Fraîcheur: magie?
12 février 2008
Vivre au Québec en hiver est si difficile pour une fanatique de développement durable comme moi!

Des pommes, des poires, des ananas,
des biscuits, des biscuits, des biscuits soda!
Qu’est-ce qu’on boit après le repas?
De l’eau, du lait, du chocolat!

Vivre au Québec en hiver est si difficile pour une fanatique de développement durable comme moi! Ça me donne plutôt le goût de chanter:

Pommes, betteraves et atocas,
Des patates, du bok choy, et puis du chou.
Plein de légumes de par chez nous,
Viande bio et locale avec ça.

Il est possible de minimiser notre impact négatif sur l’environnement et de favoriser le bien-être de la société et de l’économie en hiver autrement qu’en isolant ses portes et fenêtres. Il s’agit de consommer des aliments produits et transformés localement, et biologiques si possible. J’entends déjà vos protestations: «Ouain, mais il ne pousse rien ici en hiver, sauf des tomates en serre.» Et on sait que faire pousser quoi que ce soit en serre demande beaucoup de dépenses en chauffage. Même le mur vitré le plus hermétique n’est pas un mur fait de briques, bois et matériaux isolants. Nos grands-parents n’en sont pas morts pour autant! Voici un exemple.

Avez-vous déjà tenté de conserver au frais un gros sac de pommes ou de pommes de terre pendant quelques… mois? Ça se fait très bien. Bon, encore une fois, vos réactions: «Pourquoi faire ça quand je peux en acheter des fraîches quand je veux à l’épicerie?» Malheureusement, mon texte d’aujourd’hui n’est pas une critique sur la fraîcheur des aliments. On se reparlera du non-sens des récoltes avant maturité de fruits et légumes loin d’ici, avant qu’ils n’aient atteint leur plein potentiel nutritif. On pourra alors discuter de leur transport jusqu’ici afin que nous puissions consommer ces produits de la terre «fraîchement cueillis»…

Laissez-moi plutôt vous poser la question suivante: quand ont été cueillies les pommes du Québec vendues dans mon épicerie samedi dernier? En ce doux mois de février? Ou en octobre passé? Elles étaient délicieuses, et pourtant on ne cultive pas de pommes en serre au Québec!

Je sens venir un autre élan de protestation: «Ne viens pas nous dire que tu ne manges jamais d’oranges, de bananes ou d’autres fruits exotiques. Et souviens-toi que nos ancêtres mouraient par manque de vitamine C». D’accord, je mange rarement moins d’une banane (biologique, c’est au moins ça…) par jour. Pour ce qui est du scorbut, sachez que des fraises ou framboises congelées du Québec contiennent sûrement plus de vitamine C que des croustilles ou des biscuits aux pépites de chocolat transformés en Ontario!

Et pour ceux et celles qui se demandent encore ce qu’est le développement durable (DD), je leur répondrai ceci: favoriser l’économie locale en achetant des produits d’ici, donc en permettant le réinvestissement dans votre communauté et votre société, c’est faire du DD. Acheter des produits de petits ou moyens producteurs locaux, et si possible biologiques, qui ne pollueront pas avec leurs pesticides les sources d’où est tirée l’eau que vous buvez, c’est faire du DD. Finalement, le DD, c’est mettre l’économie, la société et l’environnement dans un grand sac et bien mélanger le tout. Les solutions qui en ressortent intègrent ces trois aspects; ils constituent donc du développement durable. Comment, alors, ne pas vouloir promouvoir le développement durable? Comment ne pas vouloir acheter local?

 
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