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	<title>Angelina Guo - Le Délit</title>
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	<link>https://www.delitfrancais.com/author/angelina-guo/</link>
	<description>Le seul journal francophone de l&#039;Université McGill</description>
	<lastBuildDate>Wed, 06 Apr 2022 12:11:27 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
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		<title>À la croisée des chemins</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2022/04/06/a-la-croisee-des-chemins/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Angelina Guo]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 06 Apr 2022 13:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Entrevues]]></category>
		<category><![CDATA[Littérature]]></category>
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		<category><![CDATA[bilinguisme]]></category>
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		<category><![CDATA[littérature québécoise]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entretien avec l’artiste multidisciplinaire Nicholas Dawson.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2022/04/06/a-la-croisee-des-chemins/" data-wpel-link="internal">À la croisée des chemins</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Nicholas Dawson est auteur, éditeur, artiste, chercheur, militant. Ses dernières publications incluent le livre <em>Désormais, ma demeure</em>, paru en 2020 et ayant gagné le Grand prix du livre de Montréal en 2021 ainsi que le Prix de la diversité Metropolis Bleu la même année. Il a également fait paraître <em>Nous sommes un continent</em>, correspondance dans laquelle sa voix se mêle à celle de l’autrice Karine Rosso. <em>Le Délit </em>l’a rencontré au sujet de ces deux publications.&nbsp;</p>



<p><strong><em>Le Délit</em></strong> <strong>(LD) :</strong> <em>Pensais-tu, plus jeune, que tu écrirais des livres et serais chercheur, parmi d’autres occupations? Quelles facettes respectives de ta personnalité associes-tu aux langues que tu maîtrises, soit le français, l’anglais et l’espagnol?</em></p>



<p><strong>Nicholas Dawson (ND) :</strong> Pour répondre à la première partie de la question, je ne sais pas trop comment je me projetais quand j’étais plus jeune. Par contre, j’étais très intéressé par toutes les formes d’expression artistique: j’ai fait de l’improvisation, j’ai appris à jouer quelques instruments de musique, je dessinais beaucoup, puis je me suis intéressé à la lecture, à la musique, au théâtre, aux arts visuels, à l’écriture. Je rêvais certainement d’être artiste, peu importe la discipline, mais je ne savais pas si ce rêve était vraiment atteignable. Je peux dire, donc, que j’ai réalisé mon rêve d’enfance!&nbsp;</p>



<p>Quant à la seconde question, je vous dirais que je ne sépare pas les choses comme ça. Les langues que je parle, et qui m’habitent, sont mobiles, mouvantes; elles se déplacent selon les contextes, les lieux dans lesquels je me trouve, les personnes avec qui je parle. Ce serait trop facile, trop catégorique, et franchement ennuyeux, de dire que le français occupe une place intellectuelle, l’anglais une place transactionnelle et l’espagnol une place émotive. Ce serait surtout faux et très cliché. Je pleure, je crée, je chante et j’aime dans ces trois langues, même si j’en maîtrise certaines plus que d’autres. Les langues, comme d’ailleurs les facettes de ma personnalité, sont toujours plurielles, instables, précaires.&nbsp;</p>



<p><strong>LD:</strong> <em>La recherche-création se fait la colonne vertébrale de tes travaux artistiques et académiques. Elle est aussi au centre des préoccupations dans </em>Nous sommes un continent<em>. Que représente cette approche pour toi? Que permet-elle?</em></p>



