La démocratie en Israël existe-t-elle?
30 octobre 2012 - Image par Lindsay P. Cameron
Le journaliste Peter Beinart discute des relations entre juif Nord-Américain et Israël.

Peter Beinart, journaliste américain, est venu à McGill le mercredi 24 octobre nous présenter les idées issues de son livre The Crisis of Zionism. Il s’est fait connaître du grand public en 2010 après la publication d’un long article dans *The New York Review of Books, intitulé «The Failure of the American Jewish Establishment», dans lequel il aborde la relation entre les jeunes juifs Nord-Américains et l’État d’Israël.

En guise d’introduction, Peter Beinart a indiqué être conscient de la nature controversée de ce thème, relayant des anecdotes personnelles sur l’accueil contesté que son ouvrage a eu au sein même de sa famille.

Selon lui, la création d’Israël a été une bénédiction pour le peuple juif, servant comme havre de paix à la suite des atrocités de la Seconde Guerre mondiale. Le mouvement sioniste a lui aussi permis le renouveau de la culture juive et de la langue hébraïque, lui donnant un espace pour se développer aux quatre coins du monde. Le problème selon Beinart, c’est que tous ces accomplissements sont menacés par les politiques même de l’État d’Israël. Il met en cause la nature démocratique des politiques de colonisation entreprises par Israël et appelle à ce que l’établissement juif nord-américain voit d’un œil critique ce qui se passe en Israël.

Il voit la colonisation de la Cisjordanie comme allant à l’encontre des principes constitutionnels d’Israël. Les Palestiniens vivant dans ce territoire n’ont pas les même droits que les Israéliens; n’ayant pas par exemple le droit de voter ni de voyager librement. Il a dénoncé les subventions accordées par l’État d’Israël aux Israéliens s’installant en Cisjordanie. En effet, selon lui, en promouvant l’installation d’Israéliens en Cisjordanie, «Israël est en train de pousser les Palestiniens là où nous ne voulons pas qu’ils aillent», dans une direction menaçant la solution à deux États. Son argument de fond est donc qu’un Israël démocratique doit mettre fin à l’occupation de la Cisjordanie et assurer la justice pour tous citoyens Israéliens, incluant les Arabes.

Beinart a appelé à ce que le silence de la communauté juive nord-américaine cesse, qu’elle exprime son désaccord avec le gouvernement Israélien au pouvoir. L’écroulement de la nature démocratique d’Israël aura un impact grave sur le futur de l’État juif. En remettant en question leur vision des politiques de l’État d’Israël, l’avenir du pays et son image au niveau international pourront être sauvegardés. Pour conclure, Beinart a invité les juifs Nord-Américains à chercher des opportunités d’interaction avec les Palestiniens pour accroitre leur compréhension des enjeux du conflit pour les deux groupes directement concernés.

Son exposé a sûrement résonné dans l’esprit de plusieurs étudiants mcgillois présents, de même qu’il en a sans aucun doute importuné d’autres, à la vue du nombre important de mains qui se sont levées durant la séance de questions. Jeremy, étudiant en Gestion, présent à la conférence, nous a raconté s’être senti très concerné par les propos de Beinart, en tant que jeune juif Nord-Américain: «Il nous a donné un aperçu, maintenant c’est à nous d’agir».

La venue de Peter Beinart a été le fruit d’une collaboration entre le McGill Students’ Progressive Zionist Club et le Middle East Student Association, soutenue par Canadian friends for peace now et the New Israel Fund, entre autres.

Cet ancien rédacteur du New Republic tient aussi un blog «Open Zion» qui présente une variété de points de vue différents, contenant par exemple plusieurs articles de Gil Troy, professeur d’histoire à McGill.

 
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