À l’assaut de l’islamophobie
17 novembre 2015 - Image par Eléonore Nouel
Ne confondez pas l’Islam et l’État islamique.

C’était le vendredi 13 novembre, une journée qui s’est déroulée normalement jusqu’au soir. Et pourtant, on connait les chiffres: plus de cent morts, trois fois plus de blessés, et une nation meurtrie. Tout cela à peine 24 heures après un attentat ayant fait une quarantaine de morts au Liban. Cependant, ce ne sont pas seulement la France et le Liban qui pleurent, mais toute l’humanité. Ces tragédies nous testent, car c’est par nos réactions que nous pouvons démontrer à ceux qui détestent la liberté et l’humanité que nous ne plierons pas. Après tout, qu’essaient-ils de faire si ce n’est de nous diviser, de nous monter les uns contre les autres ?

En se fiant à la théorie du «choc des civilisations» de Samuel Huntington, il serait facile de dire que nous assistons aujourd’hui à une bataille entre les civilisations islamique et occidentale. Cependant, la situation est plus compliquée: il semblerait qu’il y ait plutôt un clivage dans cette dite «civilisation musulmane» entre les modérés et les extrémistes. Le premier groupe est composé de personnes tout à fait ordinaires, alors que le second s’est mis en tête de détruire l’Occident.

Eléonore Nouel

Lutter contre l’islamophobie

Depuis que les tours jumelles sont tombées, l’islamophobie se propage. Presque du jour au lendemain, les citoyens musulmans sont devenus les boucs émissaires. Le groupe État islamique (ÉI) a fait grandir les germes de la frustration sunnite en Iraq, suite à la chute de Saddam Hussein. Dès lors, ces sunnites, frustrés d’avoir perdu leur influence, se sont unis pour former le groupe que l’on connait aujourd’hui. Leur but est de créer un califat reposant sur  la barbarie, la dictature et l’oppression.

Ils opèrent en provoquant des réactions du monde occidental qui contribueront à leur stratégie de recrutement. En effet, en projetant l’Occident comme l’ennemi de tous les musulmans, il est facile d’exploiter les frustrations, et de faire passer des modérés dans le camp des extrémistes. Certains extrémistes veulent enrayer les droits et libertés pour lesquels nous nous sommes battus et nous battons toujours. Ces extrémistes veulent nous empêcher de nous aimer, de nous entraider, de nous unir. Ils ne représentent pas les musulmans et Arabes de ce monde, loin de là. Ils veulent détruire notre humanité, à nous de les en empêcher.

Combattre le vrai ennemi

Alors, comment nous battre contre le vrai ennemi? Tout d’abord, il faut briser ce mythe qui veut que l’Islam soit une religion prônant la violence. Dans le Coran, plus spécifiquement au verset 30 de la sourate «La Table», on peut lire: «Quiconque tuerait une personne non coupable de meurtre ou de dépravation, c’est comme s’il avait tué tout le genre humain.» Ce verset n’est qu’un exemple parmi tant d’autres qui démontre que la religion musulmane ne prêche pas la violence barbare et non-justifiée, pratiquée par l’ÉI.

Ensuite, en accueillant les réfugiés de Syrie et d’Irak, nous incombe le devoir de prêcher l’intégration. On offre opportunités et outils, mais il faut aussi prouver que nous sommes une culture du respect, de l’acceptation et de la diversité. L’intégration efficace des nouveaux arrivés leur offre une arme pour résister à l’intégrisme. Il y a déjà 75 ans, dans le film Le Dictateur, Charlie Chaplin, dans la peau de son personnage, nous disait : «Tant que les hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr». En se fiant aux paroles de M. Chaplin, ne rien faire serait de laisser s’éroder notre liberté.  À nous de décider. 

 
Sur le même sujet:
19 mars 2013
17 novembre 2015
16 novembre 2015