Culture rehab
11 janvier 2011

Pour être honnête avec vous, je n’ai pas grand- chose à vous dire cette semaine. Il ne se passe rien de spécial culturellement parlant, du moins dans mon univers. J’ai bien reçu quelques livres et DVDs pour Noël, mais je ne peux pas dire que je les ai vraiment ouverts. Le temps des Fêtes est toujours une période qui m’engourdit, une espèce de triangle des Bermudes dans lequel Le sapin a des boules joue en boucle. Dans cet univers parallèle, on se bourre la face comme on fourre la dinde de farce, on rit, on fait des casse-têtes, on regarde des vidéos de «Christmas Lights Gone Wild» sur Youtube, dans lesquelles les lumières de Noël décorant les maisons de programmeurs informatiques beaucoup trop motivés sont synchronisées au rythme de différentes chansons. On en ressort abrutis, parfois un peu bedonnants, et certainement sans aucune envie de reprendre les cours et de se replonger dans le bain des activités culturelles, car les magnifiques productions de National Lampoon sont aussi puissantes que les drogues dures: plus on en visionne, plus notre cerveau s’acclimate à la niaiserie et en redemande.

Ainsi, pour éviter le manque qui suit nécessairement une période d’intense consommation de produits culturels de faible qualité, de même que pour adoucir le rapide et difficile retour à la vie universitaire après seulement deux semaines de répit, je me suis proposé un programme de retour progressif à la culture intelligente. Il serait fou de participer à un marathon le lendemain d’une méchante brosse. De même, ne nous imposons pas un film indépendant japonais sous-titré après une semaine de «junk TV». Visons plutôt des objectifs réalistes. Je vous propose donc deux bandes dessinées en ligne afin de réhabituer tranquillement votre cerveau à comprendre un humour subtil et recherché.

La première bande dessinée s’adresse à mes collègues, mes frères d’armes, mes meilleurs amis, tous ceux qui, comme moi, sont étudiants au cycle supérieur: je vous présente Piled Higher and Deeper: A Grad Student Comic Strip (www.phdcomics.com). Publiée depuis les années 1990 dans le journal étudiant de l’Université Stanford et maintenant diffusée en ligne, cette bande dessinée présente de façon ironique et humoristique la vie d’étudiants au doctorat, procrastinateurs hors pair, ignorés et torturés par leurs directeurs de recherche. Ceux qui, comme moi, ont parfois l’impression que le but des études supérieures est d’extraire de nous tout désir de vivre et de faire de cette activité une carrière retrouveront le sourire en lisant ces planches. Ma deuxième proposition de lecture est Hipster Hitler (hipsterhitler.com), une bande dessinée qui vise à parodier l’ancien leader nazi et le mouvement hipster en fusionnant l’un et l’autre dans un même personnage. Avec des jeux de mots comme «Arcade Fürher», «You Make Me Feel Like Danzig» et «Nuremberg to Williamsburg», Hipster Hitler propose des  planches hilarantes qui feront travailler à la fois vos savoirs historiques et anthropologiques (une connaissance du mouvement qui prolifère et s’épanouit dans les quartiers du Mile-End à Montréal et de Williamsburg à Brooklyn est requise).

Comme dans toute bonne cure de désintoxication, il y a risque de rechute. J’ai le regret de vous annoncer, chers lecteurs, que j’ai failli à ma tâche : je suis effectivement retombée dans la drogue la plus addictive qui soit: Jersey Shore is back, b*tches.

 
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