Mystère au Dr. Burger
15 novembre 2016 - Image par Vittorio Pessin
Enquête sur la disparition d’un restaurant en plein centre-ville.

Au milieu de la cacophonie médiatique suivant la victoire d’un certain Trump à un poste relativement insignifiant dans la géopolitique mondiale, il ne faut pas oublier que de vrais faits divers aux conséquences considérables viennent ponctuer nos paisibles vies d’étudiants. Heureusement pour vous, fidèles lecteurs, Le Délit sait se concentrer sur les infos qui comptent, pas sur ces commérages insignifiants d’élections américaines ou de protestations de masse en Corée du Sud. Aujourd’hui, nous examinons les implications de la récente fermeture du Dr. Burger.

Incrédulité et angoisse de la population

Bien qu’il aura toujours une place dans nos cœurs, on aimerait que le fast-food reprenne également sa place sur Sherbrooke, qu’il a quitté début septembre, aussi mystérieusement que soudainement. La séparation de nos délicats palais de fins gourmets et de ces merveilles gastronomiques fut difficile. Face à ce départ sans explication, la communauté mcgilloise a su se serrer les coudes, par le biais d’organisations universitaires comme My degree for a Burger ou encore des évènements comme le Bal de Commémoration au Dr. Burger. Mathieu Berthet, élève en deuxième année, se rappelle du jour où il a appris la nouvelle: «C’était inimaginable. Comme un cauchemar dont je ne pouvais pas me réveiller. Je n’ai pas de mots pour décrire ce que j’ai ressenti. Un ami et moi, nous marchions sur Sherbrooke, ça faisait une semaine qu’on avait prévu cette sortie. Et là… À la place de notre précieux restaurant, une porte fermée.» Sa voix s’enraille, ses yeux s’emplissent de larmes, «Je ne veux plus jamais avoir à revivre ça. Excusez moi…» Un témoignage poignant, qui nous rappelle à tous les heures les plus sombres de notre histoire.

Comment expliquer cette tragédie ? Mais pourquoi ce départ? À quand un retour? Où manger en attendant ? Tant de questions qui restent sans réponse. Malgré une affiche «Open soon» aux airs peu authentiques scotchée il y a quelques semaines sur la porte d’entrée, rien ne semble indiquer un quelconque changement à court terme. Le Délit a voulu en savoir plus, et pour ce faire, nous sommes partis à la rencontre d’un certain Jake Smith, que nous appellerons Bécassine pour des raisons de confidentialité. En effet, Bécassine travaille pour les Services Secrets de McGill, qui œuvre activement à découvrir les raisons de la disparition du Dr. Burger. D’après Bécassine, plusieurs hypothèses ont déjà été explorées. Il a d’abord été supposé que les travailleurs du Dr. Burger n’ont jamais existé, et n’étaient en fait qu’une part de notre imagination depuis le début, une sorte de projection utopique scellée au fin fond de notre subconscient, un sublime canevas de notre esprit reflétant ce que nous souhaitons vraiment pour le monde, au plus profond de nous même. Après la soudaine réalisation de la stupidité de cette conjecture une autre possibilité fut évoquée, surnommée la Burgergate. D’après elle, le restaurant fut fermé sur décision du FBI, suite à la suppression par le patron du Dr. Burger de courriels contenant des informations importantes sur les viandes utilisées. Enfin, une dernière piste potentielle serait que les employés étaient des étudiants partis travailler leurs midterms à McLennan, et qu’ils ne sont jamais revenus, happés par un système où les midterms commencent mi-septembre et finissent en décembre.

En conclusion, il semble que malgré de multiples protestations venant d’une majorité de la population, rien ne changera, et le mystère planera toujours sur comment une telle chose a pu se produire sous notre nez et à notre stupéfaction. Non, je ne parle toujours pas des élections américaines.

 
Sur le même sujet: