Moins de larmes, plus d’espoir
6 septembre 2011
Jack est parti. Le 22 août dernier, le Nouveau Parti Démocrate a perdu l’un de ses plus grands militants. Après avoir pleuré la mort d’un politicien respecté et aimé d’un bout à l’autre du pays, il est temps de penser à l’avenir: celui de la justice sociale et de la gauche canadienne d’un côté, mais aussi celui d’un parti qui n’a jamais connu d’aussi grande ascension que le 2 mai dernier.

La mort de Jack Layton, malgré l’ampleur du drame, aura peut-être un impact positif pour le parti, dans le sens où il aurait l’opportunité de prouver à ses détracteurs que ce n’est guère le parti d’un seul homme et que, malgré le décès de son chef chouchou, il peut survivre, et continuer à lutter pour la justice et l’égalité sociale, ainsi que pour les familles «ordinaires».

Certains disent que la survie du NPD au Québec ne peut être garantie que sous l’égide de Thomas Mulcair, député d’Outremont.

Évidemment, les Québécois qui, aux dernières élections, ont délaissé le Bloc Québécois pour le NPD, voudront être représentés. Ils ne seront certainement pas tentés de refaire de même aux prochaines élections si un député de l’ouest canadien, qu’ils ne connaissent pas, assure la direction du parti. Ceci dit, le NPD aura le défi de choisir un chef qualifié, passionné et charismatique, et devra rester uni pour éviter les mêmes déboires que le Parti Libéral du Canada.

Par ailleurs, la popularité du NPD n’est pas mise en danger pour autant. L’élection massive de députés orange le 2 mai dernier ne peut être attribuée qu’à Jack Layton. Tout d’abord, l’agenda du NPD rejoint beaucoup de Canadiens, que ce soient les familles, la classe moyenne ou encore les étudiants. En outre, avec le PLC qui peine à se trouver un chef rassembleur, il est normal que les électeurs s’orientent vers un parti plus stable.

Après deux élections et deux chefs différents, il sera difficile pour les libéraux de remonter la pente en quatre ans. Enfin, la défaite du Bloc Québécois reflète peut-être l’attitude générale des Québécois, remettant en question la présence des bloquistes à Ottawa. Avec Gilles Duceppe parti et en n’ayant plus que 4 députés à la Chambre des Communes, le défi sera d’autant plus grand pour ce parti, qui est peut-être arrivé à sa fin.

Et que dire de la relève? Il se trouve que les députés nouvellement élus ont ici une chance en or de nous montrer ce dont ils sont capables. Puisque le NPD compte un grand nombre de jeunes députés à Ottawa, dont quatre étudiants de l’Université McGill, il va sans dire que ces derniers devront se faire entendre.

Avec le décès de Jack Layton, on peut espérer que ces nouvelles voix s’élèvent et s’inscrivent dans le changement, si changement il y a. Il faudra donc attendre les prochaines élections pour savoir si la relève orange saura de nouveau plaire aux électeurs. D’ici là, on ne peut que stipuler sur l’avenir du NPD en séchant tranquillement nos larmes et en gardant espoir. Merci Jack.

 
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