Comment lutter contre la culture du viol?
5 septembre 2017 - Image par Capucine Lorber
À l’heure de la rentrée, il est impératif d’aborder ce sujet de manière sérieuse.

En quittant le nid familial, l’université se présente à nous comme une porte vers la liberté, une passerelle entre un environnement connu et le monde adulte, entre nos douces années passées et les folles à venir. Cependant, liberté et insouciance ne doivent pas nous empêcher de rester vigilants vis-à-vis du sujet extrêmement sérieux qu’est celui de l’agression sexuelle. En dépit des nombreuses mesures préventives mises en œuvre, le phénomène de la culture du viol persiste sur les campus universitaires.

D’après une étude de Manon Bergeron, professeure au département de sexologie de l’UQAM, en quatre mois, sur près de 9200 universitaires, 37% auraient vécu une situation de violence sexuelle.  La culture du viol est un terme évoquant toute forme de harcèlement sexuel, allant de la remarque au touché non consenti, voire même à l’acte sexuel non consenti en lui-même: le viol. Cette culture du viol ferme volontairement les yeux sur cette manifestation de violence physique et émotionnelle. C’est la minimisation de tels actes qui permet à la culture du viol de se propager, en parallèle à une certaine glorification de celle-ci. En effet, dans notre environnement, que ce soit à travers des chansons, des films, ou bien d’autres moyens d’interaction, il n’est pas rare de la voir vantée.

«Ok, et que puis-je faire?»

Il y a plusieurs choses que nous pouvons faire, en tant qu’étudiants, pour éviter ce genre de situation. Tout d’abord, il est important de reconnaître que la «culture du viol» existe. Admettre qu’un problème existe est le premier pas pour le résoudre. Si vous en êtes témoins, positionnez vous fermement. Il est tout aussi primordial de comprendre la notion de «consentement», et de la mettre en pratique dans notre vie quotidienne. L’Université McGill propose de nombreux workshops (ateliers, ndlr) aux étudiants vivant en résidence concernant ce sujet, auxquels il est important — et obligatoire — d’assister afin de comprendre ce que ce terme implique, et comment l’appliquer au quotidien. McGill a également développé, en collaboration avec des élèves, la  Consent Week, campagne éducative visant à étendre la portée de la notion de «consentement». Elle aborde trois thèmes fondamentaux: la demande, l’écoute et le respect d’autrui.

En dehors de l’Université, il est également possible de s’engager contre ce phénomène par le biais du SACOMMS, centre d’agression sexuelle (sexual assault center en anglais, ndlr) qui est un groupe étudiant qui s’engage à soutenir les survivant·e·s d’agression sexuelle par le biais de l’écoute, de l’entraide et de la sensibilisation.

«Ok, et que fait l’Université?»

McGill a mis en place quelques systèmes ingénieux à disposition de ses étudiant·e·s pour leur assurer une plus grande sécurité. Parmi eux, le Drive Safe. Il s’agit d’un service fourni par les membres de l’AÉUM (Association étudiante de l’Université McGill, ou SSMU en anglais, ndlr). Des bénévoles s’occupent de conduire les intéresssés n’importe où à Montréal, gratuitement. Ce service est offert le vendredi et samedi soir de 23h à 1h du matin. Pour de gros évènements, le Drive Safe peut être réservé à l’avance. Néanmoins, en sortant, il ne faut pas dépendre du Drive Safe pour rentrer chez soi, il est plutôt considéré comme un service de dernier recours. À l’instar du Drive Safe, le Walksafe est un autre service de l’AÉUM qui raccompagne des étudiants mal à l’aise à l’idée de rentrer seuls chez eux. Ils seront l’escorte de ceux ne se sentant pas capables de rentrer seuls, que ce soit à pied ou en métro. McGill propose également des  PartyKits (kits de soirée, ndlr) pour chaque mcgillois accueillant une fête. Ils contiennent des préservatifs et du lubrifiant, qui permettent aux personnes consentantes à un rapport sexuel de pouvoir le faire de manière protégée.

Ce sont ces quelques gestes, en parallèle aux mesures prises par l’Université, qui permettront d’éviter de plus en plus de drames ayant de considérables répercutions.

 
Sur le même sujet: