Mustafa Barghouti à McGill
13 décembre 2012 - Image par Nicolas Quiazua
L’activiste palestinien a discuté des enjeux entre Israël et la Palestine, et des solutions pour résoudre une situation qu’il qualifie «d’apartheid».

Le lundi 3 décembre dernier, l’organisation Canadiens pour la Justice et la Paix au Moyen-Orient (CJPMO) invitait le Dr. Mustafa Barghouti à venir parler à McGill sur les enjeux du conflit Israélo-Palestinien.

Mustafa Barghouti est un activiste palestinien démocrate qui a été candidat au prix Nobel de la Paix en 2010. Médecin de formation, il crée en 1979 l’organisation médicale Palestinian Medical Relief, dont la mission est d’«améliorer la santé physique et mentale de tout Palestinien, indépendamment du statut racial, politique et social». Cet organisme offre également aux victimes un semblant de système de santé, fondamentalement inexistant dans la région.

En 2005, Mustafa Barghouti est candidat à la présidence de l’Autorité Palestinienne, après le décès de Yasser Arafat. Il se présente sous la bannière de son parti fondé en 2002: Initiative Nationale Palestinienne (INP, ou Al Mubadara) et arrive à la seconde place à l’élection, gagnée par Mahmoud Abbas.
Depuis, figure politique extrêmement influente dans son pays d’origine, mais aussi au niveau international, le Dr. Barghouti vise à créer un mouvement global de solidarité pour la Palestine.

«Apartheid»
Sa présence à McGill le lundi 3 décembre dernier avait pour but de montrer à de jeunes étudiants la violence du régime Israélien, pour gagner leur soutien.

«Voilà les terroristes contre lesquels Israël se bat», a déclaré ironiquement Mustafa Barghouti en montrant à l’auditoire une photo d’un enfant blessé. Les images visaient à «choquer» l’assemblée: «à la fin de la présentation, les photos devaient rester vives dans les mémoires».

Les mots de Mustafa Barghouti avaient aussi pour but de marquer les esprits. Pour qualifier la situation entre Israël et la Palestine, l’activiste n’a pas parlé d’une simple occupation mais plutôt «d’apartheid».

Alex, étudiant de McGill de confession juive, soutient la cause palestinienne. Alex est catégorique: «[L’apartheid], c’est un mot qui fait peur, qui semble bloquer toute possibilité de dialogue. Mais si on sait exactement de quoi on parle, alors c’est le terme le plus juste». Aharon Blank, étudiant Israélien au doctorat en sociologie à McGill est du même avis: «une fois passée la ‘ligne verte’ [la frontière entre l’Israël légale et les territoires occupés], les relations vont au-delà du racisme: c’est un apartheid pur et dur».

Progrès graduel
Pour Mustafa Barghouti, la récente obtention du statut d’État observateur par la Palestine à l’Organisation des Nations Unies (ONU) est un premier pas, indicateur d’un processus de paix enclenché. Barghouti Pour continuer d’avancer, Barghouti argumente en faveur d’un boycott général.

De son côté, Aharon Blank reste sceptique, «pessimiste dans le court terme, mais optimiste dans le long terme». À ses yeux, une paix entre les deux peuples est possible, mais sous deux conditions: qu’Israël se retire des territoires occupés et qu’une relation économique stable soit établie. Présentement, cela semble pour lui utopique.

La nécessité d’un débat constructif entre les deux parties est une des conclusions qui est ressortie de la conférence. Pour Alex, la discussion doit se faire à un niveau global, mais aussi «dans l’enceinte même de McGill», pour que tous les étudiants puissent comprendre les vrais enjeux et pour arriver ensuite à des idées informées et plausibles.

 
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