<p><strong>ND: </strong>Pour moi, sur le plan académique, la recherche-création a été une approche salutaire qui m’a autorisé à aborder le multilinguisme, les épistémologies alternatives, les <em>cultural studies</em>, les expériences de soi et personnelles, les enjeux de marginalisation (dont les enjeux raciaux et queer), sans avoir à me soumettre automatiquement à des règles centenaires traditionnelles qui reproduisent des dynamiques de pouvoir encore en place à l’université et qui maintiennent souvent les personnes marginalisées (et leurs méthodes, épistémologies et langages) dans la honte et le silence. La recherche-création était pour moi une approche qui me permettait de créer, de chercher et de théoriser avec des engagements politiques clairs et radicaux.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Ce serait trop facile, trop catégorique, et franchement ennuyeux, de dire que le français occupe une place intellectuelle, l’anglais une place transactionnelle et l’espagnol une place émotive. Ce serait surtout faux et très cliché. Je pleure, je crée, je chante et j’aime dans ces trois langues&nbsp;»</p></blockquote>



<p><strong>LD:</strong> C<em>omment te positionnes-tu dans le champ littéraire québécois? Ressens-tu parfois une certaine fatigue ou une frustration liée au fait d’être étiqueté comme un écrivain de la diversité, de la communauté LGBTQ+, etc.? Comment faire l’équilibre entre la reconnaissance des obstacles engendrés par notre identité, et le désir d’universaliser, de créer des ponts entre soi-même et l’autre?</em></p>



<p><strong>ND:</strong> Je ne suis pas fatigué de ça: ma carrière et ma visibilité dans le milieu ont été bâties entre autres par des revendications de représentation, des prises de positions antiracistes et anti-queerphobes. Ce serait malhonnête de ma part de me plaindre de cette catégorisation dont je fais l’objet alors que j’y ai moi-même contribué. Par contre, je suis fatigué de la difficulté qu’on a, dans le milieu, à croiser les enjeux et les expériences; le plus souvent, on me considère comme un écrivain «de la diversité», et plus récemment on me considère comme un écrivain queer. C’est extrêmement rare qu’on arrive à croiser les deux expériences, alors que mon travail croise toujours ces enjeux (avec aussi les enjeux de genre, de classe et d’affect).&nbsp;</p>



<p>Par ailleurs, j’avoue que je n’ai absolument pas le «désir d’universaliser», que je ne considère pas comme un synonyme de «créer des ponts entre soi-même et l’autre». Je ne sais honnêtement pas ce que ça veut dire, «universaliser», et si c’est de se défaire de ce qui fait de chacun·e de nous des personnes singulières pour mieux être accueilli·e·s par les autres, alors je refuse complètement toute forme d’universalisation. C’est avec la singularité des gens, leurs récits, leurs expériences et leurs formations identitaires, qu’on crée des ponts : on accueille l’autre en tant que sujet, non pas en tant qu’objet exempt de toute forme de <em>je</em>. Je crois que les ponts se créent lorsqu’on arrive à considérer les autres, et à les écouter, en tant que sujets singuliers, dont les expériences individuelles sont inscrites dans une grande histoire sociale dans laquelle nous nous inscrivons également, avec nos expériences, nos langues, nos couleurs et nos subjectivités. Dans ma thèse, j’écris : «je + je c’est plein de nous». Il n’y a rien d’universel là-dedans, mais c’est un véritable pont qui se crée entre deux expériences de subjectivation.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;La recherche-création était pour moi une approche qui me permettait de créer, de chercher et de théoriser avec des engagements politiques clairs et radicaux&nbsp;»</p></blockquote>



<p><strong>LD:</strong> <em>Pour les personnes immigrantes ou de seconde génération, on parle souvent de ce sentiment d’être étranger peu importe où on va en raison de cette double-culture qui, en grandissant, est assez difficile à habiter. Comment te situes-tu aujourd’hui par rapport à cet héritage métissé, en quoi a‑t-il évolué et quels modes de pensée t’ont aidé à accepter ou à vivre avec cette «étrangeté»? Tu mentionnes notamment cette idée du soi transnational, transpersonnel, pourrais-tu la détailler?</em></p>



