Réussite à vendre
28 février 2012
Acheter le succès dans le marché parallèle.

Il existe un marché parallèle des drogues à McGill, comme dans toutes les autres universités. La demande de drogues illégales est un phénomène normal dans un univers marqué par la performance, mais les drogues visant à accroître les capacités d’étude demeurent les plus demandées. Dans l’école de l’élite canadienne, souvent qualifiée de la sorte par la principale Heather Monroe-Blum, être le meilleur est la priorité de tous et la demande pour les amphétamines va perdurer.

Lindsay Cameron et Nicolas Quiazua
Une simple petite pilule, qui fournit des heures de concentration pour étudier n’importe quel sujet, apparaît comme la réponse parfaite pour de nombreux étudiants. Les médicaments comme le Ritalin, l’Adderall et le Concerta sont prescrits pour des gens ayant un trouble du déficit de l’attention (TDAH) pour accroître leur capacité à se concentrer. Cependant, on n’a pas besoin d’avoir un TDAH pour les utiliser à notre avantage pour travailler.  C’est quasiment un traitement magique pour le maintien d’un travail productif.  Est-ce éthique?

Beaucoup de personnes pensent qu’il s’agit d’une forme de tricherie. Le problème du TDAH se situe au niveau du diagnostic, car il est effectué sur un large éventail de symptômes et le résultat se décline en TDAH sévère, doux ou moyen.  Alors, il est difficile de prescrire la quantité adéquate du médicament.  Si une personne a un symptôme doux mais qu’il a une dose élevée de Ritalin, a-t-il un avantage?  On peut arguer que la caféine est aussi un stimulant pour étudier au même titre que l’est le Ritalin. De nos jours, le monde étudiant ne pourrait pas fonctionner sans caféine. Par exemple, l’année passée, un étudiant pouvait boire jusqu’à sept tasse de café chaque jour pendant la période d’examen, alors qu’on a seulement besoin d’une pilule (XR) pour être concentré pendant un jour complet. Pourquoi la caféine serait-elle plus éthique que les amphétamines?

Lindsay Cameron et Nicolas Quiazua

Les dealeurs vendent leurs stimulants pour beaucoup de raisons, mais la plus importance est qu’ils savent que les étudiants ne veulent pas d’un stimulant ou d’une drogue qui a des conséquences sur leur personnalité, même si certains stimulants peuvent avoir de graves incidences sur l’équilibre chimique du corps. Les étudiants, quand à eux, veulent simplement devenir plus concentrés et attentifs, une situation parfaite, car le but des étudiants est d’obtenir de bonnes notes.

De plus, il faut considérer l’effet Placébo. Dans la plupart des nouvelles expériences avec les stimulants, les étudiants les prennent parce que quelqu’un leur a dit que cela aiderait leur performance scolaire, et ces étudiants le croyaient. Cependant, il est possible pour une personne, qui a commencé à étudier avec des stimulants d’étude, d’en devenir dépendante. En réalité, il n’y a pas une grande différence entre les soi-disant drogues d’étude et les stéroïdes anabolisants pour le sport. Les stéroïdes ne visent pas simplement à rendre plus forts; les archers, par exemple, utilisent les bêtabloquants pour arrêter les tremblements. Ainsi, il n’est pas rare pour un étudiant de la faculté des Sciences, victime de stress excessif, de prendre des bêtabloquants ou des benzodiazépines (similaire à des Valium) pour se calmer avant un examen. Les stéroïdes et les amphétamines améliorent la performance nécessaire à la réalisation d’une activité particulière. Ils n’apportent pas les réponses à l’examen ou de meilleures notes.

Lindsay Cameron et Nicolas Quiazua
Les ingrédients actifs du Ritalin, de l’Adderall et du Concerta sont communs: des amphétamines, dans la même famille que la méthamphétamine et l’ecstasy (ou MDMA). Comme la méthamphétamine et l’ecstasy, les stimulants d’étude provoquent une diminution de l’inhibition et l’augmentation de la dopamine dans le système mésolimbique, donnant le sentiment d’euphorie.  Cependant, les amphétamines sont plus dangereuses que la caféine.  En effet, utiliser fréquemment des amphétamines dégrade les neurones, un processus irréversible.

La question à se demander n’est pas si l’utilisation de stimulants est juste, mais bien si cela en vaut la peine. Dans une université élitiste où les étudiants estiment davantage leurs notes que leur santé, tout est possible.

 
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