Au-delà des préjugés
19 janvier 2016 - Image par Mahaut Engérant
Conférence sur la santé mentale au sein des communautés noires.

Le 13 janvier dernier avait lieu une soirée de conversations tenue par des conférenciers jouant tous des rôles importants liés aux enjeux des maladies mentales. Parmi eux, le Dr. Sophia Koukoui, Rachel Zellar, Dré Myrna Lashley, Sacha Obas et enfin Cherrilyn Birchwood. Ensemble, ils ont partagé leurs recherches et leurs découvertes à un auditoire attentif et curieux. Les notions abordées relevaient de la stigmatisation, de la relation entre les genres et la santé mentale, de l’importance du bien-être, ou encore du lien entre l’ethnie raciale et la justice criminelle et de son effet sur la santé mentale d’un individu. Pour cela, ces experts ont choisi d’utiliser une approche scientifique, en présentant notamment des projets de doctorats basés sur des recherches cliniques médicales.

L’événement était aussi l’occasion d’entendre le réalisateur et documentariste Sacha Obas sur les enjeux cités dans son reportage The Black Male Mental Health Project («l’étude de la santé de l’homme noir», ndlr). De fait, le documentaire présente l’expérience de la dépression vécue dans la communauté noire de Montréal et ce en examinant les différents facteurs menant à la dépression nerveuse. Il propose des solutions variées afin de combattre le stress et la dépression. Dès le début, les conférenciers ont orienté la discussion autour des maladies mentales touchant des communautés ethniques et des conséquences liées, telle la dépression. Ils ont invité  les membres à s’entretenir avec les professionnels présents à cette fin. Ce sujet reste selon eux encore extrêmement sensible car, à partir du moment où ces troubles deviennent un problème pour un individu, ils deviennent aussi  tabou, ce qui rend le sujet d’autant plus difficile à aborder. De fait, cet enjeu étant caché et secret, les individus souffrant de ces troubles subissent, à leur grand désarroi, du racisme, mais aussi de l’intimidation. Le Dr. Koukoui parle ici de «stigma»: une sorte de marque, de blessure sur la peau à l’image des traces imprimés au fer rouge sur le corps comme punition. Toutefois, ces punitions sont arrivées sans raison, ce qui oblige les patients à vivre avec des symptômes sans prendre conscience de leur «maladie».

La maladie mentale étant un enjeu important, du fait de sa croissance ces dernières années, les organisateurs et conférenciers ont à plusieurs reprises mentionné à quel point ils étaient heureux qu’un si grand nombre de personnes se soit déplacé le temps d’une soirée. Le  contenu du reportage The Black Male Mental Health Project n’est selon eux pas pris avec autant de sérieux dans la sphère publique. 

La conférence aborde une catégorie de maladies mentales qui sont en hausse et ce, malheureusement, tant chez les adultes et les personnes âgées que chez les adolescents. La dépression mentale affecte non seulement la capacité d’un individu à vivre en société, mais aussi à vivre tout simplement, le forçant à se retirer en silence, honteux d’avouer, ou de s’avouer, qu’il a un problème qui va au-delà d’un simple sentiment mélancolique passager.