<p><strong>ND:</strong> Je ne me sens pas étranger partout – en fait, oui, mais c’est plus compliqué que ça. Ce que je sens, c’est qu’<em>on me fait</em> sentir étranger pas mal partout, et même le mot <em>étranger</em> n’est peut-être pas le bon. On me fait souvent sentir comme un non-sujet, ou en tout cas, un sujet soumis aux manipulations et aux catégorisations des autres. Par exemple,&nbsp;au Chili, il arrive qu’on me dise que je ne suis pas un vrai Chilien à cause de mes privilèges (économiques, surtout), alors effectivement je me sens étranger dans mon pays natal. Mais il arrive aussi qu’au Chili on me dise que je suis un vrai Chilien parce que je parle «chilien» – ça m’est beaucoup arrivé quand je faisais des blagues ou quand je m’exprimais avec des mots argotiques de Santiago. Le résultat ici n’est pas tant de me sentir étranger – puisqu’on me dit au contraire «tu es des nôtres, tu corresponds au lieu où nous sommes et où tu es né» –, mais plutôt de sentir qu’il est impossible d’avoir une réelle agentivité d’appartenance et de mon récit des origines. Pareil au Québec: on me dit la plupart du temps que je suis un vrai Québécois parce j’écris, j’enseigne, je parle la langue, je suis «presque né ici», etc. Mais souvent on me demande : «tu te sens plus Québécois ou plus Chilien», ce qui est une question excessivement violente parce qu’elle me force à faire un choix – on ne pose pas cette question à des personnes nées ici et pas issues de l’immigration, et donc ce choix impose toujours qu’on ne soit jamais au bon endroit. D’une façon ou d’une autre, ce qu’on fait, c’est qu’on essaie de choisir, de classer, de catégoriser à ma place. Donc ce n’est pas tout à fait un sentiment d’étrangeté qu’un sentiment de perte d’agentivité, ce qui est à mon avis un des résultats politiques, mais aussi psychiques, les plus violents de la xénophobie et du racisme.&nbsp;</p>



<p><strong>LD :</strong> <em>Dans </em>Nous sommes un continent, <em>Karine et toi parlez de votre rapport mitigé au français, bien qu’il soit votre langue d’écriture. Quelle place l’hétérolinguisme occupe, selon toi, dans la littérature québécoise?</em></p>



<p><strong>ND :</strong> J’entretiens un doute avec le français, qui est parent du doute qu’on a quand on écrit, peu importe notre rapport aux langues et au nombre de langues qu’on parle, mais qui est aussi différent parce qu’on n’a simplement aucune certitude qui nous précède sur le savoir de cette langue.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;Je crois que les ponts se créent lorsqu’on arrive à considérer les autres, et à les écouter, en tant que sujets singuliers, dont les expériences individuelles sont inscrites dans une grande histoire sociale dans laquelle nous nous inscrivons également, avec nos expériences, nos langues, nos couleurs et nos subjectivités&nbsp;»</p></blockquote>



<p>Je ne suis pas sûr de comprendre la seconde partie de la question: l’hétérolinguisme dans la littérature québécoise est… partout. [rires] Je veux dire, on joue beaucoup au Québec avec les registres de langues, avec les régionalismes et avec la forme en général. On utilise aussi souvent l’anglais – moi-même je le fais pas mal. Mais ça demeure un hétérolinguisme, dans le sens où l’usage de l’anglais est la plupart du temps un usage tel que fait dans le monde social québécois (très montréalais en fait) <em>en français</em>, et non pas dans une entreprise de rupture des structures linguistiques. Mais on accueille relativement bien l’hétérolinguisme, à mon avis, dans le milieu littéraire québécois ; c’était très, très rare qu’on m’ait empêché d’utiliser l’espagnol ou qu’on m’ait obligé à le traduire. À la limite, j’ai connu beaucoup plus de résistance avec l’usage de l’anglais que de l’espagnol, une résistance qui n’est évidemment pas liée à l’hétérolinguisme en soi comme pratique, mais bien à l’anglais qui est peut être considéré par certain·e·s, dans une approche un peu nationaliste et un peu colonisée selon moi, comme la langue ennemie. Ça, c’est un autre débat, et j’avoue que je n’embarque pas dans ces logiques historico-nationalistes qui flirtent un peu trop selon moi avec une conception très coloniale et très «puriste» de la langue française.&nbsp;</p>



<p><strong>LD :</strong> <em>Dans ce même livre, Karine et toi échangez sur le passage de «l’écriture de la colère» à « l’écriture compatissante», en parlant entre autres de l’épuisement qui peut parfois s’enchaîner à force de dénoncer, de militer; un mouvement qui relève de la nécessité, mais qui entraîne aussi une lourde charge émotionnelle. Comment arrives-tu à garder l’équilibre entre ces deux postures tout aussi importantes l’une que l’autre?</em>&nbsp;</p>



<p><strong>ND : </strong>Qui a dit que je garde l’équilibre? [rires] Je blague à moitié: la fatigue et l’épuisement professionnel sont monnaie courante parmi les militant·e·s et les personnes marginalisées. Ça m’est arrivé plus d’une fois. Je dirais que j’essaie de mieux choisir mes combats, de créer des réseaux de solidarité pour mieux se partager la tâche des dénonciations, des actions et d’autres formes de militantisme, qui sont aussi des communautés de soin et de sécurité. J’essaie aussi d’être davantage compatissant avec moi-même: ne pas embarquer dans la prochaine chicane ou dans le prochain scandale peut parfois être très salutaire, malgré la honte, le sentiment de désolidarisation ou juste le <em>FOMO</em> que ça peut produire. Il faut avoir de la compassion pour soi et pour les autres, pour les limites de nos luttes, pour militer et écrire sur nos expériences de marginalisation. Sinon, ça peut rapidement devenir violent, pour soi et pour les autres.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;L’hybridité et les métissages sont pour moi des manières de demeurer dans l’arène, en situation de doute et de questionnements, des manières de m’assurer de ne pas fixer ce que je crée, de ne pas m’asseoir sur des certitudes qui peuvent devenir des prisons ou au contraire des maisons beaucoup trop confortables&nbsp;»</p></blockquote>



<p><strong>LD : </strong><em>En plus d’écrire, tu as aussi une pratique photographique que tu intègres à</em> Désormais, ma demeure. <em>Qu’est-ce que la photographie te permet d’exprimer que l’écriture ne peut pas, et comment conçois-tu le mélange des genres et des médiums qui caractérise cette œuvre? Quelles sont les choses ou les thématiques que tu trouves les plus difficiles à exprimer par le langage écrit?</em></p>



<p><strong>ND : </strong>Encore une fois, j’ai du mal à séparer les choses comme ça. Je ne sais pas, honnêtement, pourquoi je vais toujours voir ailleurs – dans les dernières années, je fais moins de photo et beaucoup plus d’art sonore. Je crois que c’est à penser comme ma pratique d’écriture: l’hybridité et les métissages sont pour moi des manières de demeurer dans l’arène, en situation de doute et de questionnements, des manières de m’assurer de ne pas fixer ce que je crée, de ne pas m’asseoir sur des certitudes qui peuvent devenir des prisons ou au contraire des maisons beaucoup trop confortables. Je veux pouvoir me déplacer le plus possible, parce que rien n’est stable pour moi, à commencer par l’identité. C’est peut-être simplement, donc, par une chose très, très simple: l’adéquation fond/forme. Je travaille sur l’instabilité des identités, ça se fait donc par une éternelle instabilité de formes.&nbsp;</p>



<blockquote class="wp-block-quote has-text-align-center is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow"><p>«&nbsp;J’ai l’impression que les textes et les livres que j’écris sont la simple démonstration de processus d’apprentissage toujours ouverts, en cours, inachevés. Je vois l’édition de la même manière : elle me permet de demeurer dans cet état d’apprentissage constant&nbsp;»</p></blockquote>



<p><strong>LD : </strong><em>Qu’est-ce que ton travail d’éditeur représente pour toi, par rapport à ta pratique d’auteur? Comment se complètent-elles, ou au contraire, entrent-elles en opposition l’une à l’autre?</em></p>



<p><strong>ND : </strong>Elles ne sont pas en opposition, mais parfois elles sont en conflit, ou plutôt en tension. J’apprends à lire et à écrire, c’est mon truc de toujours. En tant qu’écrivain, je n’ai pas l’impression d’arrêter, d’arriver à un résultat de connaissance de l’écriture quand le livre est achevé et publié. Au contraire, j’ai l’impression que les textes et les livres que j’écris sont la simple démonstration de processus d’apprentissage toujours ouverts, en cours, inachevés. Je vois l’édition de la même manière: elle me permet de demeurer dans cet état d’apprentissage constant. De ce fait, je ne suis pas un éditeur qui dit aux auteur·rice·s «ceci est mieux comme ça et c’est tout» comme si j’avais la vérité. J’entre en conversation avec eux·lles et leurs œuvres, nous cheminons ensemble, nous entrons dans un processus de manière à continuer à apprendre ensemble ce qu’est écrire et lire. Cela se fait en maintenant une tension entre ce qu’on vit, ce qu’on lit et ce qu’on écrit, entre les relations. C’est cette tension que j’entretiens entre l’édition et mon écriture. Des fois, c’est confortable, la plupart du temps ce ne l’est pas. Et c’est très bien ainsi.</p>
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]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 3)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Angelina Guo]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 19:29:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45618</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sélection de poèmes pour conclure la troisième édition du concours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/CulturePoésieBaleine.jpg" alt class="wp-image-45488"><figcaption><span class="media-credit">alexandre gontier</span></figcaption></figure>



<p><strong>Anaël Bisson</strong></p>



<p><strong><em>Les baleines à brosses</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Les algues dans ta trachée</p>



<p>te rappellent les arômes de ton enfance</p>



<p>te rappellent ton père</p>



<p>viscosité des souvenirs passés date</p>



<p>qui te collent à la peau comme le sable te colle aux pieds</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Petite, il te disait de regarder par la fenêtre du wagon de métro</p>



<p>entre les traces laissées par tes doigts</p>



<p>pour mieux voir les tortues de mer&nbsp;</p>



<p>qui peuplaient les souterrains imaginaires</p>



<p>de cette ville engloutie par vos eaux&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu ne savais pas qu’il noierait ton innocence</p>



<p>sous les rues de Montréal</p>



<p>que l’intérieur de tes poumons serait habillé de mousse verte &nbsp;&nbsp;&nbsp; et de ménés grisâtres</p>



<p>que le fleuve s’infiltrerait &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; dans ton corps à toi</p>



<p>par les crevasses qu’il tailladerait &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; dans ses bras à lui</p>



<p>avec les mille et un fragments d’un seul corail&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu ne savais pas que les espèces marines de la ligne verte s’éteindraient</p>



<p>pour faire plus de place&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; aux fous qui errent sur les quais</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;plus de place &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à tes vomis de lendemain de veille</p>



<p>après avoir léché trop de sel sur tes poignets&nbsp;</p>



<p>pour mieux te rappeler l’océan et oublier tout le reste</p>



<p>pour faire plus de place&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à ses pulsions occasionnelles</p>



<p>d’apprendre à nager le crawl sous les rails</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; à tous ses plongeons manqués&nbsp;</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; ses frousses soudaines du tremplin jaune</p>



<p>devant le regard blasé des opérateurs</p>



<p>qui savent qu’il n’aime pas la sensation de l’eau dans ses narines</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;qu’il a peur de la décharge électrique</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;que les gens comme lui ne sautent jamais</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Depuis tes douze ans et trois quarts</p>



<p>tu te vantes d’avoir vu toutes les stations</p>



<p>comme si ça voulait dire autre chose</p>



<p>qu’aidez-moi-je-ne-vais-nulle-part</p>



<p>comme si tu ne connaissais pas comme seule étreinte</p>



<p>que celle du métal des tourniquets sur ton corps-calcaire</p>



<p>comme si la STM n’avait pas arraché le soleil à ta peau</p>



<p>comme si tu ne trouvais pas refuge dans la voix féminine&nbsp;</p>



<p>qui bégaie code 904 sur la ligne orange</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; on attend l’autorisation pour peut-être repartir mais</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; ne t’impatiente pas</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; de toute façon personne ne t’attends nulle part&nbsp;</p>



<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp; code 904 sur la ligne orange</p>



<p>dans le creux de ton oreille</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Quand tu remontes à la surface</p>



<p>tu prends les escaliers roulants&nbsp;</p>



<p>tu laisses la voix des passants&nbsp;</p>



<p>remplacer les bourrasques dans ta tête</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu respires enfin&nbsp;</p>



<p>et dans les rues bondées&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te regarde comme si tu n’étais pas née&nbsp;</p>



<p>d’un ricochet manqué&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; galet difforme</p>



<p>d’un french sans écume dans le parking du cinéma Imax</p>



<p>après un documentaire trop bleu sur les créatures abyssales</p>



<p>d’un interlude silencieux entre deux apnées de poudre</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te touche comme si tu n’étais pas née&nbsp;</p>



<p>sous huit couches des sédiments&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; de moitiés d’hommes&nbsp;</p>



<p>sous la pression de leurs jointures&nbsp;&nbsp;&nbsp; sur les côtes de leurs femmes&nbsp;</p>



<p>Stromatolithe&nbsp;</p>



<p>conservée sous les couches de bouchons de lièges</p>



<p>de je-vous-salue-Marie chuchotés dans le placard&nbsp;&nbsp;&nbsp; et d’éclats de verres old-fashioned&nbsp;</p>



<p>moulée par les vibrations&nbsp;</p>



<p>des cris et des tirs d’un fusil de chasse</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on te parle comme si tu n’étais pas&nbsp;</p>



<p>un grain de sable dans une palourde vide</p>



<p>une presque perle &nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp; qui ne brille pas&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu oublies que c’est avec des morceaux de ton corps</p>



<p>qu’ils ont fait l’île Sainte-Hélène</p>



<p>que c’est toi qui es crucifiée sur le Mont-royal</p>



<p>que les bateaux du Vieux-Port</p>



<p>baignent dans les larmes de ta mère</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Le soir, dans ta chambre</p>



<p>tu tournes sans fin</p>



<p>en espérant que la force centrifuge</p>



<p>enlève l’eau dans tes poumons&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>et la mette à tes pieds</p>



<p>comme la mer qui les lavait</p>



<p>du sang sur lesquels ils ont marchés</p>



<p>avant même qu’il ne coule</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>Ton corps est troué</em></p>



<p>tu le remplis de mauvais poèmes et de lait&nbsp;</p>



<p><em>le vent siffle au travers</em></p>



<p>tu hurles par dessus</p>



<p><em>chuchote ce qu’il manque &nbsp;&nbsp;&nbsp; au pli</em></p>



<p><em>de ton coude</em></p>



<p>le verre est toujours vide &nbsp;&nbsp;&nbsp; tu le cales et tu coules</p>



<p><em>les îles qui s’y glissent</em></p>



<p>Dérivent entre tes seins</p>



<p><em>les absences qui élargissent tes hanches</em></p>



<p>Dorment en cuillère avec toi la nuit</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>tu ne sais plus habiter la ville</em></p>



<p>tu l’embrasses les yeux fermés</p>



<p><em>lui invente des passants recousus</em></p>



<p>pour qui tu n’as pas de visage</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>ça résonne au-dedans de toi</em></p>



<p>comme tous leurs silences d’ailleurs</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em>et le sel&nbsp;</em></p>



<p><em>remonte dans ta gorge.</em></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 2)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Angelina Guo]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 19:25:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45616</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sélection de poèmes pour conclure la troisième édition du concours.</p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap has-text-align-right">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="https://www.delitfrancais.com/wp-content/uploads/2021/11/CulturePoésie-524x1000.jpg" alt class="wp-image-45489"><figcaption><span class="media-credit"><a href="https://www.delitfrancais.com/author/gontieralexandre/?media=1" data-wpel-link="internal">Alexandre Gontier</a> | Le Délit</span></figcaption></figure>



<p><strong>Catherine Légaré</strong></p>



<p><strong><em>Le corps au calme</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Tu penses&nbsp;</p>



<p>comme tu respires</p>



<p>les grands airs salins</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu confonds un littoral avec ta mémoire</p>



<p>tu inventes des souvenirs</p>



<p>pour les hommes&nbsp;</p>



<p>qui s’échouent près de tes cuisses</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tes narines sont</p>



<p>des cavernes de cristal</p>



<p>où des noms résonnent en écho</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>un cri un SOS un appel à hier&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>l’infini traverse ta poitrine</p>



<p>une route galeuse</p>



<p>qui mène aux versants marins&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>c’est tout le fleuve qui coule entre tes jambes</p>



<p>tous les tremblements qui partent de ton corps</p>



<p>tout le monde qui s’abreuve à toi</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la gorge au large tu hurles</p>



<p>et les albatros se reposent sur ta langue&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>on fait des trésors de tes seins</p>



<p>des nénuphars de tes yeux</p>



<p>des pétales de tes lèvres</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu es observée au loin</p>



<p>une presqu’île aux mille légendes</p>



<p>ta bouche est un secret sur lequel je me repose</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>et j’ai un océan entier pour te bercer.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Pierre-Olivier Bergeron-Noël</strong></p>



<p><em><strong>Le fracas de tes ravages</strong></em></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>Me cacher&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; vivre sous les ronces&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>quand ta langue déverse sa rouille&nbsp;</p>



<p>dans mes affres à vifs&nbsp;</p>



<p>feu garroché</p>



<p>tempête de sable dans la gorge</p>



<p>tout tangue</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu aboies&nbsp;</p>



<p>la sauvage calcification&nbsp;</p>



<p>de tes douleurs aux ombres d’écueils&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>l’asphyxie banalisée&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>ton épieu&nbsp;</p>



<p>plongé entre la glace et ton reflet&nbsp;</p>



<p>*</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu nous décomposes</p>



<p>et la bile renaît&nbsp;</p>



<p>sous la guillotine</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>entre les jours&nbsp;</p>



<p>mon visage ondule&nbsp;</p>



<p>près de ma carcasse étirée sur la rive</p>



<p>à l’odeur du soleil absent&nbsp;</p>



<p>je goûte le fer de mes gémissements</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la lente corrosion des scarabées</p>



<p>l’incendie attendu</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>ton étreinte comme des barbelés</p>



<p>tes crachats&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;</p>



<p>me trouent les viscères&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>nos corps&nbsp;</p>



<p>se brodent au mercure brûlant des heures&nbsp;</p>



<p>qui passent sans retour&nbsp;</p>



<p>*</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>la nuit dans mes rêves&nbsp;</p>



<p>le fer de ta coque se déchire&nbsp;</p>



<p>sur ta chair&nbsp;</p>



<p>&nbsp;j’en arrache les lamelles&nbsp;</p>



<p>comme des lattes pourries&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu hurles mais j’étouffe le fracas de tes ravages&nbsp;&nbsp;</p>



<p>avec des planches&nbsp;</p>



<p>et toute une artillerie de battements de cœur</p>



<p>que tu ne croyais plus jamais entendre&nbsp;</p>



<p>de mon vivant&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center"><meta charset="utf-8">***</p>



<p class="has-text-align-right"><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-3/" data-wpel-link="internal"><strong>Continuer à la troisième partie »</strong></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Délier la poésie (Partie 1)</title>
		<link>https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-4/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Angelina Guo]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 18 Nov 2021 16:33:56 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Concours]]></category>
		<category><![CDATA[Créations]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Littéraires]]></category>
		<category><![CDATA[Slider]]></category>
		<category><![CDATA[concours de poésie]]></category>
		<category><![CDATA[poème]]></category>
		<category><![CDATA[poésie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://www.delitfrancais.com/?p=45587</guid>

