Objectif: Sainte-Tite
11 mars 2008
Quatre jeunes blancs-becs nés à l’est du Mississippi peuvent-ils se trouver une âme de cowboy?

À entendre les membres de Feber E. Coyote et les Chasseurs de prime, en concert jeudi dernier à l’Escogriffe, et à voir leurs yeux s’illuminer lorsqu’ils parlent de public qui danse en ligne et de tournée des festivals western, il faut croire qu’on peut bien attraper la fièvre du country.

L’histoire improbable de la formation débute avec une gageure du chanteur Feber, qui s’était mis au défi de faire une soirée de reprises country dans une taverne de Lévis. «Le but, c’était de se faire sortir», lance le chanteur tout de go.

Premier étonné qu’on lui permette de terminer son set, il a ensuite commencé à découvrir la profondeur d’un genre musical qu’il ne prenait pas encore complètement au sérieux. «On riait du country au départ, admet-il. Mais je me suis rendu compte que c’est un style qui fit vraiment avec moi.»

Le groupe a pris forme en mai dernier autour de Feber et du batteur Daniel Bédard (aussi membre de Majhor Bidet et Sharcüt). Avec Jérôme Hébert à la contrebasse et Daniel Baillargeon (Sharcüt), bachelier de McGill en interprétation jazz à la guitare, Feber E. Coyote peut compter sur de très solides musiciens pour accompagner sa chevauchée.

Car le Coyote a certainement trouvé son cowboy intérieur. En concert, les reprises des plus grands noms du country (Johnny Cash, Kenny Rogers, Willie Nelson) sont bien en selle. La voix de Feber est posée et convaincante, passant haut la main le test périlleux du honky tonk de «Lonegone Lonesome Blues» de Williams.

Une mention spéciale doit aller à Baillargeon, qui est pour beaucoup dans la couleur sonore authentique du groupe. Il alterne la slide et les solos country avec un plaisir manifeste, à des lieues de son travail au sein du trio post-rock Sharcüt.

En plus des grands classiques, Feber pousse aussi ses propres pièces originales, chantées dans la langue de Willie Lamothe. Des titres comme «Chus ton cowboy, mais tu l’sais pas» ou «Perdu à Nashville, Tennessee», à consonance plus folk, racontent des histoires de cœurs brisés et de solitude. Un premier album est actuellement en préparation.

Country centre-ville?
À l’heure où l’album country de la chanteuse pop Isabelle Boulay est acclamé par la critique, ce style de musique longtemps dénigré arrive tranquillement en ville.

Mais Feber et ses Chasseurs de primes n’en démordent pas: c’est en région que leurs concerts les plus mémorables ont eu lieu. «Là-bas, il y a déjà un courant qui passe, alors qu’à Montréal, les gens aiment ça, mais ne se laissent pas aller autant», constate Feber.

Les concerts du groupe en Beauce, d’où trois membres sont originaires, comptent déjà parmi les moments forts du jeune groupe. Des shows où l’assistance vit, s’habille et danse country. «C’est peut-être parce [que les Beaucerons] vivent plus près des States», propose le guitariste Daniel Baillargeon. «Il y a eu aussi pas mal de fermetures d’usines, poursuit-il. Les gens sont contents de pouvoir se changer les idées.»

En attendant l’album, vous pourrez «swinguer» avec Feber E. Coyote et les Chasseurs de prime dans un festival country près de chez vous.

Découvrez la musique de Feber E. Coyote au www.myspace.com/feberetcoyote.

 
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