McGill décerne à son propre événement une certification écoresponsable

Entretien avec le Bureau du développement durable sur le programme de certification des événements mcgillois.

Adélia Meynard | Le Délit

Stéphanie Keller-Busque, agente du développement durable à McGill, annonçait le 25 juin dernier la certification de la collation des grades du printemps comme premier événement virtuel écoresponsable depuis la relance du programme de certification. La collation des grades a obtenu cette homologation en remplissant au moins 80% des 20 critères établis par le programme pour réduire son impact environnemental ainsi que d’en améliorer l’inclusivité, l’accessibilité et les retombées économiques locales. Parmi les actions mises de l’avant dans cette liste de vérification, l’on retrouve notamment le choix de commanditaires socialement responsables, l’invitation à garder sa caméra éteinte afin de limiter la consommation d’énergie et la communication bilingue. 

→ Voir aussi : Mcgill zéro déchet et carboneutre d’ici 2040

Malgré ce processus, plusieurs versions du meme ci-bas ont circulé sur le réseau social Reddit dans les mois suivant l’annonce. Leurs auteurs présentaient la certification comme une « tape sur l’épaule » que l’administration de l’Université se donnait à elle-même. Les différents memes ont généré plusieurs centaines de réactions sur le réseau social et ont lancé un débat parmi les internautes quant à la légitimité du programme de certification d’événements écoresponsables.

Reddit

Pour éclaircir la question, Le Délit s’est entretenu avec Stéphanie Keller-Busque, responsable de la certification, ainsi que François Miller, directeur exécutif du Bureau du développement durable de l’Université.

Le Délit : Quel a été le rôle et quel est le rôle actuel du Bureau du développement durable et de l’administration mcgilloise dans le programme de certification des événements ?

François Miller : Le programme a été lancé par notre bureau en 2017. 327 événements ont été certifiés depuis, et c’est notre bureau qui continue à l’administrer avec le soutien de stagiaires et de bénévoles. Le programme vise à encourager les organisateurs d’événements de l’administration, des facultés et de la communauté étudiante à mettre en place des pratiques écoresponsables dans leurs événements en leur fournissant des ressources et en reconnaissant leurs efforts via la certification. Les étudiants jouent un rôle crucial dans le déploiement de cette dernière ; 34 d’entre eux ont travaillé à la réussite du programme jusqu’à maintenant. C’est souvent eux qui rencontrent les organisateurs et les accompagnent pour remplir la liste de vérification et les rediriger vers les ressources pertinentes qu’offre l’Université. 

Le Délit : Y a‑t-il eu, au cours du processus de création de la certification, une ou plusieurs consultations d’organismes de certification indépendants ?

Stéphanie Keller-Busque : Nous avons consulté le Conseil québécois des événements écoresponsables, et c’est lui qui nous a fourni certains outils pour développer les critères du programme. Par la suite, nous avons reçu le prix du développement durable sur le campus de l’Association pour l’avancement de la durabilité dans l’éducation supérieure (AASHE) pour nos programmes d’engagement – incluant la certification – et avons été finalistes chez les Vivats, un concours québécois pour les événements écoresponsables. Nous avons aussi consulté à l’interne divers groupes mcgillois tels que l’École de nutrition humaine et l’unité Bâtiments et terrains. Nous prenons aussi en compte les commentaires des organisateurs d’événements et des étudiants qui nous aident dans l’administration du programme. Nous sommes désormais à notre tour consultés par d’autres institutions comme le Cégep John Abbott et l’Université du Manitoba qui souhaitent réutiliser une partie de notre liste de vérification pour leurs programmes de certification respectifs. 

Le Délit : Les listes de vérification vierges sont accessibles sur votre site Web, mais les listes remplies pour chaque événement sont-elles accessibles au public ?

François Miller : Les listes ne sont pas publiées, mais, pour que la certification soit la plus transparente possible, on demande aux organisateurs d’événements de communiquer aux participants les principales mesures écoresponsables qui ont été mises en place. C’est souvent fait dans l’invitation ou quelques jours avant l’événement. 

Pour plus d’informations sur la certification d’événements écoresponsables à l’Université McGill : https://​www​.mcgill​.ca/​s​u​s​t​a​i​n​a​b​i​l​i​t​y​/​g​e​t​-​i​n​v​o​l​v​e​d​/​s​u​s​t​a​i​n​a​b​l​e​-​e​v​e​nts


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