Michelle Obama et la mode
27 janvier 2009

Je crois que le monde entier est en train de devenir fou. Ne me comprenez pas mal, je suis la première à me réjouir de l’arrivée au pouvoir de Barack Obama. Il apporte le vent de nouveauté et d’espoir dont les États-Unis – et le monde –  avaient bien besoin. Mais il faudrait apprendre à nuancer un peu! Pas encore satisfaits d’avoir donné des allures messianiques au nouveau président avant même qu’il ait mis le pied à la Maison Blanche, les médias s’attaquent à présent à sa famille. Les Obama sont des superstars, il faudra s’y habituer.

La semaine dernière, au lendemain des cérémonies d’investiture du nouveau président, les médias étaient complètement déchaînés. Sur une chaîne de radio montréalaise, une chroniqueuse dont je tairai le nom s’est même lancée dans un discours des plus déroutants concernant la garde-robe de Michelle Obama, la femme de ce cher Barack. Si plusieurs ont salué l’élégance de la first lady de la Maison Blanche, la commentatrice surexcitée allait jusqu’à lire un message politique dans chacun des choix vestimentaires de la dame. Ainsi, la robe blanche que revêtait Michelle pour le premier bal de la soirée, une création signée par le Taïwanais Jason Wu, se transformait en symbole de l’ouverture de la nouvelle administration vers l’Orient. De la même manière, la robe jaune qu’elle portait durant la journée, créée par la Cubaine Isabel Toledo, symboliserait le désir des Obama de mettre fin à la dispute des États-Unis avec Cuba. Pas encore convaincus? Qu’à cela ne tienne: les accessoires verts qui accompagnaient cet ensemble étaient, aux dires de la chroniqueuse, loin d’être innocents. Pourquoi, me demanderez-vous? Diantre, mais parce que le vert est la couleur de l’islam! C’est à croire que la première dame des États-Unis aurait eu vent de notre spécial sur l’identité culturelle!

Que Michelle Obama devienne la prochaine icône de la mode américaine, qu’elle soit comparée à Jackie Kennedy, je veux bien. Je suis même bien contente pour elle. Mais, de grâce, ne faisons pas d’elle un symbole ambulant de tout l’espoir que nous plaçons en la nouvelle administration! Laissons donc les actions parler d’elles-mêmes.

Les Obama eux-mêmes semblent parfois inquiets de cet engouement démesuré dont ils font l’objet. Les filles du nouveau président, pourtant très jeunes, ont déjà été entraînées dans l’Obamamania. La compagnie de jouets Ty lançait récemment deux poupées portant leurs noms, Malia et Sasha, profitant de l’attention que portent les médias à la petite famille. Il est à parier que Michelle Obama, qui a crié haut et fort son indignation face à ce choix douteux de la part de la compagnie américaine, s’est habillée de rouge ce jour-là, pour montrer sa colère!

Blague à part, je ne doute absolument pas de l’ouverture de Barack Obama sur le monde. Cependant, de là à analyser la garde-robe de son épouse pour y lire ce qu’on veut bien y lire, il y a un pas que j’hésite à franchir. Pourtant, le seul fait que certaines personnes aient été aussi loin dans leur enthousiasme m’inquiète un peu. À quand les filles qui s’évanouissent durant les discours du politicien, comme d’autres avant elles l’ont fait devant Elvis Presley? D’un autre côté, s’il semble que le monde entier frôle l’hystérie à l’arrivée d’Obama à la présidence, c’est bien parce qu’il succède à George le terrible… Il semble que la population ait un besoin viscéral de placer sa confiance en quelqu’un, et on ne peut pas la blâmer. Bienvenue, donc, à Obama Superstar.

 
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