Je me renseigne sur le sexe
10 novembre 2010

J’aime tellement ça vous déstabiliser que, contrairement à mon habitude (et au titre de cette chronique), cette semaine, je n’incendierai rien ni personne. Pas une éraflure. Pas même une petite morsure, un petit mordillage. Puisque j’aime ça être subversive, je vais faire tout le contraire de ce à quoi vous vous attendez. Non, je ne me la fermerai pas (ça serait trop beau et quand c’est trop beau, c’est qu’il y a quelque chose qui cloche).

Je vais plutôt prendre l’espace de cette chronique pour vous présenter un artiste que j’aime pour de vrai, qui m’oblige à attacher ma tuque avec de la broche tellement il déchire, bref, qui m’impressionne.

Après un préambule de la sorte, c’est difficile pour moi de ne pas revenir sur ma parole pour en écorcher vif un ou deux en guise d’introduction à mon sujet principal. Tout ce que je peux faire, c’est vous dire que cet artiste dont je veux vous parler, cet artiste polyvalent et innovateur, ce n’est pas la maudite chanteuse blonde vêtue d’une robe en viande qui récupère le style de Grace Jones en essayant de nous faire accroire que ce qu’elle fait c’est original et nouveau.

Cet artiste, c’est Bobo Boutin. Ancien batteur des défunts Georges Leningrad, il œuvre maintenant en solo. Ce serait difficile pour moi de circonscrire ce drôle d’oiseau à un seul domaine artistique. Dans ses propres mots, «Bobo Boutin est un cartoñero magico né en 1975. Tendrá unos treinta años (más o menos). Il est balance ascendant escorpio. Il œuvre pour la CSDRAP de MONTRÉAL. À venir: Disque 7» + Conte sordide illustré» (MySpace)

Dans une entrevue accordée à Olivier Lalande du Voir (25 août 2010), il ajoute: «pour l’instant, j’œuvre continuellement, n’importe quand, n’importe comment, pour la CSDRAP de Montréal, une espèce de bureaucratie personnelle. Mon alter ego Gilles Robert se balade sur la toile: une série d’épisodes sont prévus à cet effet. Un disque 7 po, accompagné d’un conte sordide illustré (pleine couleur), né de la contraction des chansons Vidanges et Banshee Whale, paraîtra très bientôt sous une étiquette de disque de la côte ouest américaine. En ce qui concerne mes spectacles, continuez à vous attendre à tout. Je vis maintenant sur terre comme dans un immense phalanstère.»

Concrètement, Bobo Boutin crée des pièces musicales, des feuillets inclassables sous le nom de Gilles Robert, des dessins et des collages, et des entrées de blogue avec des titres tels que «Je me renseigne sur le sexe». Je sais pas vous, mais dans ces entrées de blogue, le style de l’artiste me rappelle celui d’un écrivain culte québécois, dont les initiales sont R.D.

Vous vous demandez sans doute qu’est-ce que la CSDRAP? Disons seulement que c’est l’acronyme de la Commission scolaire du rouleau à pâtisserie…

Côté musique, ça va plutôt bien pour Bobo et ses pièces de style punk/electronica rappelant le groupe des années 1970 Suicide. De fait, il a ouvert en août pour le groupe culte franco-allemand Stereototal et se produira le 11 novembre à L’Escogriffe avec Meta Gruau dans le cadre du 24e Coup de cœur francophone de Montréal.

Pour tout savoir, voir et entendre sur Bobo Boutin, rendez-vous au www.myspace.com/boboboutin.

 
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