Ainsi, le marxisme ne prétend pas effacer l’individu au profit du tout, mais il prétend au contraire mettre le tout au service de la libération de chaque individu. Il vise à mettre en place une société dans laquelle le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. Aujourd’hui, il convient donc de rappeler: le marxisme est un individualisme, un courant qui veut plus d’égalité pour permettre à chaque individu d’être réellement libre. La gauche canadienne, tout comme celle européenne, ferait ainsi bien de se rappeler qu’égalité et liberté ne sont pas des objectifs distincts mais complémentaires.&nbsp;</span></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2015/09/29/le-marxisme-est-un-individualisme/" data-wpel-link="internal">Le marxisme est un individualisme</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://www.delitfrancais.com/2015/09/29/le-marxisme-est-un-individualisme/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
