Un divorce coûteux
17 mars 2015 - Image par Eléonore Nouel
L’AÉCSUM dresse le bilan d’une année complexe.

L’Association étudiante des cycles supérieurs de l’Université McGill (AÉCSUM) a tenu le mercredi 11 mars dernier un conseil général expédié, suivi de son assemblée générale annuelle. Les deux séances consécutives se sont tenues en la présence du nouveau secrétaire général en intérim de l’Association, Yony Bresler, en poste depuis huit jours.

Dirigé en une vitesse record, le conseil général a duré une quarantaine de minutes. Après les rapports des différents responsables, le conseil a approuvé les prochaines questions référendaires portant sur l’augmentation des frais d’adhésion à l’AÉCSUM, celle des frais dédiés aux projets spéciaux, ainsi que celle des frais relatifs à la location du bâtiment Thompson (la dernière représentant une augmentation de plus de 200%). Le conseil comportait aussi une motion concernant les détails du groupe de travail conjoint pour la mobilisation conte l’austérité qui, après quelques minutes de discussion, a été remise à plus tard. En effet, les conseillers ont jugé que le temps de débat restant n’était pas suffisant pour arriver à une conclusion dûment informée.

L’AÉCSUM, la FCÉÉ et la dette

La préoccupation majeure à l’AÉCSUM présentement concerne les bien lourdes conséquences de sa récente désaffiliation de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants (FCÉÉ). En janvier dernier, en effet, l’association a massivement (à 97%) exprimé son désir de se défaire de la fédération syndicale étudiante. Après reconnaissance du vote par la FCÉÉ, l’AÉCSUM a été officiellement autorisée à prévoir son départ de la Fédération, qui prendra effet au terme de cette année scolaire. La décision de janvier représente un réel avancement dans le litige entre les deux associations qui dure depuis 2010, année où l’AÉCSUM avait exprimé pour la première fois l’intention de quitter la Fédération. Pour tenir le référendum de janvier, cependant, l’Association a été contrainte de payer la modique somme de 300 000 dollars, soit l’équivalent de ses frais d’adhésion cumulés depuis le début des négociations, amende imprévue qui a fait un gros trou dans ses finances. Lors de l’assemblée générale de mercredi, les membres du comité des ressources financières (CRF) ont expliqué que «le litige avec la FCÉÉ a toujours représenté un risque pour les finances de l’AÉCSUM, le problème est que cette année, c’est devenu une dette». Juste avant, le commissaire aux affaires financières avait expliqué «nous avons été capables d’absorber 200 000 [dollars] de la dette». Sachant que l’AÉCSUM est actuellement en train de discuter d’une modification du bail avec McGill pour la location du bâtiment Thompson, la conclusion du rapport des finances a été qu’afin de pouvoir fonctionner à l’avenir, il va falloir trouver plus d’argent, la solution sera probablement une augmentation des frais d’adhésion à l’AÉCSUM pour les étudiants. 

Bilans des commissaires

L’assemblée générale a surtout fait fonction d’assemblée consultative mercredi, le quorum n’ayant été atteint que pour les premières minutes. Lors des rapports des membres de l’exécutif, Julien Ouellet, le chargé des affaires externes, s’est félicité d’une «une très bonne année», qui a été l’occasion d’«approfondir l’assise de l’AÉCSUM au niveau national». La commissaire à l’écologie Amanda Winegardner a mentionné la question du soutien de l’AÉCSUM envers le mouvement Divest McGill qui pousse pour le désinvestissement de l’Université dans les énergies fossiles. Mme Winegarder a expliqué que bien que la campagne de désinvestissement s’inscrit au niveau universitaire et ne concernerait qu’une fraction limitée de la dotation de McGill dans le secteur, elle croit sincèrement «qu’il y a des solutions alternatives pour gérer le besoin d’énergie». La session a en outre été l’occasion de discuter de l’éventuel soutien de l’AÉCSUM envers la proposition sur les heures réservées aux femmes au gymnase mcgillois. Le débat a été interrompu pour des contraintes de temps mais l’AÉCSUM compte en faire l’objet d’une question référendaire.