Générer le changement
8 février 2014
Entrevue avec Dalila Awada à propos du féminisme islamique.

Le Délit: Vous considérez-vous comme une féministe?

Dalila Awada:  Oui je me considère féministe.

LD: Quelles sont vos revendications?      

DA: Que chaque femme soit libre de disposer de son corps comme bon lui semble. Qu’une femme ne soit pas réduite à son habit, qu’il soit religieux ou pas, elle existe au-delà de ses choix vestimentaires. Aussi, qu’on cesse d’infantiliser les femmes musulmanes et qu’on les laisse libre de vivre leur féminité à leur façon.

LD: Que répondre aux personnes qui pensent que féminisme et islam sont un oxymore?  

DA: Je ne pense pas que c’est un oxymore dans la mesure où le féminisme devrait être universel et ne devrait pas s’enfermer dans une boîte en refusant de reconnaître que toutes les femmes ont une expérience pertinente à apporter au féminisme. De même que certains changements dans certaines sociétés doivent être générés par les femmes musulmanes, car elles sont nombreuses à se mobiliser, elles sont outillées, elles connaissent cette réalité religieuse et culturelle, et les changements doivent être fait à leur rythme à elles, avec les approches qu’elles-mêmes jugent pertinentes.

LD: Beaucoup de critiques dénoncent un lien entre les mouvements de féminisme islamique et les mouvement politiques islamistes… Qu’en pensez vous? Qu’y répondez vous?        

DA: Je ne vois pas le lien, puisque le féminisme islamique se mobilise d’abord pour améliorer les conditions sociales des femmes musulmanes. Alors que les mouvements politiques islamistes ne semblent pas avoir cela à leur ordre du jour. De plus, les revendications des femmes féministes musulmanes sont souvent à contre-courant des mouvements politiques islamistes.

 
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