Confit de Délit
8 avril 2008
Avec le souci de mieux servir les intérêts de son lectorat, Le Délit proposait la semaine dernière un sondage permettant à ses lecteurs assidus ou occasionnels d’exprimer leur opinion sur la publication. Lors du traditionnel Délit-party, le conseil de rédaction a accepté de se prêter au même exercice. Soucieux de donner une voix aux marginaux, Le Délit publie ici les réponses de son lecteur collectif le plus fidèle.

Le Délit (L.D.): Qui êtes-vous?
Conseil de rédaction (C.R.): Je suis une dizaine de McGillois, provenant de la Faculté des arts, des sciences, des arts et des sciences, de droit, d’éducation continue. Je suis aussi en rédaction de mémoire de l’autre côté de la montagne.

L.D.: À quel genre vous identifiez-vous?
C.R.: Je suis pas mal 50-50, mais le masculin sera utilisé pour alléger le texte.

L.D.: Quel est votre âge?
C.R.: J’ai de 19 à 26 ans, donc disons 22 pour faire simple.

L.D.: D’où venez-vous?
C.R.: Je suis majoritairement Québécois, mais aussi Français et Suisse. Je suis né dans la vieille capitale, entre Wickham, Rivière-du-Loup et Val-David. J’ai un chalet à St-Louis-du-Ha! Ha!, mais c’est un peu loin, donc je magasine un condo dans NDG.

L.D.: Comment qualifieriez-vous votre niveau en français?
C.R.: Sans vouloir me vanter, je dirais «élite». En plus, cette année, la surqualification de la correctrice m’a maintenu sous haute surveillance.

L.D.: Êtes-vous bilingue français/anglais?
C.R.: Je n’ai pas vraiment eu le choix en entrant à McGill. Dans mes temps libres, je parle aussi espagnol, allemand, russe, chinois (mandarin et cantonais), japonais et joual.

L.D.: À quelle fréquence consultez-vous vos comptes courriels du Délit?
C.R .: Le dimanche, je les reçois par intraveineuse. Le reste de la semaine, j’essaie de me limiter à six ou sept fois par jour.

L.D.: Aimeriez-vous prendre votre copie du Délit dans un endroit où il n’est pas distribué présentement? Si oui, lequel?
C.R.: Oui, j’aimerais bien voir Le Délit distribué à l’Université de Montréal. Des présentoirs dans les toilettes pourraient aussi être agréables.

L.D.: De quel sujet n’a-t-on pas assez parlé cette année?
C.R.: J’aurais aimé fouiller plus en profondeur les services alimentaires de McGill. La durabilité et l’ASSÉ ont aussi été un peu négligées. Du côté de la culture, je suis déçu que ma brève incursion dans le monde de la mode féminine n’ait pas engendré une série d’articles sur cet univers fascinant.

L.D.: Quelle entrevue avez-vous préférée?
C.R.: C’est sûr que si Fred Burrill n’existait pas, GRASPÉ devrait l’inventer. Je garde aussi d’excellents souvenirs de l’entrevue téléphonique avec James DiSalvio (du groupe Bran Van 3000) en direct de New York (et pas de L.A., quoiqu’on l’ait beaucoup chanté).

L.D.: Quelle est votre traduction mcgilloise favorite?
C.R.: L’acronyme anglophone QPIRG gagne beaucoup d’élégance en étant remplacé par son pendant francophone GRIPQ. J’attends toujours impatiemment les publicités d’Élections McGill, à qui j’ai donné des cours de français toute l’année.

L.D.: Quel est le meilleur «depuis 1977»?
C.R.: Je les aime tous, je ne peux pas choisir. Ceux qui impliquent ma famille ont une place à part dans mon cœur, mais Le Délice, numéro spécial de la Saint-Valentin, en contenait aussi une collection savoureuse. Celui en japonais était pas mal non plus. Pour ceux qui ne lisent pas couramment le japonais, ça disait simplement: «On est fatigués depuis 1977».

L.D.: Quelle fut la plus belle couverture du Délit cette année?
C.R.: La couverture du spécial Russie a fait la quasi-unanimité, tellement qu’on n’a pas osé changer cette formule gagnante pour le spécial Asie.

L.D.: Avez-vous des obsessions cachées?
C.R.: Il serait peut-être temps de laisser ma mère tranquille. On pourrait penser que je suis encore pris avec un complexe d’Œdipe. Œdipe était-il multiculturel?

L.D.: Quelle amélioration apporteriez-vous au journal?
C.R.: Je pense que la mort du Kulturkalender, mis à part nous avoir fait beaucoup danser, a entraîné une diminution radicale de l’assistance aux concerts classiques de la Faculté de musique. Pour améliorer l’aspect visuel du Délit, la couverture devrait contenir plus de texte. On aurait enfin l’air d’un vrai journal sérieux. Je pense que ça pourrait se faire avec simplicité et élégance. Mon fantasme ultime serait de mettre les titres en Comic Sans MS, mais je vais me retenir.

L.D.: Quel sujet auriez-vous aimé couvrir?
C.R.: J’aimerais beaucoup faire une entrevue avec Carla Bruni. Ça pourrait s’intituler «Est-ce que quelqu’un lui a dit qu’il est con?». Tant qu’à faire dans le potin, je pense qu’il serait temps de révéler les détails de la liaison secrète posthume entre ma mère multiculturelle et Pierre Elliot Trudeau. Sinon, je trouve que j’ai peu parlé de Denise Bombardier pour tout le «chialage» que ses chroniques ont provoqué lors des séances de production.

L.D.: Du côté des collaborateurs, qui mérite un mention spéciale?
C.R.: C’est sûr que M. Vacuité et Mme Je-d-d-d-anse-dans-ma-tête nous manquent, mais on a quand même déniché quelques perles rares. Lawrence tient d’ailleurs à remercier personnellement toutes les collaboratrices (non, pas les collaborateurs) en Culture. Ramzi El-Fakhri a été nommé employé du mois à vie et Guillaume Dutil a reçu le trophée du joueur le plus utile à son équipe. Le prix Kofi Annan a été remis à Stéphanie Dufresne, alors que Laurence Bich-Carrière a remporté la palme dans la catégorie collabo-le-plus-souvent-oubliée-dans-le-cartouche.

L.D.: Avez-vous quelque chose à ajouter?
C.R.: Ouate de phoque.

 
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