L’entente entre Québec et Uber expliquée
20 septembre 2016

Mcgillois, voici comment votre facture sera affectée suite au nouvel accord avec Uber.

Le 9 septembre dernier, le gouvernement libéral du Québec et le controversé transporteur Uber ont conclu une entente de principe sur l’encadrement des activités de l’entreprise américaine au Québec. Les deux parties se sont effectivement entendues sur les modalités d’un projet pilote d’une durée d’un an qui affectera nécessairement la facture des clients d’Uber.

Combien ça va me coûter cette histoire?

Premièrement, pour chaque course effectuée, les chauffeurs d’Uber paieront dorénavant une redevance au gouvernement, redevance dont le montant variera en fonction du nombre d’heures que l’ensemble des chauffeurs passeront sur la route par semaine (0,90$ si l’ensemble des chauffeurs effectuent 50 000 heures de course ou moins, 1,10$ s’ils passent entre 50 000 et 100 000 heures, et finalement, 1,26$ s’ils font plus de 100 000 heures). Ne soyez pas surpris d’apprendre que cette redevance sera ajoutée à votre facture au terme de la course.

Ensuite, alors qu’Uber parvenait à échapper en grande partie à l’administration fiscale grâce à une structure complexe de filiales internationales, l’entreprise se voit désormais contrainte de collecter la TPS et la TVQ (taxes québécoises, ndlr) au terme de chacune des courses.

Au montant total s’ajoutera finalement une somme fixe de 0,07$ afin de «tenir compte des coûts d’assurance encourus par l’industrie du taxi».

L’industrie traditionnelle du taxi enragée

À peine une semaine après l’annonce de l’accord conclu, le Front commun des taxis a sans surprise déposé une demande d’injonction contre le gouvernement du Québec. Le Front commun accuse le gouvernement d’avoir outrepassé ses pouvoirs en négociant un projet pilote avec un transporteur qui ne dispose d’aucun permis de taxi. De plus, les chauffeurs de taxi se plaignent que les chauffeurs Uber n’aient pas à se procurer de permis de taxi, alors qu’eux payent près de 200 000 pour opérer en toute légalité. La gestion de l’offre, régulée par l’octroi de permis de taxi, se voit donc affectée par l’application Uber, qui permet à un nombre illimité de taxis d’opérer sur un même territoire. 

 
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