Si le monde m’était conté
2 avril 2013 - Image par Gracieuseté de l'Atelier 10
Nouveau Projet: une revue différente

Mercredi le 20 mars, dans ce lieu moderne et branché que se veut être le centre PHI, Nouveau Projet lançait son troisième numéro. À cette occasion, Le Délit est allé fouiller dans les coulisses du dernier né d’Atelier 10, dont chacune des nouvelles publications semble convaincre un public toujours plus large.

Le monde, autrement

Le but de Nouveau Projet est avant tout de se démarquer dans la masse des médias papiers, et sa ligne éditoriale mise sur l’originalité, non seulement des sujets, mais aussi dans la façon d’aborder ceux-ci. Les deux fondateurs, Nicolas Langelier et Jocelyn Maclure, ont dès le départ voulu se distinguer: leur première publication, en mars 2012, comportait un long dossier sur le thème «(Sur)vivre en 2012».

Si chaque publication s’articule plus ou moins autour d’un thème, celui-ci n’est pas décidé d’avance par la rédaction; pourtant, au gré des propositions des collaborateurs, des essais reçus et des textes envoyés, des lignes directrices se dessinent. Judith Oliver, qui travaille depuis quelques mois avec Nicolas Langelier, le rédacteur en chef, explique ainsi en entrevue téléphonique avec Le Délit: «Pour ce nouveau numéro, le thème qui se détache est celui de «l’action», de la parole performative. On s’y demande quoi faire pour vivre mieux, pour agir maintenant. Le thème ne s’est dessiné qu’au cours de la mise en forme du numéro.»

Les sujets sont variés, à l’image des contributeurs (architectes, philosophes, journalistes ou encore écrivains). Nouveau Projet n’a pas d’a priori, mais un objectif: celui de demander à chacun de s’éloigner de son point de vue habituel. «Si un journaliste écrit sur l’actualité, il faudra qu’il s’éloigne de son point de vue de journaliste», poursuit Judith Oliver. Avoir un regard neuf pour mieux percevoir le monde. Cette ligne éditoriale fait de Nouveau Projet une tribune large, faisant parler des voix qu’on n’entend pas habituellement. Du format long de l’essai à la bande dessinée, la diversité des articles permet une publication aux tons divers. Dans son troisième numéro, Nouveau Projet publie par exemple un essai de Sénèque datant de 49, De la brièveté de la vie, commenté et revisité.

Un magazine intergénérationnel

Avec ses thèmes variés, sa ligne éditoriale particulière, ses collaborations originales, Nouveau Projet veut toucher le public le plus large possible. Judith Oliver se souvient de ses premiers pas au magazine: «Quand je suis arrivée à Nouveau Projet, Nicolas Langelier m’a immédiatement dit qu’il voulait faire un magazine qui n’était pas “générationnel”. Une de mes premières missions a été de vérifier si cela était vrai; ça l’était!» Le lectorat est composé de jeunes travailleurs, de cadres supérieurs, de retraités, mais aussi de beaucoup d’étudiants: «Tous les citoyens peuvent être touchés par le magazine, car Nouveau Projet est une quête de sens dans un monde où celui-ci est parfois difficile à trouver», explique Judith Oliver.

La revue ne crée pas de frontière entre les âges ou les milieux, et veut unir son lectorat autour d’une réflexion commune, le temps d’une centaine de pages. Joseph Boju, étudiant au Département de langue et littérature françaises à McGill, explique son engouement pour cette publication: «Ce qui est intéressant dans Nouveau Projet, c’est le caractère hybride de la revue. Elle propose un éventail de catégories assez vaste, et ceci sous des angles d’attaque différents.» Encore une fois, c’est l’originalité de la revue qui est mise de l’avant, mais aussi sa qualité intellectuelle. «Les écrits sont de qualité, rigoureux tout en faisant part d’une sorte de démarche artistique qui rend la chose intrigante. […] C’est une publication qui mérite d’être lue avec attention.» Le jeune magazine montréalais reflète l’impulsion et le dynamise des nouvelles générations; un projet ambitieux, qui porte à réfléchir sur soi et sur le monde.

 
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