Le talent imaginaire
12 février 2013 - Image par Camille Chabrol
La soirée tant attendue de This is Talent déçoit

Nous proposions dans l’édition du< em>Délit de la semaine passée un article sur le concours de talents montréalais This is Talent, créé par Josh Sevy il y a deux ans. L’enthousiasme des organisateurs, des jurés et des participants n’y trompait pas: l’événement promettait d’être un spectacle à couper le souffle. C’est avec déception que nous sommes sortis du Club Soda samedi soir, après une soirée colorée. La logistique, les participants, la foule et les talents, tout était loin du sans faute.
Les portes s’ouvrent à guichet fermé, preuve de la popularité grandissante du concours, et la soirée débute rapidement dans une salle comble, jeune et bruyante. Malgré les problèmes de micro qu’on pardonne rapidement, et un système de son qui laisse à désirer (on aperçoit l’ingénieur du son, au fond de la salle, se démêler avec les boutons), les candidats au titre de meilleur talent émergeant montréalais se succèdent sur scène.
On voit d’abord beaucoup de chanteurs en herbe, quelques danseurs, des rappeurs, un magicien, quelques groupes. La programmation est alléchante. Cependant, l’un après l’autre, les piètres chanteurs se succèdent. L’indulgence dont on doit faire preuve face à des jeunes artistes qui manquent de pratique et de formation laisse vite place à l’incompréhension: comment un jury de professionnels (un styliste, une musicienne, un gérant de contrat) a-t-il pu sélectionner de tels candidats?
Il faut rappeler que le concours est ouvert aux moins de 21 ans, et qu’on doit s’attendre à trouver des artistes qui ne maîtrisent pas tout à fait leur art; mais il est étonnant de voir que les jeunes Montréalais qu’on voit jouer dans les bars du centre-ville et qu’on adule n’étaient pas au rendez-vous.
L’événement aux allures de superproduction bénéficiait du soutien de nombreux sponsors, notamment CTV et The Gazette, qui ont participé à la publicisation du programme. Certains des candidats sont même accompagnés par les danseurs d’un studio de danse dont la directrice, se vante-t-on, danse pour Kesha. Le cadre du Club Soda ne fait qu’ajouter au décorum. La salle qui accueille parmi les plus grands événements de la métropole offre une scène particulièrement impressionnante.
S’arrêter là serait ne pas rendre justice aux quelques jeunes talents qui se sont glissés sur scène. Une ou deux danseuses qui semblent avoir dansé toute leur vie, une ou deux voix qui sortent de l’ordinaire, un contrebassiste. Après trois heures de numéros qui s’enchaînent à un rythme effréné, les artistes les plus prometteurs sont occultés par les plus bruyants.
L’organisation n’a pas précisé si le concours serait bien déplacé à Toronto l’année prochaine.

 
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