Salsa Valentin
17 février 2015 - Image par Mahaut Engérant
Courrier du cœur et tendre colère au calendrier.

C’est la première fois que je passe la Saint-Valentin seule. J’aimerais vraiment ne pas tomber dans le cliché Il-faut-se-valoriser-soi-même-avant-d’en-aimer-un-autre. Personne n’est fort en tout temps et, des fois, ça peut être tellement pénible d’être seul que tu veux juste te rouler en boule sans rien faire que de penser: «mais bon sang pourquoi n’ai-je personne?» Ou te souvenir de toutes les fois où quelqu’un n’était pas intéressé ou encore pire: pas assez intéressé, ou pas assez clair.

Je suis née le jour du Noël occidental, le 25 décembre. Chaque année, ça me met hors de moi, ainsi soit-il, de partager ma journée avec une fête qui ne célèbre plus grand-chose à mes yeux, à part le capitalisme aveugle. J’ai appris à vivre avec, même si chaque année j’ai envie de donner une taloche aux personnes qui me souhaitent «Joyeux Noël :))) :PXD» au lieu de «Bonne fête!» sur mon bien-aimé Facebook. De la même façon, si Noël n’est plus une fête religieuse pour célébrer Jésus mais plutôt une occasion de vendre des produits dont on n’a pas tant besoin, la Saint-Valentin l’est aussi. D’accord, Noël est aussi un temps pour que les gens se retrouvent en famille et la Saint-Valentin peut aussi être un temps pour aimer les gens qui nous entourent, qu’ils soient des amis ou des membres de famille. C’est l’occasion, pour ceux qui n’ont pas le temps les 364 autres jours de l’année, de simplement dire aux gens: «yo! Je t’aime.» Et surtout, finalement, peut-être le temps d’apprendre à s’aimer, car trop souvent on classe notre amour propre très, très, très loin sur notre liste de priorités, après les devoirs, le ménage, le boulot et les autres. D’ailleurs, si on n’est pas encore prêt à se montrer à soi-même qu’on s’aime parce que ça fait un peu trop égocentrique et que ça nous donne envie de nous talocher nous-mêmes, ça reste l’occasion d’aimer les autres, et pas seulement une douce moitié, mais des amis, des parents, des grands-parents, que les mots «je t’aime» peuvent surprendre s’ils viennent de nous.

Je trouve ridicule de mettre tout son être entre les mains d’un autre, de se dédier complètement pour son chéri au point de se sentir vide si on n’en a pas un. Je ne dis pas qu’il faut complètement oublier le fait qu’on est humain et que de l’affection et des interactions sociales, on en a vraiment besoin. Il est temps de faire la nuance avec les sacrifices de temps, de pensées, d’heures de sommeil et de confiance en soi par amour pour une personne, ou par manque de personne… j’ai vu ce que ça m’a personnellement fait, je vois ce que ça fait à des amis, même à ceux qui prétendent que tout va bien. T’sais les couples 2 pour 1? Soit ils passent tout leur temps ensemble, soit le seul sujet possible de conversation quand on les sépare, c’est leur deuxième moitié? Et si l’un meurt, quitte, part en échange pendant un an, l’autre va faire quoi? Se rendre compte qu’on veut plus l’entendre parler de chéri, se taire, être absent?

On a assez décrié la société qui place les couples sur un piédestal et range le célibat dans le dossier des malédictions, entre la pauvreté des poètes et la détresse des artistes, donc je ne le referai pas. Non, être célibataire n’est pas la fin du monde, mais avoir quelqu’un n’est pas une fin en soi non plus.

 
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