Fin de la grève à l’UQÀM
8 avril 2008
Le recours à l’intimidation judiciaire de la part de l’administration et la crainte de perdre une session ont dissous les lignes de piquetage des étudiants.

Réunis en assemblée générale le 1er avril dernier, les membres de l’Association facultaire étudiante des sciences humaines (AFESH) et de l’Association facultaire des étudiants en arts (AFEA) ont voté contre la reconduction de leurs mandats de grève, qui avaient débuté respectivement le 11 février et le 11 mars derniers. Les cours ont repris dès le lendemain. L’Association facultaire étudiante des lettres, langues et communication (AFELLC) avait mis fin à sa grève la première le 27 mars dernier. L’Association étudiante du module de science politique (AÉMSP) a été la dernière à voter le retour en classe le mercredi 2 avril, mettant fin à la grève étudiante à l’UQÀM.

Une déception?
«Nous avons vécu politiquement au-dessus de nos moyens pendant ces huit semaines!», s’exclame François-Xavier Charlebois, étudiant en travail social, joignant sa voix à celles de plusieurs étudiants, pourtant favorables à la grève, qui se disent déçus des résultats. Les grévistes exigeaient notamment un réinvestissement public massif en éducation postsecondaire, l’annulation du dégel des droits de scolarité et, à plus long terme, la gratuité scolaire.

Leurs revendications principales étaient cependant spécifiques au contexte de la crise financière dans laquelle l’UQÀM est plongée. Les étudiants en grève réclamaient le maintien des programmes, des salaires et des postes d’enseignement menacés de disparition par le projet de dégraissage financier mis de l’avant par l’administration de l’université. Les grévistes protestaient spécifiquement contre le fait que l’administration préférait pénaliser la communauté universitaire plutôt que d’exiger un réinvestissement de l’État.

Retombées
La grève aura permis une rencontre avec le cabinet de la ministre de l’Éducation, Michelle Courchesne, et la critique en matière d’Éducation du Parti Québécois, Marie Malavoix, de même que des discussions avec l’administration de l’UQÀM. Peu de gains ont toutefois été obtenus.

La longueur de la grève –six semaines pour les étudiants en science politique, jusqu’à sept semaines pour les étudiants en sciences humaines– a suscité des tensions au sein des associations étudiantes. Les assemblées générales, qui décidaient une fois par semaine de la reconduction des mandats de grève, étaient le théâtre de débats enflammés. Selon Chloé Charbonnier, étudiante en science politique, les tensions étaient vives entre les partisans de la grève et ceux du retour en classe, allant parfois même jusqu’aux insultes personnelles.

Malgré leur déception, les étudiants soulignent quelques aspects positifs de cette campagne politique de longue haleine. Les événements des dernières semaines auraient contribué à un véritable éveil social. «La grève a permis de renchérir sur le débat actuel concernant le financement de tout le niveau postsecondaire», affirme Chantal Lévesque, vice-présidente et coordonnatrice aux affaires externes de l’AFÉA.

«Beaucoup d’étudiants y ont vécu l’expérience des assemblées générales, de la démocratie participative et du militantisme politique», ajoute Justine Lévêque-Samoisette, étudiante du programme d’histoire, culture et société. «Ce fut très formateur et, dans ce sens, c’est un gain», conclut-elle.

La session ne sera pas annulée
Malgré un cumul de près de huit semaines de grève pour certains et des menaces d’annulation de session de la part de l’administration, la session poursuivra son cours. La Commission des études de l’UQÀM et le Conseil d’administration de l’université adopteront très prochainement les mesures de récupération devant valider le trimestre d’hiver 2008. Au préalable, la commission avait déjà déterminé quelques mesures intérimaires en prévision du retour des cours, notamment l’ajout d’heures de classe et de plages horaires supplémentaires les fins de semaine et les jours fériés. La session sera également rallongée de quelques semaines.

 
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