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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-drop-cap">Vous trouverez, dans les prochaines pages, les cinq textes finalistes de la troisième édition du concours de poésie organisé par <em>Le Délit.</em> Le·a gagnant·e sera annoncé·e lors de notre édition du 24 novembre et se méritera le recueil de poésie <em>Les univers parallèles</em> de Laurie Bédard, gracieusement offert par la librairie Alire.</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Angelina Guo</strong></p>



<p><strong><em>Tu ne sais plus habiter ton corps</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>le lieu : to burst</p>



<p>ton corps est troué</p>



<p>le vent siffle au travers</p>



<p>chuchote &nbsp; &nbsp; ce qu’il manque au pli</p>



<p>de ton coude</p>



<p>les îles qui s’y glissent</p>



<p>les absences élargissent tes hanches</p>



<p>tu ne sais plus habiter la ville</p>



<p>lui inventes des passants recousus</p>



<p>ça résonne au-dedans de toi&nbsp;</p>



<p>et le sel</p>



<p>remonte dans ta gorge</p>



<p>and bursts</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>into a hollow knot</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>tu ne sais plus habiter ton corps</p>



<p>sa surface qui s’épluche</p>



<p>ne sais même plus</p>



<p>de quand date ce vent</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>de quel équilibre</p>



<p>est faite ta tête</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>même les hommes</p>



<p>qui parcourent tes artères</p>



<p>se plaignent de tes failles</p>



<p>ton toucher osseux</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>chuchotent&nbsp;</p>



<p>au creux de ton ventre</p>



<p> &nbsp; &nbsp; j’entends la mer</p>



<p> &nbsp; &nbsp; je n’y crois plus&nbsp;</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>et tandis que ton coude</p>



<p>s’enroule</p>



<p>autour de leur faim</p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>le lieu se dissipe</p>



<p>ton armure rétrécit</p>



<p>ne laissant sur le lit</p>



<p>qu’une pelure de pomme&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p><strong>Amélie Ducharme </strong></p>



<p><strong><em>Presque là</em></strong></p>



<div style="height:22px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p>sens-tu que&nbsp;</p>



<p>je fonds sous&nbsp;</p>



<p>la couette que&nbsp;</p>



<p>je baigne dans&nbsp;</p>



<p>ce chaud de&nbsp;&nbsp;</p>



<p>5 heures 57&nbsp;</p>



<p>mais il manque&nbsp;</p>



<p>ton oreiller&nbsp;</p>



<p>je sais t’habiter&nbsp;</p>



<p>me sens-tu qui&nbsp;</p>



<p>sors les doigts puis saisis ce petit toi&nbsp;</p>



<p>appels récents&nbsp;</p>



<p>favoris j’ai&nbsp;</p>



<p>le choix&nbsp;</p>



<p>de fermer&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center">les yeux&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right">et fondre&nbsp;</p>



<p><em>allo?&nbsp;</em></p>



<p>à deux pas mais&nbsp;&nbsp;</p>



<p>me sens-tu&nbsp;</p>



<p>presque là&nbsp;</p>



<p>lève la couette et&nbsp;</p>



<p>tends-moi&nbsp;&nbsp;</p>



<p>l’oreiller</p>



<p class="has-text-align-center">***</p>



<p class="has-text-align-right"><a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-partie-2/" data-wpel-link="internal"><strong>Continuer à la deuxième partie »</strong></a></p>
<p>L’article <a href="https://www.delitfrancais.com/2021/11/18/delier-la-poesie-4/" data-wpel-link="internal">Délier la poésie (Partie 1)</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.delitfrancais.com" data-wpel-link="internal">Le Délit</a>.</p>
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