Photoreportage

Journée étudiante de solidarité avec les luttes autochtones.

Vincent Copti | Le Délit

Le 17 novembre dernier avait lieu un enseignement de rue (street teach-in) en solidarité avec les peuples autochtones affirmant leur souveraineté à travers l’Île de la Tortue, appellation utilisée par nombre de peuples autochtones afin de désigner le continent de l’Amérique du Nord.

Vincent Copti | Le Délit

Environ une cinquantaine de personnes, autochtones et allié·e·s, étaient présentes dans le cadre de cet événement. Le tout s’est déroulé dans le respect des mesures de distanciation sociale devant le Monument à Maisonneuve, à Montréal, territoire que les participant·e·s désignaient sous son nom mohawk de « Tio’tià:ke ».

Vincent Copti | Le Délit

L’avis de presse distribué aux médias par la coalition organisatrice de l’événement faisait état d’une volonté d’en faire une « occasion de guérison et de cérémonie par la résistance » pour les peuples autochtones luttant pour la décolonisation et pour la défense de leurs terres.

Vincent Copti | Le Délit

L’un des discours prononcés au cours de l’événement faisait mention de la pertinence d’aborder les enjeux autochtones aujourd’hui : « Nous faisons le choix d’être ici malgré l’oppression à laquelle nous avons été confronté·e·s, car les peuples autochtones cherchent la réconciliation, pas la vengeance. Nous enseignons, car le gouvernement canadien refuse de le faire. […] Depuis l’école primaire, j’ai été responsable d’enseigner à ma classe les enjeux autochtones. […] [Ces derniers] sont dépeints comme étant chose du passé. Permettez-moi de mettre une chose au clair : les peuples et les cultures autochtones sont bien vivants et florissants aujourd’hui. »

Vincent Copti | Le Délit

Un repas, préparé par l’organisme communautaire La Patate du Peuple, était également offert aux personnes présentes avant que ne commencent les discours. Cette soupe populaire autogérée offre des repas végétaliens aux étudiant·e·s et aux membres de la communauté dans le besoin. Le respect des mesures de distanciation sociale, notamment le port du masque et le maintien d’une distance de deux mètres, était exigé.

Vincent Copti | Le Délit

L’événement se voulait une réponse à l’appel à l’action lancé par « les défenseur·se·s autochtones de la terre et de l’eau » protestant contre l’expansion du pipeline Trans Mountain (TMX). Le tracé proposé de ce pipeline, acheté en août 2018 par le gouvernement fédéral, est sur le territoire de la nation Secwepemc. Le mouvement « Tiny House Warriors » (Guerriers des petites maisons, ndlr), né afin de contester l’expansion du pipeline et affirmer la souveraineté de la nation Secwepemc sur son territoire, a vu plusieurs de ses membres criminalisé·e·s en raison de leurs actions de résistance.

Vincent Copti | Le Délit

Des dépliants distribués aux personnes présentes appelaient les allié·e·s des peuples autochtones à écouter et amplifier les voix autochtones, à assister aux événements de solidarité autochtone et à intervenir lorsque confronté·e·s à des propos racistes. Les allié·e·s étaient aussi appelé·e·s à soutenir les communautés autochtones en reconnaissant leur souveraineté, en suivant leur leadership dans l’élaboration de solutions climatiques, en coupant le financement, en boycottant les systèmes violents les criminalisant et en offrant un soutien financier pour appuyer le pouvoir décisionnel des peuples autochtones.


Dans la même édition