L’expérience donne raison
29 mars 2011
Le Délit s’est entretenu par courriel avec Mariève Isabel, la nouvelle VP affaires externes de la PGSS pour l’année 2011-2012

Les élections de la PGSS (Post-graduate Students’ Society), qui ont pris fin vendredi, mettent à la tête de l’association des étudiants de 2e et 3e cycles des membres expérimentés.

Selon Mariève Isabel, élue VP Affaires externes, la force de la nouvelle équipe réside justement dans son expérience. Le prochain président, Roland Nassim, a déjà été lui-même VP Affaires externes et VP Academic; Adrian Kaats qui continuera d’occuper le poste de VP Finances a lui aussi déjà été VP Affaires externes; Daniel Simeone, élu VP Affaires internes, a autrefois siégé comme Président. Mariève Isabel, quant à elle, a siégé quatre ans sur le Conseil de la PGSS (comités Nomination, environnement, EAC – External Affairs Committee) et a beaucoup travaillé cette année avec celui qu’elle remplacera, Ryan Hughes, surtout au niveau de la représentation provinciale et avec la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ). Elle a aussi travaillé sur la nouvelle politique des frais de scolarité. Lily Han, pour sa part, a une expérience en éducation. «La période d’adaptation va être beaucoup plus courte» affirme Mariève Isabel. Cette force est cependant également une faiblesse, selon la VP Affaires externes. «Parfois lorsque les gens ont déjà beaucoup d’expérience, ils tendent à être plus sûrs d’eux-mêmes et à être moins sceptiques, à se poser moins de questions et à agir trop rapidement. Je pense que l’équipe devra prendre son temps et bien communiquer pour s’assurer que les bonnes questions sont bien posées avant de prendre des décisions» conclue-t-elle.

Au cours des quatre dernières années, l’association des étudiants de 2e et 3e cycles a dû faire face à une démission chaque année. Après la toute récente démission de Ryan Hughes, on peut se demander comment la nouvelle équipe pense redonner confiance. Mariève Isabel commente: «au risque de reprendre une expression à la mode: transparence et responsabilité. C’est la seule façon de s’assurer de la confiance des membres. Nous avons le devoir d’être absolument clairs, de répondre aux questions, de prendre l’initiative d’expliquer aux membres nos activités, nos dépenses, nos décisions. Les membres du Conseil, pour leur part, doivent eux aussi nous aider à transmettre ces informations et à nous transmettre les questions des membres de leurs associations départementales et à ce titre une meilleure communication avec les GSA [Graduate Student Associations] pourrait certainement nous aider à atteindre ce but. Nous devons également sonder l’opinion de nos membres le plus souvent possible, pour être certains d’agir –en tout temps– dans l’intérêt des membres de la PGSS et d’aller dans la direction votée par la majorité au Conseil, tout en tenant compte des besoins spécifiques de chaque association départementale et aussi des étudiants qui prennent la peine de nous transmettre leurs opinions.»

La PGSS a de nombreux projets pour la prochaine année. Mariève Isabel prévoit, entre autres, de «continuer [son] travail avec la FEUQ pour la représentation provinciale et fédérale (taxation des chercheurs postdoctoraux, frais de scolarité, etc.), travailler pour que les étudiants puissent avoir accès à des cours de langue seconde (français et anglais) abordables, puisque la barrière de la langue est une des raisons les plus souvent évoquées pour expliquer que les étudiants quittent la province après leurs études.» La VP Affaires externes souhaite également participer aux campagnes sociales et environnementales entre campus à l’échelle provinciale. Elle souhaite enfin «trouver des façons plus créatives d’intéresser les étudiants à ce qui se passe en dehors des murs de l’université dans la société québécoise».

Comment pense-t-elle augmenter le taux de participation? «Il faudra mieux informer les étudiants sur ce qui se passe au sein de la PGSS et aux niveaux provincial et fédéral. Si les étudiants se posent plus de questions, ils auront plus d’intérêt à participer à la vie étudiante» suggère-t-elle. Mariève Isabel donne comme exemple la nouvelle politique sur les frais de scolarité et leur recommandation sur les frais afférents. «Lorsque ça concerne directement les frais encourus par chacun, les étudiants tendent à plus prêter l’oreille. Mais ça ne doit pas s’arrêter là; la gouvernance étudiante poursuit aussi d’autres buts, entre autres sociaux, et l’intérêt personnel n’est certainement pas la seule chose qui doive compter. Des questions d’équité et d’accessibilité doivent aussi être discutées et les choix doivent être pris aussi sur cette base, d’un commun accord» conclut-elle.

