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Elections américaines : que promettent les candidats ? 4/7 – Économie et commerce

Le Délit décortique leur projets pour l’économie américaine et son commerce international.

Mahaut Engérant | Le Délit

Donald Trump promet de mener une politique économique isolationniste, en menaçant d’imposer de lourdes taxes douanières à de nombreux pays comme la Chine ou le Canada, ébranlant ainsi des accords de libre-échange importants comme l’ALENA (Accord de Libre-Échange Nord-Américain, ndlr). Il s’engage, comme Hillary Clinton, à adopter une politique économique très ferme envers la Chine. 

Trump compte réduire considérablement les impôts payés par les entreprises, les réduisant à 15%. Il souhaite aussi réduire les taxes de relocalisation, exempter d’impôt sur le revenu les ménages vivant avec moins de  50 000$ par an et simplifier radicalement le système d’impôt, en réduisant les tranches d’imposition à quatre au lieu de sept et en limitant les taux d’imposition, même pour les plus riches, à 33%. Ces réformes auront selon l’homme d’affaire un effet positif sur la croissance économique.

Trump : un protectionisme primaire

Par ailleurs, Trump voit sa politique d’immigration très dure comme un moyen de sauver l’emploi américain. Selon l’analyse du Tax Policy Center, les réformes d’impôt de Trump réduirait les revenus fédéraux de plus de 9,5 trillions de dollars durant la première décennie. La baisse des impôts encouragerait le travail et l’investissement. Cependant, les experts indiquent que d’ici 2036, à moins de réduire drastiquement les dépenses publiques, les réformes voulues par Trump pourraient augmenter la dette nationale par plus de 80% du PIB du pays, compensant largement les effets positifs des réductions d’impôts.

Malgré l’infaisabilité apparente de ces propositions, il faut remarquer qu’elles étaient similaires à celles de la plupart des candidats à l’investiture républicaine et descend directement de l’obsession républicaine du « small government » : réduire les pouvoirs du gouvernement fédéral au maximum.

Hillary Clinton : des intentions de régulation 

Hillary Clinton souhaite augmenter le salaire minimum fédéral (de $7.25 de l’heure à $15, après que Bernie Sanders ait obtenu gain de cause pour modifier sa proposition initiale de $12), réduire les inégalités de salaire entre les responsables et les autres employés, limiter la liberté de Wall Street et lutter contre les politiques économiques frauduleuses de certains pays comme la Chine, en refusant le Partenariat Trans-Pacifique (TPP) dans sa forme actuelle. Sur le TAFTA ‑ou TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership)-, la candidate promet d’être bien moins ouverte que l’administration Obama. 

Clinton prévoit d’imposer une taxe de sortie aux entreprises désirant quitter le pays, faire passer des lois qui assurent un système de taxe véritablement juste, que les plus riches et les grandes entreprises ne puissent pas contourner. La candidate démocrate s’engage à appliquer une régulation forte à Wall Street, afin de limiter les risques d’investissements trop risqués en imposant par exemple des frais de risque (risk fee) aux grandes institutions financières. 

Clinton promet aussi de soutenir les petites entreprises et d’investir plus de 10 milliards de dollars dans le plan Make it in America (Réussir aux États-Unis, ndlr), programme visant à encourager les industries à rester aux États-Unis plutôt que de délocaliser. Elle n’affirme pas vouloir modifier les associations économiques dont les États-Unis font partie comme l’ALENA ou l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce). Elle mise aussi sur la transition environnementale du pays pour créer de nombreux nouveaux emplois. Le pouvoir d’achat des Américains devrait aussi être augmenté grâce à l’élargissement de l’assurance santé.

Un scepticisme vis-à-vis de la candidate 

Il faut noter que la crédibilité d’Hillary Clinton pour mener à bien certaines de ces mesures est remise en question. Clinton est connue pour avoir été très proche de Wall Street étant alors sénatrice de l’État de New York, elle a aussi refusé de rendre public, malgré l’insistance de son ex-opposant Bernie Sanders, les discours qu’elle a donné à des firmes de Wall Street comme JP Morgan ou Goldman Sachs pour un quart de million de dollars l’heure pendant son hiatus politique, entre 2012 et 2015. 

Pareillement, Hillary Clinton avait toujours supporté le TPP, étant une néolibérale « pro-trade » (pro-commerce international, ndlr), et ne s’y est opposée que récemment, alors que l’opinion publique effectuait un revirement similaire.


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