Montréal dans la rue pour la journée internationale des femmes – Le Délit
Montréal dans la rue pour la journée internationale des femmes
Par · 16 mars 2018
Forte mobilisation en ce 8 mars pour l’occasion.

«Nous exigions le droit d’évoluer dans un milieu où l’on [n’]encourage pas mais on dénonce la culture du viol. […] Levons-nous pour dénoncer cette violence, levons-nous pour que la honte change enfin de camp» déclarait le Comité féministe en travail social à l’Université du Québec à Montréal (UQAM, ndlr) à l’occasion de la manifestation contre les violences sexuelles et l’exploitation, le 8 mars dernier. Organisée à l’initiative d’une dizaine d’associations militantes et étudiantes, dont l’organisme Campagne sur le travail étudiant (CUTE, ndlr), l’Association des étudiant·e·s de la Faculté des sciences de l’éducation de l’UQAM (ADEESE, ndlr) ou Association des étudiantes sages-femmes du Québec, entre autres, cette manifestation a rassemblé une centaine de personnes à la Place Norman-Bethume.

«L’exploitation n’est pas une vocation»

«C’est une journée pour l’humanité, pour toutes les inégalités. On est là pour montrer qu’on est toujours prête pour dénoncer l’injustice [aussi] infime qu’elle soit», explique Aicha, étudiante en travail social à l’Université de Montréal, présente lors de la manifestation. «On revendique aussi la rémunération des stages et on dénonce l’iniquité salariale» ajoute-t-elle tout en disant qu’elle espère que le gouvernement québécois va, à l’avenir, prendre les revendications étudiantes plus au sérieux.

Au cours de la séance de prise de parole, une multitude d’intervenantes aborde les nombreux sujets qui ont marqué l’actualité au cours des derniers mois tels le mouvement #moiaussi, la violence sexuelle en milieu universitaire ou encore la grève des stagiaires afin de demander une rémunération correcte. Geneviève, étudiante à la maitrise et membre du collectif parents-étudiants de l’Université de Montréal  évoque les difficultés vécues au quotidien par les étudiant·e·s ayant un ou plusieurs enfants à leur charge. En effet, ces dernièr·e·s sont disproportionnellement des femmes et sont plus à risque que la majorité de leurs pairs d’abandonner la poursuite de  leur diplôme.

Laurie, quant à elle, raconte avoir été victime de violences sexuelles alors qu’elle était stagiaire: «J’ai vécu du harcèlement sexuel en milieu de stage […] un mercredi soir j’ai eu très peur», confie-t-elle avant de conclure «le harcèlement sexuel n’est pas un simple phénomène culturel, le harcèlement sexuel c’est patriarcal et c’est inacceptable».

Double manifestation

Plus tard dans la soirée avait lieu une autre manifestation «contre le système, le patriarcat et le capitalisme» selon les mots du Comité 8 mars des femmes de diverses origines. Partant de la Place du 6 décembre 1989, un cortège d’à peu près deux cents personnes a descendu  le Chemin de Côte des Neiges sous la surveillance étroite du Service de Police de la Ville de Montréal (SPVM, ndlr).

La manifestation a été également l’occasion d’honorer la mémoire des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées (à l’image de Tina Fontaine, dont le meurtre avait provoqué une vague d’émotion, notamment après que le principal suspect ai été acquitté) «Nous demandons que justice soit rendue» déclarait Béa, une des intervenantes lors de la manifestation, tout en critiquant le système pénal canadien.

«Les événements des derniers temps nous ont permis de voir que [nous ne sommes] pas seules [et] c’est collectivement que nous allons faire en sorte de ne plus jamais être seules. C’est ensemble que nous allons changer les choses et c’est ensemble que nous sommes les plus fortes» a conclut Dorian Desjardins-Leclerc porte-parole de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante.

 
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