Mariève Isabel compte s’impliquer intensivement dans la polémique sur la hausse des frais de scolarité. Le dernier budget annonçait une hausse de 325 dollars par année sur cinq ans, pour un total de 1625 dollars. «Le gouvernement clame qu’il s’agit de l’équivalent de l’inflation depuis 1968, mais il s’agit en fait de beaucoup plus que cela, si l’on prend en compte que les frais afférents ont augmenté et plusieurs fois doublé depuis cette époque, à laquelle ils n’existaient tout simplement pas» affirme la VP Affaires externes. «De plus, les étudiants de 2e et 3e cycles, même s’ils gagnent en moyenne un peu plus que les étudiants de 1er cycle, ont une autre réalité: ils sont souvent parents, ne reçoivent plus d’aide financière de leur famille, ont parfois plus de dépenses, etc.» explique-t-elle. «Nous allons donc continuer avec la FEUQ à demander une éducation accessible pour tous. Le gouvernement et ceux qui sont pour la hausse ne cessent de répéter qu’il n’y a pas de corrélation entre les frais de scolarité et l’accessibilité, citant en exemple les autres provinces. Mais ce faisant, ils omettent de mentionner que, tout d’abord, même si les taux de participation sont les mêmes, voire plus élevés ailleurs, la composition de ces cohortes changent (cela peut vouloir dire plus de riches, moins d’étudiants venant de milieux défavorisés, voire de classe moyenne et moins d’étudiants de première génération) –ce sont CES données-là qu’il faut regarder pour établir un lien entre accessibilité et frais de scolarité, pas seulement le taux de participation général– ils le savent bien, mais le taisent. En outre, la situation au Québec est différente. Nous avons les cégeps –avec des taux de participation exceptionnels si on les compare au «colleges» d’ailleurs. Malheureusement, nous avons un taux de décrochage au secondaire supérieur à la moyenne canadienne. Ces facteurs influencent le taux de participation à l’université d’une façon difficile à évaluer et peu étudiée.»

Mariève Isabel est tout de même consciente que les étudiants doivent d’abord accepter la nouvelle politique sur les frais de scolarité, avant que la PGSS puisse prendre position contre la hausse des frais de scolarité. Selon un sondage effectué l’an passé, nous confie-t-elle, 75% des répondants ne connaissaient pas la politique sur les frais de scolarité de la PGSS et environ 50% ne connaissaient pas la différence entre les frais de scolarité et les frais afférents. Mariève Isabel soutient qu’il est de leur devoir d’informer les étudiants.

La politique sur les frais de scolarité se trouve dans le compte rendu du Conseil de mars. Voici sa traduction:

Préambule: En 2007, le gouvernement du Québec autorisait les universités à augmenter les frais de scolarité de cent dollars par an, soit une augmentation moyenne de 6%. Dans son discours budgétaire de 2010, le ministre des finances Raymond Bachand a manifesté l’intérêt du gouvernement du Québec pour une augmentation radicale des frais de scolarité dès 2012, lorsque l’augmentation de 500 dollars sur cinq ans aura expiré. La CREPUQ et les entreprises intéressées, comme la BTMM, prônent une augmentation respective de 1500 et de 3000 dollars sur trois ans, jusqu’en 2015. Avec ce nouveau cycle budgétaire, il devient évident que le gouvernement a l’intention d’augmenter radicalement les frais de scolarité.

La PGSS reconnaît que:

La province du Québec connaît des problèmes financiers, mais la répartition des revenus publics est un choix;

De nouvelles sources de revenus gouvernementaux peuvent être utilisées pour financer les études supérieures tout en évitant l’augmentation des frais de scolarité;

Le financement des études supérieures ne devrait pas être laissé à la charge des résidents du Québec ni des étudiants de deuxième cycle, lesquels comptent parmi les groupes les plus économiquement vulnérables au Québec.

La PGSS soutient:

L’élimination des frais de scolarité pour les résidents du Québec et pour les étudiants de deuxième cycle;

Le gel des frais de scolarité pour les étudiants canadiens et internationaux, corrigés annuellement de l’inflation, par une indexation sur l’indice des prix à la consommation (IPC). ξ

Résultats des élections du comité exécutif de la PGSS et des questions de référendum:

Vice Président: Roland Nassim

Vice Président Affaires externes: Mariève Isabel

Vice Président Affaires internes: Daniel Simeone

Vice President Academic: Lily Han

Vice President Finances: Adrian Kaats Renewed with the coverage changes recommended by the PGSS Health and Wellness Committee.

Post Graduate Student Life Fund: Approved

Mental Health Referendum Question: Approved

Voir les programmes électoraux de chacun (en ligne sur le site de la PGSS).

 
Sur le même sujet: